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La Brocante de TrashTalk, épisode 1 : High Flying Bird, plongée dans les coulisses d’un lock-out NBA

C’est officiel, la canicule est passée par là et l’été est déjà bien entamé alors en attendant que la NBA reprenne ses droits dans notre quotidien, on recharge les batteries comme on peut. Entre deux matchs de Summer League pour survivre, on a même le temps d’enlever ses oeillières pour porter un regard différent sur notre sport préféré. Alors sortez vos lunettes de soleil et votre appareil à pression, TrashTalk vous accompagne en cette saison estivale avec des thèmes variés sur le monde de la grosse balle orange pour se changer un peu les idées. Allez, petit détour par la Brocante.

Vous aussi vous manquez de basket ? Vous non plus vous ne voulez/savez pas jouer donc vous préférez rester dans votre canapé ? Allez, sortez vous une bonne boisson fraîche, installez vous confortablement, aujourd’hui la Brocante parle ciné. High Flying Bird est un film réalisé par Steven Soderbergh, sorti en 2019 et disponible sur Netflix. Ce long métrage se concentre sur les coulisses de la NBA durant la période d’un lock-out, c’est-à-dire d’un blocage complet des matchs en raison d’un désaccord entre les différentes parties prenantes de la Ligue au moment de renégocier le Collective Bargaining Agreement (CBA), ici les joueurs et les propriétaires. Le film se penche sur de nombreux sujets d’actualité notamment celui des réseaux sociaux et de l’image des joueurs. Donovan Mitchell, Karl Anthony Towns et Reggie Jackson font également des apparitions pour donner leurs avis et leurs ressentis sur la NBA ce qui apporte un côté réel au film qui prend, le temps de leurs interventions, une forme de quasi-documentaire.

Ray Burke est l’agent d’Erick Scott, le numéro 1 de la dernière Draft. Il doit jouer aux Knicks (mêmes dans les films, ils tankent !) mais tout ne se passe pas comme prévu. En pleine période de lock-out, il s’inquiète pour son contrat et pour sa place dans la Grande Ligue. N’ayant pas encore signé officiellement à New York, il doit faire attention à son image pour ne pas perdre sa place et, coup de malchance, son agent est un homme d’action qui ne compte pas se laisser faire. Notre héros, Ray, tente donc de chambouler la Ligue en contournant le droit, encore balbutiant, de l’image sur les réseaux sociaux. Ces derniers, tous nouveaux pour la justice, créent une impasse par rapport à ce qui se faisait à la TV. Un joueur, en signant un contrat NBA ne fait pas ce qu’il veut d’un point de vue basket, il ne joue que pour la Ligue et pas ailleurs. L’exploitation de cette faille  grâce aux réseaux sociaux peut cependant remettre en question la carrière d’Erick alors que Ray agit, confiant, pour tenter de changer les choses.

Ce qu’on a aimé :

La scène d’introduction est plutôt cool. On voit l’agent et son joueur discuter pour poser les bases : messieurs, la NBA est un business. Les plans serrés donnent l’occasion aux acteurs de montrer qu’ils ne se débrouillent pas trop mal même si le joueur, Erick, paraît un peu bébête. En fait, le film réussit son pari de nous montrer l’envers du décor de la Ligue. Un assemblage très administratif et quasi-politique où les patrons cherchent à faire tourner la machine et à générer de l’argent, sans forcément prendre en compte l’avis des joueurs. Tout bon fan de NBA le sait mais le voir au cinéma rend la chose super captivante, aussi scénarisé soit-il. On y reviendra, le film ouvre beaucoup beaucoup beaucoup (trop) de portes mais celle dans lequel il s’engouffre finalement, les réseaux sociaux et l’image des joueurs, est carrément d’actualité ce qui donne une vraie portée au film. Chaque spectateur, binch à la main, peut se poser des questions sans forcément y connaître grand-chose. C’est là un autre point fort du film, il peut s’adresser à quelqu’un de peu initié au monde (administratif en tout cas) de la NBA sans pour autant prendre pour des incultes les spectateurs. Le juste milieu semble trouvé et il faut avouer que ça fait plaisir pour quelque chose qui pourrait presque être de l’ordre du documentaire. Tout un pan du film se concentre également sur la dénonciation du racisme ce qui, en soi, ne peut être que souligné positivement. En revanche, et c’est comme ça que l’on va transitionner (verbe du premier groupe), on a un sentiment d’inachevé (coucou Orelsan et Gringe) sur ce sujet comme sur beaucoup d’autres.

