One-on-One

Que sont ils devenus – Robert Sacre : tenez-vous bien, l’ancienne mascotte des Lakers a aujourd’hui trois métiers différents

Robert Sacre 3 août 2022

« The Greatest Bencher of All-Time »

Source image : YouTube

La NBA est le théâtre parfait pour réaliser des rêves de gosse, mais la NBA a également pour particularité de parfois éteindre la lumière plus vite encore qu’elle ne l’a allumée. Période creuse oblige, on se penche cet été sur des noms qui nous sont familiers, certains plus que d’autres, des noms qui nous « disent quelque chose » mais qui ne font plus vraiment les premiers titres. Des histoires qui ramènent à une douce mélancolie. Cold Case Affaires classées mais version NBA, avec l’ambition de vous donner quelques nouvelles de ces mecs qui ont fait partie fut un temps de notre quotidien. Sixième épisode ? Un véritable rayon de soleil ayant forgé sa légende sur le banc des Lakers : Robert Sacre.

Et voilà ! Non, ne mentez pas, on sait très bien qu’à la lecture de ce nom, un sourire s’est dessiné sur votre visage. Car depuis qu’il a quitté la NBA il y a cinq ans, Robert Sacre a laissé un grand vide dans nos cœurs, que personne n’a su remplacer. C’est donc le moment idéal pour en savoir plus sur ce qu’il est devenu, et ainsi retrouver sa gaieté si communicative.

Si plus de 4 700 joueurs ont eu la chance de fouler les parquets de la grande Ligue depuis sa création, peu d’entre eux auront marqué son histoire comme Robert Sacre l’a fait. Pourtant, nous ne parlons pas ici d’une superstar en puissance, ayant raflé titres ou récompenses. Non, nous parlons plutôt d’un bonhomme dont l’attitude, la positivité et la singularité ont appelé le respect, la sympathie, et parfois l’adoration. Une histoire d’amour qui commence en 2012. Cette année-là, je chantais pour… après cinq saisons passées à Gonzaga, le pivot de 2m13 – eh oui quand même – se présente à la Draft. Comme un symbole, déjà, il est sélectionné en… dernière position par les Lakers. Les débuts basketballistiques du garçon en NBA ? En toute honnêteté, ça n’intéresse personne. Possédant un temps de jeu dérisoire pour les quelques fois où il entre sur le terrain, l’américano-canadien va marquer les esprits différemment, à sa façon. Puisqu’il passe l’essentiel des matchs sur le banc, ce dernier va rentabiliser l’opportunité en devenant une source de divertissement à lui tout seul. C’est bien simple : un rien peut le faire bondir de sa chaise, s’agiter dans tous les sens, applaudir ou tout simplement faire n’importe quoi. Très vite, les vidéos des célébrations exagérées du garçon deviennent virales et l’intérieur se transforme en l’une des principales attractions du Staples Center. La vidéo ci-dessous date par exemple du 25 novembre 2012, soit seulement un mois après les débuts de Bobby dans la grande Ligue. Déjà une compilation, le tout sur un splendide remix de Barbra Streinsand de Duck Sauce… sauce Robert Sacre justement.

Robert Sacre devient le joueur dont on espère qu’il reste sur le banc. Certes parce que son niveau de jeu est assez catastrophique, mais aussi et surtout pour ses qualités d’entertainer. Son meilleur match en carrière ? Un 15/11/4/3/3 réalisé lors de la saison 2013-2014, qui sera également la meilleure – 5,4 points et 3,9 rebonds à 47,7% au tir de moyenne en 65 matchs – des quatre années qu’il passera en NBA. De Robert, on se souvient donc du personnage complètement déjanté, mais bosseur et sympathique. Encensé par ses coéquipiers pour l’énergie et l’enthousiasme qu’il dégage, son coach Mike D’Antoni le qualifie même de « meilleur défenseur de l’équipe » à une époque. Bon, ça on est moins sûrs en revanche. On se rappellera également de ce match contre Cleveland où il sera autorisé à continuer de jouer alors qu’il a reçu six fautes ou du fait qu’il ait acheté une vache avec Chris Kaman et un assistant-coach de L.A. C’est donc bien en dehors du terrain – enfin au bord de celui-ci – que Bobby a écrit sa légende, lui quitte la grande Ligue en 2016 sur la pointe des pieds, coupé par des Pelicans horrifiés par son premier match de pré-saison. Une perte immense pour la NBA, car les fans pleurent le départ de sa mascotte favorite, celui qui est alors qualifié de « Greatest Bencher of All-Time ». Loin des yeux, près du cœur comme on dit.

