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Le 27 juin 2013, jour de gloire à Milwaukee : Giannis Antetokounmpo drafté en 15è position, on appelle ça un steal all-time non ?

Le 27 juin est aujourd’hui férié dans le Wisconsin.

Source image : YouTube

Nous sommes en décembre 2019. La décennie 2010 est sur le point de se terminer, et les Bucks de Giannis Antetokounmpo dominent la NBA. Meilleur bilan de saison régulière l’an passé, meilleur bilan cette année, Milwaukee fait partie des grands favoris pour le titre sous l’impulsion de son Greek Freak, bien parti pour rafler un deuxième titre de MVP. Cette aventure, caractérisée par l’ascension fulgurante de Giannis, a commencé il y a un peu plus de six ans. C’était le 27 juin 2013, un jour devenu sacré à Milwaukee. 

Anthony Bennett, Victor Oladipo, Otto Porter Jr., Cody Zeller, Alex Len, Nerlens Noel, Ben McLemore, Kentavious Caldwell-Pope, Trey Burke, CJ McCollum, Michael Carter-Williams, Steven Adams, Kelly Olynyk, Shabazz Muhammad. 14 noms, 14 joueurs, 14 mecs qui ont été draftés avant un certain Giannis Antetokounmpo, sélectionné en 15è position par les Bucks lors de la Draft 2013. Au premier abord, quand on regarde la liste, on se demande clairement comment ces gars-là ont pu sortir avant le Greek Freak. Juste comme ça, pour info, on a seulement un seul All-Star dans le lot. Il s’agit de Victor Oladipo, étoilé à deux reprises et membre de la All-NBA Third Team en 2018. Allez, on va être gentils, on peut aussi mettre McCollum dans cette catégorie, car il a atteint un niveau All-Star dans la Grande Ligue même s’il n’a jamais été officiellement sélectionné pour participer à la grande messe de février. Mais sinon, c’est un peu le désert. Car dans ce groupe, il n’y a aucun autre joueur que l’on peut considérer comme une pièce maîtresse de son équipe, bien au contraire. Certains sont des titulaires mais sans plus (Porter Jr., Adams), la plupart sont des joueurs de banc (Zeller, Len, Noel, McLemore, KCP, Burke, MCW, Olynyk) et certains ne mettent même plus les pieds en NBA (Bennett, Muhammad). Globalement, on peut dire sans sourciller que l’édition 2013 de la Draft est l’une des plus pourries de l’histoire, avec comme symbole évident Anthony Bennett, considéré comme un bust all-time. Cette faiblesse générale met encore plus en lumière le choix de Milwaukee concernant Giannis Antetokounmpo, un véritable pari des Bucks à l’époque.

Aujourd’hui évidemment, on peut faire des centaines de vannes sur l’ordre de la Draft et les mecs qui sont passés avant le Freak. C’est un jeu assez marrant, à tel point que TrashTalk a commencé une petite série de vidéos intitulée « On refait la Draft ». Mais si Antetokounmpo n’est sorti qu’en milieu de premier tour, ce n’est pas parce que les 14 premières équipes ne voulaient pas se faire chier avec un nom à rallonge. Quand on jette un œil aux scouting reports et aux différentes analyses de 2013, plusieurs points expliquent la place très basse de Giannis par rapport à son niveau exceptionnel aujourd’hui. En fait, il représentait un peu un mystère pour tout le monde. Un blaze imprononçable, 18 piges seulement et plus jeune joueur de la cuvée, sorti tout droit de la deuxième division grecque… on peut comprendre les réserves à son sujet. Ses gros attributs physiques et son potentiel des deux côtés du terrain étaient certes très intéressants aux yeux des scouts, mais il était vu comme un diamant brut, un projet à long terme. En plus, il n’avait jamais mis les pieds aux States avant la Draft. Tout ça, ça peut refroidir certaines franchises. Mais les Bucks ont tenté le coup, ils ont sauté sur l’occasion. Avec son 15è choix, la franchise de Milwaukee a donc jeté son dévolu sur Antetokounmpo, en misant sur sa progression et son profil atypique. Quand on voit ce que le bonhomme est devenu depuis son arrivée en NBA, on peut dire que les Daims ne se sont pas trompés.

