Hawks

Trae Young a vécu l’enfer face au Heat : 22/69 au tir, 30 assists pour… 30 turnovers, P.J. Tucker et ses gars ne l’ont jamais lâché

Trae Young

L’apprentissage.

Source image : NBA League Pass

Un Trae Young bien défendu est comme un lion en cage. Dans l’impossibilité de régner, il délègue ses fonctions aux partenaires qui sans leur roi, n’ont pas la moindre chance de s’en sortir. Ce mardi, les Hawks se sont fait sortir des Playoffs 2022 par le Heat de… de plein de monde. Un collectif huilé comme les dessous de bras de Jonas Valanciunas, et une masterclass défensive qui risque de laisser des traces dans la tête d’Ice Trae.

A-t-on déjà vu telle censure ? La défense du Heat n’est pas collégiale, c’est une dictature. Que Trae Young ne soit pas dans son assiette sur deux matchs, ça irait encore. Mais qu’il distille autant de passes décisives qu’il perde de ballons (30) sur l’ensemble de la série, c’est du jamais vu. On pourrait balancer tout plein de chiffres, de comparaisons qui n’ont aucunement besoin d’être accompagnées par des mots, tant elles illustrent à elles seules l’enfer vécu par le meneur sur ce premier tour de Playoffs. Que Trae (77) inscrive seulement sept points de plus que Max Strus (70) sur la série ? Fallait pas trembler pour l’annoncer. Qu’il perde plus de ballons qu’il n’inscrive de paniers sur quatre des cinq matchs disputés ? C’est compliqué à comprendre, mais lunaire une fois la stat assimilée. Et les incohérences sont encore légion. On dit souvent – et à raison – que les chiffres ne remplaceront jamais le jeu. Que le parquet existe pour montrer ce que les statistiques ne savent pas expliquer. Cette série entre le Heat et les Hawks a la particularité de pouvoir se lire. On regarde les feuilles de match – a minima une ou deux séquences vidéos – et on comprend ce qu’il s’est passé pour qu’un peu mois d’un an après sa masterclass au Madison Square Garden, Ice Trae prenne lui aussi un coup de froid. En conférence d’après-match, une question a ainsi été posée au double All-Star : « La défense du Heat est-elle la meilleure que vous n’ayez jamais affronté ? »

« Bien sûr. Les chiffres le disent. Je n’ai pas bien tiré. Je n’ai pas pu aller à certains endroits où je vais normalement. » – Trae Young, après l’élimination des Hawks en Playoffs

On peut mettre cette élimination sur l’expérience (Jimmy Butler, P.J. Tucker, Kyle Lowry), mais il est impossible d’en ignorer le sens. Les Hawks sortent d’une régulière trop timide à l’Est. Il y a eu des blessures, une belle remontée en seconde partie de saison, mais rien qui n’excuse un jeu aussi dépendant de Trae Young. Le 5e choix de la Draft 2018 devra être moins prévisible dans ce genre de rencontre s’il veut être un franchise player qui voit plus loin que la saison régulière. Et pour ses coéquipiers, il faudra – comme lors de la dernière postseason – réapprendre à bien exploiter les espaces laissés par une prise à deux. Par « exploiter », on sous-entend se mettre dans de bonnes dispositions pour permettre la passe du meneur ET rentrer les tirs ouverts. Parce que c’est bien beau de laisser Trae Young se faire étouffer par Gabe Vincent qui lui chuchote des « si tu lâches le ballon je te casse le genou », mais le plus dommageable est de ne pas créer de mouvement autour. C’est d’ailleurs là que l’hyperextension du genou de Clint Capela a handicapé les Hawks. Il est habituellement un point d’appui qui incite la défense à descendre, pour permettre à ses coéquipiers de gambader sereinement derrière l’arc. Même sur pick-and-roll, il n’est pas rare qu’une aide soit déclenchée pour empêcher le alley-oop et hop, De’Andre Hunter fait mouche dans le corner. Sauf qu’en son état sur les matchs 4 et 5, Clint Capela n’était absolument pas en mesure de rivaliser avec Bam Adebayo. On a donné de la mâche à l’escargot.

Trae Young

Les feuilles de matchs de Trae Young sur la série / Source : basketballreference

Un jour après Boston, le Heat est la deuxième équipe qualifiée pour les demi-finales de Conférence Est. Les Floridiens n’ont toujours pas montré de vrais signes de faiblesse et envoient Trae Young à Punta Cana, la tête obstruée par ses pourcentages.

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