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La chronique de Dirk – Episode #6 : Dirk Nowitzki laisse sortir la vapeur pour ce qui ressemble à un tour d’honneur

Dirk Nowitzki Dallas Mavericks vs Boston Celtics

Pouah… Déjà plus qu’une demi saison…

Source image : NBA.com

Avoir des quadras performants dans la Ligue, c’est rare. C’est l’heure d’apprécier les derniers moments de ces gloires du jeu, qui ont ravi les fans sur plusieurs décennies. Dirk Nowitzki fait partie de ceux-là. Il entre dans sa 21ème saison NBA, qui pourrait s’avérer être l’ultime baroud du géant. Le meilleur joueur européen de l’histoire qui vit sa dernière danse ? TrashTalk ne pouvait pas rater ça, et va vous permettre de suivre l’année de Tall Baller from the G grâce à une rubrique bimensuelle. Allez, avant d’entonner le chant du cygne, il est temps que Dirk nous régale encore quelques mois.

# RETOUR SUR SES DERNIÈRES PERFORMANCES

  • 27 décembre vs New Orleans Pelicans (victoire 122 à 119) : 12 minutes de jeu, 7 points (à 2/6 aux tirs, dont 1/3 du parking, 2/2 aux lancers francs), 1 rebond, 1 assist, 2 blocks, 3 fautes
  • 29 décembre @ New Orleans Pelicans (défaite 114 à 112) : 11 minutes de jeu, 11 points (à 4/7 aux tirs, dont 1/3 du parking, 2/2 aux lancers francs), 1 rebond, 2 fautes, 1 balle perdue
  • 31 décembre vs Oklahoma City Thunder (victoire 105 à 103) : 10 minutes de jeu, 6 points (à 2/4 aux tirs, dont 2/3 du parking), 3 rebonds, 2 fautes
  • 3 janvier @ Charlotte Hornets (victoire 122 à 84) : 7 minutes de jeu, 6 points (à 2/4 aux tirs, dont 2/4 du parking), 2 rebonds
  • 5 janvier @ Boston Celtics (défaite 114 à 93) : 16 minutes de jeu, 0 point (à 0/10 aux tirs, dont 0/8 du parking), 2 rebonds, 3 fautes, 1 balle perdue

Statistiques sur la saison : 10 rencontres disputées (0 fois titulaire), 9,6 minutes de jeu, 4,1 points (à 31,8% au tir dont 26,9% du parking, 100% aux lancers-francs), 1,5 rebond, 0,2 assist, 0,2 block, 1,2 faute, 0,4 balle perdue.

Dix rencontres disputées par Dirk Nowitzki cette saison, cela paraissait être le bout du monde il y a à peine un mois de cela, tant le retour de l’Allemand se faisait attendre. Pourtant, Papy est revenu en forme (en bombe comme disent les djeuns), et a participé à toutes les rencontres des Mavs, hors back-to-backs, depuis le 13 décembre dernier. On s’est déjà bien réhabitués à sa présence du côté de l’American Airlines Center, pour le plaisir de chacun des fans de Dallas. Chaque minute est un régal, tout le monde est pendu au poignet magique du géant pour exploser de bonheur dans son salon à chaque salve de celui qui a désormais plus une dégaine de cow-boy boiteux que de joueur de basket.

Le moins qu’on puisse dire, c’est que si le jeu de l’ailier-fort est moins agréable visuellement que celui d’antan, cela reste toujours d’une efficacité sans conteste. C’est ce que le Wunderkind nous a démontré lors de ses cinq apparitions lors de la dernière quinzaine. La machine se remet doucement en route, et préchauffe, comme en témoigne les onze unités plantées en onze minutes sur la tête des Pelicans. C’est simple, si l’on omet sa sortie ratée du côté de Boston, sur les quatre dernières rencontres, Dirk Nowitzki, c’est 7,5 points à 47,6% aux tirs, dont 46,2% de derrière l’arc, le tout en seulement 10 minutes par opposition. L’ancêtre a encore de bons restes, non ?

Bien évidemment, Tall Baller from the G doit maintenant être utilisé avec Luka Doncic parcimonie par Rick Carlisle. Le légendaire numéro 41 n’est plus capable de suivre le rythme de la NBA sur de longues séquences. Par contre, par petites touches, il peut apporter du shooting et du spacing à son équipe. Pépère est encore capable de faire des différences et de faire se lever les foules. Oui, pas seulement le public de Dallas, mais bien l’ensemble des fans et des franchises de la Ligue.