Ce qu’on regrette et ce qu’on a moins aimé :

Comme évoqué précédemment, le film ouvre trop de sujets et n’en achève que très peu en mettant le couvercle comme Clint Capela sur une passe de Chris Paul Russell Westbrook. Le racisme est le sujet le plus traité et pourtant, la décision d’en parler ne semble pas vraiment assumée. Le personnage de Spencer, coach d’une équipe du Bronx, revêt le rôle engagé qui aurait pu donner de la profondeur au film. C’est raté car aucune morale n’est vraiment visible et les personnages ne semblent pas se battre activement pour la cause. Dans le récit, la NBA est aussi décrite comme un monde machiste et homophobe, ce qui est à déplorer et le fait d’en parler pourrait clairement faire avancer les choses, mais le film ne va pas au bout de ses idées et laisse des pistes inexplorées en chemin. Le personnage de Myra, cheffe (coucou l’Académie française) du syndicat des joueurs et lesbienne assumée, aurait pu avoir un traitement plus profond et plus tourné vers l’engagement initié par le film. Outre ces bonnes idées inabouties, on doit avouer que l’on se perd un peu dans l’histoire. Le scénario met du temps à s’installer et les interventions des joueurs brouillent les pistes. Entre la pression d’être un joueur pro, la relation avec les agents, le travail au quotidien, l’amour pour le jeu, on ne sait plus trop où donner de la tête. On dirait que les scénaristes voulaient évoquer plein de chose pour déconstruire le mythe autour de la NBA et le résultat est un peu fouillis. Dommage qu’ils n’aient pas pensé à faire une mini-série où plusieurs court-métrages pour traiter d’une meilleure façon les différents angles.

Une scène marquante :

Le long plan séquence du milieu du film où Ray s’entretient avec le coach, Spencer, est certainement la scène la plus marquante du film. On découvre la motivation du héros qui a l’ambition de changer les choses. Ce n’est peut-être pas du grand cinéma mais cette scène est vraiment réussie d’autant plus qu’on voit un panier et un ballon, et on est accro au panier et au ballon.

En bref, ce film n’est pas le chef d’œuvre de l’année mais la prise de risque sur le sujet abordé mérite d’être soulignée. On ne choisit pas la facilité en montrant des gros dunks et le développement d’un joueur mais on creuse plus sur ce qu’est le mythe de la NBA et comment déconstruire cette machine à rêve. On regrette vraiment les défauts majeurs qui plombent un peu l’expérience. Quoi qu’il en soit, merci à Netflix de nous donner du basket à regarder dans notre canapé même l’été, parce que c’est déjà long depuis le Game 6 des Finales.

Vous cherchez d’autres idées de films pour patienter avant la reprise ? Venez donc checker le Festival TrashTalk fait son cinéma, le Top 10 des longs métrages à regarder et à re-regarder impérativement pour peaufiner sa culture basket.

1 Comment

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  1. killerdescore

    14 juillet 2019 à 20 h 25 min at 20 h 25 min

    Vraiment pas terrible comme « film » ,tout ce que je peux en dire c’est : »ouais ,il existe » et même en en attendant rien j’ai quand même été déçu.
    ça aurait surement eu meilleur gueule en série et arrêter de vouloir traiter douze sujets en même temps ,on ne comprend plus rien après les 30 premières minutes

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