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Mitch Kupchak à la tête des Hornets : on fait le point sur 2 ans de travail à Charlotte, y’a de l’optimisme dans l’air

Mitch Kupchak

Il fait le taf, l’ami Mitch.

Source image : NBA League Pass

Ce n’est pas l’homme dont on parle en premier lorsqu’on observe la dernière saison des Hornets, et pourtant il est au centre du passé, du présent et du futur de la franchise de Charlotte. Mitch Kupchak en tant que prési, on fait le point.

Soyons honnêtes. S’il y a bien un homme qui doit douiller dans l’ombre, c’est Mitch. Après avoir galéré à redresser les Lakers et été viré comme un malpropre, Kupchak avait certes réalisé un bon travail à Los Angeles mais il a été obligé de voir le retour de la team jaune au sommet de la NBA en son absence. Tant mieux, tant pis, confiné en Caroline du Nord le bonhomme a retroussé ses manches et choisi de continuer son petit projet, celui de remettre les Hornets sur le devant de la scène. Un sacré programme, quand on sait le contexte dans lequel Kupchak était arrivé en 2018. Il faut se rappeler qu’à l’époque, les finances de Charlotte étaient dans un bordel complet, avec des choix de contrats troublants, pour un plafond collectif sacrément limité, et peu de perspectives. Aujourd’hui ? S’il n’est pas encore l’heure de faire la teuf dans les rues de la ville, il y a de quoi regarder l’avenir avec optimisme. Regardons, ainsi, ces 2 années de nettoyage, qui vont mener à de futurs mois intrigants pour les Hornets.

  • Laisser partir Kemba Walker

La décision était hyper-difficile à prendre. Le All-Star de Charlotte, le joueur au large sourire qui adorait sa communauté, le dragster qui donnait un niveau de respectabilité à sa franchise et se voyait bien rester. Oui, à l’été 2019, il a fallu prendre une décision. Soit offrir un contrat énorme à Kemba Walker, le meilleur marqueur de l’histoire des Hornets, soit tourner une page définitive. Pendant longtemps, on a cru à une potentielle prolongation, parce que Kupchak pouvait proposer plus de thunes que n’importe qui d’autre à son meneur. Sauf qu’en ayant d’autres priorités, le prési a préféré se dresser devant le peuple, assumer les insultes et laisser partir Kemba. Direction Boston, en échange notamment de Terry Rozier, fin de l’aventure Walker à Charlotte. Beaucoup de patrons auraient craqué sous la pression, et on peut revenir sur cette décision pour en débattre. Mais est-ce que les Hornets auraient été contents de se menotter encore longtemps, financièrement, sans laisser trop de places aux jeunes comme… Devonte Graham ? Pas sûr.

  • Libérer de l’espace dans la banque centrale

Peu d’équipes étaient aussi flippantes que celle de Charlotte, d’un point de vue financier. Avec un salary cap blindé pour une team incapable de s’installer durablement dans le Top 8 de la Conférence Est, les Hornets faisaient de la peine. Mitch n’a donc pas hésité à mettre les thunes en priorité, en pensant chaque choix dans une dynamique d’allègement monétaire. Kemba, mentionné à l’instant ? Pas de long contrat pénalisant. Marvin Williams, Nicolas Batum, Cody Zeller et Michael Kidd-Gilchrist ? Tant pis, on attend que les contrats expirent, mais on va surtout mettre ces joueurs de côté pour pas qu’ils soient (1) pénalisant dans le cap et (2) pénalisant dans le temps de jeu proposable aux jeunes. Si certains ont hurlé en voyant Terry Rozier prendre 18 patates par an sur les trois prochaines saisons en signant à Charlotte, aujourd’hui le silence est de mise. Sans évoluer à un niveau All-Star, Rozier assure ses 18 points à 40% à trois-points en formant un chouette duo avec Devonte Graham, ce qui rend son contrat plus que respectable. Pas de dépenses inutiles, pas d’erreurs passées répétées. Alors certes, dans l’idéal Kupchak aurait réussi à dealer ses vétérans surpayés pour avoir du pick de Draft en échange, mais premièrement ce n’est pas fini pour un garçon comme Batum par exemple, et deuxièmement autant limiter les bêtises en gardant ses mains dans ses poches. La patience paiera (sic), les Hornets auront une banque saine dans un an et demi. Top.