Notre héros du jour va tout de même parvenir à rebondir en signant début 2017 au Sun Rockers Shibuya, dans la très récente B.League (Japon). Au sein de la première division japonaise, Robert va s’offrir une jolie petite carrière en tournant à près de 17,4 points et 8,4 rebonds. Passé du mec qui amuse la galerie au leader d’une équipe, ce dernier va alors kiffer sa vie au Japon, et initialement se faire bien plus discret. Mais même à l’autre bout du monde, chassez le naturel, il revient au galop. Alors oublié de tous, Sacre va revenir dans nos vies en 2018 grâce à une séquence aujourd’hui devenue culte. Participant à un concours de dunk pour le compte de la ligue où il évolue désormais, le pivot va littéralement proposer une tentative… pitoyable. Windmill complètement raté, dunk d’échauffement pour se rattraper, ambiance éclatée au sol et jury bourré qui lui attribue malgré tout une flopée de « 9 », on ne peut pas continuer cet article sans vous laisser regarder la vidéo, qui parle de toute façon d’elle-même.

Sérieusement. Il n’y a que notre chauve préféré pour faire ce genre de choses. Et le mec est tellement chill que même lui a l’air d’en avoir rien à secouer. Le garçon reviendra même plus tard sur cet épisode, montrant à quel point il prend toute cette attention un peu moqueuse avec légèreté : « Quoiqu’il arrive, il vaut mieux avoir une mauvaise publicité que pas de publicité. Pour des raisons que j’ignore, je me retrouve tout le temps impliqué dans ce genre de publicité. Je ne le demande même pas (rires) ! Je ne peux rien faire si je suis autant dans l’esprit des gens, ce n’est pas ma faute. » Comment ne pas l’aimer ? Bref, revenons-en aux choses sérieuses, surtout quand celles-ci sont importantes. En 2019, après trois saisons passées au pays du soleil levant, Robert décide de raccrocher les baskets pour se consacrer à ce qui compte les plus à ses yeux, comme il l’expliquera plus tard à Sportsnet :

« J’y passais dix mois par an et j’étais à la maison pendant seulement deux mois. Donc faites les calculs, j’ai été là-bas pendant deux ans et demi. J’ai trois enfants et je voulais simplement être là pour eux mec. Il n’y a vraiment que ça qui compte pour moi. »

– Robert Sacre

Après sept saisons au niveau professionnel, dont quatre en NBA, c’est donc l’heure de la retraite pour celui qui vient d’avoir la trentaine. Là, c’est le moment où vous vous demandez vers quel domaine un gars comme Robert Sacre a-t-il bien pu se tourner. La réponse ? Tout ce qui lui passe par la tête. Dans un premier temps, il décide de reprendre les études à Gonzaga afin d’obtenir un master d’Athletic Administration, qui lui permettrait de devenir directeur/superviseur du pôle sportif de n’importe quelle organisation. Mais ce serait bien trop simple de s’arrêter là. Bobby lui, décide aussi de créer sa propre société d’excavation. Pour les non-initiés, en gros, il creuse le sol en vue de travaux. Ne nous demandez pas pourquoi il s’est tourné vers ce secteur, on n’en a aucune foutue idée. Par contre, on se permet de vous glisser un tweet du bonhomme où le numéro de téléphone de sa compagnie est d’ailleurs présent. Si vous êtes proche de Spokane et avez besoin de préparer le terrain pour une piscine, vous savez désormais qui contacter, par contre vous êtes clairement à la bourre pour cet été.

