Old-School

On a toujours appelé Karl Malone le Mailman, mais ce ne serait pas Elvin Hayes le facteur ?

Elvin Hayes

Un vrai facteur délivre tous les jours.

Source image : YouTube

Karl Malone a toujours été surnommé le Mailman, à cause de sa régularité exemplaire soir après soir. Dix-neuf saisons NBA dont dix-sept en double-double de moyenne, c’est ce qu’on appelle une longévité correcte. Mais c’est surtout son taux de présentéisme qui est impressionnant. Avec le Jazz, il disputa 1 434 matchs sur… 1 444 possibles. Ça se voit qu’il n’a pas été rookie aux Sixers, lui. Néanmoins, est-ce le seul joueur à compiler de tels chiffres ? Est-il le seul véritable postier de la NBA ? Un nom apparaît clairement comme un rival potentiel, celui de Monsieur Elvin Hayes.

Karl Malone est à la résistance ce que Chandler Parsons est à la fragilité, un expert. La longévité du facteur est exceptionnelle, il détient toujours le record du plus grand nombre de matchs avec au moins 20 points (1 143). Alors oui, autant vous prévenir tout de suite, on vous conseille de vous mouiller la nuque, de prendre de grandes inspirations et un petit Doliprane, avant de lire les statistiques écrites plus bas. Non, parce que les deux protagonistes que nous allons opposer se rapprochent plus du tronc d’arbre que de l’humain. Karl Malone c’est presque 1 500 matchs en carrière, la plupart sous le maillot du Jazz. Hormis sa dernière saison aux Lakers, ce n’est pas dans son habitude de se blesser. Dix matchs loupés seulement, lorsqu’il portait la tunique de la franchise de l’Utah, en dix-huit saisons. 25 points et 10 rebonds de moyenne, deuxième au storing all-time. Elvin Hayes n’est pas mal non plus avec 1 300 matchs en NBA sous le maillot des Rockets et des Bullets. Combien de rencontres loupées vous demandez-vous ? Neuf. Voilà voilà…

Ce qui est d’autant plus impressionnant avec ces statistiques, c’est que les deux joueurs ont évolué à des époques où le jeu était bien plus physique. Certains matchs s’apparentaient plus à un atelier boucherie charcuterie qu’à du basket. Il est vrai que la grande taille des deux protagonistes (2m06) pouvait les avantager. Mais à une époque où les soins et la récupération n’étaient pas aussi perfectionnés, cela force le respect. Elvin Hayes a débuté la NBA en 1968. Autant vous dire que la cryothérapie n’avait pas encore été inventée. Ajoutez à cela une énorme moyenne de 38 minutes par match pour les deux hommes. Mais alors si les statistiques d’Elvin Hayes sont si proches de celles de Karl Malone, pourquoi le Big E est il un joueur si souvent oublié par les fans de la NBA ? Nous tenons sûrement notre facteur original. Doit-on vous rappeler qu’Elvin a joué en Converse l’intégralité de sa carrière ? A l’heure où le repos est préconisé, où certaines stars ne disputent jamais plus de 70 matchs par saison pour cause de blessure, les carrières de ces deux hommes doivent être reconnues à leurs juste valeur. Le joueur des Bullets tourne tout simplement à 21 points et 12,5 rebonds en carrière, dixième au storing all-time, et un tir en fadeway turnaround qui inspirera le grand Michael Jordan. Il remportera le titre en 1978 avec l’équipe de Washington en formant un duo dévastateur avec Wes Unseld. La carrière de « Big E » est faite de résistance et de persévérance, comme celle de son héritier facteur. Il est très peu probable que, dans le basket d’aujourd’hui, d’autres joueurs reprennent le flambeau de Karl Malone.

La longévité n’est pas une affaire de chance mais de talent. Seul des joueurs extrêmement précis dans leurs gestes et avec une bonne hygiène de vie peuvent espérer durer sur le circuit. Seul les joueurs étant amoureux de ce sport pourront faire subir à leurs corps 20 ans de matchs au quotidien. Ces deux légendes sont malheureusement très sous-estimés lorsque l’on parle des meilleurs joueurs de tous les temps mais leurs records ne seront jamais battus. Dirigeons maintenant nos regards vers ceux qui résistent encore et encore à la retraite, les vétérans de la NBA, les papys faisant de la résistance. Dirk Nowitzki dépassera peut-être la barre des 1 500 matchs en carrière cette année, pendant que Vince Carter les approchera de près.

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