One-on-One

One Last Dance – Chapitre 4 : quand LeBron James et Chris Bosh ont rejoint Dwyane Wade pour atteindre le Graal (2/2)

Retour sur le back-to-back du Heat en 2012 et 2013. Que de souvenirs !

Source image : YouTube

Le 16 septembre dernier, Dwyane Wade a annoncé à la planète basket que sa seizième saison NBA serait la dernière. Sélectionné par le Miami Heat lors de la fameuse Draft 2003, Flash a connu une carrière magnifique qui va l’emmener tout droit au Hall of Fame. Avec trois bagues de champion, un titre de MVP des Finales, treize nominations au All-Star Game et une médaille d’or olympique, Wade fait incontestablement partie des meilleurs arrières de l’histoire. TrashTalk a ainsi décidé de lui rendre hommage à travers une série de six articles retraçant son parcours au sein de la grande ligue. Aujourd’hui, place à la deuxième partie du quatrième chapitre, dédié à la période Big Three avec LeBron James et Chris Bosh. 

Sacrifice. Voici le maître-mot, voici la clé pour espérer remporter un titre NBA. Et s’il y a bien un joueur qui connaît parfaitement le sens de ce terme, c’est Dwyane Wade. Après le fiasco des Finales 2011, durant lesquelles le Heat et LeBron James ont complètement craqué face aux Mavericks, Flash s’est rendu compte qu’il devait laisser les clés de sa franchise au King, afin que le Miami version Big Three puisse tourner à plein régime. Et cette prise de conscience a été confirmée par la réalité du terrain au début de la campagne 2011-2012, raccourcie à cause du lock-out. Victime de plusieurs pépins physiques, Wade rate neuf des 18 premiers matchs de son équipe cette saison-là. Le bilan du Heat durant cette période ? 13-5. En d’autres termes, les hommes d’Erik Spoelstra cartonnent, même avec Dwyane en costard. Et la principale raison qui explique cela, elle se nomme LeBron James. Le Roi enchaîne les performances de MVP et porte véritablement Miami. Depuis le banc, D-Wade apprécie le spectacle proposé par son pote soir après soir. Trop impressionnant, trop talentueux, trop régulier, trop fort tout simplement. Résultat, une nouvelle dynamique naît entre les deux superstars, avec une vraie hiérarchie qui s’installe. LeBron devient le patron, Dwyane prend le rôle de lieutenant. Un choix forcément difficile pour Flash, mais nécessaire pour le bien de l’équipe. Le plus important dans l’esprit de Wade à ce moment-là, c’est faire le maximum pour que James soit le plus à l’aise possible, pour qu’il puisse jouer son jeu comme à Cleveland, sans se poser de questions. Autrement dit, il décide de s’adapter au King, tout en lui apportant le soutien et l’expérience dont il a besoin pour gagner en maturité et devenir le véritable leader du Heat. En clair, on assiste là à un véritable tournant dans l’histoire du Big Three.

« Prendre du recul (pour laisser les clés à LeBron), c’était probablement l’une des choses les plus difficiles à faire pour moi. […]

Mais c’était à moi de lui dire, ‘Prends les devants, mec. Tu es le meilleur joueur du monde. Nous allons te suivre.’ Une fois que j’ai dit ça, je pense qu’il s’est un peu libéré. »

– Dwyane Wade (via ESPN).