# HOMMAGES ET SUCCÈS SE SUCCÈDENT POUR DIRK NOWITZKI, ALORS QUE LE COMPTE À REBOURS EST ENCLENCHÉ

M-43. Il ne s’agit pas ici du nom du groupe qui a chanté Midnight City (plus 40), mais bien du nombre de rencontres qu’il reste à disputer pour Dirk Nowitzki cette saison en NBA. En sachant que l’homme aux 21 saisons chez les Mavericks n’est plus de toute première fraîcheur, il ne jouera vraisemblablement pas les back-to-backs de son équipe. Il en reste six aux hommes de Rick Carlisle cette année. Ce qui signifie que l’on peut déduire six rencontres potentielles du compte à rebours de l’Allemand. Hors possible post-saison, il reste donc 37 apparitions probables d’un des meilleurs joueurs européens de l’histoire du jeu sur les parques de la Grande Ligue. 37 ! C’est à la fois beaucoup, et si peu comparé à l’ensemble de son immense carrière.

Alors on se met à penser, à songer. On se remémore des vieux souvenirs, le titre de 2011, la tête de viking partant en raid du Wunderkind lors de ses premières années aux USA… Tout fan de la balle orange ayant suivi la NBA sur les deux dernières décennies possède forcément son petit souvenir en lien avec Dirk Nowitzki, qu’on soit aficionado des Mavericks, ou d’une autre écurie. Ainsi, plus qu’une franchise, c’est une organisation, une ligue toute entière que l’Allemand a marqué, a fait vibrer. C’est complexe de mesurer l’impact d’un joueur à très grande échelle au cours de sa carrière. Quand celle-ci touche à sa fin, c’est plus aisé de ce faire. Pour l’émérite numéro 41, l’exercice en cours montre déjà des signes d’adoration, de respect de la part des autres entités de la ligue chapeautée par Adam Silver. Cela apparaît clair, le BGG fait l’unanimité. Il a mis les sa franchise sur la carte du basket américain, ce qui fait que l’on peut retrouver des fans des bleus et blancs un peu partout dans le pays de l’Oncle Sam, comme à Charlotte.

Parmi les deux GOATS présents ci-dessus, on vous laisse deviner qui prend l’autre à la course. Suspense, suspense. Sur les parquets, par contre, aucun doute sur l’issue du duel. Sur de brefs instants, on retrouve du vintage Dirk, capable de tout. Qui a dit que Papy était un diesel ?

Le shoot, la précision est toujours là. Dirk Nowitzki sait toujours faire, et se tient prêt pour peser et nous faire prendre notre pied (lui ne peut plus le faire). Quoi qu’il en soit, quand il s’agit de prendre un coup de chaud, voire de faire changer le momentum d’un match, il y a du monde, à l’image de cette séquence face à New Orleans.

C’est au cours de cette rencontre que le Wunderkind finit pour la première fois de la saison en double figure, avec ses 11 unités au scoring. Ce sera insuffisant pour se défaire des Pelicans ce soir-là, alors que les Mavs les avaient défaits deux jours plus tôt, lors d’une opposition qui restera marquante en termes numériques pour le natif de Wurtzbourg (voir plus bas). S’il est apprécié à NOLA, ainsi qu’en Caroline du Nord, c’est dans un des plus gros bastions du sport préféré de votre sportif préféré qu’on a rendu un vibrant hommage à Dirk Nowitzki. Dans l’antre du TD Garden, alors que le résultat ne faisait plus aucun doute, la salle vibrait encore en fin de match. Pourquoi ? Et bien, pour entendre Guerschon Yabusele le croque-mort préféré de la NBA faire résonner les filets de cette mythique salle. Alors à 0/8 au shoot, il reste une trentaine de secondes, et le peuple vert n’a plus d’yeux que pour le géant vert bleu.

