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Le laboratoire de Masai Ujiri : Toronto s’impose comme une nouvelle référence de formation en NBA

Masai Ujiri excuses

La team nez fin, on est là !

Source image : Toronto Raptors/YouTube

On ne le dira jamais assez, si une équipe peut dominer sur le parquet c’est d’abord parce que le front office fait le taf. Ces dernières années, Masai Ujiri s’est spécialisé comme l’un des meilleurs dénicheurs de talent du continent et on voit où en sont les Raptors aujourd’hui.

Depuis le début de la saison, Pascal Siakam est donc passé de freak avec beaucoup de potentiel à franchise player de la troisième meilleure équipe de la Ligue. Le Camerounais a grimpé les marches les unes après les autres depuis son arrivée à Toronto en 2016. Sélectionné en toute fin de premier tour, il fait d’abord ses preuves en G League où il devient champion et MVP des Finales dès sa saison rookie. On se calme tout de suite, il ne s’agit que de la ligue de développement. Pourtant, beaucoup de joueurs passés par Mississauga pour représenter les 905 ces dernières années sont désormais des cadres dans l’effectif champion en titre de Nick Nurse. Spicy-P en est le principal représentant, lui qui est ensuite devenu une force en sortie de banc avant de passer titulaire indiscutable et bras droit de Kawhi Leonard lors des Playoffs 2019 au terme desquels il est reparti avec une bague et un trophée de MIP. Désormais seul patron à bord, il symbolise le succès et la vision de son président qui a permis à T-dot de devenir l’une des nouvelles références NBA en termes de recrutement et de formation.

Les rookies en two-way contract sont unanimes : le plus important est de jouer, quitte à le faire dans la division inférieure. C’est exactement la même stratégie qui a été adoptée au Canada où les allers-retours entre la G League et la NBA sont nombreux depuis l’arrivée du Nigérian à la tête du front office de la franchise en 2013. Pascal Siakam est loin d’être le seul à s’être révélé en commençant de cette manière dans le grand nord. Désormais titulaire indiscutable au poste 2 lorsqu’il n’est pas blessé, Fred VanVleet était aussi de l’équipe championne de l’antichambre en 2017 puis bagué en NBA en 2019. En pleine contract year, il devrait imiter son franchise player et aller chercher une bête d’extension durant la Free Agency 2020. Et même s’il est très attaché à Drake, les Raptors vont devoir aligner les biftons s’ils veulent bénéficier de l’homme au bébé porte-bonheur plus longtemps. Un choix difficile pour Masai Ujiri dont les paris s’avèrent souvent payants par la suite. On compte donc sur lui pour prendre la bonne décision, comme lorsqu’il a envoyé Greivis Vasquez à Milwaukee contre un Norman Powell fraîchement drafté et un futur pick qui deviendra OG Anunoby. Voilà encore une belle doublette qui sent bon le sirop d’érable et que l’on voit fréquemment jouer les premiers rôles dans l’équipe. Le premier réalise une breakout year et aurait pu être candidat au MIP et au 6MOY sans ses blessures à répétition tandis que le deuxième est solidement accroché au cinq majeur où il s’est imposé comme l’une des références défensives de la Ligue cette saison.

Toujours pas convaincus ? On continue notre petite revue d’effectif avec Chris Boucher, le local de l’étape, récupéré sur le marché des agents-libres après une saison rookie à squatter le banc chez les Warriors. D’abord signé dans le cadre d’un two-way contract, le Montréalais a marché sur les traces de Spicy-P en étant sacré MVP et DPOY de G League en 2019. S’il suit la courbe de progression de l’autre francophone de l’équipe, cela pourrait donner le meilleur duo d’intérieurs de NBA dans trois ans. Bah quoi ? Allez, encore un dernier pour la route ? Autre trajectoire, même réussite. Non-drafté l’été dernier, Terence Davis sort d’un cursus complet de quatre années à Ole Miss. Un parcours qui n’est pas sans rappeler celui de Norman Powell. Pas assez convainquant en Summer League pour faire le cut chez les Nuggets, il est finalement récupéré dans le cadre d’un contrat non-garanti par les Raptors. Tout de suite utilisé par Nick Nurse, l’arrière donne satisfaction et stabilise son temps de jeu autour d’un gros quart d’heure. Ses deux apparitions dans le cinq majeur sont fructueuses avec des moyennes de 21,5 points et 9,5 rebonds qui devraient rapidement en appeler d’autres d’autant qu’il est le seul joueur de l’effectif à avoir participé aux 64 rencontres de Toronto cette saison.

Lorsque l’on regarde le roster des Raptors qui se classe deuxième de la Conférence Est derrière les Bucks, cela fait donc six noms qui sont arrivés au Canada dans l’anonymat le plus total et dont personne ne peut nier l’existence aujourd’hui avec une cote certaine auprès de tous les autres GM de la Ligue. Six joueurs, six histoires différentes dont trois qui ne passent même pas par la Draft, un second tour de draft et seulement deux issus de la fin du premier tour. Plus que des coups de chance à répétition, de vraies réussites de la part du front office local qui n’a de toute façon pas le choix pour pouvoir exister dans une NBA aussi concurrentielle et avec moins de moyens que les gros marchés. Le titre de 2019 suivi des bons résultats lors de cet exercice 2019-20 placent définitivement les Raptors parmi les nouvelles références de formation après les Spurs ou le Heat qui s’est encore fait remarquer avec son jeune trio formé de Kendrick Nunn, Duncan Robinson et Tyler Herro cette année. On comprend un peu mieux pourquoi les Wizards et les Knicks étaient si attirés par le profil de Masai Ujiri pour récupérer le poste de président des opérations basket ces derniers mois. Mais en plus d’être doué, l’ancien Executive of the Year en 2013 est également quelqu’un de très loyal. Décidément, il n’a que des qualités…

Il ne faudrait certainement pas résumer le travail de Masai Ujiri à Toronto au trade DeRozan-Leonard car ce serait faire offense à son travail de recruteur et de développeur de talents. Depuis qu’il est arrivé au nord de la frontière US, le Nigérian a déjà révélé de nombreux jeunes qui constituent aujourd’hui la colonne vertébrale de son équipe candidate sérieuse pour réaliser un back-to-back. Et avec tout ça on a oublié de parler de Nick Nurse qui a d’abord fait ses preuves en… Angleterre et en D-League avant de devenir champion NBA dès sa première saison en tant que head coach dans la Grande Ligue.

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