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Le racisme, non merci : le fan du Jazz qui a insulté Russell Westbrook est banni à vie

Russell Westbrook
Source image : NBA League Pass

C’est une affaire qui a occupé toute la planète basket ce mardi, et on attendait le résultat de l’enquête menée par le Jazz à Utah. Finalement, la franchise de Salt Lake City a été ferme avec le fan qui a insulté Russell Westbrook : bye-bye, plus le droit de venir au moindre événement à la Vivint Smart Home Arena.

Que ces vingt-quatre dernières heures furent agitées. Niveau embrouilles entre fans et membres de la NBA, on a eu notre dose. Du côté de New York, c’est James Dolan le propriétaire des Knicks qui était chamaillé par un fan, la sanction étant un peu forte puisque ce dernier était initialement banni du Madison Square Garden… pour avoir dit à Dolan de vendre la franchise. Du trashtalking de bac à sable, du blabla comme on en voit tous les jours, dans des arènes où le sport professionnel excelle. Mais à Utah, ce lundi soir, le registre était totalement différent. Différent et inadmissible. Mets-toi à genoux comme vous savez si bien le faire. Voilà, en substance, le propos qui a été tenu par Shane Kiesel, fan du Jazz de longue date et qui avait apparemment une dent depuis autant de temps envers Russell Westbrook. Une phrase que le fan en question a totalement nié avoir prononcé, se cachant notamment derrière le tempérament volcanique du meneur du Thunder pour défendre son camp. Malheureusement pour lui, la montée en température de Russell au premier rang a mis le viseur sur cette affaire, qui a forcément attiré l’attention de tout le monde. Après la rencontre, Raymond Felton et Patrick Patterson étaient notamment en tête de file pour soutenir leur meneur, et pointer du doigt ce problème récurrent à Salt Lake City. Ce n’est pas la première fois que des joueurs afro-américains sont en effet ciblés par des insultes raciales à Utah. Est-ce que cela veut dire que les 29 autres franchises sont proprissimes ? Absolument pas. Mais quitte à utiliser une occurrence pour envoyer un message fort, autant prendre celle de cette semaine. C’est donc tard hier soir, via un communiqué rendu public sur les réseaux sociaux, que la franchise du Jazz a tapé du poing sur la table.

Le fan a été banni de la salle pour tout type d’événement et cette sanction est “basée sur un acte de violence verbale excessif dirigé vers un joueur, pendant un match, qui viole le code de conduite de la NBA.”

“Tout le monde doit avoir la possibilité de profiter d’un match, dans un environnement en sécurité, positif et inclusif. Tout comportement abusif et offensant ne reflète pas les valeurs véhiculées par la famille Miller, notre franchise et sa communauté. Nous avons tous la responsabilité de respecter le sport et, encore plus important, de respecter chacun d’entre nous en tant qu’être humains. Cela a toujours été au centre de nos incroyables fans et cela devrait rester ainsi pour toujours.” – Steve Stark, président du Utah Jazz

Bien évidemment, pour ceux qui ont suivi l’affaire complète, Westbrook a lui écopé de 25 000$ d’amende par la NBA, pour les insultes renvoyées au fan en question. Au départ, le meneur était ciblé par de nombreuses critiques car, enregistré en vidéo par un spectateur au premier rang, on ne pouvait que voir Russell indiquer qu’il allait littéralement régler ses comptes avec le fan et sa femme. Disons que ça a un peu alerté Adam Silver et les hauts-placés de la Ligue, qui tout en souhaitant protéger leurs joueurs, ne veulent pas non plus diffuser une image d’insécurité pour celles et ceux qui veulent se ramener à un match. C’est donc un rapport complet réalisé avec plusieurs témoins qui ont permis aux acteurs principaux de cette affaire d’agir avec pertinence. Les fans, les joueurs, faire la balance des deux, une chose est sûre la Ligue et donc la franchise du Jazz ont agi dans le bon sens, encore une fois : il ne doit pas y avoir de place pour le racisme. Ni en NBA, ni en Euroligue, ni en bas de chez vous, ni aux championnats du monde de poney-aquatique. Un combat qui demande évidemment beaucoup de temps, d’efforts, de cas comme celui de ce lundi afin qu’il y ait des sanctions, et que ce qui pouvait être encore estimé comme normal récemment ne le soit plus. Quand on prend en plus le contexte dans lequel le sport américain est ces derniers temps, c’est forcément touchy. Mais il faut que des joueurs se dressent face à cela et pointent du doigt ces actes inadmissibles. Donovan Mitchell, d’ailleurs, a été le premier à communiquer sur ce sujet en lendemain de crise, indiquant qu’il oeuvrerait avec sa fondation pour faire en sorte que la réduction (extinction on va se calmer) des actes racistes soit une priorité. Les joueurs, la Ligue et les différents acteurs en sont sein sont donc sur la même longueur d’ondes, et ce depuis bien longtemps. Ce qui est rassurant.

Maintenant vient forcément cette partie liée au trashtalking, et aux limites qui doivent être imposées. Différents talk-shows américains se sont penchés sur cette affaire lundi soir pour donner leur avis en public. C’est un fait assez stupide mais réel, lorsqu’un fan paye sa place et parfois assez cher, il devient soudainement logique pour ce dernier que tout lui est permis. L’acte d’achat permettrait cet enjambement des règles, alors que si on reste pragmatique au moins une minute et qu’on rebranche son cerveau, ça n’a aucun sens. Ce n’est pas parce qu’on dépense notre argent dans ces places, et qu’une partie de cette thune retombera d’une manière ou d’une autre dans les poches des joueurs, qu’on peut immédiatement dépasser les limites du respect. Cela veut dire quoi, qu’en fonction du tarif payé on peut plus ou moins faire ce que l’on veut ? Certes, dans de nombreuses arènes sportives, et encore plus en NBA où le motto a été véhiculé pendant des années, le client est roi. Cette sorte d’échine courbée et menée par le billet vert doit malheureusement avoir un plafond, une barrière, sous peine de voir ce type d’incident arriver. Les joueurs sont les premiers à le reconnaître : une bonne partie de blabla avec un fan au premier rang est sacrément séduisant. Ils aiment rentrer dans un échange tout au long de la partie. Ils aiment inclure les fans dans le scénario de la rencontre, les pointant du doigt après un gros shoot salvateur. Mais le trashtalking est un art si beau et pur qu’il doit rester sous le contrôle de thèmes décents et respectables. Bien sûr qu’on peut dire que ta grand-mère défendrait mieux que toi. On ne peut juste pas dire que ta grand-mère est une péripatéticienne, et qu’elle mérite des coups de fouets à l’ancienne. Ce n’est juste pas possible, ni audible ni possible.

Il est rassurant de voir que la NBA, comme souvent, agi dans le droit chemin et prend des décisions exemplaires. Qu’on aime ou qu’on aime pas Russell Westbrook, on ne peut marcher sur les règles et tomber dans l’insulte raciale. Un fan a tenté, d’autres le feront par la suite, mais le message envoyé a été très clair : pas de place pour le racisme, faites-vous gauler et vous ne pourrez plus voir la magie de la NBA.

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