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La story d’Élie – Episode #6 : Élie Okobo n’est pas à la fête lors de la période dédiée, vivement la nouvelle année

Elie Okobo

Pour Élie Okobo, fortuite fut l’année 2018, pleine de joie et de teuf doit être l’année 2019.

Oh my, here we are. Dans le dictionnaire, à côté du terme « ascension fulgurante », vous trouverez une photo d’Élie Okobo. Le gamin de Bordeaux, passé à la postérité à la mène avec l’Élan Béarnais, a fait le grand saut le 22 juin 2018, où il a été sélectionné par les Suns à la 31ème position de la Draft. Du talent plein les doigts, des rêves de gosse plein la tête, le jeune frenchie débarque aux States avec l’insouciance de la jeunesse. De quoi lui dédier une rubrique bimensuelle afin de suivre son évolution lors de son année rookie dans la Grande Ligue. C’est parti mon Élie, sixième épisode pour l’entrée dans le grand bain.

# RETOUR SUR SES DERNIÈRES PERFORMANCES

NBA :

  • 26 décembre @ Orlando Magic (victoire 122 à 120) : 24 minutes de jeu, 9 points (à 4/7 au tir, dont 1/2 du parking), 1 rebond, 1 faute, 1 balle perdue
  • 29 décembre @ Denver Nuggets (défaite 122 à 118) : 10 minutes de jeu, 0 points (à 0/3 au tir, dont 0/1 du parking), 2 assists, 1 faute, 1 balle perdue

Statistiques sur la saison NBA: 20 rencontres disputées (4 fois titulaire), 19,5 minutes de jeu, 6,5 points (à 38,1% au tir dont 26,9% du parking, 92,9% aux lancers-francs), 2,4 assists, 2 rebonds, 0,8 interception, 0,2 block, 2,6 fautes, 1,5 balle perdue.

G League (Northern Arizona Suns) :

  • 16 décembre vs Memphis Hustle (défaite 119 à 79) : 28 minutes de jeu, 14 points (à 5/13 au tir, dont 3/9 du parking, 1/1 aux lancers-francs), 6 assists, 3 rebonds, 1 interception, 1 block, 2 fautes, 3 balles perdues
  • 19 décembre @ Windy City Bulls (défaite 99 à 87) : 38 minutes de jeu, 12 points (à 4/11 au tir, dont 3/8 du parking, 1/2 aux lancers-francs), 6 assists, 4 rebonds, 3 interceptions, 1 block, 3 fautes, 4 balles perdues
  • 21 décembre @ Erie Bayhawks (défaite 106 à 95) : 40 minutes de jeu, 21 points (à 8/21 au tir, dont 4/14 du parking, 1/2 aux lancers-francs), 14 assists (career-high), 5 rebonds, 2 interceptions, 1 block, 1 faute, 4 balles perdues

Statistiques sur la saison en G League : 7 rencontres disputées (7 fois titulaire), 36,3 minutes de jeu, 18,6 points (à 39,3% au tir, dont 32,4% du parking, 65,2% aux lancers-francs), 7,9 assists, 4,7 rebonds, 1,4 interception, 0,3 block, 2,7 fautes, 3,3 balles perdues.

Il y a deux semaines, nous avions laissé notre Élie national en G League avec les Northern Arizona Suns, avec qui il avait réalisé une jolie performance (22 points, 5 assists, 4 rebonds) le 13 décembre dernier. De quoi le rapatrier dans le roster principal des Suns après deux rencontres à l’échelon inférieur ? Que nenni. Élie Okobo a beau être aussi irrésistible qu’un sch(okobo)n, son aventure avec la franchise affiliée à Phoenix a continué une petite semaine de plus, avec des fortunes diverses.

Le jeune cactus noircit les feuilles de match, grâce aux gros temps de jeu qui lui sont accordés. Toutes les catégories statistiques y passent, y compris les blocks ! Dépositaire du jeu et arme offensive de premier choix, il a pu prendre quinze shoots en moyenne lors de ces trois rencontres. Les pourcentages, à deux points ou derrière l’arc, sont largement améliorables. Le volume, lui, est présent, et c’est bien ce qu’on lui demande dans cette configuration : prend ta chance, n’hésite pas, fais jouer et joue. Les qualités naturelles de Swaggy E lui permettent d’être un point guard moderne : une bonne vision de jeu, de belles qualités de passe et d’organisation, et la possibilité de se muer en shooteur, d’attaquer également pour lui. La démonstration en est faite lors de l’opposition face aux Bayhawks d’Erie, équipe affiliée aux Hawks d’Atlanta. 21 points à 8/21, 14 assists (nombre impressionnant dont nous reparlerons), ça envoie du steak, et ça ambiance du côté de l’estuaire de la Gironde.

