Blazers

C’est à toi de jouer, Neil Olshey : le prési des Blazers doit sortir un nouveau tour de magie pour élever Portland

Neil Olshey

Au boulot, et vite.

Source image : NBA League Pass

Président des opérations basket à Portland, Neil Olshey vient de vivre une saison compliquée après avoir tutoyé les étoiles l’année dernière. Toujours en poste, le stratège va devoir agir et vite s’il veut maintenir les Blazers dans les hauteurs de l’Ouest.

De l’inquiétude dans l’Oregon ? Pas vraiment, car il n’y a pas beaucoup de raisons. Tranquillement installés dans la douce ville de Portland, les Blazers sont dans une période de leur histoire que l’on peut juger positive, avec de nombreux succès. Ce succès, on peut l’attribuer à de nombreuses personnes, mais il faut tout de même avouer que bien des choses ont changé depuis l’arrivée de Neil Olshey en 2012. Anciennement chez les Clippers, Olshey a posé des bases excitantes et pris des décisions fermes, qui ont permis de créer de grands moments au Moda Center. L’émergence de Damian Lillard, la trouvaille CJ McCollum, l’intégration de Jusuf Nurkic, le choix de démanteler la troupe autour de LaMarcus Aldridge en 2015, la confiance donnée à Terry Stotts, aller deux fois en demi-finale de conférence et une fois en finale de conférence en croyant en son groupe : on pourrait en faire toute une liste, on parle de plus de 7 années de travail et il y a de quoi applaudir Olshey pour l’ensemble de son oeuvre.

Mais il y a aussi eu des moments de doutes. Des galères, des soirées où cela semblait ne plus fonctionner. La désillusion face aux Pelicans lors des Playoffs 2018. Les contrats distribués à l’été 2016 et qui ont limité le plafond des Blazers. L’intégration de vétérans qui n’ont parfois pas du tout pris la mayonnaise dans l’effectif de Terry Stotts. Prolongé l’été dernier après la merveilleuse épopée des Playoffs 2016, Olshey a proposé un bilan séduisant sans vraiment passer le cap supérieur. Celui qui permet, dans l’histoire de la Ligue, de se souvenir d’une équipe comme étant proche du titre. Ne serait-ce qu’une participation aux Finales NBA, ou plusieurs participations en finale de conférence. Plus facile à dire qu’à faire quand on tombe sur les dynasties Spurs et Warriors, mais telle est la réalité que doit affronter le président des Blazers aujourd’hui. Face à la pression du nouveau marché ou les tendances de la free agency, et pour le coup on a envie de dire GG, avoir gardé Damian Lillard était un exploit, notamment permis par le travail effectué jusque là et le caractère du bonhomme en question. Mais ce que veut Dame plus que tout, et ce que la ville de Portland désire plus que tout, c’est quoi ? On le sait très bien.

Il y a ce fameux cap à passer, et qui va demander de grandes prises de risques pour ce faire. Si Masai Ujiri était assis à côté de nous, il ricanerait probablement en lisant cette phrase. Oui, pour faire strike, il faut prendre des risques. Il faut parfois se foirer, parfois échouer, mais un titre ne s’obtient pas sans coup de poker. Sans transférer le meilleur scoreur de son histoire, ou signer un nouveau coach alors que la star locale aime son entraîneur actuel, ou donner sa chance à un talent hors-normes dans un système qui lui convient davantage. Aujourd’hui, chez les Blazers ? Il y a un joueur incroyable et de catégorie all-time en Damian Lillard. Pour lui offrir la possibilité d’effleurer le titre, Neil Olshey va devoir prendre des risques, de nouveaux risques, encore plus importants s’il le faut. Houston avait tout envoyé aux Clippers pour tenter une aventure avec Chris Paul, et à une cuisse près les Rockets étaient en Finales NBA. Les Lakers ont tout testé pour essayer d’attirer une superstar, et aujourd’hui les voilà en pole-position. Même affaire pour les Clippers qui avaient de quoi prendre leur temps mais ont tout valdingué pour récupérer Paul George et ainsi signer Kawhi Leonard. Demandez à Bob Myers si ce n’était pas culotté, en son temps, de virer Mark Jackson pour donner les Warriors à un jeune coach rookie nommé Steve Kerr.

Mais alors que faire à Portland ? Et bien, c’est là que Neil Olshey va devoir nous répondre. Peut-être revoir l’importance de McCollum dans l’évolution de la franchise, peut-être faire des packages avec de jeunes joueurs à fort talent, peut-être miser sur un bras-droit de qualité All-Star. Car là est aussi la règle de la Conférence Ouest dans laquelle ces Blazers doivent survivre. Avoir un All-Star, c’est chouette, surtout dans un système bien léché et respecté de tous. Mais en avoir deux, c’est le début de la gloire, c’est une porte d’entrée vers l’élite, un accès à ce haut-panier qui permet, quand le système est déjoué, de faire confiance aux joueurs all-time. Oui, Portland a besoin d’offrir à Lillard un side-kick à la hauteur de son exceptionnel niveau. Sinon ? Et bien on se retournera, dans un an, en se disant que Damian aborde ses 31 ans et qu’il n’a toujours pas eu de All-Star à ses côtés dans son prime. Telle est la responsabilité à venir d’Olshey, un président qui a excellé dans l’installation de sa franchise dans les hauteurs de l’Ouest, mais qui ne pourra pas se satisfaire de deux ou trois balades vers la fin du mois de mai.

Si Portland veut retrouver la joie historique des années 70, alors il y aura du bluff à tenter, et du strike à oser. Un titre, ça s’arrache, ça se chope en rampant, ça se possède en posant ses tripes sur la table. L’heure est au pari, cher Olshey.

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