Dossiers NBA

Kevin Johnson : Entre leader-passeur et slasher-scoreur

Kevin Johnson aura 48 ans demain. Une bonne occasion de tirer le portrait de ce « petit » tellement sous-estimé. Un slasher dingue doublé d’un excellent passeur et leader : voilà ce qu’était KJ !

Et dire que Kevin Johnson avait été drafté par les Oakland Athletics en 1986 pour jouer… au baseball en MLB. Bien heureusement, celui qui est aujourd’hui maire de Sacramento a vite réalisé et compris ce pourquoi il était fait ! Le Basketball ! Et bien lui en a pris car si KJ est un joueur finalement assez peu connu et très sous-estimé, sa carrière au sein de la NBA n’en reste pas moins une carrière de très haut niveau.

Après un très court passage à Cleveland qui l’a drafté en 1987 (à peine plus de 50 matchs), Johnson a filé à Phoenix où il effectuera toute sa carrière. A l’époque Dave Wohl, assistant au Heat, avait alors critiqué ce choix de la part des Cavaliers en l’expliquant par ailleurs :

« Ce que ce trade a fait, c’est de lui (Kevin Johnson) donner une opportunité. A Cleveland, il n’a pas eu sa chance de montrer ce qu’il savait faire au scoring notamment car il jouait derrière Mark Price. Maintenant, il peut… »

D’ailleurs, dès sa deuxième saison en NBA – le première entière avec les Suns donc – KJ envoie une petite ligne de stats qu’on peut qualifier de « bien sympathique ». Visez plutôt : 20,4 points à plus de 50% au tir, 12,2 passes décisives, plus de 4 rebonds et presque 2 interceptions de moyenne par rencontre !! Pour un jeune meneur de 22 ans, ça laisse rêveur. D’ailleurs Cotton Fitzsimmons, le coach des Suns à l’époque ne s’y est pas trompé en confiant tout de suite les rênes du jeu à son numéro 7. Et, cette année-là – qui était également la première de Coach Fitzsimmons à la tête des Suns – Phoenix est passé d’un bilan de 28-54 la saison précédente à meilleure attaque du pays (plus de 118 points par match) avec un bilan de 55-27. Johnson était un excellent passeur, un shooteur très fiable à mi-distance qui ne shootait quasiment jamais derrière l’arc mais, surtout, KJ était inarrêtable en pénétration. Oui, oui IN-A-RRET-ABLE ! Extrêmement rapide, assez puissant malgré sa petite taille (1m85), doté d’un excellent dribble et de mollets chargés à la dynamite qui lui permettaient de finir en agressant le cercle même si un « gros » se présente sur sa route !

« Il fait partie de ces joueurs, ceux qui – quand l’horloge arrive vers la fin – ont cette capacité à pénétrer pour finir une action. Et, il n’y en a pas tant que ça qui peuvent faire ça. Magic Johnson en est un. Isiah Thomas un autre… »   Toujours ce bon vieux Dave Wohl en mars 1989.

Lors des playoffs de 1989, ces Suns articulés autour du pick and roll Kevin Johnson – Tom Chambers iront même jusqu’en finales de conférence où il se feront balayer par les Lakers de Magic et Worthy. Lors de cette campagne 89, en 12 matchs, KJ aura envoyé 23,8 points, 12,3 passes décisives, plus de 4 rebonds et presque 2 interceptions par rencontre !
Les trois saisons suivantes, Johnson continuera d’empiler les superbes lignes statistiques (20 points minimum pour 10 ou 11 passes décisives de moyenne) et de porter ses Suns – et leur monstrueuse attaque – en playoffs chaque année avec des fortunes diverses (finale de conférence en 90 contre les Blazers, premier tour en 91 contre le Jazz et demi-finale de conf en 92 contre les Blazers). Pas de bague ni même de finales NBA pour ces Suns ce qui a finit par coûter sa place à Cotton Fitzsimmons.

Suns de 1993

A l’été 92, ça bouge en Arizona mais KJ, lui, reste bien là. Paul Westphal prend place sur le banc et Charles Barkley débarque en ville avec sa grande bouche, son gros arrière train et son volume de jeu démentiel. Désormais, le jeu des Suns est articulé autour du duo Barkley – Johnson accompagné d’ailiers athlétiques (Richard Dumas et Cedric Ceballos), de snipers talentueux (Dan Majerle et Danny Ainge) et toujours avec Tom Chambers qui sortira désormais du banc. 62 victoires (pour seulement 20 défaites) plus tard, Phoenix termine avec le meilleur bilan de la ligue, Charles Barkley est élu MVP de saison régulière alors que KJ vient de connaître une assez bonne saison malgré un début entaché d’une blessure à la cheville. Et en playoffs, le duo magique que forment KJ et Chuck fera merveille et permettra aux Suns d’atteindre pour la première et unique fois de leur histoire, les Finales NBA. Des finales au cours desquelles Johnson établira le record de minutes jouées sur un match de finale avec 62 minutes (sur 63 possible) pendant le game 3 que les Suns gagnèrent en triple prolongation (129-121). Une performance qui fit dire à Paul Westphal :

« J’ai toujours dit que le sort de cette finale dépendrait de Kevin. »

Malheureusement pour les Suns, le sort de cette finale dépendait aussi de Michael Jordan et il fut stratosphérique pendant cette série (plus de 40 points, 8 rebonds et 6 passes par match) pour permettre aux Bulls d’effectuer leur premier Three-Peat. Les trois saisons qui ont suivi virent les Suns s’installer durablement dans le haut du panier de la conférence Ouest mais buter deux fois sur les Rockets d’Hakeem Olajuwon en playoffs. Là encore, KJ aura été bon, très bon même avec des moyennes statistiques superbes en 1994 (26,6 points et 9,6 passes par match) et en 1995 (24,8 points et 9,3 passes). Il aura donc assuré le spectacle (n’est-ce pas Hakeem ?) et distribué le jeu pendant que son pote Sir Charles faisait son chantier sous les cercles mais, à chaque fois, il a manqué un petit quelque chose comme un panier qui tue ou un contre bien senti…
Du coup, cette génération dorée des Suns n’aura pas réussi à aller chercher le titre suprême. KJ effectuera sa dernière grosse saison en 96/97 où il emmena ses Suns (sans Barkley) en playoffs avec plus de 20 points et 9,5 passes par match cette année-là. La saison suivante, l’équipe est complètement remaniée. Son ancien coéquipier Danny Ainge est devenu le coach et KJ n’est plus que remplaçant derrière un certain Jason Kidd. Une saison au terme de laquelle il prendra sa retraite car les blessures à répétition contre lesquelles il a lutté pendant toutes ces dernières années commençaient à peser trop lourd. Il restera d’ailleurs fidèle à sa franchise de cœur puisqu’il reviendra faire une courte pige en 99/2000 pour palier à une blessure de ce même J-Kidd…

Au final, Kevin Johnson c’est quand même une carrière de 12 saisons en tournant à 18,9 points et 9,1 passes décisives de moyenne (6ème meilleure moyenne de l’histoire). Un joueur au grand cœur, qui se battait et donnait toujours tout ce qu’il avait sur un parquet. Un joueur d’1m85 dont les posters, notamment celui sur la tête du grand Hakeem, resteront à jamais gravés dans les mémoires des fans de basket. Un joueur qui aura 48 ans demain et qui a grandement contribué à placer Phoenix sur la carte de la NBA. 

Un mix qui illustre parfaitement le slasher qu’était KJ

Source : Sun Sentinel

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