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Le départ de Kristaps Porzingis : un sale message envoyé par les Knicks, concernant leurs choix de Draft

Kristaps Porzingis
Source image : NBA League Pass

Depuis quelques heures, la planète basket tremble après avoir appris le transfert de Kristaps Porzingis à Dallas. Une décision du management new-yorkais qui a ses raisons, mais qui envoie aussi un message troublant pour la suite.

C’est tout le temps la même chose. Lorsqu’un transfert a lieu, on cherche constamment le vainqueur au premier coup d’oeil afin de choisis son camp. Mavs, Knicks, qui s’en sort le mieux ? Trop difficile à dire, trop illogique surtout de se prononcer maintenant quand on sait ce que les décisionnaires de New York ont en tête. Sur bien des points, la décision de vouloir transférer Kristaps Porzingis avait du sens. Je romps avec toi avant que tu me largues, voilà un peu comment on pouvait interpréter la situation, sachant que la licorne avait manifesté sans état d’âme ses doutes envers le plan de sa franchise. En récupérant du choix de Draft, en créant du cap space pour cet été et en tankant de manière violente cette saison, il y a une certaine logique à suivre et qui paiera peut-être par la suite pour les habitants de la Grosse Pomme. Cependant, dans tout ce bordel ambiant, un message sous-jacent a été envoyé par les Knicks concernant leurs choix de Draft. Leur meilleur choix de Draft, au singulier, de ces dernières années. Management différent évidemment, puisque Phil Jackson était à la tête du cirque lorsque Porzingis était drafté, mais pas de quoi changer le fond du message. Pas de quoi changer la perception que vont se faire les agents de jeunes joueurs débarquant à Goham en tremblant des mains. Dans la récente histoire de New York, lorsqu’on regarde les picks effectués à la Draft, aucun n’a été véritablement épargné des décisions locales qui voulaient voir autre chose, là, tout de suite, maintenant. GM qui changent, pages qui tournent, qu’importe. Et en étant clairement le meilleur choix de ces dernières années, en étant transféré alors qu’il n’y avait pas eu de véritable communiqué montrant le mécontentement et l’envie de départ du Letton, Porzingis n’a fait que cimenter la vision publique et en coulisses qui traîne autour de la troupe new-yorkaise depuis trop longtemps. Si tu es bon, que tu es choisi par les Knicks et que tu souhaites relever la franchise, ne prends pas trop tes aises. Car il y a de fortes chances pour que tu sois bouté hors de la ville en très peu de temps.

Danilo Gallinari, Wilson Chandler, Channing Frye, David Lee. Voilà les derniers bons éléments qui ont été draftés et qui n’ont pas pu continuer leur projet à New York. Au premier coup d’oeil, pas de quoi baver en abondance. Le seul All-Star de cette liste est Lee, qui a été membre d’un sign and trade en 2010, direction Golden State. Le reste ? Deux joueurs draftés dans le Top 10, et un solide joueur qui a surpris en fin de premier tour. Autant dire que Kristaps, seul sur son radeau, était le meilleur pick de ces 20 dernières années dans Gotham. Voire 30, si on remonte à Patrick Ewing en 1985. Et ce choix, devenu All-Star en trois ans seulement ? Transféré, dehors, merci, au revoir. L’idée ici n’est pas de fusiller Steve Mills et Scott Perry pour leur décision, ils ont probablement bien anticipé en récupérant un maximum de pièces contre un futur départ probable de KP à la free agency. L’idée, c’est de comprendre en quoi cette décision envoie un message potentiellement néfaste concernant les joyaux qui tomberaient à New York. Qui sera le prochain joueur capable de démarrer chez les Knicks, d’y faire une longue carrière et d’attirer des agents libres ? Est-ce que le management va trouver un nouveau joueur, type Porzingis ou encore meilleur, qui fera le boulot sans qu’on lui coupe l’herbe sous les pieds ? Peut-être que dans six mois, on se réveillera pantois devant la conférence de presse de Kevin Durant et Kyrie Irving, en plein Madison Square Garden. Peut-être, et on croise les doigts pour les fans des Knicks. Mais peut-être aussi que, sans y faire attention, au même moment, nombreux seront les agents et les jeunes joueurs qui aborderont la Draft en se disant que finir à New York est en fait un putain d’enfer. Un enfer médiatique, un enfer géré par James Dolan, un enfer bancal et sans vision long-terme, sans identité. Oui, le management a probablement bien agi, mais à quel prix…?

Aucun joueur drafté par les Knicks depuis Patrick Ewing n’avait le talent ou le potentiel de Kristaps Porzingis. Deux joueurs incomparables, forcément, mais un Letton qu’on doit utiliser comme exemple aujourd’hui. Car si lui ne peut rester à New York et aider la franchise à se relever, qui va le faire hors transferts bénis ou grosses signatures à la free agency ?

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