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Bill Walton, l’histoire d’un caméléon roux : de meilleur joueur NBA à meilleur remplaçant NBA il n’y a qu’un pas et quelques joints

Bill Walton

Bill a réussi sa vie, et il a appelé son fils Luke juste pour se faire chaque jour la réplique de Star Wars.

Source image : Youtube / NBA

Nous sommes le 5 novembre 2020 et il y a tout juste 68 ans naissait une petite tête aux cheveux roux, qui allait devenir l’une des plus grandes légendes all-time de la balle orange. La vérité c’est qu’on ne sait pas vraiment s’il avait des cheveux à la naissance, mais la vérité dont nous allons parler ci-dessous… c’est surtout le fait qu’un mec a donc été suffisamment caméléon pour passer de « meilleur joueur de la Ligue » à « meilleur… sixième homme de la Ligue ». C’est officiel, si pour certains les roux n’ont pas d’âme, ils ont apparemment une deuxième peau.

Né le 5 novembre 1952 à San Diego, William Theodore Walton III a vécu une grande partie de sa vie en Californie. Et dès les prémices de sa vie de basketteur de haut niveau, le jeune Bill est sacrément doué. A l’université d’UCLA, Walton est déjà une star, et le mot est faible. Une performance historique lors du Final Four 73 et une étiquette de « l’un des plus grands joueurs universitaires all-time » plus tard, le phénomène débarque donc naturellement en NBA en 1974, à la première position de la Draft, chez les Blazers. Et la première vie de Bill Walton en NBA ne peut pas mieux se passer : avec un impact direct dans l’équipe de Portland, celui que l’on surnomme Big Red Head devient l’un des poste 5 les plus dominants de la Ligue et porte les Blazers jusqu’au titre en 1977, avec en prime le titre de MVP des Finales pour Billou. L’année suivante Walton est au sommet de son art et devient MVP de saison régulière. Mais 1978 est aussi l’année où les ennuis commencent. Au bout de 60 matchs, Bill se fait une blessure au pied qui l’empêchera de finir la saison. Et ce n’est que le début.

C’est alors qu’une longue traversée du désert commence pour Walton, qui enchaine plusieurs saisons de galères avant de rejoindre, en 1985, l’équipe qui lui donnera une deuxième vie : les Celtics.

Parce que l’important n’est pas le nombre de fois où Bill a du être éloigné des terrains, à dormir sur les lits de l’infirmerie, ou le nombre de fois où il est passé sur le billard. Ce qui fait la différence entre les grands joueurs et les autres c’est cette capacité à réussir à trouver un second souffle, à se réinventer pour pouvoir servir au mieux le collectif. Et c’est en ça que Mr Walton est une légende, en plus du fait – peut-être – que le gazier est quand même assez connu pour être un fervent défenseur d’une vie sans guerre, sans haine mais avec pétards à volonté. A 33 ans, Billy rejoint donc les Celtics, avec la même envie de gagner, mais un nouveau rôle : celui de remplaçant. Les C’s sont en plein milieu de la rivalité légendaire des 80’s avec les Lakers de Magic Johnson, et viennent tout juste de s’incliner face aux ennemis californiens en Finales 1984-85. Le renfort d’un ancien MVP, qui prend la place sur le banc, apparaît alors comme un atout de poids pour retourner au front, encore plus forts qu’avant. C’est chose faite, puisque lors de la saison 1985-86, les hommes de Red Auerbach jouent à un niveau qui n’a quasiment jamais été égalé dans l’Histoire du jeu. Et ça s’explique notamment par le fait qu’au delà des légendaires titulaires de Boston, notre ami Billy fait une saison en sortie de banc de très haut niveau, dans ce nouveau rôle qu’il n’avait alors jamais connu. Pour preuve,  le vétéran se verra attribuer le titre de meilleur 6ème homme de la saison. La récompense suprême pour celui qui est devenu, en sortie de banc, une pièce maitresse des Celtics de 1986 et qui clôt de la meilleure des manières cette deuxième partie de carrière.

Après le titre et la saison légendaire des Celtics en 1985-86, Bill prendra sa retraite la saison d’après, avec 13 ans dans l’élite au compteur, tellement moins que ce qu’il aurait pu/du faire mais déjà pas si mal compte tenu de son palmarès. Désormais commentateur sportif, les fans de basket des années 70-80 se rappellent avec nostalgie du look bien à lui et du talent sans précédent du pivot, mais surtout de sa capacité à toujours se relever malgré les blessures et d’être capable d’accepter de prendre moins de lumière sur lui pour le bien de l’équipe. Si on veut comparer Billy avec l’un de nos joueurs aujourd’hui, et parler de ces mecs qui ont été sous le feux des projecteurs et qui furent obligés d’assumer un autre rôle plus tard après des blessures, difficile de ne pas penser à Derrick Rose. Le MVP 2011 est évidemment l’exemple contemporain de celui qui a marché sur la Ligue au début de sa carrière et qui a malheureusement du passer par un paquet de galères physiques avant de revenir aujourd’hui dans un rôle de second couteau à Detroit, dans lequel il excelle. Reste à voir si il réussira un jour à réaliser l’exploit que seuls Bill Walton et James Harden – dans l’autre sens – ont réussi à réaliser : glaner dans une carrière les titres de MVP et 6thMOY d’une saison NBA . Comme dirait l’autre, « en tout cas, on te le souhaite ».

Immense star à l’université, MVP et champion NBA, habitué des plâtres puis Sixième homme de l’année dans l’une des meilleures équipes de l’Histoire, sacré carrière pleine de montagnes russes qu’a vécu Bill Walton. Hall of Famer et maillot 32 évidemment retiré par les Blazers, on est définitivement en présence d’une légende. Happy B-Day Billy !

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