Dirk Nowitzki
One-on-One

La chronique de Dirk – Episode #7 : Dirk Nowitzki a dépassé le statut de star, c’est une humble idôle

À quoi reconnait-on une vraie star ? À l’accueil que le public lui réserve à l’extérieur.

Source image : YouTube

Avoir des quadras performants dans la Ligue, c’est rare. C’est l’heure d’apprécier les derniers moments de ces gloires du jeu, qui ont ravi les fans sur plusieurs décennies. Dirk Nowitzki fait partie de ceux-là. Il entre dans sa 21ème saison NBA, qui pourrait s’avérer être l’ultime baroud du géant. Le meilleur joueur européen de l’histoire qui vit sa dernière danse ? TrashTalk ne pouvait pas rater ça, et va vous permettre de suivre l’année de Tall Baller from the G grâce à une rubrique bimensuelle. Allez, avant d’entonner le chant du cygne, il est temps que Dirk nous régale encore quelques mois.

# RETOUR SUR SES DERNIÈRES PERFORMANCES

  • 8 janvier vs Los Angeles Lakers (défaite 107 à 97) : 13 minutes de jeu, 2 points (à 1/3 aux tirs, dont 0/1 du parking), 2 rebonds, 2 assists, 1 block, 2 fautes
  • 12 janvier @ Minnesota Timberwolves (victoire 119 à 115) : 13 minutes de jeu, 0 point (à 0/4 aux tirs, dont 0/4 du parking), 4 rebonds, 1 interception, 1 block, 2 fautes
  • 14 janvier vs Golden State Warriors (défaite 119 à 114) : 7 minutes de jeu, 3 points (à 1/3 aux tirs, dont 1/2 du parking), 2 rebonds, 1 assist
  • 17 janvier vs San Antonio Spurs (défaite 105 à 101) : 10 minutes de jeu, 6 points (à 2/5 aux tirs, dont 2/4 du parking), 4 rebonds, 1 assist, 2 fautes
  • 20 janvier @ Indiana Pacers (défaite 111 à 99) : 10 minutes de jeu, 0 point (à 0/5 aux tirs, dont 0/5 du parking), 1 rebond, 1 block

Statistiques sur la saison : 15 rencontres disputées (0 fois titulaire), 10 minutes de jeu, 3,5 points (à 28,1% au tir dont 23,8% du parking, 100% aux lancers-francs), 1,9 rebond, 0,4 assist, 0,1 steal, 0,3 block, 1,2 faute, 0,3 balle perdue.

Les satisfactions ne sont pas nombreuses lorsque l’on jette un coup d’œil aux deux dernières semaines de Dirk Nowitzki. Les progrès entrevus en tout début d’année civile se sont rapidement stoppés. Pas de performance de pointe, pas de vitesse de pointe. Deutsche Quälitat ok, la technologie est toujours de pointe, de haute précision. Mais la mécanique est rouillée, on n’est pas prêt d’apercevoir l’Allemand chausser les pointes et faire des tours de pistes d’athlétisme. Le BGG n’a pas d’embonpoint, certes, mais son grand âge joue sur son physique, qui n’est plus assez au point pour exprimer tout le talent qu’il reste dans les doigts de l’ailier-fort. Voilà qui explique son absence face à Phoenix le 10 janvier dernier. Même en jouant seulement 10 minutes par rencontre, et en travaillant sur le renforcement de sa cheville, les résultats ne sont pas absolument satisfaisants.

Statistiquement, sur les cinq rencontres auxquelles il a pris part récemment, il tourne à un très laid 18,8% de derrière l’arc, et à un non moins hideux 20% de réussite au global. S’il ne se trouve pas beaucoup plus en galère physique que la saison dernière, il avoue actuellement avoir du mal à trouver son rythme de shoot, ce qui explique des taux de réussite aussi peu élevés. De plus, les Cowboys, dont le natif de Wurtzbourg est le premier supporter, se sont inclinés les armes à la main face aux Rams de Los Angeles lors des Playoffs de la NFL. Vraiment, vraiment pas de quoi esquisser une risette pour le quadra ?