Excellent tout au long de la saison 2011-2012, LeBron James est nommé MVP de la NBA pour la troisième fois en quatre saisons. Une récompense méritée pour le King, qui a emmené le Heat à la seconde place de l’Est avec un bilan de 46 victoires pour 20 défaites, le tout avec un D-Wade souvent à l’infirmerie (17 matchs manqués sur 66). Ce titre de MVP symbolise parfaitement la nouvelle hiérarchie installée à Miami. LeBron qui soulève le trophée, Dwyane qui applaudit, et le Heat qui sourit. C’est exactement ce que voulait Flash, mais c’est en Playoffs qu’on attend la franchise floridienne. Et lors de la postseason, Miami va connaître des hauts et des bas, en particulier Wade, toujours gêné par ses pépins physiques. Après un premier tour maîtrisé face aux Knicks du grand Gérard Smith, le Heat rencontre les Pacers. Lors du Game 1, la bande à Spo s’impose mais perd Chris Bosh sur blessure pour environ trois semaines. Un coup dur, d’autant plus que les Floridiens lâchent l’avantage du terrain lors de la deuxième manche. Dans l’Indiana, Dwyane réalise l’un de ses pires matchs en carrière avec seulement 5 points à 2/13 au shoot, dans une branlée 94-75. Il s’embrouille même avec Spoelstra sur le banc. On se dit alors que c’est mal embarqué. Mais à partir du Game 4, au moment où le Heat est dos au mur, James et Wade vont retourner la série de manière spectaculaire. Sans Bosh, le duo cartonne comme jamais avec un Dwyane qui renaît de ses cendres. 22 points dans la deuxième mi-temps du quatrième match, 28 points dans le Game 5, puis 41 pions pour achever Indiana en six. 4-2 Heat, merci au revoir. La suite, c’est une série de folie face aux Celtics. Sept rencontres, sept batailles face au Big Three de Boston, le gros rival du Heat. Et s’il y a bien un moment durant la saison qui prouve que LeBron James est le nouveau patron de Miami, c’est dans cette série, lors du Game 6 à Boston plus précisément. Mené 3-2 après avoir pourtant remporté les deux premières rencontres, le Heat se repose sur le King, qui réalise peut-être le meilleur match de sa carrière avec 45 points et 15 rebonds. James maintient son équipe en vie, avant de porter les siens vers les Finales NBA avec une nouvelle perf de cyborg dans la manche décisive. Dwyane Wade, auteur d’une série solide à 21,4 points de moyenne, ne peut être qu’admiratif devant les exploits de son copain.

Un an après la débâcle contre Dallas, Miami a l’opportunité d’effacer ce terrible revers. En face, le Thunder d’Oklahoma City, guidé par un trio aussi jeune que talentueux avec Kevin Durant, Russell Westbrook et James Harden. Forcément, tous les yeux sont rivés sur LeBron James, qui est attendu au tournant suite à son choke job de 2011. Une nouvelle défaite serait catastrophique pour le King, et probablement fatale au Big Three. Mais à l’image de toute la saison, James va se comporter en patron, avec Wade en lieutenant de luxe et Chris Bosh en troisième option. Malgré une défaite lors du Game 1 à OKC, le Heat remporte les Finales 4-1, porté par un LeBron en mode MVP. Le Chosen One domine la concurrence et peut enfin s’asseoir officiellement sur le trône de la NBA. Quant à Wade, il remporte son deuxième titre après celui de 2006. Pour lui, cette seconde bagouze valide son sacrifice, celui de donner les clés de sa franchise à James. En conférence de presse suite à la victoire lors du Game 5, Dwyane rend hommage à son pote comme il se doit, ainsi qu’à l’ensemble de sa famille pour le soutien apporté dans les moments difficiles. Parce qu’il ne faut pas oublier que Wade a traversé pas mal de galères, que ce soit sur comme en dehors du terrain. On peut parler de ses pépins physiques, on peut parler de cette horrible saison à 15 victoires seulement deux ans après avoir remporté le Larry O’Brien Trophy, on peut parler de cette défaite en Finales contre les Mavericks, mais ça va plus loin que le basket. Entre 2007 et 2011, il a dû affronter un long divorce avec la mère de ses enfants Siohvaughn Funches et s’est retrouvé au cœur d’une grosse bataille pour obtenir la garde de ses deux garçons. Une épreuve qui était forcément difficile pour lui. Sauf qu’au final, ça rend ce deuxième titre encore plus beau que le premier.

