Bulls

Lauri Markkanen, qu’est ce qui se passe ? On peut donc passer en huit mois de Nowitzki 3.0 à Fake Bargnani, wollah ça pique

lauri markkanen 22 mars 2020

Et on exagère à peine.

Source image : NBA League Pass

S’il existait un trophée de WIP, comprenez Worst Improved Player, Lauri Markkanen aurait probablement sa place dans la discussion cette année. Véritable sensation en 2017 à sa sortie d’Arkansas, l’homme venu du froid avait à l’époque mis pas mal d’observateurs sur le cul de par sa facilité à s’imposer physiquement, et surtout grâce à un poignet s’annonçant alors comme l’un des plus chauds du circuit et ce dès ses première sorties dans la Grande Ligue. Depuis ? Rétro-pédalage activé, retour à la case départ.

22 juin 2017, l’histoire commence de manière originale pour Lauri Markkanen. Sélectionné avec le pick 7 de la Draft par les Wolves, c’est finalement à Chicago qu’il fera ses gammes. Les Loups ont choisi de jeter leur dévolu sur un certain Jimmy Butler pour former le trio du futur avec Andrew Wiggins et Karl-Anthony Towns (…) et envoient donc Zach LaVine, Kris Dunn et leur pick 7 dans l’Illinois. Ce pick 7 – on  l’a dit plus haut – c’est Lauri Markkanen, et le grand blond avec une tendance à boucler prend donc une direction légèrement plus sud-est que prévu, à environ 650 bornes de Minny, et ouais on a installé Goggle Maps. Arrivée à Chicago donc dans un évident projet reconstruction, aux côtés de… Dwyane Wade, ou comment dire tout et son contraire dans la même phrase. Lauri est en tout cas au centre des attentions de Fred Hoiberg, un autre blond même si ça n’a rien à voir, et c’est au poste d’ailier-fort titulaire qu’il débutera sa carrière NBA, titulaire rimant d’ailleurs avec 169 de ses 170 matchs NBA aujourd’hui. Mal barré dans la vie car possédant le même prénom qu’une chanteuse ringarde et qu’une Miss France et venant d’un pays où les stars du sport évoluent soit en Subaru soit sur des patins, Lauri va tout de même imposer très vite le respect. Primo, c’est deux k et un n dans son nom, secundo le garçon aime le tir, tertio, le panier aime le garçon. En janvier de son année rookie devient même le joueur à atteindre le plus rapidement la barre des 100 tirs inscrits du parking. Plus vif que des sommités du milieu du genre Stephen Curry, Reggie Miller ou Ray Allen on en est là. Ok les Bulls prennent des branlées mais tiennent apparemment un crack en leur sein, le craken comme on l’appelle (personne).

Lolo terminera sa saison avec 145 buckets for three, à 37% c’est pas trop mal, et avec des moyennes encourageantes de 15,2 points et 7,5 rebonds par match. Fin de l’acte I.

Septembre 2018, les bouclettes commencent à laisser entrevoir une moumoute aussi étonnante que finlandaise mais c’est une mauvaise nouvelle qui tombe ce matin-là sur les antennes du RTL local : coude endommagé pour Lauri, six à huit semaines d’absence. Catché en pleine ascension, le gamin retrouvera le chemin des parquets le 2 décembre et le chemin des filets à peine plus tard, offrant à la vieillissante fanbase des Bulls un combo janvier/février du feu de Dieu. Rien de bien affolant à se mettre sous la dent sur les mois suivants, si ce n’est que l’intérieur shooteur termine sa saison sophomore avec des moyennes de plus de 18 pions et 9 rebonds, si ce n’est que le fait d’être un grand intérieur qui shoote et qui vient d’Europe commence à faire naître toutes sortes de comparaisons, douteuses ou non… Car si la franchise six fois baguée jadis galère à trouver un chemin vers la victoire, une seule chose parait alors assez sûre : les Bulls ont en leur possession un petit bijou et il va falloir l’entourer, lui et Zach LaVine. Spoiler pour la suite ? Cherchez du coté de la fin de la phrase précédente.

Un joueur peut-il progresser dans une franchise qui met quasiment toutes ses billes dans la poche de… Zach LaVine ? Hum, en toute amitié bien sûr pour le sniper volant venu de Minny, mais bonjour la difficulté pour step up dans ces conditions-là. Fin de l’acte II.

L’objectif logique pour la saison 3 ? Progresser encore et toujours, évidemment, mais surtout devenir ce leader dont les Bulls ont besoin, former au passage avec Wendell Carter Jr., plus terrien, plus près du cercle et surtout meilleur défenseur, une vraie paire d’intérieurs complémentaires. Le premier match de la saison 2019-20 enjaillera d’ailleurs la planète Bulls. Une défaite sur le fil face aux Hornets – on ne peut pas tout avoir – mais un duo Coby White / Thaddeus Young solide en sortie de banc, un Wendell Carter Jr. en mode tâcheron avec 12 points et 9 rebonds, un LaVine qui n’a pas encore chauffé mais surtout… un Lauri Markkanen stratosphérique avec 35 points et 17 rebonds à 13/25. Le virage est opéré, here comes the new Markkanen. Les observateurs sont en alerte, les réunions de crise se succèdent dans les bureaux de 29 autres franchises, un monstre est né et il va mettre la NBA sur un immense plateau repas. Conclusions hâtives comme diraient les deux zozos de la chaîne TrashTalk, tout doux l’asticot comme disait mon Papy Fernand, car finalement… ce grand blond avec deux chaussures identiques va très vite rentrer dans le rang. Bah merde. Zach LaVine garde la gonfle 23 secondes par possession, Jim Boylen est incapable de dessiner un système, Markkanen est constamment défendu par un vrai gars en face, et au final les moyennes chutent, les sourires disparaissent, les matchs n’en finissent plus d’être perdus, rayez la mention qui n’a pas changé depuis trois ans. Lauri n’est plus le Nowitzki du futur et est devenu en un coup de baguette le Bargnani 2020, et en décembre le physique se met à (re)jouer des siennes et c’est cette fois-ci le bassin du garçon qui craque. Un mois minimum sur le téco, conclusion bien moche d’une saison bien moche et qu’il faudra très vite mettre dans le rétro afin de repartir sur de bonnes bases. Est-ce possible ? Et quelle version de Markkanen est en fait… la bonne, la vraie ? Fin de l’acte III.

Lauri Markkanen entrera bientôt dans sa quatrième saison NBA, et donc la dernière garantie de son contrat. Drafté loin devant des joueurs comme Donovan Mitchell, Bam Adebayo ou John Collins (bon ok, derrière Josh Jackson tout de même), le Finlandais a tout intérêt de cartonner son acte IV s’il ne veut pas définitivement se voir verser dans le seau des joueurs lambdas, ceux qu’on s’échange pour équilibrer une balance. Lauri a la taille, le poignet, les fondamentaux et probablement l’envie, ne lui manque plus qu’un coach et un coup de vent dans la bonne direction. Peut-être qu’il n’a juste besoin que d’amour, de bisous de câlins, peut-être qu’il en besoin mais tous les jours.

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