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Giannis Antetokounmpo et les Bucks : le symbole ultime de la domination… mais il faudra très vite valider ça avec du concret

Bucks 22 novembre

Tu peux faire n’importe quelle tête bro’, l’important c’est la bague et rien d’autre.

Source image : YouTube

Trente jours déjà. Trente jours à revenir gaiement (non) sur cette drôle (non) de saison 2019-20, soudainement stoppée pour les raisons que vous savez. Trente jours et ce sont donc les Bucks qui ferment le bal, pour la raison toute simple que les mecs ont littéralement déféqué sur tout le monde ou presque cette saison. Individuellement grâce au très probable MVP 2020, mais également collectivement grâce à une force de frappe beaucoup plus stratégique qu’hollywoodienne. Flashback sur une ballade de santé beaucoup trop propre… pour que la saison s’arrête ainsi.

Ceux qui ont eu la bonne idée de regarder un peu jouer les Bucks cette saison le savent, c’est un véritable rouleau compresseur qui a déboulé sur la NBA d’octobre à mars. Une équipe déjà tout en haut de l’échelle la saison passée avec 60 wins et dont on attendait une nouvelle accélération, même si la Free Agency avait été plutôt calme dans le Wisconsin (arrivées de Robin Lopez, Wes Matthews et Kyle Korver, départs de Malcolm Brogdon, Nikola Mirotic et Tony Snell), et une nouvelle accélération qui devait logiquement déboucher sur une marche de plus franchie vers l’objectif ultime des Bucks : la bague. La principale force de ces Bucks ? Giannis Antetokounmmpo évidemment, 2m80 et 151 kilos de muscles, six secondes au 200m, des records personnels à 32 mètres au triple saut ou 3m80 au saut en hauteur et accessoirement MVP en titre et en pleine bourre à 25 piges, ça aide pas mal d’avoir un énergumène pareil dans sa popoche. Voilà où on en est à la fin du mois d’octobre 2019, et quatre mois plus tard bingo, toutes les cases ont été cochées et les stats sont là pour prouver que ces Bucks sont bel et bien l’une des équipes les plus… dominantes de toute l’histoire, rien que ça.

Le bilan, pour commencer. 53 victoires et 12 défaites. 81,5% de wins qui placent les Bucks à la quinzième place all-time des équipes les plus victorieuses sur une saison, mais une quinzième place à remettre en perspective avec plusieurs choses. Tout d’abord, une première place qui a « permis » aux Bucks de mettre le frein très vite. Qualifiés pour les Playoffs dès le… 24 février (record NBA), les Daims ont ainsi la postseason en ligne de mire depuis un bail et gagner chaque match, chaque soir, n’apparaissait logiquement pas comme l’objectif n°1 de la franchise du Wisconsin. Les cinq derniers matchs avant l’interruption sont d’ailleurs là pour le prouver avec un bilan de 1-4 étonnant. Giannis Antetokounmpo sur le flanc face aux Nuggets et aux Suns, Mike Budenholzer qui commence à faire tourner méchamment son effectif, autant d’indices que Milwaukee était donc – déjà – rentré dans un processus d’économie des forces en présence. Si les Bucks avaient tapé le cinq sur cinq pour « terminer » cette régulière ? Un bilan de 57-8 les aurait placé à la… troisième place du classement des plus grosses machines all-time, derrière les quasi-intouchables Bulls 96 et Warriors 16. Quasiment 88% de succès potentiels et une place dans l’histoire qui n’aurait finalement eu rien d’illogique au vu de la domination de ces gars cette saison, et ce… des deux côtés du terrain.