Malheureusement, l’état des chaussettes de (Felipe) Massa (vous l’avez ?) n’aura pu exploser malgré les dernières tentatives de l’Allemand. On ne peut malgré tout qu’être ému par tant d’encouragements d’un public pour un joueur adverse, alors que Dirk Nowitzki affiche un large sourire, tout en secouant la tête, empli de déception de ne pouvoir offrir aux fans de Boston son ultime panier dans une salle qu’il ne foulera vraisemblablement plus jamais. Cela aurait pu lui offrir un nouveau record, celui du joueur de la Conférence Ouest qui a marqué le plus de points au TD Garden. Il restera ainsi à 426 points, soit à une petite unité d’un ennemi intime des Celtes, Kobe Bryant. Allez, l’essentiel est ailleurs, Dirk Nowitzki a eu les honneurs des Celtics, de quoi l’émouvoir comme il le décrit en interview d’après-match.

 « C’était très agréable, très touchant. C’est très agréable de voir pas seulement vos propres fans, mais aussi les fans à l’extérieur apprécier ce que vous avez fait pendant les deux dernières décennies. J’apprécie les fans de Boston et, malheureusement, je suis très déçu de n’avoir pu mettre au moins un panier. […] C’est vraiment attristant, mais vraiment, je n’oublierais jamais l’accueil qu’ils m’ont réservé, et, évidemment, à la fin du match, à quel point ils souhaitaient que je batte le record [de Kobe, NDLR]. J’ai vraiment apprécié tout ça. »

Rivalité Celtics-Lakers exacerbée, ou simple affection pour le BGG, toujours est-il qu’on a rarement entendu le TD Garden gronder pour un autre qu’un des siens, hors Paul Pierce sur son tour d’honneur personnel. Le record n’a donc pas été battu, mais Dirk Nowitzki n’en perd pas son légendaire humour.

« J’aurai peut-être la chance de revenir une année supplémentaire. » a-t-il plaisanté.

Une jolie petite boutade que Tall Baller from the G délivre avec un sourire, une belle antiphrase d’après ta prof’ de français de seconde, un soupçon d’ironie pour les autres. Ayant raté les 26 premières sorties des Mavs cette année, et produisant de gros efforts pour être en forme à chaque rencontre, il y a désormais très peu de probabilités que Papy rempile sur une 22ème aventure. S’il s’avérait que l’exercice actuel soit l’ultime, nombreux seraient les fans à souhaiter le voir au All-Star Game en février. Ce serait un grand kiff pour beaucoup, même s’il n’est clairement pas au niveau. Il n’apparaît pourtant pas dans les dix forwards les plus plébiscités à l’Ouest, selon les premiers résultats des votes. Son collègue quadra, Vince Carter, est pour l’instant dans la course, même si cela risque d’être compliqué pour avoir sa place à Charlotte dans moins de deux mois, que ce soit pour Vinsanity ou le Wunderkind. De toute façon, on connaît l’humilité de l’Allemand de tels honneurs le laissent assez indifférent. Il préférera probablement se retaper tranquillement pendant le All-Star Break, ou pouvoir fêter le titre NFL des Cowboys, franchise de Dallas qui colle à la peau du BGG.

Difficile d’imaginer Dirk Nowitzki en linebacker ou en tight end dans l’équipe de Dak Prescott, ça ne remplit pas le maillot. L’Allemand a par contre porté bonheur aux Cowboys, qui se sont imposés face aux Seahawks hier soir, lors du Wild Card, équivalent du premier tour des Playoffs NFL. On ne souhaite que le même destin aux Mavs, pour emmener le Wunderkind en postseason une dernière fois, et affoler encore un peu la machine à statistiques.

# DIRK AU RÉVÉLATEUR DES  STATISTIQUES

Lorsque l’on joue autant de temps dans une Ligue, et que l’on a été un franchise player pendant tant d’années, on fait partie des légendes de ce jeu. Dirk est l’un des plus grands par le talent, et cela se vérifie forcément au niveau statistique. C’est ainsi que nous surveillerons tout au long de l’année sa position dans différents classements all-time.

Classement des marqueurs les plus prolifiques en carrière :

Septième avec 31 228 unités.

30 points de plus en carrière pour le Wunderkind en deux semaines de compétition, ce n’est pas un rythme incroyable. Cependant, cela permet de se rapprocher à pas de loup de Wilt Chamberlain, qui n’a désormais plus que 191 unités d’avance sur la gâchette de Wurtzbourg.

Classement du nombre de paniers réussis en carrière :

Neuvième avec 11 048 tirs réussis. 

Dix tirs réussis en deux semaines, cela fait assez peu pour espérer gagner des places dans ce classement, alors que le Shaq est bien accroché à sa huitième position, 282 unités devant Dirk Nowitzki.

