Dossiers NBA

LeBron James et Rich Paul visés au bazooka par un agent anonyme : « Beaucoup de joueurs se font avoir par Klutch Sports »

Missiles envoyés, ça méritait bien un petit dossier.

Source image : YouTube

Tout juste auréolé d’un quatrième titre de champion NBA, LeBron James est au sommet de son sport et son influence semble plus forte que jamais, sur comme en dehors des parquets. Une toute-puissance qui en dérange certains, notamment dans l’univers des agents de joueurs. 

Après avoir interrogé une vingtaine d’agents sur les principaux thèmes qui font aujourd’hui l’actualité de la Ligue, The Athletic continue de publier les résultats de son grand sondage, en y ajoutant les déclarations les plus marquantes. Tout cela reste évidemment anonyme, et visiblement certains en profitent pour se lâcher, mais genre vraiment. Interrogé sur LeBron James à travers une question d’ordre général, un agent a souligné la grandeur du King en tant que joueur, avant de partir dans un long discours pour… critiquer l’influence soi-disant néfaste de LeBron et son copain de 38 ans Rich Paul, à la tête de l’agence Klutch Sports. Attention, ça envoie des missiles.

« Tout le monde a peur de le dire, mais moi je n’ai pas peur et je le dis car c’est la vérité. Chaque personne qui est dans ce business le sait. La pire chose que fait LeBron, c’est utiliser sa puissance à travers Rich Paul. […] C’est illégal pour un joueur, en particulier dans l’État de Californie, d’avoir une licence pour représenter des talents. Rich Paul, c’est une façade, c’est LeBron qui recrute les joueurs pour Rich Paul. Ils tentent presque de contrôler la NBA, comme ça peut se faire en AAU. »

Pour cet agent, la puissance de LeBron et son impact médiatique attirent forcément des joueurs de la Ligue dans les filets de Klutch Sports, l’agence prenant ainsi de plus en plus d’ampleur. Pas illogique, et il n’hésite pas à comparer cette situation avec David Falk, l’ancien agent de Michael Jordan, ou encore Rob Pelinka, qui défendait les intérêts de Kobe Bryant, en disant que ces deux-là ont vu leur clientèle augmenter grâce au pouvoir de séduction de leur superstar. Mais selon l’agent en question, certains joueurs ayant signé chez Klutch perdraient gros car ils ne seraient pas une priorité pour Rich Paul. Pour info, Paul et KS représentent environ 25 joueurs en NBA aujourd’hui. Il y a des grands noms comme LeBron et Anthony Davis évidemment, mais aussi des gars qui sont loin d’être des stars et qui laisseraient filer un joli paquet de billets verts.

« Beaucoup de gars se sont fait avoir à cause d’une mauvaise gestion. Il y a au moins cinq ou six victimes. […] Nerlens Noel par exemple. Ils sont quatre ou cinq à avoir perdu des millions de dollars (il cite aussi Norris Cole et Shabazz Muhammad, ndlr.) mais personne n’a le courage de le dire car les médias veulent avoir accès à LeBron, ils veulent avoir accès à AD. […] Je commence à entendre des bruits de couloir disant qu’ils sont overbookés. En tant qu’agent, vous ne pouvez pas rendre service à autant de gars au niveau qu’ils prétendent. »

L’agent anonyme aimerait carrément que l’union des joueurs step up pour regarder les différents dossiers de plus près et éventuellement sanctionner Klutch Sports. Il estime que Rich Paul est protégé par le fait qu’il soit très proche du tout-puissant LeBron James, et que ce dernier a adopté un « comportement irresponsable » en permettant à Paul d’être dans une telle position, où certains joueurs se feraient entuber « naïvement ». « Si Rich Paul était un avocat, il aurait été radié du barreau à cinq reprises » a-t-il même ajouté !

Bref, cet agent s’est véritablement lâché en se basant sur une théorie de fond qui n’est pas vraiment originale : Rich Paul est un ami de longue date de LeBron, il est dans cette position grâce à LeBron, il possède de l’influence à travers LeBron. En d’autres termes, il s’attaque directement à la légitimité de Paul en tant qu’agent, en disant notamment qu’il hiérarchie ses clients, au grand dam de ceux qui se trouvent en bas de la liste. Mais si Rich a forcément profité de l’ascension du King pour se faire une grande place dans le paysage des agents NBA, rappelons aussi qu’il a été formé au sein de l’agence CAA, dans laquelle il a véritablement appris le métier derrière l’actuel président des Knicks Leon Rose, ancien agent de James et référence dans le milieu.

