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Nicolas Batum se livre sur sa première moitié de saison : entre critiques et nouveau rôle, Batman a dû se réinventer

Nicolas Batum

Malgré ses prestations, Batman ne se laisse pas abattre et reste concentré sur ses Hornets.

Source image : Youtube BeIN SPORTS

Actuellement auteur de l’une de ses pires saisons en carrière d’un point de vue statistique, Nicolas Batum est revenu sur sa première moitié d’exercice avec Rick Bonnell du Charlotte Observer. L’occasion de dresser un bilan de sa campagne 2018-19, tout en évoquant ce qui a changé par rapport à l’an dernier.

À mi-saison, les Hornets sont pour le moment playoffables grâce à leur bilan de 23 victoires et 25 défaites, qui leur permet de se classer huitièmes de la Conférence Est. Néanmoins, les hommes de James Borrego ne possèdent que deux matchs d’avance sur le neuvième, Detroit. Il va ainsi falloir batailler sévère pour retrouver le doux parfum des Playoffs, qu’ils n’ont plus connu depuis bientôt trois ans. Pour cela, et comme en 2015-16 (époque de la dernière qualification en postseason des Frelons), Charlotte aura besoin d’un grand Nicolas Batum. Cependant, le Français vit une campagne bien compliquée jusqu’à présent. Avec des moyennes de 9,3 points, 5,2 rebonds et 3,4 passes, Batman réalise actuellement sa pire saison au scoring depuis son année rookie. Pourtant, avec 46,4% de réussite aux tirs et 40,4% de réussite à trois points, Nico n’a jamais été aussi adroit sous les couleurs des Hornets. Mais ne comptez pas sur lui pour s’alarmer sur ses statistiques. Batum ne s’est jamais considéré comme étant un pur scoreur ou un go-to-guy et il a réussi en étant efficace autrement.

« Depuis que je suis pro, je n’ai jamais été ce genre de gars qui va inscrire 25 points par match. Quand j’étais en France, les gens disaient ‘Il n’ira jamais en NBA’ car je ne marquais jamais 20 points mais je terminais avec 14 points, 5 rebonds et 6 passes. »

Néanmoins, depuis quelques jours, l’ailier de 30 ans semble aller mieux et se sent plus à l’aise dans l’attaque de Charlotte. Pour preuve, il reste sur ses deux meilleurs matchs de la saison, avec 18 et 19 points inscrits à Memphis puis à Milwaukee. Pour la deuxième fois de la saison, Nicolas Batum a enchaîné deux rencontres à 10 unités ou plus. Des prestations qui font plaisir à voir mais qui peuvent aussi raviver les rumeurs de trade, à quelques jours de la deadline. Début janvier, les Hornets semblaient disposés à échanger le Français. Son profil de couteau-suisse laissant le jeu venir à lui et peu demandeur de tickets shoots devrait intéresser pas mal de franchises. Seul hic, le contrat de 120 millions de dollars sur cinq ans signé par l’ailier à l’été 2016. Au sortir de sa meilleure saison en carrière, Batum a plutôt bien profité de l’explosion du salary cap. En touchant 24 millions de dollars en 2018-19, il s’agit carrément du 35ème joueur le mieux payé de NBA. Pour bien situer, Nico gagne plus que Kawhi Leonard, Kyrie Irving ou encore Klay Thompson. Et cela ne s’arrangera pas avec le temps puisqu’il touchera 25 millions dans un an puis 27 millions dans deux ans, s’il ne lève pas l’option joueur dont il dispose. Enfin, pour aller plus loin, jamais un joueur n’avait autant gagné dans l’histoire de Charlotte, tous sports confondus. Forcément, les performances du Frenchie sont scrutées par les fans et les observateurs et il en est conscient.

« Je ne me suis jamais préoccupé de ce que les personnes en dehors du basket pensaient de moi. Les entraîneurs ou les joueurs me disent ‘J’adore jouer avec toi’. Les autres, je ne m’en soucie pas. Cela ne signifie pas pour autant que je me considère comme étant un grand joueur. Je fais beaucoup d’erreurs sur le terrain et je réalise aussi des mauvais matchs. Certaines critiques sont justifiées, ça ne fait aucun doute. »

Avec l’entrée dans le cinq de départ de Jeremy Lamb, à la place de Michael Kidd-Gilchrist cette année, Nicolas Batum a vu son rôle se réduire en attaque avec moins de tickets shots et davantage de jeu sans ballon. Ce qui se traduit forcément dans les stats puisque l’ancien espoir du MSB n’a jamais aussi peu tenté sa chance depuis son année rookie (7,2 tirs par match). De plus, son usage rate s’élève à seulement 13,2%, s’agissant ainsi du plus faible total de sa carrière. À ce niveau, l’arrivée de Tony Parker joue forcément puisqu’elle lui a enlevé des responsabilités dans l’animation offensive et la création. Néanmoins, l’impact de Nico s’est renforcé en défense puisqu’on lui demande désormais de s’occuper du meilleur extérieur adverse. Son coach, James Borrego, loue d’ailleurs le fait qu’il n’ait jamais entendu Batum se plaindre de son statut et de son nouveau rôle cette saison. Les deux intéressés l’expliquent à Rick Bonnell.