Et bien, le point positif que l’on peut dégager, c’est la régularité des apparitions du MVP 2007. Quand même, c’est fort. Fort de voir un joueur en chier autant sur le parquet, souffrir pour courir, sauter, se déplacer, qui continue à faire tous les efforts possible pour être au niveau, prendre du plaisir, et aider ses jeunes coéquipiers. Mental d’acier, mentalité germanique ou dévotion totale à son sport ? Peu importe, pépère est quasiment là tous les soirs, à coup de poignées de minutes, pour se régaler. L’envie est bel et bien toujours présente, elle a posé ses pattes dans la grande carcasse d’outre-Rhin, et ne semble pas prêt de s’en extirper. Puis, nonobstant ce qu’il peut se passer sur les planches, sneakers aux panards, tout n’est pas noir pour le Wunderkind. Il a tant émerveillé les fans de la planète entière, que tout un chacun souhaite saluer la carrière du bonhomme, espère kiffer une dernière fois devant la gestuelle si pure du géant. Les hommages pleuvent, et vont s’intensifier plus on s’approchera de la mi-avril. Dirk Nowitzki, humble, avec de grandes qualités humaines, ne peut qu’apprécier tout cela, pour ce qui ressemble à s’y méprendre à un Farewell Tour.

# UNE 21EME SAISON CONTRASTÉE, ENTRE GALÈRES, HUMILITÉ, AMOUR ET PROBABLE FAREWELL TOUR, DIRK NOWITZKI NE SAIT PLUS SUR QUEL PIED BOITER DANSER 

Plus la saison actuelle se déroule, plus les observateurs et fans s’en accommodent, c’est très probablement la dernière année de Dirk Nowitzki dans la Grande Ligue. Ou si ça ne l’est pas, ça y ressemble fortement. Dans ce cas, il y a deux écoles. On serait en droit de penser qu’une telle superstar, qui a marqué l’histoire de son sport même outre-Atlantique, puisse avoir droit à une tournée d’adieu en bonne et due forme, à l’image de Kobe Bryant. Dwyane Wade a choisi le même chemin, en annonçant qu’il s’agissait de son dernier tour de piste. De l’autre côté, il y a le mode taiseux, à la Tim Duncan, qui n’a jamais fait grand bruit, et qui est sorti non pas par la petite porte, mais sans fioriture, sans feu d’artifice. Le Wunderkind semble appliquer ce modèle. Par timidité ? Pas forcément. Parce qu’il peut rempiler sur une 22ème ? Possible, mais peu probable. Par humilité ? Bien évidemment. C’est vraiment à l’image de l’être qu’il est. Dernier exercice ou pas, l’Allemand reste fidèle à lui-même, malgré son statut d’étoile internationale. L’attention ? Aucune raison qu’elle soit portée uniquement sur lui, même lors du titre de 2011, ou de tout autre événement. Alors, ce n’est pas lors de sa pré-retraire que cela va changer.

Ce que certains peuvent qualifier de Farewell Tour, est tout sauf une tournée d’adieu au sens propre du terme pour Dirk Nowitzki. Ce n’est pas un « Coucou, regardez, je suis là pour la dernière fois, profitez-en, donnez moi de l’amour, avant que je tombe en dépression post-carrière, que je perde tout mon argent en deux ans, et que je tombe dans la drogue et l’alcoolisme et qu’on se souvienne de moi comme une gloire passée qui a mal tourné ». Non, bien loin de là, Tall Baller from the G garde des objectifs en tête, fait le taf en tant que bon professionnel, et ne vient pas parader pendant une année. Sa déclaration après l’entrainement de ce mardi, auprès de Mac Engel de Star Telegram, vient confirmer ses ambitions.

« Je souhaite toujours être compétitif et aider. J’apprécie encore la routine de la saison. »

