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La Brocante de TrashTalk épisode 3 : The Carter Effect, un docu sur le seul OVNI ayant vraiment volé dans le ciel américain

Moi je ressens que le « chaleur effect ».

Source image : Netflix

C’est officiel, la canicule est passée par là et l’été est déjà bien entamé alors en attendant que la NBA reprenne ses droits dans notre quotidien, on recharge les batteries comme on peut. Entre deux matchs de Summer League pour survivre, on a même le temps d’enlever ses oeillières pour porter un regard différent sur notre sport préféré. Alors sortez vos lunettes de soleil et votre appareil à pression, TrashTalk vous accompagne en cette saison estivale avec des thèmes variés sur le monde de la grosse balle orange pour se changer un peu les idées. Allez, petit détour par la Brocante.

Seconde semaine de canicule en approche… alors on retravaille la routine : 22h-8h on ouvre les fenêtres et le reste du temps on ferme volets, fenêtres et on se mouille la nuque. Espadrilles, pieds nus, tongs, chacun son style mais on s’accorde sur une chose, l’été est une période à part dans laquelle on adapte nos comportements de vie à la situation de chaleur extrême. Ce que l’on vous propose aujourd’hui ? C’est qu’après votre repas du midi (autour de 15h comme vous avez fait la grasse mat’, on vous voit) vous allumiez Netflix pour un ptit docu. Les Raptors sont champions NBA et c’est donc l’occasion de se faire un petit rappel sur d’où vient la franchise et d’en voir les débuts. C’est parti pour l’effet Carter, ça ressemble à l’effet Mohring ou à l’effet Veblen, un truc scientifique et chiant, mais en fait, c’est hyper cool. 

La première saison des Raptors de Toronto est celle de 1995-96. Même drivée par Isiah Thomas (le vrai), la construction d’une équipe se fait lentement d’autant plus que là, c’est au Canada. Le pays à la feuille d’érable ne porte pas dans son ADN le basket autant que les États-Unis, ce qui rend le lancement d’une franchise plus difficile. Tournés vers le hockey, les Canadiens ne sont pas friands de basketball, dur à entendre quand on voit Jurassic Parc aujourd’hui… C’est alors que David Stern prend la parole pour nous rappeler que, si les Canadiens ne portent pas le basket dans leur cœur, la NBA, elle, porte le Canada dans le sien : le premier match de l’histoire de la Grande Ligue opposa d’ailleurs les New York Knicks aux Huskies de Toronto. Le premier gros enjeu de l’époque est donc celui de hyper la ville autour de la grosse balle orange pour nourrir l’ambiance dans le stade et motiver les joueurs à venir jouer ici.

Le front office de l’époque réalise le pari Tracy McGrady en le sélectionnant en neuvième position en 1997. Malgré une première saison timide, on peut dire que la franchise avait vu juste en récupérant un futur Hall of Famer. Un an plus tard, l’Histoire sort sa plume et commence à écrire ce qu’on connaît : Vince Carter, impressionnant en NCAA, est dans le viseur de la ville canadienne qui va le récupérer à la Draft 1998. On le dit souvent mais qu’est ce que ça a du bon de tanker quand même. McGrady et Carter sont donc réunis, l’occasion pour eux de découvrir qu’ils sont… cousins ! Une amitié sincère commence alors et va rythmer les deux années suivantes sur les parquets de Toronto. Rookie de l’année en 1999, après une saison spectaculaire, l’effet Carter ne s’enclenche vraiment que l’année d’après.