  • Responsabiliser le bon entraîneur

On aime ou on aime pas James Borrego, c’est chacun son avis sur le coach des Hornets. Mais on doit donner du crédit à Borrego quand on revoit sa capacité d’ajustement depuis son arrivée à Charlotte. Nommé entraîneur de la franchise quelques semaines après l’installation de Kupchak, l’ex-assistant des Spurs a d’abord titubé dans la dernière saison de Kemba Walker à Charlotte, avec de nombreuses attentes, mais James a passé la tempête sans trop de dégâts. Une fois le All-Star parti, c’est avec des jeunes qu’il a su construire un nouvel effectif, avec de nouvelles priorités, un nouveau rythme de jeu et un projet intrigant. Peut-être que ça ne gagne pas des masses chez les Hornets, mais ils ont été fun à regarder cette saison, ils ont mis en avant les joueurs nécessaires, et tout le monde a l’air de respecter la voix de Borrego dans le vestiaire. L’émergence de Graham dans le cinq majeur, c’est lui. Les progrès de Malik Monk, c’est lui. Le fait de mettre ses vétérans sur le banc pour jeter les jeunes dans le grand bain et leur offrir de belles leçons, c’est lui. Comme on l’a vu tout au long de la régulière, James Borrego a maintenu un niveau d’activité, d’enthousiasme et de développement très intéressant à Charlotte, qui nous laisse penser pour le moment que Mitch Kupchak a choisi le bon homme dans sa reconstruction.

  • Faire de bons choix à la Draft

Miles Bridges, P.J. Washington, les jumeaux Cody et Caleb Martin ? C’est tatoué Kupchak à Charlotte. Alors certes, on ne parle pas encore d’incroyables joueurs de basket, avec un talent de Hall of Famer et les faisant passer pour les cracks de leur cuvée. Mais Mitch a choisi des joueurs qui, tous les soirs, se donnent à fond. Un élément clé de la nouvelle identité à créer, en espérant qu’un de ces hommes puisse passer un cap dans les années à venir. Washington a montré, en tant que rookie, qu’il pouvait peut-être devenir un ailier-fort très costaud dans la NBA moderne. On va voir si Bridges va passer un cap dans sa saison 3. Et Charlotte aura encore un bon choix dans le Top 15 de la Draft 2020. Oui, dans les faits, Miles a été récupéré en échange de… Shai Gilgeous-Alexander le soir de la sélection. Mais nous étions dans un autre monde, un monde où Kemba Walker était encore présent et prendre un joueur « à son poste » aurait envoyé de sacrés signaux d’entrée. Pour le moment, sans faire un splash incroyable, Kupchak réalise de bons choix à la Draft et cela donne des perspectives prometteuses pour la suite.

  • Avoir une bonne saison à proposer aux fans

Qui avait annoncé Charlotte à la 10ème place de la Conférence Est, quand on se projetait l’été dernier ? Si le bilan n’est pas dingue pour les Hornets au final, il faut souligner le fait que la franchise a réalisé une bien meilleure saison qu’imaginé. Il y a eu l’émergence d’un joueur à fort talent en Devonte Graham, il y a eu de l’excitation à domicile, une marque exportée à Paris le temps d’un match, des jeunes bien responsabilisés, bref de quoi avoir le sourire plus d’une fois. Même dans la défaite, les Hornets ont su séduire par leur persévérance. Du coup ? Quand t’es devant les Knicks, les Hawks, les Bulls ou les Cavs cette saison, tu as de quoi montrer à tes supporters que l’avenir est brillant. Le groupe vit bien, l’identité est en place, il suffit de continuer sur cette voie et donner du temps à cette équipe pour qu’elle monte encore plus dans le coeur des fans comme dans le classement de la Conférence Est.

La mission était tendue, et il reste encore beaucoup de boulot à accomplir. Ceci étant dit, il convient de féliciter Mitch Kupchak pour son travail, lui qui est en train de retourner les Hornets pour de bon. On a qu’une chose à dire : faut continuer ainsi, on a hâte de découvrir la suite.

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