Raptors

Le run des Raptors qui a tué Milwaukee : un 26-3 phénoménal, poussé par tout un pays et ses joueurs

Kawhi Leonard
Source image : NBA League Pass

C’est peut-être la séquence la plus importante dans l’histoire des Raptors. Un Game 6 mal embarqué, puis totalement retourné en l’espace de quelques minutes, afin d’offrir à Toronto ses premières Finales NBA. Ne tournons pas autour du pot : les Bucks ont pris un tsunami sur la gueule.

Sale ambiance au Air Canada Centre (Scotiamachin, merci mais non merci). Dans le match le plus décisif de tous les temps à Toronto, en menant 3-2 dans la série et en étant à quelques minutes des Finales NBA, les fans habituellement bruyants from the 6 sont particulièrement silencieux. Il faut dire que le décor a une sale gueule. Après avoir été menés de 15 points en première mi-temps puis avoir réussi à recoller au score, les Raptors se prennent une nouvelle salve alors que le troisième quart-temps touche à sa fin. Le tableau d’affichage est impardonnable. Milwaukee mène 74 à 61, Ersan Ilyasova se pointe sur la ligne des lancers avec deux tirs gratos, encore une faute à la con côté Toronto et Mike Budenholzer souffle un coup sur son banc. Il le sait, en prenant une potentielle quinzaine de points d’avance à l’entame du dernier quart, ses hommes ont de quoi être confiants. Deux minutes et dix secondes à jouer, -15 au score pour les Raptors, -30 à la météo pour Toronto. Il faut essayer de réduire l’écart, un minimum, tenter d’éviter la catastrophe avant un money-time qui s’annonce palpitant. Va alors rentrer en scène le seul homme capable de porter une franchise sur ses épaules à ce moment précis : Kawhi Leonard. La jambe tremble mais l’adrénaline fait le reste. Fuck it, on y va et puis merde. Un premier and-one de l’ailier permet aux fans de garder la tête haute, va falloir prendre chaque possession avec la plus grande des attentions. Et pendant que George Hill envoie une brique de loin, Kawhi punit Brook Lopez à mi-distance histoire de soûler un peu plus les Bucks. Dix points de retard, on a déjà évité le pire côté Dinosaures. Un nouveau stop et une belle passe de vous-savez-qui pour Ibaka coupe l’avance à huit points. Début de miracle ? Début de miracle. Et le monstre ne s’arrête pas là. Après avoir gobé un rebond défensif, Leonard provoque trois lancers, rentre ses deux premiers et parvient à choper le rebond offensif sur le troisième. Possédé, l’homme aux tresses est partout, surtout dans la tête des Bucks. Le buzzer sonne, le plus dur est déjà fait : ce qui était un retard de quinze unités n’est plus que de cinq, attachez vos ceintures.

Impossible de sortir Kawhi à ce moment précis du match, n’est-ce pas ? Et bien non, Nick Nurse pose ses balls sur la table et décide d’envoyer ses seconds soldats dans les tranchées. Fred VanVleet et Norman Powell en avant, un lay-up du premier et un trois-points du second donnent place à la séquence la plus attendue de la soirée : un caviar de Kyle Lowry pour Ibaka, qui dunk avec rage et permet à Toronto d’égaliser. Temps-mort Milwaukee, la salle qui était toute timide il y a à peine dix minutes est désormais le pire endroit où être si vous devez affronter les Raptors. Le momentum est totalement du côté des Canadiens, et les dégâts sont loin d’être terminés. Pendant que l’attaque des Bucks est totalement rouillée, Pascal Siakam trouve le moyen d’envoyer un floater en déséquilibre pour donner l’avantage aux siens. Gros choke adverse ou immense preuve locale de force mentale ? Un peu des deux, forcément. Il y avait 6-3 pour les Raptors la dernière fois que Toronto était devant au score, il y a 80-78 et Eric Bledsoe respire avec un tuba. Un passage en force provoqué par Kyle Lowry ? Allons-y, la fête est totale. Même Serge Ibaka parvient à forcer une nouvelle possession en se démenant au rebond offensif. C’est évidemment le moment idéal pour que Fred VanVleet envoie un side-step de 8 mètres pour donner cinq points d’avance aux siens. Jurassic Park explose, non seulement le public est incontrôlable mais le match l’est tout autant. Et le point d’exclamation va venir sur une ultime bavure des Bucks, ballon perdu pour Lowry qui met tout de suite Kawhi sur un trampoline, le monstre postérise Giannis comme un symbole de cette incroyable finale de conférence. N’en jetez plus, la coupe est pleine. Les quinze points de retard ? Transformés en huit points d’avance. Et tout ça en un claquement de doigts, grâce à la force d’un collectif et la pression mise par tout un pays sur la rencontre. Anxieux, les Raptors et leurs fans finissent le boulot proprement, mais ils se souviendront à tout jamais de ce run mémorable leur permettant d’accéder aux Finales NBA.

Comme si Toronto n’avait pas connu assez de grands moments comme ça sur ces Playoffs 2019 ? Quitte à accéder à la série ultime de manière historique, autant le faire avec la manière. Chapeau les Dinos, c’était mal barré comme affaire.

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