NCAA

John Thompson est mort à 78 ans : le basket perd une nouvelle grande figure, une phrase beaucoup trop prononcée ces derniers temps

John Thompson 31 aout 2020

Le premier coach afro-américain à remporter un titre universitaire, mais tellement plus que ça…

Source image : YouTube

Il y a à peine deux jours, on pleurait la mort de Clifford Robinson, parti rejoindre les cieux en compagnie de Lute Olson et Chadwick Boseman. Ce lundi, on a reçu une mauvaise nouvelle de plus, avec le décès du légendaire entraîneur de l’université de Georgetown, John Thompson. Il avait 78 ans. 

Ça fait vraiment beaucoup là. On a l’impression d’écrire RIP sans arrêt en ce moment et en ce 31 août, c’est donc le très grand John Thompson qui s’en est allé, deux jours avant son 79è anniversaire. La nouvelle est tombée en début d’après-midi, sur le compte Twitter d’Adrian Wojnarowski, qui a relayé l’info d’ABC 7 News – WJLA. On préfère quand le Woj balance de grosses breaking news basket parce que là, on avoue que ça fout un coup au moral. John Thompson, même s’il n’a jamais coaché en NBA, est une figure importante du basket US et le symbole de l’université de Georgetown. Après avoir remporté deux bagues en tant que joueur avec les Boston Celtics au milieu des années 1960, il a pris le costume d’entraîneur, avec d’abord un passage au lycée St. Anthony à Washington D.C., sa ville natale, puis la prise en main des Hoyas au début des années 1970. Il restera le coach de Georgetown pendant presque trois décennies, avant de s’arrêter assez brutalement en 1999 pour raisons personnelles. Durant sa carrière sur le banc des Hoyas, il remportera un titre NCAA en 1984, le Henry Iba Award (1982), le NABC Coach of the Year (1985), l’UPI Coach of the Year (1987), et sera nommé trois fois Big East Coach of the Year (1980, 1987, 1992), tout ça avant de rentrer au Hall of Fame en 1999. Son bilan global ? 596 victoires pour 239 défaites. Thompson était également assistant coach avec Team USA lors des Jeux Olympiques de 1976, où les Américains ont raflé l’or à Montréal, et était l’entraîneur de l’équipe nationale aux JO de 1988 à Séoul (médaille de bronze), la dernière équipe olympique composée d’universitaires avant l’arrivée de la fameuse Dream Team en 1992.

Mais l’influence et l’impact de John Thompson dépassent largement le cadre des titres et des récompenses. Car John Thompson, c’est un pionnier. Le premier entraîneur afro-américain à remporter le titre NCAA ? C’est lui, quand il avait Patrick Ewing sous la main. En parlant d’intérieur dominant, c’est devenu une spécialité à Georgetown. Dès son arrivée, Thompson a fait des Hoyas un poids lourd du basket universitaire et a formé certains des meilleurs pivots des nineties. Ewing donc, mais aussi Dikembe Mutombo et Alonzo Mourning. On peut dire qu’il a envoyé du lourd en NBA avec pas moins de 26 joueurs made in Georgetown draftés dans la Grande Ligue, dont Allen Iverson également, qui a constamment souligné le rôle crucial de Thompson dans sa carrière et même dans sa vie. Car Thompson, c’était plus qu’un coach. Pour certains, c’était un père. Quand un baron de la drogue local rôde autour de ses joueurs à la fin des années 1980, il lui fait bien comprendre que c’est dans son intérêt d’arrêter son petit jeu, peu importe le risque de représailles. Quand des supporters de Villanova se moquent d’Allen Iverson en le comparant à O.J. Simpson suite à ses problèmes avec la justice, c’est Thompson qui menace de faire forfait en guise de contestation. Alors pour résumer le personnage, c’est peut-être bien The Answer qui a les mots les plus touchants.

« Coach Thompson m’a sauvé la vie. J’étais convoité par toutes les universités en foot et en basket. Après l’incident au lycée, tout m’a été retiré. Aucune équipe, aucune université ne me voulait après ça. Ma mère est allée à Georgetown pour le supplier afin qu’il me donne une chance. Et c’est ce qu’il a fait. »

Serviette sur l’épaule, John Thompson a marqué le basket universitaire de son empreinte, et le sport américain en général. Il est parti rejoindre David Stern, Kobe Bryant, Jerry Sloan et d’autres au paradis de la balle orange. Rest In Peace, John Thompson. 

Source texte : ABC 7 News – WJLA

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