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Russell Westbrook, l’OVNI qui continue de diviser

Russell Westbrook

Alors qu’il entre un peu plus dans l’histoire de son sport à chaque match, Russell Westbrook ne fait toujours pas l’unanimité…

Parfois, dans certaines situations exceptionnelles, on ne trouve plus les superlatifs pour décrire ce dont on est témoin. C’est ce qui se passe actuellement avec Russell Westbrook, qui est en train de défier l’histoire de la NBA soir après soir. Avec quatre triple-doubles d’affilée, il est devenu le premier joueur depuis Michael Jordan en 1989 à réaliser un tel exploit. Pourtant, malgré ses performances d’anthologie, le meneur d’Oklahoma City continue de diviser alors qu’il devrait mettre tout le monde d’accord. Étrange comme phénomène non ?

37 points, 13,5 rebonds, 10,5 assists de moyenne sur les quatre derniers matches, le tout avec quatre triple-doubles à la clé. Non, vous n’êtes pas dans un jeu vidéo ou sur le playground du coin, vous êtes juste en face d’un monstre. Ce monstre, c’est Russell Westbrook, meneur d’Oklahoma City et véritable extraterrestre de la balle orange. Actuellement, il ne rivalise pas seulement avec ses pairs mais tout simplement avec l’histoire de la NBA. Ses performances récentes le classent ni plus ni moins avec des légendes comme Michael Jordan, Pete Maravich, Larry Bird, Wilt Chamberlain, Oscar Robertson et Magic Johnson. Du beau monde quand même non ? Pourtant, il ne fait toujours pas l’unanimité. En effet, malgré ses exploits, Russell Westbrook continue à être critiqué par rapport à son jeu, comme cela est le cas depuis son entrée dans la grande ligue en 2008.

Russell WestbrookArrière de formation reconverti en meneur de jeu, Russell Westbrook fait partie de ces joueurs qui révolutionnent leur poste par leur style de jeu et leurs qualités hors du commun. Il est aujourd’hui le prototype même de cette catégorie de meneur hyper-athlétique axé avant tout sur le scoring. Dans le passé, nous avons déjà eu les Kevin Johnson et autre Steve Francis, mais personne dans l’histoire de la NBA (à part peut-être Derrick Rose avec des genoux) n’était doté d’une telle combinaison de vitesse et d’explosivité caractérisant le meneur d’Oklahoma City. Sa rage et son énergie font de lui l’un des plus grands compétiteurs de la ligue, et il prouve soir après soir à quel point il est spécial. Il est d’ailleurs en train de réaliser la saison la plus aboutie de sa carrière, lui qui tourne à des statistiques « LeBron-esques » de 27 points, 7 rebonds et 8,2 assists à 43,4 % au tir ! Dans la ligue depuis presque sept saisons, Russell Westbrook n’en finit plus de progresser et continue de repousser ses limites (reste à savoir s’il en possède) jusqu’à atteindre aujourd’hui un niveau de MVP. Mais malgré cela, on retrouve toujours les mêmes critiques le concernant. « Il shoote trop, il ne rend pas ses coéquipiers meilleurs (d’ailleurs ça veut dire quoi vraiment ça ?), il ne rentre pas dans le collectif, il fait trop d’ombre à Kevin Durant » et bla bla bla et bla bla bla. C’est le même refrain depuis une éternité et visiblement cela n’est pas prêt de changer puisque des remarques de ce type ont encore émergé aujourd’hui, juste après sa nouvelle performance historique. Le problème avec Russell Westbrook aux yeux de certains « fans », c’est qu’il est incapable de se contrôler et qu’il force beaucoup les choses. Mais ces gens-là doivent comprendre à un moment donné que sa faiblesse fait aussi sa force. Alors oui, bien sûr qu’il a du déchet, bien sûr que ses tirs en première intention sont parfois « casse-croûtes », mais cela fait partie intégrante de son jeu basé essentiellement sur un rythme complètement infernal qui donne parfois le tournis à son équipe mais surtout à l’équipe adverse. Contrairement à d’autres joueurs qui ont tendance à choisir leur moment (hello KD), Russell Westbrook est en attack mode tout le temps ! Il est toujours à 100 %, il ne triche jamais. Durant 48 minutes, il agresse l’adversaire sans réfléchir et c’est pour cette raison qu’il fait tellement mal. C’est son jeu, c’est sa personnalité. Aux États-Unis, on dit souvent qu’il faut prendre « le bon avec le mauvais » (« take the good with the bad »), alors pourquoi ne pas le faire avec Russ’ ? Aucun joueur n’est parfait, chacun possède des qualités et des défauts qui sont d’ailleurs souvent liés. Par exemple, si l’on prend le cas de Kobe Bryant, il est souvent critiqué pour son côté croqueur, mais que serait le « Black Mamba » sans cette confiance en soi, sans cette mentalité de tueur et sans cette envie d’agresser constamment la défense adverse ? Il ne serait tout simplement pas Kobe Bryant. C’est pareil avec Russell Westbrook, qui possède d’ailleurs beaucoup de similitudes avec la star des Lakers (même Kobe le dit). On peut également prendre l’exemple de LeBron James, qui contrairement aux deux autres est plus axé sur la passe et le jeu d’équipe. C’est ce qui fait sa caractéristique et qui le rend si spécial, mais cela lui a aussi joué des tours quand il fallait conclure des fins de matches serrées, peut-être parce qu’il n’était pas forcément dans sa zone de confort. En fin de compte, il faut tout simplement comprendre que chacun joue au basket comme il sait le faire. Inutile de vouloir changer le jeu de Russ’, il ne changera jamais, c’est comme ça qu’il perçoit le basket et ça lui réussit plutôt bien.