Et c’est peut-être là la performance la plus dingue de ces Bucks 2019-20 : avoir réussi à taper la concu en attaque ET en défense, exemple parfait d’une équipe que vous ne pouvez pas battre à moins de sortir la perf de votre vie. Difficile de juger des moyennes de points marqués en comparant les périodes (les Nuggets du début des années 80, bah venez les chercher), impossible de comparer des défenses made in 2020 et d’autres estampillées 20ème siècle poussiéreux tant le jeu a évolué depuis une époque où le premier à 75 points gagnait le match… mais deux statistiques mettent cependant tout le monde d’accord : 1) le Defensive Rating des Bucks comparé au Defensive Rating moyen de la Ligue (quatrième meilleur ratio all-time) et 2) le différentiel entre l’attaque et la défense, autrement dit est-ce que vous gagnez vos matchs facilement ou bien est-ce que ça reste ric-rac. Et à ce petit jeu-là les Bucks sont très très fort. Connaissez-vous le point commun entre les Lakers de Wilt Chamberlain, Jerry West, Gail Goodrich et Elgin Baylor, les Bulls de Jordan, Pippen et Rodman, les Warriors de Steph Curry et les… Bucks de Jabbar et Robertson ? Et bien ce sont les quatre seules équipes de l’histoire à présenter un différentiel attaque/défense plus élevé que les Bucks 2020. Dans. Toute. L’histoire. De la NBA. 11,29 points en moyenne de plus que l’adversaire, ça en fait des blow-outs, et ce ne sont pas le Thunder (+47), les Hornets (+41) ou les Knicks (+44) qui diront le contraire. 53 victoires dessinées pour la plupart bien avant le buzzer, avec en scénario favori l’accélération de Giannis Antetokounmpo en début de quatrième quart, après deux heures passées à faire croire à une future victime qu’elle avait une chance de s’en sortir. Et pour ceux qui voudraient imager ces propos, dîtes-vous par exemple que la saison des Bucks ressemble au match du 24 janvier à Paris.

Le meilleur dans tout ça ? C’est peut-être que tout le monde s’est mêlé à la fête cette saison à Milwaukee. Treize joueurs à quinze minutes ou plus, et surtout l’impression que dans le système Budenholzer… ma tante Christiane aurait pu rentrer ses tirs dans le corner. Efficacité maximale autour d’un point central nommé Giannis, hiérarchie claire, bien établie et un seul mot d’ordre ou plutôt deux : défendre le fer et derrière… scorer le plus vite possible. Détail non-négligeable : les Bucks étaient cette saison n°1 à la pace avec 105 possessions par match, sans blague. Pour la faire courte cette saison, si t’attaquais le cercle des Bucks tu te faisais cueillir, et t’avais à peine le temps de te relever que les mecs avaient déjà scoré en face, putain de machine de guerre, une machine huilée du moteur au coffre. Un Eric Bledsoe devenu mature et son back-up officiel George Hill, le soldat Wes Matthews, le beaucoup trop parfait Khris Middleton, les sous-estimés DiVincenzo et Connaughton, la momie Korver, le douzième homme Sterling Brown, le bien utile Ilyasova, le dernier arrivé Marvin Williams et les gitans Lopez dessous, le tout pour entourer le… meilleur joueur de la Ligue ? N’en jetez plus le blow-out est plein. Car, le saviez-vous, il est actuellement trois heures douze du matin au moment de ces lignes… et on n’a toujours pas parlé de Giannis Antetokounmpo.

On vous rassure, ça va aller assez vite et on va surtout s’appuyer sur des chiffres car les chiffres sont comme le ballon, ils ne mentent jamais. Vous l’avez ? Alors on poursuit. MVP en 2019 mais auteur d’un été décevant avec la Grèce, Giannis Antetokounmpo avait probablement à cœur de reprendre sa marche en avant, si possible en piétinant tout le monde avec son 54 fillette. Dans le ressenti ? La septième saison NBA du Freak est clairement la plus aboutie. Devenu un véritable two-way player respecté par ses pairs, Giannis pourrait même devenir bientôt le troisième homme seulement à compiler un trophée de MVP et un autre de DPOY la même saison. Les deux autres ? Michael Jordan en 88 et Hakeem Olajuwon en 94, lambdas guys. Un peu plus de scoring pour lui cette saison, ce qui donne à l’occasion une septième saison consécutive à augmenter sa moyenne de points, les autres moyennes qui stagnent voire qui baissent mais une raison toute simple et évoquée ci-dessus : les Bucks sont une machine de guerre qui peut également compter sur toute une armée en plus de son général en chef. 29,7 points, 13,6 rebonds, 5,8 passes, 1 steal et 1 contre par match, heureusement que les moyennes baissent hein, et un statut quasi-officiel de meilleur joueur de la Ligue tant son back-to-back MVP semble déjà paraphé. Un aperçu de quelques unes de ses démos cette saison ? Allez, aperçu de quelques une de ses démos cette saison :

