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NBA Flashback 2018-19 #56 : ce jour où les Blazers ont remporté le marathon de Portland face à Denver, quasi-record du monde à la clé

La saison 2018-19 est à peine écoulée qu’elle nous manque déjà. Comme chaque été, TrashTalk vous propose donc de revenir sur ces événements qui nous ont fait vibrer, sursauter, rire ou pleurer, histoire aussi de garder notre belle NBA en tête H24 et douze mois sur douze. Allez, coup d’œil dans le rétro histoire de se rapprocher tranquillement… de la reprise. Comment ça on se repose l’été ? Comment ça on est des geeks ?

Tiens, si on jouait à c’est quoi le plus long ? Oui, on sait, ce jeu n’existe absolument pas, mais on fait ce qu’on veut et jusqu’à preuve du contraire. Alors feu. Une pièce de théâtre allemande en neuf actes alors que tous vos potes sont en train de picoler au bar juste en face ? Pas mal. Attendre son plat au restau tiens, horrible. Un cours de philo le vendredi après-midi ? Dur. La semaine de vacances dans le Lubéron avec papa, maman et mamie mais pas votre frère, parce que lui a des bonnes notes et a mérité une semaine de colo à Fréjus avec ses potes ? Très très rude. Un trajet en navette en sortie de boîte à 5h30 du matin ? Ça sent le vécu mais ça sent surtout l’alcool. La perche de Renaud Lavillénie ? Bah ouais une perche c’est long, fallait pas nous tendre la perche. Une perche du Nil ? Boarf, mais le Nil, lui, est très long. Bref, on s’évade dangereusement, posons cette bouteille de Jack et revenons à nos longs moutons, car cette nuit du 3 mai ne fut pas longue, elle fut interminable. Allez, on vous raconte ça et promis, ce ne sera pas long.

Nous sommes donc dans la nuit du 3 au 4 mai 2019 et les Nuggets et les Blazers s’affrontent dans une demi-finale de Conférence new look, marre de voir toujours les mêmes gueules alors tant mieux. Portland surfe alors sur la vague de son exceptionnel premier tour face au Thunder et viens de grappiller un match dans les Rocheuses avant de revenir dans l’Oregon pour faire le break, comme dirait Patrick Rafter. Et le break les Blazers vont le faire, mais à l’issue d’un match que l’on pourrait qualifier de MahutIsneresque, pour rester dans le tennis. Car quand un résumé de match dure cinq minutes et commence à… deux minutes de la fin, on se dit qu’il a forcément dû se passer quelque chose de spécial. Rockets-Warriors, Raptors-Warriors, Hawks-Bulls… on en aura eu un paquet de matchs à rallonge cette saison, tous aussi beaux les uns que les autres, mais alors celui-là, Playoffs obligent, tient une place particulière dans notre cœur. On essaie de condenser tout ça ? Allez, faya, et prévoyez une bouteille de flotte et de bon accoudoirs.

Cinq points d’avance pour les Nuggets mais le réveil tardif de Lillard et le fighting spirit de Momo Harkless offrent une première overtime, let’s go. A 107 partout Paul Millsap fait parler son XP mais C.J. McCollum rattrape un air-ball sur… finger roll de Lillard pour remettre tout le monde à 109 égal, deuxième OT et quatrième changement de tee-shirt. On assiste ensuite à un gros passage de Lillard mais les Nuggets s’accrochent grâce à Barton et Harris, toujours bien servis par un Nikola Jokic en route pour réinventer le concept des chiffres. 118-118, troisième OT, nous voici en slip et tant pis pour les voisins d’en face. La troisième prolong’ est celle d’un C.J. McCollum exceptionnel, mais le collectif et la fraîcheur des Nuggets fait la différence. Plus quatre Denver à 30 secondes de la fin mais Lillard se voit offrir deux lay-ups beaucoup trop facile et nous voici donc en… quatrième OT, et nous voici nus dans le salon, youplaboum. Le héros de cette quatrième overtime ? Rodney Hood, bah ouais, il fallait bien trouver un mec encore capable de marcher. Trois paniers parmi les plus importants de sa carrière dont celui de la gagne, on a bien dit de la gagne, ce qui signifie alléliuia que le match s’est finalement terminé, sur le score de 140 à 137 et après 68 putain de minutes de jeu… Les Blazers mènent 2-1 et la série durera encore… quatre matchs, mais ça on vous le racontera très vite.

Un C.J. McCollum une nouvelle fois héroïque alors que Damian Lillard était menotté par Gary Harris et Torrey Craig, un Enes Kanter tellement solide, un Mo Harkless ex-plo-sé obligé de laisser sa place à un Rodney Hood qui n’était pas rentré depuis une heure et qui deviendra finalement le héros de la nuit ? Ca c’est pour les souvenirs. Les chiffres, ceux qui restent ? Ils sont aussi affolants. Career high en Playoffs pour Pépère McCollum avec ses 41 points, C.J. devenant par la même occasion le cinquième joueur de l’histoire seulement à cumuler 41 points, 8 rebonds, 4 passes et 4 steals dans un match de Playoffs. Les autres cinglés de la bande ? LeBron James (deux fois), Russell Westbrook, Hakeem Olajuwon et Pat Ewing. Le match en lui-même ? Tout simplement le premier de l’histoire des Playoffs (depuis que les 24 secondes ont été instaurées) à se terminer en quatre prolongations, le deuxième seulement depuis le Paléolithique puisque l’autre anomalie du genre s’était déroulé en 1955 lors d’un match opposant Boston à… Syracuse. Nikola Jokic ? 33 points à 13/25 au tir dont 4/7 de Belgrade et 3/5 seulement aux lancers, auxquels vous ajouterez s’il vous plait… 18 rebonds, 14 passes, 1 interception et 2 contres. Un troisième triple-double dans ces Playoffs, déjà un record pour une première participation, et un triple-double – on y vient – réalisé dans des conditions dantesques. 65 minutes de jeu. Soixante-cinq. Soixante, plus cinq. Une addition qui nous donne donc un Jokic sorti uniquement trois minutes dans ce match, pour aller gratter au final le quatrième plus gros temps de jeu de toute l’histoire des Playoffs. Une OT de plus et le Joker aurait même pu aller chercher un record pourtant souvent jugé intouchable : les 69 minutes de Dale Ellis en 1989, lors d’un match de régulière terminé après cinq prolongations. A noter que durant ce match deux joueurs seront devenus grand-pères et que les fils de deux autres auront été drafté entre-temps, mais ça c’était pour la petite histoire.

Affolant, atterrant, incroyable. Effarant, alléchant, formidable. Bouleversant, passionnant… ineffable. On vous l’a pourtant raconté, maintes et maintes fois, et vous pourrez le raconter à votre tour. Un match de basket qui commence à 3h du matin et qui finit à plus de 8h, non mais tout est normal comme dirait l’autre.

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