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En l’absence de Rudy Gobert, la défense du Jazz est un foutu centre commercial : inquiétant pour Utah qui veut viser le titre ?

Utah jazz

Un seul être vous manque, et tout est open bar.

Source image : montage Youtube

Battus par les Pistons cette nuit de manière assez catastrophique (126 à 116), les joueurs de Utah sont aujourd’hui sur trois défaites de suite. Un petit coup de mou qui peut arriver à n’importe quelle équipe, même les meilleurs, cependant le point faible du Jazz semble on ne peut plus évident actuellement en l’absence de Rudy Gobert : pour attaquer y’a du monde, mais pour défendre y’a tout de suite beaucoup plus de silence. 

C’est une des questions qui fait le plus ronger d’ongles tout autour de Salt Lake City.

Est-ce qu’il y aura des mouvements à la trade deadline, le 10 février prochain ?

Lorsqu’on voit ce genre de défaite, et la manière dont le Jazz se comporte récemment, il y a de quoi se poser des questions. Avant tout de chose, remettons le contexte en place. Longtemps épargnés par les histoires de Covid, pendant que la plupart des autres équipes de NBA se faisaient défoncer de l’intérieur par le health and safety protocol, les hommes de Quin Snyder se sont récemment pris la vague d’absences en pleine tête avec plusieurs joueurs obligés de quitter le groupe. Rudy Gobert, Joe Ingles et Rudy Gay pour ne citer qu’eux, en plus de trois assistants coach forcés à quitter le banc de Snyder. Donc déjà, on savait que Utah allait être testé concernant la profondeur de son effectif, et dans un timing assez fun puisqu’on était sur un beau roadtrip pour Hassan Whiteside et sa bande. Pas de quoi paniquer pour autant, grâce à un excellent mois de décembre le Jazz restait collé aux basques du duo Golden State – Phoenix en haut de l’Ouest et Donovan Mitchell en profitait pour repartir avec le trophée de Joueur du mois. Et en démarrant d’ailleurs le roadtrip avec deux victoires à New Orleans puis Denver grâce à un immense Bojan Bogdanovic, les fans du Jazz pouvaient bomber le torse. Cependant, une question restait en surface et demandait à être gérée, soit par le coaching staff soit par le management en place.

Peut-on vraiment espérer aller loin avec une attaque numéro 1 de la NBA… mais une défense collective loin de celle d’un champion ?

Bien évidemment, il faut rester modéré dans ses propos. On ne parle pas de la défense d’Atlanta ici, Utah est dans la meilleure moitié de la Ligue (10ème) et a de la marge de progression. Mais s’il y a bien une chose que les derniers Playoffs ont montré, confirmé par le début de cette nouvelle saison régulière, c’est que la franchise ira nulle part si elle est avant tout concentrée sur l’attaque et ne règle pas, en profondeur, ses soucis défensifs. Exposés par les Clippers, pointés à nouveau du doigt lors de plusieurs soirées où les lignes extérieures n’en ont fait qu’à leur tête (Mitchell en tête de file), les soldats de Salt Lake nous ont emmenés jusqu’à ce début de mois de janvier avec un sentiment de same old, same old. Bravo le Jazz, excellente saison régulière, mais juste un groupe sympa. Pas plus. Pas de quoi flipper en les affrontant en Playoffs, de toute façon ça va être trop juste défensivement et on pourra les enfoncer sur ce point précis. C’est ce type de discours qui a été encore et encore porté, voyant que les Jordan Clarkson et autres cracks offensifs du groupe n’allaient pas faire trois efforts consécutifs dans leur propre moitié de terrain. Ce qui nous a, du coup, mené à une situation bien plus tendue que d’habitude au sein de la franchise, apportée par un changement de propriétaire (Ryan Smith), suivant un changement de GM (Justin Zanik) et suivi par l’arrivée récente de Danny Ainge en conseiller de ce dernier. Avec autant de mouvement en l’espace de trois ans, il fallait bien que du mouvement se prépare.