Élu meilleur joueur du mois de février, Russell Westbrook est en train de guider son équipe en PlayOffs en l’absence du MVP en titre Kevin Durant. Il évolue sur un véritable nuage et personne ne semble capable de l’arrêter. Si ses statistiques sont évidemment énormes, le meneur du Thunder représente bien plus que des chiffres. Il est le cœur et l’âme de son équipe, le leader, que KD soit là ou pas d’ailleurs. C’est lui qui donne le ton, c’est lui qui motive le groupe et qui transcende ses coéquipiers. S’il n’est peut-être pas aussi doué que Chris Paul pour gérer le tempo d’une attaque ou que Stephen Curry pour shooter, Westbrook possède ses propres qualités qui ne sont pas loin d’être uniques. Pour certains, il brille surtout individuellement, mais son impact sur son équipe est énorme, surtout sans Kevin Durant. Contrairement à la pensée collective, le meneur d’OKC est capable d’impliquer ses teammates et de faire les bons choix à la passe quand c’est nécessaire. S’il n’est évidemment pas un pass-first player, il est clairement sous-estimé dans ce domaine-là. Alors oui, il ne sera jamais ce meneur traditionnel à la John Stockton que tout le monde semble tant apprécier, mais il sera pour toujours Russell Westbrook, ce joueur de basket fabuleux qui semble venir d’une autre planète que la nôtre.

Alors avant de critiquer à tout va et chercher ce qui cloche chez Russell Westbrook, il vaudrait mieux se rendre compte à quel point ce joueur est exceptionnel. Soir après soir, il défie l’histoire de son sport et rivalise avec les plus grands. Nous sommes en face d’un phénomène, un OVNI du basket qui est en train de tout détruire sur son passage. Appreciate greatness !

Sources images : posterizes.com / USA Today

10 Commentaires

10 Comments

  1. Lucas

    5 mars 2015 à 19 h 46 min at 19 h 46 min

    C'est sur que Westbrook est impressionant ces derniers temps et je le choisirais mille fois a Durant pour mon equipe, j'ai meme l'impression que le Thunder est en meilleur forme qu'en presence de KD. Mais meme s'il bouffe trop la balle il arrive a faire les bon choix collectivement en temoigne ses stats de passe. Durant aussi croque trop et comme il sont 2/5 a le faire c'est surque le collectif s'enraille.

  2. fab

    6 mars 2015 à 18 h 27 min at 18 h 27 min

    Je pense que rendre ses coéquipiers meilleurs ça veut dire : gagner les matchs. Il a beau faire des triples doubles , sur les 4 derniers match il en a perdu 3… Il faut voir aussi la stat +/- … Qui montre bien que monopoliser la balle et le shoot ne permet pas de faire la différence ni de gagner des matchs…

  3. Guitch

    7 mars 2015 à 14 h 13 min at 14 h 13 min

    Donc…. Au retour de Durant, Westbrook s'adapte, et se fait de nouveau petit par rapport au n°35, ou cette fois ci c'est Durant qui s'adapte a Westbrook?