L’accumulation des prestations de bonne facture valent au numéro 2 des Suns un rappel de la part de sa franchise, le 22 décembre, à l’aube d’un back-to-back, à Washington et à Brooklyn. Deux rencontres auxquelles E.O. ne prendra pas part. Les fêtes s’annoncent alors bien ternes pour Élie Okobo. Cependant, miracle de cette période de l’année, comme un cadeau de Noël commandé à l’arrache sur internet deux jours avant la date butoir, le présent du Frenchie débarque le 26 décembre, à Orlando. Une fois l’emballage déchiré, il découvre que le père Kokoskov lui a dégoté 24 minutes pour aller s’exprimer sur le parquet, et ce, lors d’une victoire. La perf’ n’est pas folle, non. Tant pis. Le gamin formé à la JSA fait de son mieux pour faire ses preuves. Après le Magic, retour à la casa pour affronter OKC. Devinez qui ne jouera pas une seule minute ? Bingo, Okobo. Le lendemain, devinez qui rejoue ? Vous l’aurez compris, la gestion d’Élie Okobo est assez déroutante, tout comme, de manière plus élargie, celle des Suns.

# ÉLIE OKOBO TRIMBALÉ ENTRE G LEAGUE, BANC ET CINQ MAJEUR, DES TRANSFERTS INUTILES, DES VICTOIRES INCOHÉRENTES, BIENVENUE DANS LE DOUX MONDE DES SUNS

Virer son GM en place depuis cinq ans seulement une semaine avant le début de la saison ? Check. Engager un remplaçant de moins de 40 ans presque sans aucune expérience au poste ? Check. Passer une demi-saison à soi-disant chercher un meneur pour tanker tranquillement ? Check. Gagner cinq rencontres en six matchs alors qu’on était loin devant dans la course vers Zion Williamson le first pick de l’été 2019 ? Karma. Cheh.

Pour résumer la première partie de saison dans l’Arizona, veuillez voir ci-dessus. Les résultats n’étant pas bien brillants sur les dernières années du côté de Phoenix, le but était de retrouver au moins de la stabilité, des bases solides, après l’ère Nash-Stoudemire. Ryan McDonough, engagé en 2013, a certes eu du mal à redresser la barre rapidement. Peut-être a-t-il fait des erreurs (même s’il a drafté Devin Booker). Mais virer son general manager à huit jours du début d’une nouvelle saison, c’est du grand art. Ok, James Jones est là pour assurer l’intérim, à l’origine. Mais lorsque l’on a été pendant des années le toutou l’ami de LeBron, qui le suit partout, c’est difficile de décider par soi-même, et a fortiori, pour une franchise, non ? Bah non, allez, on est les Suns, on est des fifous, nouveau coach, nouveau GM, équipe renouvelée, c’est la révolution, on va couper la tête à Louis XVI.

L’effectif du début de saison est intéressant. Du talent, de la pépite, il y en a plein le vestiaire. Beaucoup de jeunes (dont quatre rookies), un peu d’expérience, un coach à l’européenne, Devin Booker qui ne veut plus rater les Playoffs, une mini-hype s’installe du côté de l’Arizona. Même si, ok, on sait déjà qu’il y a un problème à la mène. Isaiah Canaan titulaire, lui qui coupait les citrons à Houston, ça pue. Catapulter un rookie drafté au deuxième tour dans le cinq majeur, qui plus est à la mène ? Du suicide. Pas grave ? Pas grave. « Venez les gars, on fait genre qu’on cherche un meneur pour se renforcer, mais en fait on s’en fout, on va envoyer les jeunes au charbon, tanker en loosedé, et ça va même pas se remarquer, hihihi ». On croit pourtant à des avancées à ce niveau en cours d’année. La signature de Jamal Crawford peut être une bonne option pour avoir un meneur porteur de balle pour la second unit. L’arrivée d’Austin Rivers sonne presque comme la fin des recherches. Ça y est, ça va être la chance tant rêvée par le fiston de Doc. Let’s go Austin, donne tout…