Ce sont donc quelques premières rumeurs qui ont circulé en NBA, avec un vrai point d’orgue mis sur ce soucis évident : la défense. En la présence de Rudy Gobert, Utah peut s’en sortir. Les schémas qui sont d’ailleurs mis en place par Quin Snyder redirigent vers le Français, qui réalise une superbe saison donc à un niveau de All-Star et de candidat au titre de Défenseur de l’année. Mais la série face aux Clippers a servi de coup de fouet, et avant cela les soirées dépendant de l’efficacité de Rudy étaient trop nombreuses. Certes, des coups de chaud offensif permettaient à Utah de totalement défoncer l’adversaire et transformer un match serré en une branlée, mais c’était plus l’arbre qui cache la forêt qu’autre chose. Tout ce magnifique contexte, à un mois de la trade deadline 2022, nous a donc mené à ceci : l’absence de Rudy pour Covid. Et sur les trois derniers matchs du Jazz, il faut faire l’aveugle ou l’entêté pour ne pas voir le souci criant qui alerte les fans du Jazz.

Match à Toronto : 122 points encaissés.

Match à Indiana : 125 points encaissés.

Match à Detroit : 126 points encaissés.

À chaque rencontre sa particularité, le déplacement chez les Raptors mettait en avant une équipe F du Jazz, la plupart des cadres étant absents. Mais à Indiana et surtout à Detroit cette nuit ? L’absence totale de considération défensive était criante, symbolisée par ces 78 points (!) encaissés en seconde mi-temps. Et, sans manquer de respect aux Pistons, face à des joueurs qui ne sont pas des créateurs confirmés. Cade Cunningham a du talent, Cory Joseph de l’envie, mais quand tu as uniquement à baisser l’épaule pour te retrouver à l’arceau, cela pose problème. Du coup ? Ce sont Fred VanVleet (record en saison 37 points), Domantas Sabonis (record en carrière 42 points) et le rookie Cunningham (record en carrière 29 points) qui en ont profité pour se balader dans le centre commercial qu’est la défense du Jazz actuellement sans Gobert. Des performances abordables car, en l’absence du point d’encrage défensif, tout le château de cartes s’effondre. Et il n’y a malheureusement pas l’effectif nécessaire pour prendre le relais, Whiteside étant plus frustrant et irrégulier qu’autre chose, et Royce O’Neale ayant des missions Hall of Fame à devoir gérer tout seul sur les ailes. C’est en ce sens que ce trio de défaites représente une alerte, car à un mois de la trade deadline le souci semble plus qu’évident. Utah ne pourra pas se pointer en Playoffs avec ce groupe et regarder la concurrence en affirmant que, cette année, ce sera différent. Non, même sans blessures, même à 100%, il y aura forcément un moment où ces lacunes non-réglées en saison régulière resurgiront au pire moment. Et il est difficile de croire, face à cette réalité ressentie par beaucoup de monde, que le management va garder ses bras croisés. Jerami Grant, entre autres, a été mentionné comme une potentielle cible pour justement venir aider dans les postes de forwards. Mais sur une plus large échelle que cela, est-ce que Donovan Mitchell sera un jour concerné régulièrement par sa moitié de terrain, plutôt que d’offrir quelques séquences intéressantes avant de se focaliser uniquement sur l’attaque ?

Utah est sur un modèle particulier, compliqué pour remporter un titre. Sans véritable superstar, c’est la force du groupe qui doit faire la différence. La mauvaise nouvelle, c’est que dans ce genre de configuration, il faut être intouchable dans les secteurs offensifs, défensifs et collectifs du jeu. Ce qui n’est pas le cas aujourd’hui, et ce que l’absence de Rudy Gobert montre de manière évidente. Il existe des défaites frustrantes, et des défaites sur lesquelles on revient à posteriori. « On se ment à nous-mêmes si on dit qu’on veut remporter le titre et qu’on a des soirées comme ça, » disait Mitchell en sortie de défaite face aux Pistons. Peut-être que cette claque réveillera le management. À suivre.

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