En 2006, Dwyane Wade ne s’est pas forcément rendu compte à quel point c’était difficile de terminer au sommet, et d’y rester. Quand vous arrivez au top après seulement trois ans dans la ligue, vous pensez que le monde vous appartient. Mais en NBA, tout peut aller très vite et Wade l’a appris à ses dépens. Du coup, après le sacre de 2012, Dwyane est conscient de la tâche qui attend le Heat. Faire le back-to-back, c’est hard. Pour se retrouver en meilleure forme possible face à ce défi, Flash passe sur le billard durant l’été afin de se faire opérer du genou gauche, qui l’a gêné durant la saison précédente et plus particulièrement les Playoffs. D-Wade est obligé de faire l’impasse sur les Jeux Olympiques de Londres mais l’essentiel est ailleurs. Miami réalise une magnifique saison régulière avec 66 victoires au compteur, dont une série incroyable de 27 succès consécutifs. L’équipe tourne à merveille, LeBron est sur une autre planète et son duo avec Dwyane fonctionne comme sur des roulettes. Tout semble donc aller pour le mieux dans le meilleur des mondes, jusqu’à ce que les pépins physiques reviennent toquer à la porte de Wade. Durant le mois de mars 2013, l’arrière floridien est victime d’une contusion au niveau du genou droit et il rate plusieurs matchs de fin de saison, notamment en guise de précaution en vue des Playoffs. Mais en postseason, D-Wade galère énormément. A cause de ses bobos au genou, il n’est que l’ombre de lui-même, surtout qu’il aggrave sa blessure lors d’un choc avec Jimmy Butler durant le deuxième tour. Il fait ce qu’il peut, il contribue à sa manière en essayant tant bien que mal d’apporter sa connaissance du jeu et son expérience. Heureusement, LeBron James est là pour tenir la baraque, comme souvent, au grand dam des Bucks, des Bulls et des Pacers. Le King emmène le Heat vers une troisième Finale NBA consécutive, cette fois-ci face aux Spurs.

Et dans cette série, alors que l’enjeu est maximal, on va retrouver le grand Dwyane Wade. Menée 2-1 après une claque reçue dans le Game 3, l’équipe de Miami peut compter sur le réveil de son numéro 3, qui enfile le costume de Flash avec une perf à 32 points, six rebonds, six interceptions et quatre assists, à 14/25 au tir. 2006, here we go again. Un match énorme de sa part, qui prouve encore une fois que D-Wade répond présent dans les grands rendez-vous. Cette victoire change le ton de la série, même si San Antonio reprend l’avantage 3-2 derrière. La suite, elle est mémorable avec un sixième match historique, durant lequel Ray Allen rentre sans doute le shoot le plus clutch de l’histoire des Playoffs, puis un affrontement décisif pour le titre. Pour la première fois de sa carrière, Dwyane Wade dispute un Game 7 de Finales NBA. Un dernier effort à fournir pour le back-to-back, en espérant que les genoux tiennent. Et ils vont tenir. 23 points, 10 rebonds, deux contres, c’est ce qu’on appelle être à la hauteur de l’événement. Le Heat l’emporte finalement 95-88 sous l’impulsion d’un match énorme de LeBron (37 points et 12 rebonds avec cinq tirs du parking), et réalise donc le doublé. Troisième titre pour D-Wade, peut-être le plus difficile après une campagne de Playoffs éprouvante pour lui. Lors d’une interview avec Doris Burke juste après la rencontre, la notion de sacrifice est forcément abordée car elle caractérise cette équipe de Miami, parmi beaucoup d’autres choses évidemment. Et celui qui symbolise le mieux cela, c’est Dwyane Wade.

Avec deux titres NBA consécutifs, Dwyane Wade et ses copains ont réussi à atteindre le sommet pour ensuite y rester. Et ça, c’est le signe des très grandes franchises. Critiqué par certains, adoré par d’autres, le Heat version Big Three a incontestablement marqué la ligue de son empreinte. Une équipe à part. 

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