Ah non, Austin Rivers transite juste par Phoenix, et s’en va sous d’autres cieux. Balancez-moi entre temps un Trevor Ariza, joueur archi-précieux dans un collectif, contre 100 balles, et 1 paquet de Célébrations (quand même), et le merdier est sublime. Résultat des courses à presque mi-saison ? Ariza plus là, on a récupéré un jeune homme instable (Oubre Jr.), James Jones se tape des barres avec son joujou. Ah oui, et cerise sur le pancake, lorsque tu fais tout pour que ton bilan soit éclaté complet, que t’es à 4 wins – 24 losses, et que tu gagnes cinq rencontres sur six possibles, on frôle le génie là. Mais les Einstein qui peuplent le board des Suns ne s’arrêtent pas là, non non, ils continuent à jouer à pile-ou-face pour gérer les décisions à la mène de la franchise.

Si la décision est actée de ne pas choper un gros poste un de tout l’exercice 2018-19, soit. Très bien, des solutions existent. Place au développement. Soit de Devin Booker à la mène, une volonté d’Igor Kokoskov, soit d’un des petits jeunes qui peuvent tenir le poste, De’Anthony Melton ou Élie Okobo. Par contre, il faut trancher. Les trois en même temps, ce n’est pas possible. Définir une hiérarchie, un titulaire fixe, un back-up, c’est pas si compliqué et en plus, c’est utile. Quand Devin Booker était blessé, ok, c’était compliqué de fixer quelque chose. Désormais, l’homme aux 70 puntos est bien là, et rien ne s’est passé. Tantôt poste 1 ou 2, il alterne. De’Anthony Melton est installé dans le roster principal. Depuis un mois, pas de G League pour lui, une manière d’apporter de la stabilité. Bah non, autant le titulariser parfois, lui faire jouer 35 minutes, puis le faire sortir du banc pour jouer un quart d’heure. Dur de s’adapter dans ces conditions. Et bien, c’est encore plus difficile pour notre Frenchie ces derniers temps, qui enchaîne les aller-retours entre la NBA et sa petite sœur. Malgré tout, avec le sérieux et le professionnalisme qui le caractérisent, Élie Okobo donne tout, reste consistant, et fait le taf, tout en gardant sa bonne humeur, et son éthique de travail.

La personnalité de Swaggy E semble plaire aux fans de sa franchise, qui voient également en lui un talent de demain, ou d’après-demain. Les messages d’encouragements affluent de toute part, de Bordeaux, de Pau, de Phoenix. Il n’y a pas de quoi se presser, à 21 ans. Le travail, l’entraînement, le collectif, voilà les mots d’ordre d’Élie dans cette année rookie. Avec la bonne mentalité, on peut avancer plus vite, plus loin. Cela permet d’être irréprochable, de se faire apprécier de ses coéquipiers, de son management, mais aussi du public. L’engouement est de mise, puisque certains n’hésitent pas à afficher leur préférence pour le gaucher Frenchie.

Même faits de bric et de broc, les maillots d’Élie Okobo ont du succès. Numéro 2 des Suns, on ne peut souhaiter à notre Frenchie que de progresser et de se faire une vraie bonne place dans la Ligue, à l’image de son prédécesseur de maillot, Eric Bledsoe. Que ce soit en NBA ou en G League, il ne fait pas de différence et porte fièrement son jersey et son numéro. C’est de notoriété commune, la division inférieure a du bon pour les jeunes joueurs. Expérience, temps de jeu et confiance sont autant de choses qu’on peut y emmagasiner. Mais on peut également poster des performances très solides en termes statistique. C’est ce qu’a pu faire l’ancien Palois ce 21 décembre, avec les Northern Arizona Suns.

Quatorze passes décisives, c’est bien évidemment un record en carrière pour notre Élie national. Même si ce n’est « que » en G League, le chiffre est clinquant. Que ce soit en Pro A, en R3 ou sur un playground, faut les planter, les 14 caviars. Ce n’est pas tous les jours qu’un Français réalise telle performance outre-Atlantique.

