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Collin Sexton, franchise player du Jazz 2022-23 ? Amuse-toi garçon, la victoire viendra plus tard

Monnaie d’échange dans le trade de Donovan Mitchell à Cleveland, Collin Sexton va découvrir une nouvelle franchise pour la première fois. Meneur énergique et excitant, il va donner une vraie raison aux fans du Jazz de regarder leur équipe cette année.

Ce n’est sûrement pas au Jazz qu’il se voyait il y a quelques mois, mais cela pourrait tout de même être la bonne destination pour Collin Sexton. Et puis avec ses 72 millions de dollars sur quatre ans, financièrement Young Bull ne peut pas faire la fine bouche. Sportivement, arriver dans une franchise qui vient de tout faire exploser en interne n’est pas idéal, mais Sexton pourrait bien en profiter. La nouvelle concurrence pour CS s’appelle Mike Conley, et devrait être bien plus simple à gérer que dans l’Ohio. Collin Sexton va pouvoir s’affirmer en leader, et montrer qu’il peut scorer n’importe quand et sur n’importe qui. 16,7 points pour sa première saison, 20,8 en tant que sophomore et 24,3 un an plus tard, la progression du jeune homme ne demandait qu’à se confirmer.  Même chose à la passe, au rebond, au tir, aux lancers, bref, toutes ses stats s’amélioraient chaque saison, avant sa grave blessure au ménisque et son opération. Et dans son nouveau rôle, avec donc plus de temps de jeu, il n’y a pas de raison, sauf rechute, que ça ne continue pas.

Vous me direz, les stats, c’est bien beau, mais parfois, ça ne sert à rien. Eh bien tant mieux, le Jazz n’est pas là pour gagner. Pas trop, en tout cas. Aucune ambition, même d’atteindre les Playoffs, et une (très grande) carotte à l’avant du tank : Victor Wembanyama. Bon, toute la Ligue le veut mais ça vaut le coup d’essayer : 14% de chances en finissant dans les trois pires équipes, ça se tente, et tout ça pourrait être une aubaine pour Collin Sexton. Mieux vaut une saison sans pression, au temps de jeu garanti quels que soient les résultats, pour se remettre dans le rythme et reprendre confiance. Et l’aubaine, elle sera aussi pour nous devant la télé (enfin, pour ceux qui regarderont le Jazz). Parce que Young Bull est toujours l’un des joueurs les plus excitants de la Ligue. Lobs pour Markkanen, passes sorties de son chapeau, handles qui n’ont pas grand chose à envier à Kyrie, floaters, stepbacks… Le gamin sait tout faire, et on a envie de le voir tout faire. Et puis même si la gagne n’est pas pour cette année, il y a toujours l’avenir. Et côté Utah, on a sécurisé le tout façon pactole dans un camion blindé. Même si on rate le prospect français, la Draft 2023 pourrait être excellente avec trois picks au premier round grâce aux deux gros trades de cet été. Et Danny Ainge, le GM du Jazz, est bien connu pour son accumulation de choix de draft. Résultat ? Encore trois picks en 2025, quatre en 2026 et deux en 2027, pour rester dans un avenir assez proche. À ce moment-là, Collin Sexton aura 28 ans. En plein prime donc, avec cinq années d’expérience en plus dans la musette. Pas sûr qu’il soit toujours dans l’Utah d’ici là, évidemment, mais la perspective a de quoi faire saliver.

Ces cinq années là il pourrait les passer en compagnie d’un coach capable de le faire progresser, de développer son potentiel et de le faire devenir plus qu’une machine à highlights. Will Hardy, en plus d’être très jeune, c’est l’école Gregg Popovich : le mouvement de balle, l’intelligence de jeu, la culture de l’équipe. C’est donc son QI basket dans son ensemble que le sextoy va pouvoir travailler en ajoutant la vision et le contrôle du jeu à sa panoplie, en même temps que ses coéquipiers dans une équipe qui sera forcément très jeune. Collin Sexton en sera le patron, en compagnie de Lauri Markannen, il pourra continuer à nous offrir son énergie, son côté électrique et imprévisible, son hustle… tout en gagnant. Pas cette saison vous l’avez compris, à force, mais dans un avenir pas si lointain. En attendant, qu’il s’amuse et nous donne envie de regarder le Jazz.

Collin Sexton va pouvoir enfin montrer de quoi il est capable quand on lui file les clés du camion. Enfin, un camion qui va fortement ressembler à un tank, quand même. Mais pas d’inquiétude, le gamin a le temps de grandir tout en nous régalant. Il gagnera… plus tard.

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