One-on-One

Théo Maledon, une saison rookie pleine de promesses : écris son nom en bleu, crie son nom en bleu, note le

Théo Maledon

Enfant du soleil.

Source image : NBA League Pass

Christophe Colomb a découvert l’Amérique, Matt Groening s’en est moqué, Théo Maledon l’a sublimée. Sept mois après la Draft et son empoignade virtuelle avec Mark Tatum, le Frenchie s’est fait un nom outre-Atlantique. De quoi retracer – ensemble – 181 jours durant lesquels le petit prince de Villeurbanne nous a fait vibrer jusqu’à égayer nos réveils les plus brumeux. Bleu, blanc et orange, les trois nuances d’une année tricolore.

On n’avait plus été aussi fiers depuis l’arrivée des galettes de sarrasin à Tokyo. Dans l’Oklahoma – région annexe du Texas – Théo Maledon s’impose aujourd’hui comme l’une des pièces collectors du Thunder. Bien que cette phrase fasse très reportage France Télé qui vante les mérites d’un Frenchie à 3 points et 1 interception de moyenne, elle puise sa véracité dans l’année écoulée. À l’aube de la Draft 2020, peu nombreux sont ceux qui accordent alors autant de crédit à Théo Maledon qu’à Killian Hayes. Pendant que Kiki assassine un daron allemand d’un step-back dévastateur, Théo déroule un système monténégrin sur les bords du Rhône. Un playmaking taciturne qui l’habille aux couleurs de l’Europe, décrédibilisant son profil aux yeux de cainris indélicats et assoiffés de mixtapes. Ni une, le Villeurbannais manque le coche et n’est sélectionné qu’en trente-quatrième position par le Thunder. La chute est rude : après avoir squatté le Top 10 de certains mocks, Théo fait une croix sur les garanties qu’un contrat du premier tour apporte. Par ici, on est même contraint de suivre la sélection du Français via Twitter, l’antenne nationale étant réservée aux trente premiers choix. On aperçoit juste ce petit replay de la réaction des Maledon depuis leur domicile. Son frère tire la même tronche que les victimes dans l’émission de tatouage aux US. Bref, ce n’est pas simple de garder le moral quand ton compatriote devient le Français le plus haut drafté de l’histoire. Le pire dans tout ça, c’est de travailler toute son adolescence pour évoluer aux côtés des meilleurs, puis finalement se faire accueillir dans un gymnase de l’Oklahoma par un type en joggo qui s’appelle Mark Daigneault. À peine le temps d’enlever les godasses qu’Aleksej Pokusevski vient te parler de son allergie à la nectarine tout en te tapant le dos pour y coller sa dernière trouvaille nasale. On a connu meilleure arrivée, mais on a surtout connu pire suite.

Douze secondes, laps de temps suffisant pour que Théo prenne la température d’une ligue qui a tout de nouveau. Passer de la Meilleraie et sa baraque à frites qui vend de l’huile (big up au vendeur et son légendaire grattage de l’entre-cuisse), au Madison Square Garden et ses moulures plafonnières. Les premières sorties sont timides sur le plan statistique mais alimentées d’une vraie maturité dans la tenue de balle. La sérénité avec laquelle Théo évolue offensivement est criante et son acclimatation on ne peut plus naturelle. Le 2 janvier dernier, le natif de Rouen pose 12 points et 4 assists devant le Magic de tonton Fournier. Une performance qui – mine de rien – caresse les rétines de son staff : « Attends un peu, notre trente-quatrième choix est vraiment en train d’allier efficacité et Joga Bonito ? ». Ça pue le steal dans l’Oklahoma, et la plénitude qui émane du jeu de Théo force la récompense. Une soirée arrosée avec Nancy Pelosi ? Un bouquin qui lui permet de comprendre la morphologie de Lugentz Dort ? Non, le Frenchie veut plus de minutes et ne tarde pas à les obtenir. Les prestations au-delà des 10 points commencent à se régulariser pour un Théo qui – à contresens du collectif – joue de plus en plus gros. On surligne avec un crayon senteur fraise sa performance contre le backcourt Kyrie Irving – James Harden : 24 points, 3 rebonds, 3 assists, 1 interception et 1 balle perdue à 8/9 au tir dont une merveille de 6/6 à 3-points. Nous ne sommes alors que le 29 janvier – au dix-huitième match de la saison – et Théo envoie d’ores et déjà des coups de patin dans le Guinness Book. Il devient le premier rookie de l’histoire du Thunder à caler au moins 5 tirs primés à 100% de réussite sur une seule rencontre. Ça a beau être de la stat de fermier, on enfourche tout ça dans le semi-remorque et on comptera les exploits une fois l’exercice clôt.