Classement du nombre de matchs disputés en carrière :

Quatrième avec 1 481 rencontres disputées.

Karl Malone est désormais bel et bien dépassé, et ne semble pas être en mesure de revenir sur l’Allemand. Prochain objectif, le podium. Pour cela, il faudra déborder John Stockton, à 1 504 unités. Sur le papier, avec 43 rencontres restantes cette saison, ça sent bon.

Classement du nombre de victoires en carrière :

Sixième avec 900 matchs remportés.

Dans la nuit du 26 au 27 décembre, alors que la majorité d’entre nous était en crise de foie post-festivités de Noël, Dirk Nowitzki dépassait une marque symbolique, celle des 900 victoires en carrière. Ils ne sont que six à avoir passé cette barre. C’est plutôt sympathique, lorsque l’on voit qui sont les noms devant lui au classement. Dans l’ordre : Kareem-Abdul Jabbar (1 074), Robert Parish (1 014), Tim Duncan (1 001), John Stockton (953) et Karl Malone (952). C’est un moment que la franchise Texane a choisi de célébrer, en même temps, ça n’arrive pas tous les jours.

# LE PROGRAMME DE DIRK NOWITZKI

Deux prochaines semaines :

  • 8 janvier vs Los Angeles Lakers
  • 10 janvier vs Phoenix Suns
  • 12 janvier @ Minnesota Timberwolves
  • 14 janvier vs Golden State Warriors
  • 17 janvier vs San Antonio Spurs
  • 20 janvier @ Indiana Pacers

Six rencontres au programme pour les Mavs dans la prochaine quinzaine. Pas de back-to-backs (à part les 20 et 21 janvier, sur un enchaînement Pacers-Bucks), ce qui signifie, a priori, six opportunités de voir jouer Dirk Nowitzki. Plus la saison va avancer, plus nous allons assister aux derniers matchs de l’ailier-fort face à certaines franchises. Au vu de l’avancement de la saison, il ne jouera probablement plus jamais dans sa carrière face aux Hawks, aux Raptors ou aux Celtics. Trois franchises de l’Est, dont certaines chez qui il n’a pu se rendre. De quoi attrister le futur Hall of Famer, comme il le confie après son récent match au TD Garden.

« C’est malheureux que tôt dans la saison, je n’ai pu aller à certains endroits où je pourrais ne plus jamais jouer. […] Atlanta, Toronto, ce sont de superbes endroits sur la côte est, et je n’étais pas en capacité de jouer là-bas, c’était malheureux. Mais parmi ces villes de la Conférence Est dans lesquelles nous ne venons qu’une fois par an, je serais heureux si je pouvais jouer dans certaines d’entre elles. »

Ainsi, il faudra sans doute faire un choix entre le Bankers Life Fieldhouse d’Indianapolis et le Fiserv Forum de Milwaukee. Le 20 et 21 janvier auront lieu les derniers matchs de Dirk Nowitzki dans ces deux salles, mais pas contre les franchises qui y sont domiciliées. Dallas recevra les Bucks et les Pacers plus tard dans l’année. Par contre, la réception des Lakers dans deux jours marquera, hors rencontre en Playoffs, l’ultime match du numéro 41 face aux Purple and Gold. Si LeBron James n’est pas retapé d’ici là, il pourrait ne plus jamais y avoir de face-à-face entre deux des plus grands de ce jeu sur un parquet NBA. Dur.

Tristesse, nostalgie et moments d’exception nous attendent pour encore quatre mois de saison régulière. Les différentes « dernières » de Dirk Nowitzki s’annoncent émouvantes. Sortez les mouchoirs, la période des poussières dans l’œil ne va pas tarder à débarquer. Bon, on n’est jamais à l’abri d’un coup de bluff, mais il va falloir être réaliste : la saison 2018-19 est la dernière saison du Wunderkind, c’est (presque) sûr. L’Allemand est en train de retrouver son niveau de jeu petit à petit, espérons qu’il nous éblouisse encore de son talent à quelques reprises d’ici avril (ou mai, sait-on jamais), avant qu’une des plus grandes étoiles de ce sport ne s’éclipse définitivement. Allez, auf wiedersehen, à dans deux semaines.

Sources texte : Youtube/BestOfTheNBATwitter/@dallasmavsESPN

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