  4. Mat77

    9 mars 2015 à 13 h 30 min at 13 h 30 min

    Cet article de fan boy franchement ! Ce n’est pas très sérieux…
    Non mais, si le basket était du 1 contre 1, je serai d’accord avec toi, mais bon, c’est con, c’est un sport collectif, donc faudrait peut-être en tenir compte à un moment dans ton analyse.
    Son « +/- » est désastreux ce qui veut dire que les temps forts de Westbrook ne servent pas son équipe, bien au contraire.
    Ça veut dire quoi « rendre les autres meilleurs » ??? Euh, bah, gagner les matches par exemple. Rappelons quand même que sur ces quatre rencontres où il prend feu, OKC n’en gagne qu’une et c’était contre les Sixers, une des pires équipes de la ligue !
    Alors oui, ce n’est pas le premier, ni le dernier, croqueur que l’on voit dans cette ligue, sauf que lui s’obstine à le rester.
    J’aimerais te parler d’un autre joueur, qui lui aussi étai cataloguer comme individualiste, mais qui a su changer. Dans les premières saisons de sa carrière, Jordan était perso et ne parvenait pas à faire gagner son équipe. Et par « gagner », j’entends l’emmener en finale de conf ou au titre.
    A un moment il a su réajuster le tir pour que ses incroyables performances individuelles portent ses coéquipiers et non les déresponsabilisent. Il ne faut pas oublier qu’entre l’équipe des Bulls qui butait toujours sur Detroit et celle qui a gagné le premier three peat, il n’y a pas eu de changements majeurs dans le roster. C’est la même équipe ! La différence est venue du fait que Jackson a réussi à faire comprendre à Jordan qu’il devait plus impliquer les autres joueurs. Ce qu’il a fait, tout en continuant à poster des stats de malade, mais tout de même en deçà de ses standards précédents.
    Jordan était clutch à souhait, mais il savait aussi laisser la gonfle à John Paxon ou Steve Kerr pour le tir de la gagne. Westbrook en est totalement incapable.
    Il est encore jeune et a le temps de corriger ce défaut. Après tout, MJ ne l’a fait qu’après 6 ou 7 saisons. Mais quand je lis les déclarations de Russ, franchement, je n’y crois pas trop.

  5. WhySoSerious?

    9 mars 2015 à 13 h 30 min at 13 h 30 min

    Cet article de fan boy franchement ! Ce n'est pas très sérieux…
    Non mais, si le basket était du 1 contre 1, je serai d'accord avec toi, mais bon, c'est con, c'est un sport collectif, donc faudrait peut-être en tenir compte à un moment dans ton analyse.
    Son "+/-" est désastreux ce qui veut dire que les temps forts de Westbrook ne servent pas son équipe, bien au contraire.
    Ça veut dire quoi "rendre les autres meilleurs" ??? Euh, bah, gagner les matches par exemple. Rappelons quand même que sur ces quatre rencontres où il prend feu, OKC n'en gagne qu'une et c'était contre les Sixers, une des pires équipes de la ligue !
    Alors oui, ce n'est pas le premier, ni le dernier, croqueur que l'on voit dans cette ligue, sauf que lui s'obstine à le rester.
    J'aimerais te parler d'un autre joueur, qui lui aussi étai cataloguer comme individualiste, mais qui a su changer. Dans les premières saisons de sa carrière, Jordan était perso et ne parvenait pas à faire gagner son équipe. Et par "gagner", j'entends l'emmener en finale de conf ou au titre.
    A un moment il a su réajuster le tir pour que ses incroyables performances individuelles portent ses coéquipiers et non les déresponsabilisent. Il ne faut pas oublier qu'entre l'équipe des Bulls qui butait toujours sur Detroit et celle qui a gagné le premier three peat, il n'y a pas eu de changements majeurs dans le roster. C'est la même équipe ! La différence est venue du fait que Jackson a réussi à faire comprendre à Jordan qu'il devait plus impliquer les autres joueurs. Ce qu'il a fait, tout en continuant à poster des stats de malade, mais tout de même en deçà de ses standards précédents.
    Jordan était clutch à souhait, mais il savait aussi laisser la gonfle à John Paxon ou Steve Kerr pour le tir de la gagne. Westbrook en est totalement incapable.
    Il est encore jeune et a le temps de corriger ce défaut. Après tout, MJ ne l'a fait qu'après 6 ou 7 saisons. Mais quand je lis les déclarations de Russ, franchement, je n'y crois pas trop.

    • NicolasM

      9 mars 2015 à 14 h 09 min at 14 h 09 min

      Tout le dernier paragraphe concerne justement l'impact qu'il possède sur son équipe. Et puis tout ce qui est stats montre très vite ses limites. Alors oui, tout le monde nous sort que son +/- est "désastreux", moi ce que je vois quand je regarde OKC c'est un mec qui certes a du déchet mais ouvre tellement d'opportunités pour son équipe. Alors oui, comme c'est un peu la mode de remettre en cause ses incroyables performances parce que soi disant il ne fait pas gagner son équipe, il faudrait d'abord regarder le bilan d'OKC avec et sans Westbrook.