« Quand je suis arrivé dans une telle position, j’étais considéré comme Rich Paul, le mec avec un baccalauréat qui représentait le meilleur joueur du monde. Juste parce qu’il est mon ami. Il n’y a aucun ami dans ce monde qui laisse toute sa carrière entre vos mains juste comme ça, peu importe de qui on parle. Il faut faire ses preuves. »

– Rich Paul, via The Boardroom

Quelque part, on a l’impression que l’agent en question rage un peu (beaucoup même) par rapport à l’importance qu’a pris Klutch Sports, qui représente évidemment un concurrent de taille pour les autres agences. Et puis comme dit au-dessus, Rich Paul possède un parcours singulier qui peut en frustrer certains. Ce sentiment d’amertume est renforcé par le fait que les exemples utilisés par Monsieur X ne sont pas toujours très pertinents.

Concernant Shabazz Muhammad, on se rappelle qu’il a refusé une prolongation de contrat de 40 millions de dollars sur quatre ans avec les Wolves avant la saison 2016-17, un très mauvais choix pour le bonhomme quand on connaît la suite de sa carrière. Sauf que Rich Paul n’était pas son agent à l’époque. Muhammad a rejoint Paul seulement en avril 2017, quelques semaines avant d’arriver sur le marché des agents libres. Il n’a jamais réussi à s’en remettre mais la vraie boulette, ce n’était pas avec Rich. À propos de Nerlens Noel, s’il fait référence à l’offre des Mavericks qu’il a refusée en 2017, à savoir 70 millions sur quatre ans, il faut savoir que l’intérieur était représenté par Happy Walters durant les premières négociations. Agent libre restrictif, Noel visait un contrat max, Dallas ne voulait pas lui offrir, et l’ami Nerlens a ainsi décidé de switcher vers Paul au cours de l’intersaison, pour ensuite signer la qualifying offer et devenir agent libre non restrictif en 2018. Mauvais choix numéro 2. Enfin, sur le dossier Kentavious Caldwell-Pope, également mentionné par l’agent anonyme, il est vrai qu’il a laissé pas mal de thunes sur la table en refusant une extension de cinq ans et 80 millions avec les Pistons en 2017. Il visait plutôt 25 millions l’année (100 millions sur quatre ans) sous l’impulsion de Paul, réputé pour être dur dans les négos et pousser le bouchon bien loin. Résultat, Detroit a finalement lâché l’affaire, et KCP a signé un contrat d’un an seulement aux Lakers pour environ 18 millions. Caldwell-Pope a ensuite touché 20 millions au cours des deux prochaines saisons (2018-19 et 2019-20), soit un montant moindre que s’il avait accepté l’offre des Pistons (16 millions l’année), mais au moins il peut se dire qu’il a gagné une bague et qu’il a joué à Los Angeles au lieu de Detroit. Donc oui, tous les dossiers n’ont pas forcément été traités de la meilleure des manières, et peut-être que Paulo galère un peu plus quand il faut trouver les meilleurs deals pour des joueurs moins prestigieux que LeBron et Cie, sauf que ce n’est sûrement pas propre à Klutch Sports hein. Certains clients, comme Marcus Morris par exemple (pour qui la Free Agency 2019 avait été plutôt compliquée), ont certes décidé de se séparer de Rich Paul mais là encore, ce n’est pas la première fois qu’un joueur choisit de changer de représentation après un couac.

Tout ça pour dire qu’il faut rester prudent avec ce genre d’accusations, surtout quand elles proviennent d’un concurrent. On ne dit pas qu’il n’y a aucune part de vérité dans le discours de cet agent, mais les attaques directes envers LeBron James, Rich Paul et Klutch Sports sont à prendre avec des pincettes.

Source texte : The Athletic

2 Commentaires

2 Comments

  1. Alanders

    23 octobre 2020 à 17 h 31 min at 17 h 31 min

    Nicolas Languedebois veut avoir accès à Lebron, accès à AD…

  2. Serge Balkany

    23 octobre 2020 à 19 h 20 min at 19 h 20 min

    Tout le monde a peur de le dire, mais moi je n’ai pas peur »

    A.Nonyme

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