Warriors

Le boule entre deux chaises : David Lee piégé dans une situation délicate à Golden State

Joueur le mieux rémunéré de l’effectif victorieux de Steve Kerr avec plus de 15 millions de dollars cette saison, David Lee n’a pourtant jamais démarré une rencontre dans le cinq de départ des Warriors en 36 matches. Un temps considéré comme l’un des tauliers de la franchise, l’ancien intérieur des New York Knicks ramasse à présent les miettes (18,4 minutes en moyenne cette année) laissées par l’impétueux Draymond Green qui ne cesse de faire des miracles jour après jour. Entre une insatisfaction personnelle contrastant de manière antinomique avec le plaisir savoureux de la victoire partagée avec ses frères d’arme, l’enfant de Saint-Louis de 31 ans souffre en silence…

Quel moment plus désagréable pour un sportif pro qu’une blessure : vous êtes mis sur la touche, on vous soigne à l’infirmerie le temps qu’il faut mais, en parallèle, le rendement de votre escouade doit continuer sans répit et vous êtes remplacé. Des fois, il arrive que votre doublure brasse un tel niveau de jeu qu’elle en ferait presque oublier que vous avez existé… Tel est le scénario récurrent dans lequel David Lee est embourbé à l’heure actuelle, héros principal d’une configuration qui taquine gentiment son ego de compétiteur chevronné. Alors évidemment, quand on est membre de l’équipe la plus bandante de la saison, reine intraitable de la Conférence Ouest avec 50 victoires au compteur pour 12 défaites, difficile d’ouvrir son clapet pour chouiner et laisser ses états d’âme ombrager la très bonne atmosphère du moment. Or, ce cas de figure « délicat » touche de plein fouet l’intéressé en question mais préoccupe tout autant son entraîneur rookie qui, même si tout semble aller pour le mieux, désire voir chacun de ses soldats prendre leur pied et déguster cette euphorie commune sans la moindre arrière-pensée nocive pour tout le groupe.

« Je m’entretiens constamment avec tous mes joueurs », explique Kerr. « Chaque joueur est différent. Chaque situation est différente. Et celle-ci est particulièrement complexe. David (Lee) est un grand basketteur. Il a été All-Star. Il demeure toujours au summum de ses capacités. Le truc c’est qu’on a développé et appliqué une formule pendant son absence qui s’est révélée payante pour nous. Ajoutez à cela que toute la Ligue pratique le small ball sur le poste 4 et que chaque soir vous vous retrouvez avec un shooteur à trois-points à cette position. Nous nous sommes adaptés à cette nouvelle donne. Draymond (Green) a parfaitement rempli cette mission. Donc oui, c’est compliqué. »

« (…) Je sais que si je fais jouer David pendant 30 minutes, il va nous apporter sans aucun doute 18 points et 10 rebonds. Mais tout est une question de bien associer les différentes pièces du puzzle. Et jusqu’ici, il a été perçu comme un intrus. Ça doit être extrêmement frustrant pour lui. C’est normal, c’est un être humain. »

Malgré tout, doté d’un QI basket très développé et d’un recul intelligent sur ce qui lui arrive, Lee apprend à gérer cette affaire avec parcimonie, gardant toujours en mémoire l’objectif premier qui reste de remporter le titre suprême en juin prochain, quoi qu’il arrive. De plus, s’il n’a pas été tradé à la deadline, ce n’est pas uniquement lié au fait qu’il reste très apprécié par son propriétaire Joe Lacob mais surtout parce qu’il est toujours considéré comme étant l’un des intérieurs les plus polyvalents du circuit et qu’il pourrait s’avérer d’une aide non négligeable en Playoffs.

« On gagne et on prend du plaisir », avoue un David Lee, tiraillé entre les appels conflictuels de son cœur et de sa raison. « C’est un moment difficile à passer. Je n’aurais pas pu supporter tout ça si on ne marchait pas aussi bien. Mais on est bons. Je ne vais pas placer mes ressentis au devant de ce que nous sommes en passe de réaliser. »

En bref, rien de vraiment nouveau du côté de la Californie où il fait toujours aussi bon vivre avec son lot d’accomplissements et d’échecs à avaler, avec ses joies et ses peines intérieures qu’il faut apprendre à surmonter dans le but de préserver une dynamique singulière qui pourrait élever une armada ambitieuse tout en haut de la montagne NBA. Ça va s’arranger David, tu ne seras ni le premier ni le dernier à te torturer l’esprit à ce propos…

Source texte : csnbayarea.com

Source image : bayareasportsguy.com

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