      Je sais pas si tu as vu le match contre Toronto hier mais si ce n'est pas le cas tu devrais et tu verrais que WB est loin d'être simplement un individualiste qui n'a aucun impact positif au niveau du collectif de son équipe. Comme je l'ai dit dans l'article, il y a une espèce de pensée collective qui se développe disant que WB joue pour sa pomme alors que c'est tout simplement faux. S'il n'est pas un pass-first player, il a des vraies qualités de meneur que beaucoup semble oublier…

    • TrashTalk

      10 mars 2015 à 10 h 42 min at 10 h 42 min

      Il est évidemment compliqué de comparer Jordan à qui que ce soit, maintenant je glisse un petit point important dans la discussion : l'article à caractère "fanboy" est justement autorisé sur cette plateforme, car elle peut aussi bien trancher que claquer un joueur. C'est du moins la politique avec laquelle on a avancé depuis le début, c'est-à-dire la possibilité d'avoir deux articles dans la même journée, pourquoi Westbrook est énorme + pourquoi Westbrook est surcoté. Il n'y a pas encore eu le deuxième aspect de traité mais on en discute aussi en coulisses, en tout cas les points que tu mentionnes sont valides. Je pense simplement que la comparaison est un peu dure car on parle d'un Jordan qui a tout de suite hérité des rennes des Bulls à son arrivée alors que Russell découvre à peine le bonheur d'avoir le leadership. Kobe est passé par là, LeBron est passé par là, il va avoir droit à cette période d'ajustement également.

  6. thependontlie

    9 mars 2015 à 16 h 28 min at 16 h 28 min

    Que Westbrook soit un grand athlète, un mec capable d'aller vite tout un match, de sauter comme un dingue, qu'il soit également talentueux pour aligner des stats de folies comme plusieurs triple-double de suite ça ne fait aucun doute pour personne. Nul ne lui reproche cela et nul ne le conteste.

    C'est un peu court et facile de balayer en une phrase les "fans" (aux guillemets dépréciatifs) d'un laconique blabla.

    Le débat est fondé sur un bilan contrasté avec sa part d'ombre. Il a certes aligné une série de matchs aux performances individuelles folles mais l'équipe a perdu la majorité de ces matchs dans le même temps. On ne peut pas fermer les yeux là-dessus. La relativité de l'exploit est fondée.

    Individuellement, c'est incroyable, collectivement ils ont perdu plus de matchs, c'est un fait. ce n'est pas juste du blabla.

    Bien sûr que j'adore voir de tels matchs que sur l'instant présent c'est hallucinant, c'est du popcorn basket mais faut pas non plus à en oublier que le basket est d'une part un sport collectif et d'autre part que la victoire est l'objectif d'un match, pas de noircir des feuilles de stats.

    Quand Kobe met 81 points, il gagne, et là tout le monde se tait, pas le choix, que lui reprocher ? Il a la victoire tant sur le plan individuel que collectif. Westbrook quand il sait sa série de tripe-double, au final le bilan de l'équipe est négatif forcément ça gâche la performance.
    C'est peut être cruel, parfois injuste mais le sport est ainsi. Beverley qui gagne le skills challenge, c'est juste ? 🙂

    Tous les joueurs le disent battre un record et perdre le match c'est con, ça frustre et ça gâche la performance aussi forte soit-elle.

    L'impact sur le terrain sur ses coéquipiers il l'a, ses passes (même si cela ne montre pas tout loin de là) parle pour lui mais quand il est en mode alien il vampirise son équipe justement parce qu'il joue à son rythme dont il est le seul à pouvoir suivre.

    Et les fans de la franchise aimerait bien être septième plutôt que huitième avec NO en embuscade.

    • TrashTalk

      10 mars 2015 à 10 h 45 min at 10 h 45 min

      Comme je disais au-dessus, y'a également dans tes propos beaucoup de points valides et que je partage notamment à titre personnel (notamment sur l'aspect collectif et de la cruauté du basket). Simplement, je crois qu'il est important de donner à Russell un peu de temps pour s'ajuster, pour trouver les limites du leadership, ce que cela demande et impose, comme tous les grands ont eu à affronter dans leur carrière. On veut souvent trouver le plus vite possible un nouveau machin ou nouveau Jordan, on est loin de tout ça je crois que tu seras d'accord avec moi, mais donnons à ce marsupial un peu de temps pour faire des erreurs, apprendre de celles-ci, et du coup grandir dans son rôle. Avec ou sans Durant d'ailleurs !

      • thependontlie

        10 mars 2015 à 11 h 46 min at 11 h 46 min

        Je suis d'accord, de toute façon on est entrain d'être tatillon sur un mec qui enchaîne les triple-double comme moi j'enchaîne les airballs !

        Après, y'a aussi un souci lié à l'équipe qui n'arrive pas à faire cohabiter ses stars et ses seconds…comme parvient à le faire Cleveland sur un laps de temps plus court. Souci de coach ? Des joueurs ?

        Autre débat.

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