Pistons

Detroit Pistons, le bilan 2020-21 : année 0 de la reconstruction à Motor City, et forcément ce fut assez douloureux à vivre

Jerami Grant 2 juin 2021

Des valises de défaite mais de belles raisons de croire à un avenir meilleur pour les Pistons. Et de toute façon, ça ne pourra pas être pire.

Source image : YouTube

On n’attendait pas forcément les Pistons au sommet de la Ligue cette saison, et comme les mecs sont très corporates ils ont donc fait respecter la logique avec panache. Un exercice 2020-21 qui a pris des airs d’exercice tout court, lors duquel les élèves ont fait le boulot, à savoir progresser en prenant des branlées.

CE QUE TRASHTALK AVAIT ANNONCÉ

21 victoires et 51 défaites, voilà le bilan que l’on prédisait en début de saison pour les Pistons. 1) Permettez-nous de nous la raconter un peu (20-52 au final), 2) en fait… tout le monde le savait, mais en tout cas cette saison 2020-21 s’annonçait complicado pour la classe biberon. Ce que l’on attendait le plus finalement ? Le départ des dinosaures du vestiaire et de la Banque Pop du Michigan, non pas que Blake Griffin et Derrick Rose soient des boulets mais disons que leur présence dans le roster et dans les comptes empêchait alors le projet (très) jeune de s’exprimer pleinement. Du changement, des défaites, les grands débuts d’un meneur français très attendu : that’s what we said.

CE QU’IL S’EST VRAIMENT PASSÉ

Une saison qui commence avec un paquet d’espoirs, ou du moins un paquet de regarder discrètement ce qu’il se passe du côté de Detroit sur le League Pass. malheureusement et très vite, tout ou pas mal de nos espoirs tombent à l’eau, puisque LiAngelo Ball n’est pas conservé après le training camp Killian Hayes enchaine début de saison très compliqué et sale blessure (voir plus bas), puisque Blake Griffin a officiellement le corps de ton arrière grand oncle, et puisque les grosses perfs de Jerami Grant masquent à peine les galères de Dwane Casey pour mettre en place son projet. Beaucoup beaucoup de grands à faire jouer, des jeunes à comprendre et à éduquer, mais petit à petit la mayo prend et à la mi-février… c’est la cavalcade de breaking news.

Le 7 Derrick Rose quitte la ville après un début de saison bien tonitruant contre Dennis Smith Jr. et un peu de mélancolie, le 13 on assiste à la naissance d’un Saddiq Bey qui sera probablement au final la plus belle satisfaction de la saison chez les tous jeunes, deux jours après le 6/6 du parking du petiot… Mason Plumlee claque un triple-double et ça valait le coup d’être conté mais, surtout, le 15, c’est officiellement la fin de l’ère Blake Griffin dans le Michigan, lui qui était tellement rincé, lui qui avait convenu d’un commun accord avec ses dirigeants qu’il ne se fatiguerait pas plus avant son départ, lui qui aura porté les Pistons pendant deux saisons incroyables. Celui qui porte les Pistons se nomme en tout cas Jerami Grant car le freak confirme les attentes placées en lui même si l’on attendra de le voir dans des configurations un peu plus compétitives.

Cette fois-ci donc on balaie tout, on dit merci aux gloires du passé et on enchaine, on enchaine sur une collection volontaire de défaites qui durera jusqu’à la fin de saison. Enes Kanter colle un match à 30 rebonds sur la trogne de Detroit, Frank Jackson est le héros des dernières semaines, Isaiah Stewart et son incroyable body rejoignent Saddiq au rayon des bonnes nouvelles, Killian Hayes retrouve des sensations en toute fin d’exercice et, au final, ce sera – et tant mieux – la cinquième pire saison de l’histoire de la franchise du point de vue du bilan avec 20 victoires et 52 défaites. Une dernière place à l’Est, l’avant-dernière de la Ligue « derrière » les « invincibles » Rockets, 21 joueurs utilisés mais bien la moitié d’entre eux qui ne dépasse pas le quart de siècle et un leader potentiel qui a marqué des points. Est-ce possible d’être satisfait d’avoir été nul ? La réponse est oui, quelle Ligue bizarre décidément.

