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La prolongation de Karl-Anthony Towns chez les Wolves : cette promesse faite à Flip Saunders

Karl-Anthony Towns
Source image : YouTube

C’est un des grands moments récents dans l’histoire des Wolves, et c’est peu dire s’il fût chargé en émotion : la prolongation contractuelle de Karl-Anthony Towns dans le Minnesota, c’était avant tout une promesse.

Une promesse, une belle promesse, et une promesse surtout tenue. Car comme on le sait, en NBA, les déclarations envoyées hier ne sont pas forcément conservées le lendemain, dans cette jungle où les influences sont nombreuses, que ce soit la famille, les coéquipiers, l’équipe, les résultats, le staff, l’âge et tant d’autres choses. Mais Towns n’est pas du genre à se défiler, pas du genre à fuir lorsque cela devient compliqué. Pour rappel, en septembre dernier, la crise était réelle dans le Minnesota. Avant même que le camp d’entraînement ne démarre, Jimmy Butler avait déposé une giga-bombe dans les enceintes de la franchise en demandant son transfert, ce qui n’arrangeait pas les Wolves et plaçait l’équipe dans une terrible situation. Démarrer l’année avec un tel scandale, autant d’attention médiatique nocive, autant de flou pour les anciens comme les nouveaux, ce n’était pas possible. Il fallait certes que le management se démerde pour transférer Butler, ce qui prendra une plombe et forcera les fans à passer par une période de stress invraisemblable, mais il fallait surtout qu’un élément positif tombe dans la région. Qu’une bonne nouvelle leur soit donnée, quelle qu’elle soit. Un nouveau maillot, un stade tout neuf, une météo clémente, tout était envisagé pour éviter à la moitié des supporters de penser à boire un litre de White Spirit chaque matin. Et cette nouvelle viendra le 22 septembre 2018, avec l’officialisation de la prolongation contractuelle de Karl-Anthony Towns. Un joueur qui avait exprimé tout son amour pour sa franchise, sa région, un joueur qui voulait rester droit dans ses bottes, un joueur qui souhaitait surtout garder en tête la décision prise par un homme, un soir de juin 2015. Et ce malgré les doutes.

“Il y avait des jours où c’était oui, d’autres jours où c’était non, où c’était peut-être, ou je ne sais pas, ou je ne veux pas parler de ça. C’était un garçon de 22 ans, il n’y avait aucune garantie. On n’en a pas parlé avec lui, car il stressait suffisamment à ce sujet. On est juste restés ses parents, loyaux envers leur fils.

Puis il nous a dit ceci : « Je dois faire ce qu’il y a de mieux pour moi, pour ma famille, et pour cette équipe. Je ne veux pas laisser ces gars tomber. J’ai fait une promesse à Flip Saunders, je vais la tenir et prendre cette décision : je vais signer cette prolongation. » Tout le monde a commencé à pleurer, c’était très émouvant.” – Karl Towns

“Je ne voulais pas que les médias soient braqués sur nous à-propos de tout ça. Et je ne voulais pas que les rookies soient impactés par ce genre de sujet.” – Karl-Anthony Towns.

Le 25 juin 2015, les Wolves draftaient Towns en tout premier choix, avec ce qui deviendra le Rookie de l’année quelques mois plus tard. Mais avant ça, la franchise toute entière sera chamboulée par une nouvelle dévastatrice, le décès de Flip Saunders le 25 septembre 2015. Coach mythique à Minneapolis, compagnon de galère de Kevin Garnett puis grand décisionnaire au sein de la franchise, Flip était celui qui voulait tout construire autour de KAT. C’était son projet, sa vision de la reconstruction locale, un plan sur plusieurs années mais qui allait enfin marcher. Ce plan, il ne le verra malheureusement jamais après avoir quitté les siens il y a plus de trois ans maintenant. Drafté depuis peu et bouleversé par cette nouvelle, Towns va se saigner pour les Wolves, se saigner pour progresser chaque mois, encaisser les critiques et enchaîner les récompenses. Le pivot va devenir All-Star, puis permettre à Minnesota de retrouver les Playoffs, puis se retrouver devant cette situation contractuelle pesante. Rester ou partir ? Dans une ère où la plupart des joueurs bougent afin de trouver un confort maximal à la fois individuel et collectif, KAT va prendre le chemin le moins facile. Certes, financièrement le kid formé à Kentucky va se faire plaisir, mais là n’est pas le plus important. Towns va poursuivre le plan de Saunders, maintenant remis entre les mains de son fils au coaching, et passer les prochaines années à se défoncer encore et toujours. Peut-être que les Playoffs sembleront loin, peut-être pensera-t-il qu’il aurait pu bouger. Mais au fond, KAT saura qu’il a fait ce qu’il y avait de mieux : se tenir droit devant la glace, et avoir le même discours ainsi que les mêmes valeurs, contre vents et marées.

Monstrueux depuis le transfert de Jimmy Butler et de plus en plus investi dans son rôle de leader, Karl-Anthony Towns a réalisé un choix de carrière qui lui vaudra certains mauvais jours mais un paquet de bons. Là-haut, Flip Saunders peut être fier de son choix.

Source : The Athletic

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