« Quand il y a un changement de rôle, ce n’est jamais simple. Surtout quand tu as été celui à qui on demandait de créer et porter la balle durant toute ta carrière. La mission de Nico est double désormais. Il est l’un de nos meilleurs défenseurs et se charge du meilleur extérieur adverse chaque soir alors qu’avant, c’était MKG [Michael Kidd-Gilchrist, ndlr] qui s’en occupait. En attaque, c’est un défi pour lui de trouver sa place car c’est quelqu’un qui a besoin de toucher la balle pour être en rythme. Mais il a compris comment nous essayons de jouer, avec du mouvement et plusieurs joueurs qui portent la balle. » – James Borrego

« Mon rôle a drastiquement changé cette année. On ne me demande pas de faire les mêmes choses que les années précédentes donc c’est différent. Ça m’a pris un peu de temps pour m’ajuster et pour comprendre mon rôle. J’étais un petit peu perdu mais je commence à trouver mon rythme depuis quelques semaines. […] Chaque soir, je dois me coltiner un sacré joueur sur les ailes ou parfois à la mène. Lorsque je m’occupe d’un meneur, je dois le couper de la balle et le ralentir sur tout le terrain. En attaque, il y a aussi eu du changement. Je savais que Jeremy [Lamb, ndlr] allait avoir besoin de la gonfle et prendrait plus de shoots que MKG. Mais cela ne me dérange pas, l’équipe a besoin de ça. » – Nicolas Batum

Steve Clifford, ancien coach de Charlotte, expliquait en 2016 que Nicolas Batum n’avait pas besoin d’être quelqu’un d’autre pour justifier son énorme contrat. Quand les Hornets ont remporté 48 matchs en 2015-16, Batum était valuable en compilant points, rebonds, passes et interceptions. Pas en inscrivant 25 points par match car il n’en est pas capable et ne dispose pas de la panoplie pour. Charlotte et Nico n’ont d’ailleurs jamais été aussi bons que dans cette configuration. Justement, lorsque Rick Bonnell demande au Français quelle place occupe le scoring sur son échelle des priorités, il répond en évoquant Scottie Pippen, son joueur préféré. Une légende qui a su se mettre au service de l’équipe et d’un énorme scoreur pour gagner, en faisant le sale boulot et en étant bon dans différents domaines. Un joueur qui se rapproche de sa vision et définition du basket.

« Il y a des joueurs qui veulent scorer pour gagner. D’autres scorent pour gonfler leurs stats, pour décrocher un gros contrat, pour avoir plus de temps de jeu ou pour rester dans la Ligue. Moi, ce ne sont pas les chiffres qui m’intéressent mais la défense. Si tu ne défends pas, cela va poser problème. Je ne me soucie pas de moi, je pense d’abord à l’équipe. Depuis que je suis arrivé à Charlotte en 2015, j’ai toujours pensé à l’équipe en premier. »

En faisant passer l’équipe avant sa propre situation personnelle, Nicolas Batum est très apprécié, écouté et respecté de ses coéquipiers. Il est également considéré par son board, comme le prouve le recrutement de son pote Tony Parker l’été dernier. C’est effectivement Batman qui a poussé pour que les Hornets signent l’ancien Spur, un joueur capable d’apporter à l’équipe de par son expérience et son vécu. Tout en étant en mesure d’aider Kemba Walker (et Batum) dans la gestion de la gonfle, en le déléguant de certaines responsabilités liées à la création. Une acquisition utile et intelligente, qui sera très précieuse à Charlotte au moment d’attaquer la dernière ligne droite de l’exercice 2018-19.

Cette saison, Nicolas Batum a connu une nouvelle étape dans sa carrière et dans son jeu. À 30 ans, le Français a dû se réinventer (poke Melo) en trouvant le juste équilibre pour être efficace en attaque, tout en ayant moins souvent la balle entre les mains. Désormais moins intense et importante, l’énergie offensive de Batman s’est propagée et redistribuée de l’autre côté du parquet puisqu’il défend à chaque rencontre sur les meilleurs attaquants de NBA. Certes, cette étape le met moins en valeur d’un point de vue personnel mais, collectivement, elle est extrêmement précieuse pour ses Hornets. Et c’est bien là l’essentiel pour Nico.

Source texte : The Charlotte Observer

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