Travail, progression, ascension. Trois mots qui résument parfaitement la trajectoire de Giannis depuis 2013. Le Greek Freak a franchi les étapes les unes après les autres, avec panache. Sa première saison fut plutôt discrète, bien que prometteuse. 77 matchs joués, 23 en tant que titulaire, pour des moyennes de 6,8 points et 4,4 rebonds en plus de 24 minutes par match, le tout au sein d’une équipe de Milwaukee à seulement 15 victoires. L’apprentissage on va dire, avec quand même une place au Rising Stars Challenge et dans la NBA All-Rookie Second Team. Et à partir de là, Antetokounmpo n’a cessé de monter en puissance, et ce de façon effrayante. Le Freak a gagné sa place de titu au tout début de sa saison sophomore, et sa progression individuelle a aidé les Bucks à atteindre les Playoffs grâce à 26 succès de plus par rapport à la saison précédente. Son scoring et son nombre de triple-doubles ont ensuite grimpé, jusqu’à cette fameuse campagne 2016-17. Durant celle-ci, il a officiellement annoncé à la NBA qu’il était là pour prendre le pouvoir à travers son titre de MIP, une première nomination au All-Star Game et dans une All-NBA Team (la seconde), justifiant ainsi parfaitement la prolongation de contrat de quatre ans et 100 millions de dollars signée en septembre 2016. Et de MIP, il est passé à MVP en l’espace de deux années seulement. On se rappelle tous de sa formidable saison l’an passé, où il a raflé le Maurice Podoloff Trophy grâce à sa domination énorme des deux côtés du terrain (présent aussi dans la NBA All-Defensive First Team) et les superbes résultats de Milwaukee. Sous l’impulsion de la progression spectaculaire de Giannis, mais aussi l’arrivée sur le banc de Mike Budenholzer, les Bucks ont vraiment décollé pour atteindre les 60 victoires, c’est-à-dire 16 de plus qu’en 2017-18. Coach Bud a organisé tout son système autour du Freak, en l’entourant notamment de shooteurs à trois points, ce qui a permis à ce dernier d’exprimer ses qualités de playmaker tout en profitant des espaces créés par ses copains. Un monstre.

Aujourd’hui, Giannis et les Bucks dominent plus que jamais, avec un début de saison de malade caractérisé par une série de 18 victoires consécutives. On peut dire que ce choix du 27 juin 2013 a changé le destin de la franchise, et on peut véritablement parler de steal à la Draft. Souvent, le terme « steal » est utilisé pour les joueurs sélectionnés en fin de premier tour ou au second et qui réalisent de grandes carrières. Vous savez, le genre de mec dont on n’attend pas monts et merveilles mais qui s’avère être une très bonne surprise. Parmi les exemples les plus récents, on peut citer Draymond Green (35è choix en 2012) ou Nikola Jokic (41è choix en 2014). Giannis n’est pas vraiment dans ce cas de figure car il a été sélectionné bien plus haut et on savait qu’il avait un potentiel particulier, mais les MVP en NBA sont rarement des mecs qui sont draftés en milieu de premier tour. Quand on regarde la liste des joueurs qui sont repartis avec le Maurice Podoloff Trophy, ils sont peu nombreux à ne pas faire partie du Top 10 de leur classe de Draft. Il y a Moses Malone (3è tour de la Draft ABA, soit le 22è choix, en 1974), Julius Erving (12è, 1972), Karl Malone (13è, 1985), Steve Nash (15è, 1996), Kobe Bryant (13è, 1996), et donc Giannis. Tous ces gars-là peuvent être considérés comme des steals étant donné leur CV. Et vu la dynamique sur laquelle se trouve le Freak aujourd’hui, ce dernier pourrait bien devenir le plus gros de tous. Âgé de seulement 25 ans, Antetokounmpo détruit tout sur son passage et un deuxième titre de MVP consécutif semble se trouver sur sa route, même si la saison 2019-20 n’est qu’à ses débuts. Et le plus flippant dans tout ça, c’est qu’il a encore une vraie marge de progression le bonhomme.

Giannis Antetokounmpo est un phénomène, un joueur unique qui fait aujourd’hui des ravages. Au moment de la Draft, les Bucks savaient qu’il pouvait devenir spécial, et c’est pourquoi ils ont misé sur lui contrairement aux 14 autres franchises avant eux. Cependant, Milwaukee ne pensait probablement pas qu’il allait être aussi monstrueux à seulement 25 piges. 

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