Cependant, les fans NBA l’ont bien compris, contrairement à leur amour pour celui-ci, le numéro 41 des Mavs n’est pas éternel. C’est ainsi que c’est le public qui rend hommage à l’Allemand, alors qu’il ne le souhaite pas forcément. Le schéma est inversé, on ne vient pas chercher de la gratitude, on la reçoit de plein fouet sans l’avoir demandé. C’était le cas à Boston, où le TD Garden a rendu un vibrant hommage au géant. Charlotte n’a pas manqué de l’honorer non plus. Toutes ces franchises de l’Est, qui l’ont finalement peu vu jouer, profitent de la dernière fois où leur salle sera visitée par la crinière blonde de Wurtzbourg. Dans l’Indiana, on a réservé une ovation pour l’entrée en jeu de l’ailier-fort, et en fin de rencontre, alors que l’issue ne faisait plus de doute, les fans des Pacers se sont mis à entonner des gros « We want Dirk, we want Dirk » à trois minutes du terme. Rick Carlisle a exaucé les prières de la Bankers Life Fieldhouse. Résultat ? Aucun panier, malgré plusieurs tentatives. Il faut dire qu’il n’a pas été aidé par Dorian Finney-Smith qui s’est pris les deux derniers shoots du match côté Texan (ce qui a provoqué l’ire des fermiers, vous vous en doutez). Bref, pas de panier, pas de panier, mais encore une belle émotion pour Dirk Nowitzki, émotion qu’il confiait à Brad Townsend en après-match.

Pas mal d’émotions risquent de se manifester dans la poitrine de Dirk Nowitzki d’ici la fin de la saison 2018-19, comme il l’a été hier soir.

« C’est très émouvant de savoir que tu as fait quelque chose pendant les deux dernières décennies, et d’être apprécié, honoré à l’extérieur, c’est très spécial. »

Toujours un mot gentil pour les fans, la franchise, l’équipe en elle-même, c’est aussi ce genre de petites attentions qui ont construit sa réputation de gentleman, de star humble. Si c’était un rockeur, on aurait pu l’appeler l’idole des jeunes. Ou Dick Rivers. Actuellement, sa démarche ressemble plutôt à celle du duckwalk d’Angus Young. Ouaip, Dirk Nowitzki est un canard légèrement boiteux, la faute à cette fameuse cheville. Il a confié, toujours à Mac Engel, certains regrets par rapport à cette dernière.

« Oui, si je pouvais tout recommencer, j’aurais fait mon opération à la cheville quelques années auparavant. Mais je dis ça en ayant pris du recul, c’est rétrospectif. »

Tardive ou non, l’opération était nécessaire afin de préserver le corps abîmé de 2m13 de l’Allemand, ainsi que pour lui permettre de rejouer. Son rôle n’est pas simple, et pas vraiment défini. Il en a discuté avec son coach, et, de manière concordante, les deux hommes ont décidé de s’adapter à ce qui se présente en face d’eux. Si Dirk n’est pas en forme avant une opposition ? Repos. Si la match-up ne lui convient pas ? Benché. S’il a la main chaude ? Temps de jeu à foison. En fonction de comment Tall Baller from the G se sent, et de ce qui est proposé par les adversaires, les Mavericks pourront composer entre Dwight Powell, Maxi Kleber et son compatriote. Un mode de gestion somme toute assez pragmatique, alors que Rick Carlisle reste assez admiratif du comportement de son ancien franchise player, d’après les propos rapportés par Brad Townsend, du média Dallas Morning News.

« Les réalités sont là : vous avez un des 10-12 meilleurs joueurs de l’histoire, qui revient d’une blessure et de sept mois de rééducation, qui sort du banc pour la première fois depuis deux décennies. […] Je ne sais pas s’il y a déjà eu un plus gros challenge pour un des plus grands joueurs de l’histoire de ce sport. »

C’est un énorme challenge que le BGG est en train de relever. Malgré tout cela, il n’en reste pas moins agréable avec son environnement, et n’oublie personne parmi les gens qu’il a côtoyés pendant tant d’années, à l’image d’Eddie Sefko, un journaliste ancien collègue de Townsend, qui a suivi les Mavs pendant 18 ans, dont l’activité au sein de cette structure prend fin.

Toujours la bonne parole, et la petite attention qu’il faut. Est-ce que ce mec a ne serait-ce qu’un seul défaut ? Est-ce un être humain ? Non. He’s not a man, he’s a machine.

 DIRK AU RÉVÉLATEUR DES  STATISTIQUES

Lorsque l’on joue autant de temps dans une Ligue, et que l’on a été un franchise player pendant tant d’années, on fait partie des légendes de ce jeu. Dirk est l’un des plus grands par le talent, et cela se vérifie forcément au niveau statistique. C’est ainsi que nous surveillerons tout au long de l’année sa position dans différents classements all-time.

