Spurs

Le DeMar DeRozan qu’on préfère : moins de pression, plus de possibilités, et donc de performances appréciées

DeMar DeRozana
Source image : NBA League Pass

Pour ses trois premiers matchs de Playoffs avec les Spurs, DeMar DeRozan est en train de régaler. Une adaptation match par match, quart-temps par quart-temps, qui montre toute l’évolution du joueur et son bien-être dans la franchise de San Antonio.

C’est fou comme un endroit peut vous changer un homme. La destination, le cadre, les habitants, les collègues au travail, même le poste en lui-même peut tout modifier. Avant que ces Playoffs 2019 ne commencent, le nom du garçon formé en Californie était sur toutes les lèvres. Alors, ce bon DeMar, il va nous faire sa spéciale maintenant que les matchs comptent ? Après des années de stéréotypes validés sous le maillot des Raptors, le pauvre DeRozan voyant ses shoots ricocher sur l’arceau et les espoirs de ses fans ricocher sur les hanches de LeBron, on était impatients à l’idée de voir ce que l’arrière pouvait donner sous les ordres de Gregg Popovich. Est-ce qu’un jeu davantage en mouvement, et avec des coéquipiers capables de prendre le relais, pourrait faciliter la vie d’un garçon comme DeMar ? Est-ce qu’une nouvelle conférence, une nouvelle culture et des responsabilités mieux partagées l’aideraient au quotidien ? Au bout de trois petits matchs, ce qui représente donc un échantillon pas assez épais pour être suffisant, la réponse est oui. Oui, clairement, même si ce n’est qu’un trio de matchs, DeMar est au top. Chaque match a apporté son challenge différent, et à chaque fois l’ex-All-Star s’est ajusté assez merveilleusement. Toujours porté vers le collectif, le garçon n’est pas du genre à vouloir flinguer la bonne marche de son équipe. Donc s’il faut prendre les choses en main ou se mettre en retrait, dites-moi et je m’en chargerai avec grand plaisir. Lors du Game 1, il a fallu être davantage dans la distribution et en défense, laissant le jeu venir à lui sans trop gratter ses shoots. Un peu maladroit, DeRozan a pris son temps et a contribué dans ses passes, dans sa communication, sans tirer la couverture à lui. Lors du Game 2, il était au four et au moulin offensivement, comprenant que les ajustements des Nuggets n’allaient pas permettre un second match collectivement offensif similaire au premier. C’est donc dans son registre canadien, lié à l’isolation et aux shoots les plus compliqués, que DeMar s’est enfoncé, mais avec une sacré réussite. Pour peu que Jamal Murray ne prenne pas feu et ne défonce pas les bets des pronostiqueurs qui voyaient San Antonio avec 18 points d’avance dans le troisième quart ? On aurait applaudi longuement la perf de DMDR, pleine de propreté et d’assurance (31 points, 7 rebonds, 11/19 au tir, 1 balle perdue). Mais tant pis, next game comme on dit. Là aussi, un signe de plus grande maturité vu chez DeRozan.

Lors du Game 3 joué cette nuit donc, c’était proche de la perfection selon Gregg Popovich. Un jeu de caméléon qui permettait au coach des Spurs d’avoir un maximum de flexibilité sur son terrain. Il y avait d’abord le jeu tout en création, sans perdre un seul ballon pendant 38 minutes, avec de la défense toujours aussi intéressante et une lecture du jeu affinée. Mais voyant que Derrick White était sur Jupiter, DeMar se décalait presque naturellement dans un fauteuil qu’il n’a jamais vraiment eu à Toronto, celui de bras-droit. Oui, pour une rare fois dans sa carrière, DeRozan pouvait disparaître au scoring et ne pas être pointé du doigt pour ce faire. Un ajustement soudain qui, en deuxième mi-temps, permettait au garçon de faire le push nécessaire lorsque les Spurs en avaient besoin. Et pour creuser l’écart ? Boom. Du DMDR tout craché, avec sa vitesse de jeu et ses feintes imprévisibles, scorant à outrance sans entacher sa feuille ou celle de son équipe. Sans attirer l’attention de tout le monde, mais avec suffisamment de matos pour tout de même être éclairé, DeRozan était peut-être dans le siège qui lui convient le mieux. Celui de grand joueur, sur qui tout ne doit pas reposer par risque d’effondrement, mais sur qui on peut compter quand on en a besoin par séquence. Pour le moment, dans cette série face aux Nuggets, il n’y a pas énormément eu de fleurs déposées à la porte de DeMar, et pourtant la question suivante peut être posée : qui a été plus solide et régulier que lui côté San Antonio en trois matchs ? Plus gros temps de jeu et meilleur scoreur des siens au Game 1, meilleur marqueur de toute la soirée dans un Game 2 collectivement chié dans le dernier quart, puis incroyablement propre au Game 3 en laissant le trône d’une nuit pour Derrick White, que demander de plus à l’ex-Raptor. L’important, maintenant, sera évidemment de confirmer. Mais en moins d’une semaine, ce que DeMar a proposé pour ses premiers Playoffs avec les Spurs a quelque chose de très intrigant.

24,7 points, 7,7 rebonds et 4,3 passes, à 48% au tir, sans faire de bruit mais en permettant aux siens de mener 2-1 dans une série où San Antonio n’est pas le favori. Doucement mais sûrement, une belle page pourrait être en train de s’écrire dans la carrière de DeMar DeRozan et dans la saison des Spurs. On en redemande.

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