  • 26 octobre vs Heat : 29 points, 17 rebonds, 9 passes, 2 contres et 3 steals
  • 3 novembre vs Raptors : 36 points à 14/20, 15 rebonds, 8 passes et 4 contres
  • 7 novembre @ Clippers : 38 points, 16 rebonds, 9 passes, 2 contres et 2 steals
  • 22 novembre vs Blazers : 24 points, 19 rebonds et 15 passes
  • 26 novembre vs Jazz : 50 points, 14 rebonds et 6 passes
  • 17 décembre vs Mavericks : 48 points et 14 rebonds
  • 23 décembre vs Pacers : 18 points, 19 rebonds et 9 passes
  • 2 février vs Suns : 30 points, 19 rebonds et 9 passes
  • 7 février vs Sixers : 36 points, 20 rebonds et 6 passes
  • 1er mars vs Hornets : 41 points, 20 rebonds et 6 passes

Un « aperçu » qui porte bien son nom tant on aurait pu poser absolument toutes les feuilles de stats de Giannis cette saison. Une autre nouveauté chez Dalshim ? Son amour récent pour la ligne à 3-points, point faible relatif de son jeu depuis son arrivée en NBA et en passe d’être gommé pour la suite. Encore beaucoup de déchet et pas mal de grosses saucisses envoyées du parking mais déjà quelques soirées clairement flippantes quand le bonhomme rentre dedans de loin (4/7 face aux Clippers, 5/8 face aux… Lakers, en plus le mec choisit ses matchs). Pour conclure ? Imaginez donc un joueur indéfendable ou presque, capable de défendre sur quasiment tous les postes et qui continue d’ajouter chaque jour des cordes à son arc, et imaginez qu’il n’a encore que 25 ans. C’est bon ? Affirmatif, vous avez le droit d’avoir peur pour la suite.

Mais comme toute bonne critique d’une équipe et/ou d’un joueur, il est désormais utile de regarder de l’autre côté du miroir, là où la domination des Bucks se heurte à un léger bémol. Et pour cela, hop, analyse des défaites de Milwaukee cette saison :

Le Heat deux fois, les Celtics, le Jazz, les Mavs, les Sixers, les Nuggets deux fois, les Spurs, les Pacers, les Lakers et les Suns. Plusieurs choses pour commencer. 1) on enlève les Suns et les Spurs parce qu’on s’en fout. 2) On oublie aussi les Pacers, voire le Jazz ou les Mavs, et on oublie aussi le dernier match face à Denver car l’équipe D avait été envoyée. 3) Ne pas oublier non plus que toutes les équipes mentionnées ci-dessus ont également été vaincues par les Bucks cette saison (sauf le Heat). Ce qu’il faut démontrer ici ? Tout simplement que si les Bucks ont fait montre d’une exceptionnelle domination durant quatre mois, ça n’a cependant pas toujours été le cas face aux équipes amenées à croiser leur route en Playoffs. Souvenirs de Celtics qui avaient trouvé la parade deux matchs durant lors de la postseason 2019, souvenirs de Raptors qui avaient réussi à annihiler leur attaque quelques jours plus tard, et pour jumper de la catégorie grosse équipe à celle des franchises all-time il faudra désormais être capable de trouver les solutions face à chaque concurrent et sur une série en 7. Trouver la parade face à la défense de Toronto, face au small-ball des Celtics, réussir à vaincre Kawhi Leonard sur la durée et répondre au fantastique duo des Lakers comme ils avaient pu le faire en décembre. Être capable d’être dominant quand Giannis Antetokounmpo est coupé du cercle et de ses coéquipiers, par exemple, et être capable également de répondre au coaching adverse quand celui-ci fait preuve d’inventivité. La régulière c’est bien mais les Playoffs c’est mieux, et pour ce qui est des preuves matérielles au printemps les Bucks sont encore bien verts.

Petit bémol donc mais bémol qui pourrait être rapidement oublié si la bande à Giannis embraye et continue sa progression. A l’Est les vannes semblent ouvertes même si les Daims ont encore quelques bêtes noires, si bien qu’à l’Est on n’imagine pas aujourd’hui une franchise autre que les Bucks atteindre les Finales. S’ils y parviennent ? C’est l’histoire qui s’ouvrira à la franchise du Wisconsin. 49 ans que le trophée Larry O’Brien ne s’est pas retrouvé dans l’enclos, la route est encore longue mais en même temps… l’arrivée n’a jamais semblé si proche.

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