Old-School

Le 28 novembre 1969, les Knicks enchaînaient une 18è victoire de suite : parce que oui, il fut un temps où New York gagnait

Un record à l’époque !

Source image : YouTube

Alala… les New York Knicks. On aime bien se moquer, on aime bien les utiliser comme punchline, mais au fond, ça fait quand même chier de voir l’équipe de la Grosse Pomme au fond du trou depuis tant d’années. Parce que même s’ils enchaînent les casseroles, les Knicks restent une franchise mythique, avec une salle mythique, dans une ville mythique. Alors aujourd’hui, on a décidé de revenir sur une formation de New York qui gagnait des matchs, et beaucoup. Bon, on ne va pas se mentir, ça remonte à très loin mais vu la situation actuelle, on imagine que les fans de NYC ne feront pas la fine bouche. 

On est en… 1969. Bah oui, c’est très loin, mais vous étiez prévenus. Donc on reprend. 1969, 28 novembre plus exactement, juste après Thanksgiving. Ce jour-là, l’équipe des Knicks affronte les Cincinnati Royals à Cleveland, et a pour objectif de continuer son formidable début de saison. En effet, Walt Frazier, Dave DeBusschere et Willis Reed ont remporté 22 de leurs 23 premiers matchs et survolent la NBA. Les hommes de Red Holzman débarquent dans l’Ohio en étant sur une série exceptionnelle de 17 victoires consécutives, une série qui a débuté le 24 octobre face aux Detroit Pistons. Ils ont ainsi l’occasion de marquer l’histoire en devenant la première équipe à enchaîner 18 succès d’affilée en l’espace d’une seule et même saison, ce qui leur permettrait de dépasser les légendaires Celtics de 1959. Face à des Royals en bilan négatif sur leurs 20 premières sorties, c’est largement jouable mais il ne faut pas oublier que Cincinnati possède dans ses rangs un certain Oscar Robertson, multiple All-Star, ancien MVP et roi du triple-double. Et pour info, sachez que l’ancien Celtic Bob Cousy entraîne les Royals à ce moment-là, et il veut évidemment tout faire pour empêcher son adversaire du soir de surpasser l’équipe de Boston d’il y a dix ans, dont il faisait partie. Alors attention au match piège. Et justement, les Knicks sont en difficulté dans cette partie. Big O réalise un véritable chantier avec une grosse perf au scoring tout en distribuant des caviars pour ses coéquipiers (33 points, 10 assists dans ce match), et il est bien accompagné par Johnny Green (19 points, 20 rebonds) et Connie Dierking (19 points, 14 rebonds). À seulement 16 secondes de la fin, Cincinnati mène 105-100 face à New York et la grosse série de victoires des Knicks est sur le point de s’envoler, en emportant avec elle les espoirs de record.

Sauf que cette équipe new-yorkaise, elle n’est pas du genre à lâcher. Malgré ces cinq points de retard, Walt Frazier et ses copains donnent tout. Willis Reed permet d’abord aux siens de revenir à trois unités grâce à deux lancers francs réussis. Derrière, les Royals demandent un temps-mort et… Bob Cousy est à la remise en jeu. En effet, Cooz avait décidé à plus de 40 balais de remettre le short – plus de six ans après sa retraite – pour les dernières minutes de la rencontre, en mode entraîneur-joueur. Visiblement, la légende de Boston voulait montrer à ses protégés comment gagner et on imagine qu’il voulait être sur le terrain pour mettre fin à la fameuse série des Knicks. Sauf qu’il aurait mieux fait de rester assis sur le banc. Parce qu’il va faire une grosse bourde. Après avoir délivré une passe décisive puis marqué deux lancers francs, Cousy se fait intercepter sur la remise en jeu par Dave DeBusschere, qui file au dunk et qui permet donc à New York de revenir à un petit point. 105-104 pour Cincinnati. Tout est relancé. Et ensuite, devinez quoi. Cousy donne vite le ballon à Tom Van Arsdale, qui perd la gonfle à son tour sous la pression de la défense new-yorkaise. Walt Frazier la récupère, se précipite et tente un shoot pour la gagne. La balle rebondit sur l’arceau, revient dans les mains de Frazier, qui retente désespérément sa chance. Faute de Van Arsdale ! Deux lancers à venir pour Walt, avec deux secondes au chronomètre. Ficelle, ficelle. New York passe devant et remporte la rencontre, battant ainsi le record du plus grand nombre de victoires consécutives. Un miracle !

Cette série de 18 victoires consécutives s’arrêtera finalement le jour suivant, avec une défaite à la maison face aux Detroit Pistons, la toute première victime des Knicks sur cette formidable période. Voici les équipes ayant subi la loi de New York pendant plus d’un mois. Pistons, Bullets, Hawks (deux fois), Rockets (deux fois), Bucks (deux fois), Suns (deux fois), Lakers (deux fois), Warriors, Bulls, Celtics, Royals (deux fois) et 76ers. Ça fait du monde hein. Le record ne tiendra cependant pas très longtemps puisque les Bucks version 1970-71, composés de Kareem Abdul-Jabbar et Oscar Robertson, remporteront 20 rencontres consécutives. Et puis la saison d’après, ce sont les légendaires Lakers de Wilt Chamberlain, Jerry West et Elgin Baylor qui mettront tout le monde d’accord avec 33 succès consécutifs. Trente-trois, oui. TRENTE-TROIS ! Le record tient toujours et si vous voulez notre avis, il a encore de beaux jours devant lui. Certaines équipes ont réussi à s’en rapprocher dans l’histoire récente de la NBA, sans pour autant vraiment le menacer. Le Heat de LeBron James, Dwyane Wade et Chris Bosh a accumulé 27 succès de suite en 2012-13, les Warriors époque Splash Brothers ont enchaîné 24 victoires au début de leur mythique saison 2015-16, tandis que Rockets de 2007-08 étaient montés jusqu’à 22 wins d’affilée sous l’impulsion de Tracy McGrady et Yao Ming.

Les Knicks de 1969-70, qui ont terminé avec un bilan de 60 victoires pour 22 défaites (record de franchise, à égalité avec le bilan de 1992-93), resteront définitivement à part dans l’histoire de la franchise new-yorkaise. Car quelques mois après cette formidable série de 18 victoires consécutives, Walt Frazier, Willis Reed et Cie ont permis à l’équipe de Big Apple de décrocher son tout premier titre NBA face aux Lakers. Une finale mémorable qui s’est terminée en sept rencontres, avec Reed nommé MVP.

Source stats : basket-reference 

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