L’IMAGE DE LA SAISON

razmokets 2 juin 2021

Killian Hayes : 19 ans. Sekou Doumbouya, Deividas Sirvydis et Isaiah Stewart : 20 ans. Saben Lee : 21 ans. Saddiq Bey : 22 ans. Josh Jackson : 24 ans, et le vieux Jerami Grant : 27 ans. La base est saine, la base est jeune, et grâce à beaucoup des noms sus-cités la base est carrément sexy. Ca prendra un peu de temps, oui, mais au moins il y a quelque chose à l’horizon, même si l’on ne sait pas encore trop ce que c’est.

IL A CARTONNÉ : JERAMI GRANT

On avait un poil souri lorsque Jerami Grant avait finalement eu le contrat qu’il chassait, à Detroit, un petit chèque de 80 millions sur quatre ans qui faisait alors grincer quelques dents. Non pas que Jerami soit une bique hein, mais disons que 80 millions… pour un mec moyen plus en attaque et moyen plus en défense, plus si jeune que ça d’ailleurs (27 ans) ? Hum, let’s see. Mea culpa au final, car l’année I du règne de Jerami aura été une réussite en tous points. 22,3 points, 4,6 rebonds, 2,8 passes et 1,1 steal par match, très vite le rôle assumé de leader d’attaque, et même ce statut de leader tout court, dans une équipe de jeunes chiens fous qui cherchent leur maître. Beaucoup de tirs, beaucoup de ballons joués en solo mais pas que, et si les petits pépins physiques et le load tanking management de fin de saison aura au final privé Jera d’un trophée de MIP dont il n’était pas si loin, cette première année dans le Michigan est à classer au rayon des belles « surprises ». 

ON L’ATTENDAIT AU TAQUET, ET ON L’ATTEND TOUJOURS : KILLIAN HAYES

Non pas qu’on attendait l’avènement dès l’an I du LaMelo Ball européen, mais chauvin serait de dire que Killian Hayes a enflammé nos nuits pour sa saison rookie. D’énormes difficultés au tir en tout début de saison, deux grosses balles perdues bien sales dans le clutch pour son premier match, la complicité avec des anciens qui le mettent dans les meilleures conditions, notamment Blake Griffin, mais également un manque de confiance manifeste et un apport bien trop faible pour un n°7 de Draft. Y’a pas l’feu au lac non plus disait Tante Yvette, mais à ces soucis d’acclimatation s’ajoute un autre genre de souci, beaucoup plus problématique celui-ci : Kiki se déboîte la hanche début janvier et la durée de son absence jette un froid à Detroit et dans le camp français. Huit semaines minimum, aïe, on a connu mieux pour progresser. L’ancien Choletais profitera de son hiver pour apprendre sur le banc, pour regarder Sekou Doumbouya galérer, aussi, le Doumbz étant également dans le creux de la vague pour sa saison sophomore, et finalement un retour tout en discrétion début avril face aux Knicks, dans un groupe qui a beaucoup changé depuis et qui ne joue absolument plus rien si ce n’est la défaite à tout prix. L’occasion pour le Français de lâcher quelques belles perfs et de reprendre un peu de confiance, en montrant à son staff que ses qualités de playmaking notamment restent hors du commun pour un gamin de son âge. Un 21/7/8 par-ci, un gros match en défense par-là, bref une fin de saison plaisante, qui ne sauve pas pour autant l’exercice rookie de Kiki mais qui nous donne au moins une furieuse envie de le revoir à la rentrée.

LA SUITE

Un coach conservé il y a peu, John Beilein qui amène ses concepts dans le Michigan après avoir fait un four dans l’Ohio, tous les jeunes de l’effectif évidemment sous contrat ou sous curatelle à Detroit (à part Hamidou free agent Diallo), bref de quoi voir venir. De quoi voir venir les beaux jours peut-être mais de quoi travailler en tout cas, avec un coaching staff qui ne s’est jamais caché depuis un an vouloir bosser sur le moyen/long terme.

Bref, peut-être pas demain qu’on reverra les Playoffs à Detroit mais, qui sait, la saison 2020-21 des Knicks a prouvé… que même les rêves les plus fous pouvaient s’exaucer. Un duo de Français qui jouent et qui performent… un Jerami en mode MIP puissance deux et des jeunes qui prennent du poil au menton… Chiche ?

Cliquez pour commenter

Répondre

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *



To Top