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Jim Boylen : pointé du doigt par ses observateurs, soutenu par son management, comment faire chez les Bulls ?

Jim Boylen Chicago Bulls

« DONNEZ LA BALLE A ZACH »

Source image : NBA League Pass

Si les deux derniers matchs joués par les Bulls ont été remportés, respectivement face aux Kings et aux Grizzlies, le sentiment d’enjaillement n’est pas quotidiennement présent dans la Windy City. Acteur principal pointé du doigt pour ce début de saison en dents de scie ? Monsieur Jim Boylen, qui met les fans de Chicago dans uns position délicate… le cul entre deux chaises.

Le bilan, pris tel quel, ne devrait pas causer trop de débat. Avec une 10ème place à l’Est au moment où ces lignes sont écrites, 8 victoires pour 14 défaites, les projections faites en début de saison sont plutôt respectées, sur le papier. Le problème, s’il n’y en avait qu’un seul hélas, c’est qu’on est plutôt sur la métaphore de l’arbre qui cache la forêt. Avant ces deux dernières victoires, les Bulls étaient donc à 6 victoires. Mais même en ayant calmé la tempête un temps soit peu, l’ambiance qui tourne autour de la franchise aux 6 titres n’est pas géniale. Pourquoi ? Plusieurs choses, dont la manière, le jeu. Entre le début de saison décevant de Lauri Markkanen, des rotations douteuses, des défaites vraiment laides et une impression d’inconnue avant chaque match, Chicago n’arrive pas à séduire. Il y a bien des soirs où on les voit trouver leur alchimie, et on en vient à se rappeler qu’une place dans le Top 8 n’est pas hors d’actualité pour eux, mais l’enthousiasme est souvent de courte durée. Au centre de cette moue collective, c’est Jim Boylen, le coach, qui est pointé du doigt. Conservé après sa saison intérimaire l’an dernier, Boylen ne procure pas d’assurance auprès des fans et les soupirs se répètent, dès que cela ne marche pas. Une fois c’est le niveau de responsabilités donné à Wendell Carter Jr. L’autre fois, c’est l’attaque globale qui manque de saveur. Puis ce sera la distribution des minutes, avec seulement Zach LaVine au-dessus de la trentaine. Ou bien l’efficacité des joueurs talentueux, pas assez mis en avant. Statistiquement, les Bulls sont la… 29ème armée offensive de toute la NBA, un mini-scandale quand on voit les membres qui peuplent le vestiaire de l’Illinois. Scandale, et tristesse, car voir Chicago jouer n’est clairement pas une partie de plaisir. Du coup, Boylen est appelé sur le banc des accusés, mais l’intéressé ne voit pas vraiment quel est le problème. Il suffit de lire ses derniers propos, que ce soit dans le Chicago Tribune ou The Athletic, pour comprendre l’état d’esprit de l’entraîneur.

“Depuis que je suis arrivé ici, je n’ai jamais ressenti autant de soutien de la part du management et de John Paxson qu’actuellement. On parle chaque jour, on communique ensemble et on est sur la même longueur d’ondes, sur plein de points. On l’est aussi sur notre frustration, en ce qui concerne la meilleure régularité que l’on souhaite de cette équipe dans le jeu.” – 21 novembre

“On va continuer à jouer ainsi. On va continuer à défendre ainsi. Et on va continuer à s’améliorer.” – 27 novembre

“S’il y a une chose que je peux améliorer à titre personnel, c’est continuer à être moi-même et continuer à apporter de l’énergie chaque soir de match. Je crois que cette équipe a besoin de ce que je suis. Et c’est ce que j’ai essayé de faire. Ce n’est peut-être pas une amélioration d’ailleurs. C’est plutôt, « Jim, on aime qui tu es, donc sois qui tu es. » Et c’est une bonne chose à entendre en tant que coach.” – 2 décembre

Sans coup de pression de la part du management, sans avoir la sensation d’être potentiellement sur le siège éjectable, ce n’est pas donné à tout le monde de s’améliorer en permanence, avec un sentiment d’urgence. Il est certain que Boylen a une vision particulière de l’identité qu’il veut insuffler à ces Bulls : temps de jeu réparti de manière ultra-équitable, responsabilités partagées, tout le monde il est content, tout le monde il touche le ballon. Le problème ? C’est que ce genre de configuration est possible pour les équipes d’élite, pas pour les équipes en phase de construction. Chicago n’est pas en reconstruction, Chicago est en construction. Dans cette phase, même si c’est plus facile à dire assis dans un canapé que devant 15 joueurs talentueux au sein d’un vestiaire, il faut établir une hiérarchie, un ordre. Et pour le moment ? Il n’y en a pas. Certes, Zach LaVine semble sortir du lot, mais la confusion règne chez certains, et ils ne sont pas que 2 ou 3. Thaddeus Young, par exemple, a été le premier à botter en touche lorsqu’on lui a demandé ce que ça lui faisait d’avoir un temps de jeu minuscule (21 minutes, un de ses pires totaux en carrière) alors qu’il a été signé afin d’être le facteur X dans cette évolution des Bulls : « demandez au coach, » répondait poliment le vétéran, sans vouloir marcher sur les pieds de Boylen. Carter Jr, quand on lui a demandé pourquoi il hésitait à prendre certains tirs, haussait des épaules et remettait ça sur un manque d’agressivité. Kris Dunn, qui tire à trois-points à 19% de réussite cette saison, continue à en prendre sans qu’on lui donne d’ordre. Tomas Satoransky, parfois en organisateur parfois en scoreur, est dans un rôle un peu bâtard après une signature prometteuse cet été. Bref, à entendre les joueurs et évidemment les fans, il y a une sensation de désordre et de flou concernant les rôles de chacun, qui résulte en cette incapacité totale à savoir ce que les Bulls vont proposer chaque soir. Pour atteindre l’objectif rêvé par Boylen, il faudrait déjà que tout le monde connaisse ses missions, et qu’il soit content avec. Pas sûr que ce soit le cas, un mois et demi après le début de la saison.

Jim Boylen n’est pas la seule raison expliquant le timide début de saison des Bulls. Mais à l’heure actuelle, les joueurs de Chicago n’ont pas l’air de trouver leur rythme, leurs positions, leur rôle, et ceci passe avant tout par l’entraîneur à la tête du groupe. Si le management local fait l’aveugle sur cette situation, peut-être qu’il y aura un déclic en cours de régulière, mais pas sûr que ce sera suffisamment long pour cacher cette instabilité auprès des joueurs. Affaire à suivre.

Sources : Chicago Tribune – The Athletic

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