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Marv Albert va prendre sa retraite après les Playoffs : profitons une dernière fois de la voix la plus iconique de New York

Marv Albert retraite

« For three, YESSS ! »

Source image : Montage via Youtube.

Marv Albert va tirer sa révérence à la fin des Playoffs 2021 selon le New York Post, après plus de 58 saisons à observer, analyser et surtout commenter la NBA. Commentateur iconique de NBC puis TNT, Marv Albert restera le commentateur emblématique des New York Knicks, mais aussi des grands moments de postseason. Celui qui a commenté des séries du dernier carré des Playoffs depuis 1991 laissera un grand héritage au micro. Rétrospective de son immense carrière.

Pour comprendre la carrière de Marv Albert, il faut comprendre le monde du ballon orange dans les années 1950 et 1960. Le basket est alors très loin de ce qu’il est aujourd’hui en matière de popularité mais aux yeux de Marv Albert, il est déjà très précieux. En bon gamin de Brooklyn, c’est naturellement que sa préférence se tourne vers les New York Knicks. À une époque où les Lakers sont encore à Minneapolis, le jeune Marv parvient à devenir ramasseur de balles pour les Knicks, ce n’est que son début dans la nébuleuse NBA. Son ambition : devenir commentateur sportif. Et pour ça, il s’entoure du meilleur parrain possible : Marty Glickman. Ce commentateur de la radio WCBS est à ce moment la voix de New York. Et pas uniquement du basket puisque Glickman couvre également les Giants et les Jets en NFL. Couvé par ce dernier, c’est en 1963 qu’Albert est lancé définitivement dans le grand bain. Et l’affiche n’est pas des moindres puisque Marv débutera sa carrière pour WCBS sur un Celtics – Knicks, avec une équipe de Boston menée par Bill Russell, Bob Cousy et Cie. Les New-Yorkais sont d’abord déboussolés, reprochant à Albert son coté « copier-coller » de Glickman. Lui, empruntant son rythme effréné et passionné permettant de mettre en évidence directement les highlights d’un match. Cela dit, Marv trouvera vite son public et ses quotes signatures. C’est à lui que l’on doit l’iconique « YEEEEES! », la popularité des expressions « on fire », « from downtown », « with autorithy », « from 3-point land » notamment. Les années 1970 installent définitivement Marv Albert comme voix iconique des Knicks. La clique de Willis Reed et Walt Frazier glane les titres de 1970 et 1973, et dans une NBA encore peu télévisée, c’est la radio qui est le média privilégié pour suivre les exploits des Knickerbockers. Les années passent et le basket gagne de plus en plus de popularité aux États-Unis. En absorbant la ABA en 1976, la NBA devient définitivement la Grande Ligue et les années 1980 marque un nouveau tournant sous l’impulsion évidemment de Magic Johnson et Larry Bird, avec un jeu ultra offensif laissant libre cours aux scoreurs : c’est la décennie des George Gervin, Julius Erving, Alex English notamment. Et dans ce terreau fertile à la propagation de commentaires viraux, Albert trouvera son protégé : Bernard King.

« À l’exception de Muhammad Ali et Howard Cousin, aucun duo athlète – commentateur n’a aussi bien matché que Bernard King et Marv Albert. Même la façon dont Marv prononçait le nom de Bernard King était exceptionnelle. »

– Bill Simmons, The Book of Basketball according to the Sport Guy, 2009.

Commentateur pour une équipe associant le plus gros marché du monde, une équipe compétitive et un scoreur aussi prolifique que spectaculaire, Marv Albert est propulsé sur la scène télévisuelle nationale. En 1990, il devient commentateur principal pour NBC Sports, tout en restant également la voix des Knicks. La carrière de Marv Albert prend encore un nouveau tournant. Acteur privilégié des Playoffs depuis cette période, il commentera les performances épiques de certains des plus grands joueurs de l’histoire, d’abord chez NBC de 1991 à 1999, puis chez TNT depuis 1999 : Isiah Thomas, Michael Jordan, Shaquille O’Neal, Tim Duncan, Kobe Bryant, LeBron James et tant d’autres. Certains de ses matchs sont devenus légendaires grâce notamment à ses commentaires et en portent même le nom, lui à qui on doit indirectement l’expression « Flu Game » pour le Game 5 des Finales 1997. Il commentera aussi le changement de main de Jojo lors des Finales 1991, le fameux « Spectacular move ». Mais aussi les exploits de LeBron, comme lors du Game 5 des Finales de Conférence Est entre Pistons et Cavs que Bill Simmons qualifie de « plus grande performance au micro de l’histoire ». Sans oublier évidemment le parcours des Knicks de Pat Ewing dans les années 1990. Selon Brian Curtis de The Ringer, la passion que peuvent avoir des analystes et commentateurs actuels vient en partie de la prosodie particulière de Marv Albert. Sa façon d’entonner un « Oh! » ou même le fait que son expression signature soit un simple « Yes ». Sa façon de donner le rythme au bon moment sans avoir à en faire trop le place comme le meilleur métronome au micro de l’histoire pour beaucoup.

Mais derrière son génie, Albert détient aussi sa part d’ombre, comme les faits d’agression sexuelle qui lui sont imputés en 1997 dans une chambre d’hôtel en Virginie. Difficile de l’imaginer encore au micro si les faits avaient été révélés aujourd’hui, et le statut quasiment intouchable qu’impliquait 35 ans d’antenne ne le serait plus aujourd’hui. D’après Brian Curtis, Albert était plutôt antipathique dans la vie de tous les jours, mais sa façon de se transcender au micro et la passion qui en résultait prenait le dessus sur sa nature. Et en plus, il n’hésitait pas à fustiger la gestion des Knicks de James Dolan ou à troller les consultants qui l’entouraient (Magic Johnson : « personne ne va quitter sa TV des yeux car des joueurs spectaculaires sont dans la série ». Marv Albert : « un incroyable moment de promo offert par Magic » d’un ton moqueur).

Marv Albert laisse 58 saisons de NBA derrière lui et un héritage énorme dans le patrimoine basket. Intronisé au Hall of Fame en 1997 et recevant par la même occasion le prix « Curt Gowdy » récompensant le meilleur journaliste basket des USA, Albert pourra tirer sa révérence en commentant ses Knicks chéris en Playoffs. Et ça, ça n’a pas de prix. 

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