Attendez ! C’est pas fini ! Comme il est très attaché à son ancienne université, ce dernier devient également le co-animateur du « Zags Podcast » sur Bleav, aujourd’hui devenu le « Sac & Jack ». Le temps passe, et Bobby finit par obtenir son diplôme, qui va lui être très utile dans la suite de son après-carrière. Très actif, il arrive régulièrement que des fans NBA le croisent dans la rue ou à l’aéroport, et racontent la simplicité et l’accessibilité du garçon, avec qui ils se posent pour discuter famille, économie, politique ou encore Dragon Ball Z. Mais quel homme sans déconner… Début 2021, alors qu’il se balade sur Twitter, Robert remarque que le compte des Fraser Valley Bandits, équipe de la très récente CEBL – principale ligue canadienne de basketball créée en 2017 – le suit. Il décide de leur envoyer un message et se retrouve de fil en aiguille à discuter avec le président du club. Au terme de cette discussion ? Une offre d’emploi pour le poste d’assistant general manager, que Sacre va immédiatement accepter. L’oiseau bleu n’a pas que des mauvais côtés finalement. Toujours pour Sportsnet, notre ami revenait d’ailleurs sur la façon dont il a perçu cette proposition en amont de la saison 2021-22 :

« J’ai beaucoup de chance que les Bandits m’aient donné cette opportunité et je vais clairement la saisir. J’ai hâte de faire partie du projet, je suis excité à l’idée de voir le basketball grandir en Colombie-Britannique [où se trouve l’équipe, NDLR] et voyons juste où tout cela va nous mener mec. Tous les espoirs sont permis et je pense que la ligue (la CEBL) devient vraiment excitante partout au Canada. Donc je voulais faire partie de cela et j’avais envie de redonner à ma communauté, au Canada Basketball et au Vancouver Basketball. »

– Robert Sacre

Même s’il le rappelle très bien lui-même, il est important de préciser que Robert Sacre a grandi à Vancouver et a eu l’occasion de jouer à plusieurs reprises pour la sélection canadienne comme lors de la Coupe du Monde 2010 en Turquie. Raison pour laquelle il reste très attaché à ce pays dont il a bien sûr la nationalité. Cette saison, pour sa deuxième année, Robert a accompagné les Bandits vers le meilleur bilan de leur jeune histoire (12-8). Fraser Valley a toutefois été éliminée des Playoffs ce jeudi par Guelph. Bobby a d’ailleurs été promu en février 2022 « conseiller majeur auprès du président », démontrant son importance grandissante au sein du club. Possédant l’expérience de gestion d’une entreprise, le réseau d’un joueur international et les connaissances d’un businessman, Robert Sacre est l’une des pièces maîtresses du développement des Bandits au Canada, comme l’explique très bien Dylan Kular, le boss en personne :

« Rob a joué dans des salles à guichets fermés partout dans le monde et continue de maintenir des relations avec les entraîneurs, ainsi qu’avec les dirigeants des principaux clubs internationaux. Grâce à ces liens et expériences, il a aidé à construire des ponts pour les Bandits, et ce nouveau rôle lui permettra de continuer à le faire en mettant davantage l’accent sur le volet « développement » des affaires de notre organisation. »

– Dylan Kular

Robert Sacre a toujours été conscient de l’image amusante à laquelle les fans de NBA l’ont souvent renvoyé, mais il ne s’en est jamais plaint. Vrai passionné de la balle orange, travailleur hors pair et aux qualités humaines très appréciées, Bobby a magnifiquement réussi son après-carrière à seulement 33 ans. Les légendes ne déçoivent jamais.

Source texte : Sportsnet / The Province / CEBL.ca / Basketball Reference / Proballers

Cliquez pour commenter

Répondre

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *



To Top