La mi-saison approche et le constat est sans appel : Théo Maledon est un poti crack. Confirmation de la théorie, le prince de Villeurbanne lâche – le 27 février dernier – 13 points et 12 assists sur la tête de Trae Young. Record de franchise égalé, le natif de Rouen rejoint Russell Westbrook et devient le deuxième rookie de l’histoire du Thunder à distiller 12 assists sur une rencontre : plus gros total de passes décisives pour un première année cette saison. Folie camoufle l’évidence, c’est surtout le premier double-double en NBA de Théo Maledon ! Comme la juste récompense d’une première partie d’exercice encourageante, il est par la suite sélectionné dans la Team World du Rising Star Challenge aux côtés des R.J. Barrett, Rui Hachimura et autre Deni Avdija. Mais la rencontre n’a malheureusement pas lieu en raison de la chute d’une employée de la Mie Câline à son domicile. Nota bene, le week-end du All-Star Game marque aussi la fin des ambitions dans l’Oklahoma. Un bilan presque positif alors que Cade Cunningham fanfaronne dans les rues voisines de Stillwater ? Il en est hors de question. Allez, au placard les Shai Gilgeous-Alexander et Luguentz Dort, c’est l’heure de faire jouer les tocards. Sans surprise, le Thunder dégringole dans les bas-fonds de la Conférence Ouest et termine la saison avec l’équipe D. L’occasion pour Théo Maledinho de multiplier les sorties de patron : 22 points et 8 rebonds contre Boston, 33 puntos sur la tronche des Suns, 25 points, 5 rebonds et 5 assists devant les Hornets, 20 points et 8 assists entre les molaires de Russell Westbrook. Il kiffe voir son coéquipier et ami de longue date – Jaylen Hoard – s’épanouir à ses côtés. Au finish, Théo arrondit les angles et termine la saison en dépassant la barre significative des 10 points de moyenne : 10,1 plaques, 3,2 belles-pou, 3,5 passes décisives et 2,2 balles perdues à 37% au tir dont 34% de loin. Il est tradition que de fermer les yeux sur les pourcentages d’un rookie, ce pourquoi nous le faisons de suite. Mis à part cette incongruence rétinienne, comment juger la grande première de Théo Maledon chez l’Oncle Sam ? Tiens, l’intéressé a son mot à dire.

« J’ai l’impression d’avoir fait du bon travail. Je ne me suis pas blessé. J’étais toujours disponible pour aller sur le terrain. Je n’ai pas pris un seul jour pour acquis. » – Théo Maledon

Difficile de lui donner tort tant sa forme fut constante. Oubliés les Tony Parker, Joakim Noah, Nicolas Batum et Boris Diaw… Théo Maledon est le premier Français de l’histoire à atteindre la barre des 10 points de moyenne sur une saison rookie ! Deuxième record – et pas des moindres – il devient le premier joueur de l’histoire drafté au second tour et ayant le plus gros temps de jeu total sur la saison de son équipe (1777 minutes). Vous y êtes ? Ça fait beaucoup de « si » et de « ça » mais une fois correctement disséqué, le sujet s’éclaircit. Formé très tôt à jouer contre les meilleurs darons européens, Théo est en fait une exception de maturité dans la jeunesse du Thunder. Sa lecture de jeu est semblable à celle d’un vétéran qui a 12 piges de NBA dans les guibolles et son carquois offensif est suffisant pour ne pas tomber dans la marche à reculons. C’est d’ailleurs pour cela que même si le groupe concocté par Vincent Collet pour les Jeux Olympiques a fière allure, il est difficile de ne pas regretter l’absence de Mister Maledon. Que l’on ne s’y méprenne pas, le sélectionneur n’y est pour rien puisque c’est le meneur de 19 ans qui n’a pas donné suite à sa convocation. Les bruits qui courent laissent à penser que le front office du Thunder n’a pas vraiment laissé le choix à son bambin, cordialement invité à se développer aux côtés de son staff cet été. C’est le début d’une longue croisade loin de ses bases hexagonales, donc laissons le temps au temps. Son professionnalisme et sa dévotion pour le maillot tricolore reprendront sans aucun doute le dessus une fois le carrelage posé en NBA. M’enfin – en attendant – ils ont déjà eu le temps de le cerner au pays de McCain. Tous fous de Théo.

« Il a un maquillage… très sérieux ! Comme un professionnalisme naturel. Sa personnalité est comme ça et je pense que c’est un euphémisme que de le dire *rires*. » – Sam Presti

Déjà que l’on aime les belles surprises, alors quand elles sont tricolores… mama ! Fingers crossed pour les Jeux Olympiques, mais on se permet aussi de croiser les doigts pour que le petit prince de Villeurbanne s’éclate dans l’Oklahoma cet été. La confiance de tous les costards du Thunder est là, y’a plus qu’à. 

2 Commentaires

2 Comments

  1. Laze

    21 mai 2021 à 10 h 12 min at 10 h 12 min

    Lets goooo Théo, il est tombé dans la draft juste parcequ’il a pas de contours je vois pas d’autres raisons !

  2. Sebb

    21 mai 2021 à 15 h 03 min at 15 h 03 min

    Va falloir m’améliorer ces pourcentages et le ratio assist/TO mais qu’est-ce que c’est prometteur ! Y’a plus qu’à espérer que le Thunder drafte un intérieur avec son gros pick pour que Théo reste titulaire 🙂
    Après si c’est pour être le troisième larron en sortie de banc de la ligne extérieure, en rotation derrière Shai/XXXX (CadeC ou un autre crakito 2021) c’est bien aussi !
    Go Théo go !

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