L’histoire de la Olympian Athletic League

Alors que les premiers Black Fives new-yorkais voient le jour, aucune compétition officielle n’existe pour organiser les rencontres. Certaines équipes de Big Apple réfléchissent donc à un moyen de donner un cadre au basketball afro-américain.

En 1907, le Smart Set Athletic Club de Brooklyn et St. Christopher programment une série de matchs entre leurs formations. Afin d’offrir une organisation plus sérieuse et plus complète, ils cherchent un troisième Black Five pour compléter leur championnat. Si l’Alpha Physical Culture Club est dans les tuyaux – les dirigeants des trois équipes partagent en commun leurs origines caribéennes qui les rapprochent – il n’est pas en état de rejoindre le groupement à ses débuts. Ce n’est que partie remise. Une autre paroisse – St. Christopher dépend de celle de St. Philips – est sondée, à savoir celle de St. Cyprian. Malheureusement, elle ne dispose pas d’un programme de basket. C’est finalement le Marathon Athletic Club of the Carlton Avenue Colored YMCA qui vient compléter le tableau.

Un tel regroupement souligne à quel point la communauté afro-américaine et ses différentes organisations sociales se soutiennent pour grandir ensemble. Ainsi, dès que l’une d’entre elles monte un événement pour lever des fonds, tout le monde répond présent. Un modèle qui sera suivi plus tard par les équipes de Chicago ou Pittsburgh.

La compétition peut alors débuter à partir de novembre 1907. Chaque équipe doit jouer trois matchs contre chaque adversaire. Le coup d’envoi est donné le 13, rendez-vous au Knickerbocker Kourt à Brooklyn, où le Marathon Athletic Club reçoit St. Christopher. Bon ok, on n’est pas au Madison Square Garden puisque la salle sert habituellement au handball, sport très populaire chez les immigrés irlandais qui squattent ce quartier de Bushwick, mais peu importe le flacon, pourvu qu’on ait l’ivresse. La foule atteint les cent personnes pour ce duel entre un Black Five de Brooklyn et un de Manhattan, histoire de poser les bases d’une rivalité. Rivalité qui existe par ailleurs déjà entre les deux paroisses représentées sur la parquet. St. C’s s’impose 31-1. Oui, ils roulent clairement sur leurs adversaires, mais l’important n’est pas là. Ce qui compte, c’est qu’avec cette rencontre, les Afro-américains franchissent une nouvelle étape. À une époque où ils doivent vivre le fameux “séparés mais égaux” issu de l’arrêt Plessy v Ferguson, chaque progrès mérite d’être noté étant donné le peu de place laissé à leur communauté.

À partir de ce moment-là, le Knickerbocker Kourt devient une salle récurrente pour les Black Fives membres de l’Olympian Athletic League. Ce qui ne manque pas d’ironie car comme évoqué, elle appartient à la communauté irlandaise qui n’est pas réputée pour ses relations cordiales avec son homologue afro-américaine. Mais pour la seconde rencontre de cette première saison qui oppose cette fois le Smart Set à St. C’s, direction les sous-sols de la paroisse St. Philips pour les deux équipes et deux cents fans dans le quartier du Tenderloin. Pas de succès par contre cette fois pour St. Christopher, mais plutôt une rouste encaissée, 24-6. Le Smart Set qui confirme par le suite puisqu’il termine invaincu et repart donc avec le premier titre qui coïncide aussi le trophée de Colored Basketball World’s Champions. Mieux, le back-to-back est réalisé la saison suivante pour la dernière édition de l’Olympian Athletic League où l’Alpha Physical Athletic Club est désormais de la partie. 

Avec le nombre de Black Fives qui grandit dans New York et ses alentours, la ligue n’a plus de raison d’être pour des équipes qui ont besoin de plus de liberté et préfèrent l’indépendance pour organiser leurs rencontres. Pour autant, les membres fondateurs vont maintenir des liens forts et n’hésiteront pas à s’allier de nouveau pour essayer de garder la main sur le basketball afro-américain à Big Apple. En particulier lorsque le professionnalisme pointera le bout de son nez.

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