Timberwolves

Andrew Wiggins, quelle saison bizarre : MVP mode en novembre, Wiggins mode en janvier et… tradé en février, tiercé dans le désordre

Andrew Wiggins 17 mars 2020

La carrière d’Andrew Wiggins a connu de sacrées montagnes russes cette saison, on fait le point.

Source image : NBA League Pass

Le cas Andrew Wiggins est complexe, et le mot est faible. Six ans dans la Ligue déjà, quasiment vingt points de moyenne en carrière et des skills indiscutables, mais ce drôle de jugement officieux qui l’entoure, faisant de lui une déception chronique, un mec passé à côté de quelque chose, un joueur qui n’atteint pas les sommets que son talent pourrait, devrait mériter. Cette saison 2019-20 aura en tout cas mis la lumière, une fois de plus, sur une étrangeté de notre époque, avec un chapitre de plus dans le désormais best-seller intitulé itinéraire d’une carrière qui méritait mieux.

On l’avait un peu évoqué en début de saison, être Andrew Wiggins n’a sans doute pas souvent été facile depuis 2014. Souvenez-vous. 26 juin de l’an fourteen, Barclays Center. Andrew Wiggins est l’un des prospects les plus en vue de la planète Terre et sera de par ce fait appelé en premier sur l’estrade de l’espoir. With the first pick in the 2014 NBA Draft, the Cleveland Cavaliers select… Andrew Wiggins, from Toronto and University of Kansas. Jabari Parker ou encore son ancien teammate Joel Embiid sont relégués aux places d’honneur du podium et c’est bien le jeune Canadien qui monte le premier pour serrer la pince d’Adam Silver, lançant de la meilleure manière possible une carrière qui s’annonce alors somptueuse. Saut dans le temps, nous voici en 2020, et cette soirée mémorable à Brooklyn est peut-être aujourd’hui… son meilleur souvenir en carrière. Ouche. Car, c’est peut-être un peu virulent comme analyse hein, mais la question se pose vraiment. En effet, la carrière de l’ailier prendra une drôle de direction quelques semaines plus tard lorsque les Cavs et… les Wolves s’entendront pour envoyer le first pick dans le Minnesota, échange favorisant l’arrivée de Kevin Love à Cleveland pour la réussite que vous connaissez. Andrew Wiggins est désormais un Loup, échangé à peine drafté et succédant à un autre first pick canadien drafté par les Cavs…… : Anthony Bennett. Bien malgré lui Andrew est alors associé à l’un des pires busts de l’histoire de la NBA, et il lui faut déjà faire ses preuves encore plus que n’importe quel autre rookie. Car c’est décidé, rien ne sera passé à Andrew et c’est aussi triste qu’évident : le pauvre gamin n’a rien demandé à personne mais il n’a déjà plus le droit à l’erreur. S’en suivra un début de carrière à tenter de dégager les bâtons que la vie lui met dans la roue arrière pour le faire se casser la gueule. Une succession de coachs tout d’abord, et pas sûr que ces messieurs Flip Saunders, Sam Mitchell ou Tom Thibodeau aient été les meilleurs éducateurs possibles pour mettre Wiggo dans le droit chemin. Viendra ensuite le décès de Flip, bonjour l’ambiance dans une franchise qui pourrait carrément porter son nom tellement son aura y est présente, et on pourrait également parler de cette fameuse période TimberBulls lors de laquelle Tom Thibodeau et Jimmy Butler mirent littéralement à feu et à sang toute espèce de bonne humeur et de bien-être possibles sur le parquet. Difficile dans ces conditions de progresser, et si la saison 2016-17 correspond à un net step-up individuel (plus de 23 points de moyenne), l’arrivée de Jimmy Buckets la saison suivante viendra mettre à mal le leadership naissant du garçon. Encore raté.

Octobre 2019, Andrew Wiggins n’a que 24 ans. « Que », car on a clairement l’impression que le garçon est un vétéran tellement il se fond désormais dans le paysage. Ryan Saunders est sur le banc depuis quelques mois, on a enfin l’impression que le coach et ses joueurs tirent dans le même sens dans le Minnesota et ça, mine de rien, c’est une sacrée nouveauté. Bombe sur la NBA en cette période de reprise… les Wolves gagnent et séduisent, et si Karl-Anthony Towns est comme souvent – et de plus en plus d’ailleurs – inarrêtable, c’est bien le cas Andrew Wiggins qui étonne. Car Andrew… Wiggins… est… exceptionnel en ce début de saison. Quelques premiers matchs pour se chauffer pendant que les Wolves gagnent, et un mois de novembre fabuleux individuellement. Wiggins est agressif, incisif, adroit, altruiste et clutch, et en plus il défend comme un damné. Même corps mais un autre mec à l’intérieur, le pelo est transfiguré et vend du rêve à chacune de ses sorties. 30 points à Memphis, 40 face aux Warriors, 33 à Detroit, 30 contre les Spurs… Minnesota peut enfin se targuer d’être tracté par un vrai duo de leaders. On parle enfin d’Andrew Wiggins comme on aurait aimé en parler depuis des années, comme un All-Star, comme un mec qui fait gagner son équipe grâce à son talent. La communauté Wolves ne s’y trompe d’ailleurs pas et partout les fanclubs se mettent en place ou ré-ouvrent leurs portes, la « vraie » carrière du petit vient de débuter.

Malheureusement la joie sera de courte durée. Non pas que notre sujet du jour va subitement se transformer en Evan Turner bourré hein, mais c’est juste que… progressivement… Andrew Wiggins va redevenir… Andrew Wiggins. 27 points de moyenne en novembre, 24 en décembre, 19 en janvier, la flamme a pris une soufflante, retour à la case départ. Dede prend quatre tirs de moins par match, Dede a perdu de son mordant et Dede en a probablement marre de prendre des branlées, car dans le même temps et évidemment, les Wolves sont redevenus l’une des pires équipes de la Ligue. Tiens, certains fan-clubs ont déjà refermé leurs portes et seuls quelques irréductibles inconscients continuent de croire en leur poulain. Ces mêmes fanboys qui vont donc vivre un terrible déchirement le jeudi 6 février, quand Adrian Wojnarowski – qui ne faisait pas encore dans le gossip anti-français – va annoncer l’une des plus grosses bombes de la soirée :

What? The. Phoque. Andrew Wiggins, l’enfant du « pays », celui qui avait tout connu avec les Wolves depuis presque six ans (donc rien)… quitte le Minnesota. Karl-Anthony Towns a eu le dernier mot et récupère son bestfriend à dreadlocks mais de cette opération c’est bien Andrew qui fait les frais, se retrouvant envoyé dans l’un des tanks les plus solides de notre époque et sans aucune garantie sur son avenir en Californie. Le choc est immense et c’est désormais officiel : Andrew Wiggins, n°1 de Draft, n’aura jamais réussi à s’imposer comme un All-Star avec les Wolves et fait donc ses valises comme un vulgaire Félicien ou Jean-Edouard quittant le Loft, tirant un trait sur quasiment 450 matchs avec le maillot des Loups, dont cinq de Playoffs il faut le rappeler, rires dans la salle.

Depuis son arrivée chez les Warriors ? 19 points par match, à 40% au tir, Wiggins style. Et toujours cette étrange sensation comme mentionné en intro… : putain de joueur mais à des kilomètres du tueur qu’il pourrait être. Un point positif quand même pour finir ? Bah il n’a que 25 ans en fait, ah oui, c’est vrai ça.

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