Classement des meilleures performances personnelles en nombre de passes décisives sur un match pour les Français passés en NBA :

  1. Tony Parker : 18
  2. Boris Diaw : 16
  3. Nicolas Batum : 16
  4. Élie Okobo : 14 
  5. Joakim Noah : 14
  6. Frank Ntilikina : 11
  7. Evan Fournier : 10
  8. Nando De Colo : 9
  9. Ronnie Turiaf : 8
  10. Mickaël Gélabale : 7
  11. Rudy Gobert : 7
  12. Rodrigue Beaubois : 7
  13. Tariq Abdul-Wahad : 6
  14. Mickaël Pietrus : 6
  15. Ian Mahinmi : 5
  16. Kévin Séraphin : 5
  17. Timothé Luwawu-Cabarrot : 5
  18. Guerschon Yabusele : 5
  19. Alexis Ajinça : 4
  20. Johan Petro : 4
  21. Joffrey Lauvergne : 4
  22. Yakhouba Diawara : 4
  23. Jérôme Moïso : 3
  24. Antoine Rigaudeau : 3
  25. Axel Toupane : 2
  26. Damien Inglis : 2
  27. Pape Sy : 2

Top 5 pour Swaggy E, même si cette performance a été réalisée en G League. Lorsque l’on voit les noms au-dessus, cela fait légèrement rêver. Il faudra répéter ce type de performances, à l’échelon supérieur également.

# LE PROGRAMME DE SWAGGY E

Deux prochaines semaines :

  • 1 janvier vs Golden State Warriors
  • 3 janvier vs Philadelphia 76ers
  • 5 janvier vs Los Angeles Clippers
  • 7 janvier vs Charlotte Hornets
  • 9 janvier vs Sacramento Kings
  • 10 janvier @ Dallas Mavericks
  • 13 janvier vs Denver Nuggets

Cinq matchs à la Talking Stick Resort Arena pour attaquer l’année, sympathique comme programme pour Phoenix. Des morceaux de choix vont se présenter aux Suns, comme si les fêtes n’avaient pas été assez remplies de victuailles. Pour Élie Okobo, ça s’annonce charmant. Parmi les probables vis-à-vis du Frenchie, on compte Stephen Curry, Shaun Livingston, Ben Simmons, Patrick Beverley, De’Aaron Fox… Appétissant. Il aura peut-être l’occasion de se mesurer à l’exemple national au poste de meneur de jeu, le 7 janvier. Non, Swaggy E ne va pas affronter Freddy Fautoux, ni Laurent Sciarra, mais bien Tony Parker, ainsi que Nicolas Batum.

Le seul déplacement de la prochaine quinzaine s’annonce coton pour les Suns. Aller jouer chez une des franchises les plus hype du moment, c’est pas si simple. Doncic est un pyromane, Dallas est en feu, et les Cactus ne pourront qu’aider à la propagation de l’incendie. Enfin, retour à domicile, pour faire face à leur match-up d’hier soir, les Nuggets. Si le rookie tricolore prend part au jeu, il croisera peut-être le chemin de Jamal Murray, en rut hier soir avec ses 47 unités. Hiver ou pas hiver, altitude ou pas altitude, ça a chauffé à Phoenix ce samedi, et ce n’est pas fini. Warriors, Clippers, 76ers et compagnie peuvent continuer de faire augmenter la température. À moins que ce ne soit Devin Booker qui en lâche 70 dans une défaite… Ou Élie Okobo qui nous pose un 20-10 bien propre sur la tête du pitbull PatBev. Qui est pour ?

Ce n’est plus un secret pour personne, la saison des Suns est déjà complètement foutue, et on pourrait presque appliquer le même qualificatif au management de Phoenix. On peut au moins se dire que plus la saison avancera, plus il y aura du temps de jeu pour les jeunes joueurs dans l’Arizona. En attendant, Élie Okobo ne lâche rien. Swaggy E continue à bosser sérieusement. Un peu plus d’apparitions avec Booker, Ayton et compagnie, on ne serait pas contre, on l’avoue. Le rookie Bordelais trace sa route, droit dans ses bottes, et fait kiffer les fans de la balle orange dans l’Hexagone, et ailleurs. La belle histoire continue de s’écrire pour Mr Okobo, rendez-vous le dimanche 13 janvier pour le septième volet de la story d’Élie.

Source texte : Twitter/@nazsunsTwitter/@ElieOkobo_0, Twitter/@Suns

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