All-Star weekend, The Arena de Oakland, 2000. Dans un dunk contest mythique, Carter pose quatre énormes dunks faisant se lever la salle pour un mec… au maillot violet des Raptors. La fameuse célébration « It’s over », les commentateurs hurlent, la salle devient folle, Toronto est définitivement placé sur la carte. Le meilleur dunkeur de l’histoire vient de se révéler au grand public et le basket commence à intéresser au Canada, les maillots se vendent, la salle se remplit et l’ailier drive une équipe qui commence à être respectée. Deux petites semaines après le All-Star weekend, un match Suns-Raptors est diffusé en prime time, l’une des première fois que les Raptors peuvent s’exprimer face au grand public, l’occasion pour Vinsanity de planter 51 points ce soir là, démonstration. Quand on lui demande s’il était stressé à l’idée d’être en direct partout aux States, il répond que non, qu’il était excité à l’idée de montrer qu’au Canada aussi, beh ils savaient jouer au basket. Cette année charnière marque le début de l’adhésion des Canadiens à ce projet Raptors, et ce n’est plus une ville qui  les soutient, mais un pays entier et nous l’avons encore vu cette année.

Seulement voilà, les résultats vont plafonner rapidement, T-Mac va aller tenter sa chance à Orlando et le management s’impatiente. Vince est tradé et les médias font de lui le méchant de l’histoire. Il y a une grosse rupture en 2005 lorsqu’il rejoint les Nets, la ville rugit sur Carter qui n’a rien demandé et récolte les mauvaises décisions du front office. Ce n’est pas une période facile pour Vince qui voit la ville à qui il a tout donné le rejeter alors qu’il n’a pas choisi cette situation. Seulement voilà, le temps fait son travail et les supporters ouvrent les yeux, en 2014, lors de son retour à l’Air Canada Centre, puisqu’il est finalement applaudi et accueilli avec une vidéo hommage. Les larmes coulent sur le visage de Vince, la réconciliation a lieu.

En fait, les Raptors doivent énormément à ce gars-là, monté sur des ressorts, qui a propulsé leur franchise au premier plan alors que rien n’était facile. Il a permis la naissance de la culture urbaine, basketball et rap dans une ville qui n’y connaissait rien du tout. D’un point de vue simplement marketing, la vente de maillot Vince Carter 1998-99 est un bon exemple. A partir de 2014, ils en ont ainsi vendu 300 000 contre… 3000 entre 2005 et 2014. Le gars est inspirant et a marqué cette foutue ville, qu’il soit parti ou non. Des rappeurs comme Drake témoignent aussi de l’impact qu’il a eu sur eux et à quel point il a apporté tout ce qui se faisait aux States dans l’Ontario et même dans l’ensemble du pays. L’effet Carter est bien plus large que simplement sur le terrain de basket, c’est tout une mode qui va avec.

Enfin, l’effet Carter c’est aussi un impact sur les joueurs qui lui étaient contemporains. Dans une interview, on demande à Kobe qui de lui, Jordan, Wilkins, Erving ou Vince remporte un concours de dunk. Là, on attend que le Mamba réponde lui-même, comme sur tous les autres sujets. Seulement, il va répondre Carter, trop fort pour oser s’interposer. Vince Carter c’est donc un gars qui fait dire à Kobe qu’il n’est pas le meilleur, chapeau. Dans une interview, KD déclare qu’Air Canada a longtemps été son joueur préféré et qui l’a le plus inspiré. Merci Vince d’avoir créé une bête comme Durant. Enfin, Nik Stauskas nous raconte peut être la plus belle anecdote de ce documentaire : en allant voir un workout des Raptors, il espérait être invité à jouer sur le terrain, rêve de gosse quoi. Mais ce jour là, Carter est venu le voir et lui propose de jouer AVEC lui, rêve de gosse réalisé donc. Nik déclare dans le docu’ que c’est sûrement le plus beau moment de sa vie, rien que ça.

Ce documentaire nous raconte donc l’histoire d’un homme qui changea le visage d’une équipe à tout jamais, lui qui fit accepter le Canada comme un pays de basket. Grâce à lui, les Cavs drafteront Anthony Bennett puis Andrew Wiggins, deux canadiens, en première position. On a dit « grâce » ? C’est une erreur. En une heure de docu’, on ne s’ennuie pas et on est bercé par toutes les anecdotes sur un gars qui n’inspire que le respect, une bonne thérapie si vous êtes supporter des Warriors et que vous n’avez pas digéré la défaite.

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