Classement des marqueurs les plus prolifiques en carrière :

Septième avec 31 239 unités.

Yes, Dirk Nowitzki augmente son total de 11 points… En l’espace de deux semaines, soit cinq matchs. Il va falloir quelques solides performances pour aller chercher l’homme aux 100 points sur un match, qui totalise 31 419 unités au scoring (points ou conquêtes, à vous de voir ce que ce chiffre représente). 180 de retard, normalement ça se règle en une volée de fléchettes. L’Allemand a potentiellement encore 37 rencontres pour y parvenir. Il devrait pour cela réaliser une performance moyenne de 4,87 points marqués chaque soir. Au vu de ses moyennes, ça ne paraît pas simple. Au vu de son talent, on peut y croire. Puis, on n’est pas à l’abri d’une Wunder Nacht, lors de laquelle le Papa Schulz des parquets plante sa vingtaine pour se rapprocher à portée de Wilt Chamberlain.

Classement du nombre de paniers réussis en carrière :

Neuvième avec 11 052 tirs réussis. 

Quatre shoots rentrés sur la quinzaine, pas dingue. La neuvième place semble se dessiner comme le peak de Dirk dans ce classement all-time, puisque le huitième, un certain Shaquille O’Neal, en a mis 278 de plus que lui.

Classement du nombre de matchs disputés en carrière :

Quatrième avec 1 486 rencontres disputées.

S’il ne joue pas énormément avec ses jeunes coéquipiers des Mavs, Dirk Nowitzki prend souvent part au jeu. Avec cinq rencontres de plus au compteur, le BGG vient gentiment souffler sur la nuque de la plus belle tête de comptable all-time de la Ligue. John Stockton n’est plus qu’à 18 unités de l’ailier-fort, qui, hors blessure, devrait dépasser ce total autour de la mi-mars.

# LE PROGRAMME DE DIRK NOWITZKI

Deux prochaines semaines :

  • 21 janvier @ Milwaukee Bucks
  • 23 janvier vs Los Angeles Clippers
  • 26 janvier vs Detroit Pistons
  • 28 janvier vs Toronto Raptors
  • 31 janvier @ New York Knicks
  • 1er février @ Detroit Pistons
  • 3 février @ Cleveland Cavaliers

Sept potentielles rencontres à disputer pour Dirk Nowitzki en cette fin de mois de janvier. En réalité, il est probable de ne pas le voir disputer la rencontre de ce soir contre les Bucks, étant donné que Dallas est en back-to-back. Il pourrait également louper une des deux oppositions parmi celles du 31 janvier et du 1er février. Hors Clippers, les Mavs ne vont rencontrer que des franchises de l’Est lors de la prochaine quinzaine, dont quatre à l’extérieur. De quoi annoncer des moments forts en émotion pour le Wunderkind dans les jours à venir.

La liste des lieux où le BGG ne se rendra sans doute plus en tant que joueur va s’allonger. Dallas a déjà joué tous ses matchs de l’exercice actuel face aux Hawks, Celtics et Lakers. Dirk Nowitzki va disputer, le 28 janvier, son possible dernier duel face aux Raptors. Le 31 janvier marquera l’ultime opposition Mavs-Knicks pour le Wunderkind, dans un Madison Square Garden qu’on attend rugissant. Il en sera de même pour la Little Salad Caesars Jerk It Out Arena de Detroit le lendemain. Dans deux semaines, six équipes seront sur la liste des franchises contre lesquelles le numéro 41 ne déploiera peut-être plus jamais ses grands segments.

Les kleenex sont en réserve, leur utilisation va être exponentielle jusqu’au 11 avril. Après ce soir, il ne restera que 36 potentiels matchs de Dirk Nowitzki sur vos écrans. 36… Indre… Chateauroux. Les grands esprits se rencontrent. L’Allemand, toujours focus, nous montre encore un peu plus chaque jour à quel point il est une super personne, un basketteur d’exception. Et nous fait nous rendre compte d’à quel point il va nous manquer. Allez, sortez cette poussière de votre œil, c’est pas fini, auf wiedersehen, à dans deux semaines.

Sources texte : Star TelegramTwitter/@townbrad, Dallas Morning News, Twitter/@swish41

Cliquez pour commenter

Répondre

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *


To Top