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Les Spurs 2022-23 sont-ils la pire équipe de l’histoire de San Antonio ?

Zach Collins Spurs 5 février 2022

Zach Collins en franchise player, c’est moyen.

Source image : Youtube

Ce n’est un secret pour personne, les Spurs ont activé le mode full reconstruction cet été en envoyant Dejounte Murray à Atlanta contre un gros capital draft. La franchise de San Antonio est clairement focalisée sur le développement des jeunots et la perspective de récupérer un certain Victor Wembanyama en 2023, ce qui devrait résulter en un nombre très élevé de défaites. Du coup, on peut légitimement se poser la question suivante : les Spurs de la saison à venir sont-ils la pire équipe de l’histoire de San Antonio ?

Pendant plus de deux décennies, les Spurs ont rimé avec succès, régularité, et excellence. Ceux qui ont découvert la NBA à la fin des années 1990 ou au début des années 2000 ont vu la franchise de San Antonio enchaîner les saisons à plus de 50 voire 60 victoires, les campagnes de Playoffs et les titres NBA. Imaginer les Texans dans les bas-fonds de la Grande Ligue ne nous traversait même pas l’esprit tellement la franchise de Fort Alamo était un modèle à suivre pour toutes les autres, notamment celles évoluant dans des petits marchés. Mais évidemment, rien n’est éternel, surtout en NBA. La glorieuse ère Big Three s’est achevée avec les départs successifs de Tim Duncan, Manu Ginobili et Tony Parker, celui qui devait reprendre le flambeau aka Kawhi Leonard a été transféré après avoir été en conflit avec les Spurs, et le duo DeMar DeRozan – LaMarcus Aldridge ne restera pas dans les mémoires des fans de San Antonio. C’est ainsi que les Éperons ont progressivement disparu de la carte du Wild Wild West, participant certes au play-in tournament ces deux dernières années mais out des Playoffs depuis 2019. Et ces derniers mois, la franchise texane a carrément décidé de repartir de zéro, lâchant notamment Derrick White aux Celtics et transférant surtout Dejounte Murray – All-Star en 2022 – aux Hawks durant l’intersaison. Résultat, les Spurs se retrouvent aujourd’hui avec un effectif hyper jeune et – faut bien l’avouer – hyper faible.

Checkez un peu :

Dominick Barlow (19 ans), Keita Bates-Diop (26 ans), Malaki Branham (19 ans), Zach Collins (24 ans), Gorgui Dieng (32 ans), Jordan Hall (20 ans), Alize Johnson (26 ans), Keldon Johnson (22 ans), Tre Jones (22 ans), Tommy Kuhse (24 ans), Romeo Langford (22 ans), Doug McDermott (30 ans), Jakob Poeltl (26 ans), Joshua Primo (19 ans), Josh Richardson (29 ans), Isaiah Roby (24 ans), Jeremy Sochan (19 ans), Devin Vassell (22 ans), Blake Wesley (19 ans), Joe Wieskamp (23 ans). 

On kiffe le talent de Keldon Johnson, on aime bien la classe de rookies 2022, et on sait que Gregg Popovich – probablement dans sa dernière saison sur le banc – peut faire des miracles. Mais le potentiel de cette équipe pour sortir le pire bilan de l’histoire de la franchise est quand même très sérieux. Depuis leur première saison en 1973-74 (en ABA à l’époque), les San Antonio Spurs ont connu seulement trois saisons sous la barre des 30 victoires :

  • 1986-87 avec 28 succès pour 54 défaites
  • 1988-89 avec 21 succès pour 61 défaites
  • 1996-97 avec 20 succès pour 62 défaites

Aujourd’hui, les Spurs 2022-23 sont en concurrence directe avec ces versions-là de San Antonio. Il y a de vraies chances, au vu de l’inexpérience de l’équipe et de la faiblesse globale de l’effectif, que les Éperons n’atteignent pas les 20 wins. Lors des campagnes compliquées de la fin des années 1980, les Spurs ne faisaient clairement pas rêver non plus et étaient même sous la menace d’une relocalisation, mais possédaient au moins un joueur comme Alvin Robertson – quadruple All-Star et meilleur joueur défensif de la saison 1986 – dans leur effectif. L’exercice 1996-97, qui correspond au pire bilan all-time de la franchise texane, a avant tout été marqué par les problèmes de blessures de l’Amiral David Robinson, véritable pierre angulaire de la franchise au cours des années 1990 et auteur de seulement six matchs au total cette année-là. Au cours de la saison précédente, les Spurs avaient remporté 59 rencontres et possédaient des ambitions de titre. Cette campagne représentait donc plutôt une parenthèse pour mieux repartir derrière, parenthèse durant laquelle Gregg Popovich est arrivé sur le banc et qui a évidemment permis de récupérer un dénommé Tim Duncan avec le premier choix de la Draft 1997. Vous connaissez la suite.

Dans leur histoire, les Spurs ne sont donc probablement jamais partis d’aussi bas. La saison s’annonce longue et remplie de défaites. Pour essayer de la rythmer un peu mais aussi pour élargir une fanbase en manque de succès après avoir goûté au caviar pendant vingt ans, la franchise texane va notamment jouer plusieurs rencontres hors des frontières de San Antonio. Deux matchs sont prévus dans la capitale Austin le 6 et le 8 avril 2023, et un autre se jouera à Mexico City face au Heat le 17 décembre prochain. Il faut savoir aussi que pour les 50 ans de la franchise, les Spurs vont jouer à l’Alamodome – grand stade de 64 000 places et ancienne maison des Éperons entre 1993 et 2002 – face au champion en titre de Golden State le 13 janvier 2023. Spoiler, y’a moyen que ce soit le grand highlight de la saison à San Antonio car les Spurs auront comme objectif d’établir un nouveau record d’affluence pour un match NBA.

Les San Antonio Spurs de cette saison représentent probablement la pire version de l’histoire de la franchise. Mais s’il faut passer par là pour mieux rebondir, so be it comme on dit dans le jargon. Comme en 1987 avec David Robinson et dix ans plus tard avec Tim Duncan, il y a un phénomène générationnel qui va se présenter à la prochaine Draft NBA, alors c’est bien l’année ou jamais pour tanker.

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