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La story d’Élie – Episode #5 : le changement, c’est tout le temps, Élie Okobo le vit à ses dépens

Elie Okobo

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Source image : YouTube

Oh my, here we are. Dans le dictionnaire, à côté du terme « ascension fulgurante », vous trouverez une photo d’Élie Okobo. Le gamin de Bordeaux, passé à la postérité à la mène avec l’Élan Béarnais, a fait le grand saut le 22 juin 2018, où il a été sélectionné par les Suns à la 31ème position de la Draft. Du talent plein les doigts, des rêves de gosse plein la tête, le jeune frenchie débarque aux States avec l’insouciance de la jeunesse. De quoi lui dédier une rubrique bimensuelle afin de suivre son évolution lors de son année rookie dans la Grande Ligue. C’est parti mon Élie, cinquième épisode pour l’entrée dans le grand bain.

# RETOUR SUR SES DERNIÈRES PERFORMANCES

NBA :

  • 2 décembre @ Los Angeles Lakers (défaite 120 à 96) : 30 minutes de jeu, 3 points (à 1/9 au tir, dont 1/2 du parking), 4 assists, 1 rebond, 1 faute, 3 balles perdues
  • 4 décembre vs Sacramento Kings (défaite 122 à 105) : 26 minutes de jeu, 6 points (à 3/8 au tir, dont 0/4 du parking), 1 assist, 3 rebonds, 1 block, 5 fautes, 2 balles perdues
  • 6 décembre @ Portland Trail Blazers (défaite 108 à 86) : 28 minutes de jeu, 11 points (à 5/13 au tir dont 1/4 du parking), 1 assist, 5 rebonds, 1 interception, 1 block, 6 fautes, 2 balles perdues
  • 7 décembre vs Miami Heat (défaite 115 à 98) : 22 minutes de jeu, 4 points (à 2/5 au tir dont 0/2 du parking), 5 assists, 5 rebonds, 2 interceptions, 5 fautes, 3 balles perdues
  • 10 décembre vs Los Angeles Clippers (défaite 123 à 119) : 23 minutes de jeu, 2 points (à 1/5 au tir, dont 0/2 du parking), 4 assists, 2 rebonds, 5 steals, 3 fautes, 2 balles perdues

Statistiques sur la saison NBA: 18 rencontres disputées (4 fois titulaire), 19,8 minutes de jeu, 6,7 points (à 37,9% au tir dont 26,5% du parking, 92,9% aux lancers francs), 2,6 assists, 2,1 rebond, 0,8 interception, 0,2 block, 2,7 fautes, 1,4 balle perdue.

G League (Northern Arizona Suns) :

  • 11 décembre vs Capital City Go-Go (défaite 108 à 102) : 40 minutes de jeu, 24 points (à 8/20 aux tirs, dont 4/12 du parking, 4/6 aux lancers-francs), 8 assists, 3 rebonds, 2 interceptions, 1 faute, 3 balles perdues
  • 13 décembre @ Salt Lake City Stars (défaite 109 à 97) : 38 minutes de jeu, 22 points (à 8/18 aux tirs, dont 4/10 du parking, 2/4 aux lancers-francs), 5 assists, 4 rebonds, 4 fautes, 4 balles perdues

Statistiques sur la saison en G League : 4 rencontres disputées (4 fois titulaire), 36,8 minutes de jeu, 20,8 points (à 40,3% au tir, dont 32,5% du parking, 66,7% aux lancers francs), 4,5 assists, 7,8 rebonds, 1 interception, 3,3 fautes, 3 balles perdues.

Il y a deux semaines, nous nous étions laissés sur une très belle note du côté de notre Élie Okobo national. Le rookie signait alors son career-high (19 points) face à de coriaces Clippers. C’est de notoriété commune, rien n’est jamais acquis en NBA, surtout lorsque l’on est un jeune joueur. Il faut savoir faire ses preuves à chaque instant, et saisir toute opportunité. Mettre à profit le temps qu’on a sur le terrain avant que les choses changent. Sur ces deux dernières semaines, le Frenchie a eu du temps de jeu (26 minutes en moyenne sur cinq rencontres), mais n’a pas su réitérer le même type de performance que contre les gars de Doc Rivers fin novembre. Les pourcentages sont en berne pour Swaggy E. Il a essayé de se démener à la mène pour driver son équipe en l’absence de Devin Booker, il s’avère que la tâche était compliquée.

Même s’il est parvenu à augmenter sa productivité au rebond et à la passe pendant ces cinq oppositions, même s’il a signé un record en carrière pendant la quinzaine (voir plus bas), les résultats sont évidemment mauvais, la confiance s’estompe légèrement. Okobo n’est plus titulaire même en l’absence du franchise player des Suns. Non, il est victime du retour en forme de De’Anthony Melton, son concurrent direct au poste 1. Ce dernier a signé son meilleur match au scoring en carrière face à Sacramento, en plantant 21 unités. Igor Kokoskov n’est pas aveugle, il a remarqué la bonne forme du ricain, qui enchaîne les grosses performances, dépassant régulièrement la barre des 10 points scorés, et noircissant les feuilles de match, comme ce 13 points/8 assists/4 rebonds contre les Clippers, ou le 17 points/6 assists/7 rebonds face à San Antonio. Alors, la conséquence plus ou moins directe et logique est le retour de notre Élie Okobo national en G League, chez les Northern Arizona Suns.

Une punition ? Non, non. Aucune raison de monter sur ses grands chevaux et de faire le kakou, Élie est là pour apprendre, il le sait. Pour la deuxième fois cette saison, il effectue un petit séjour à l’échelon inférieur. Un passage par la G League, c’est un plein de confiance pas cher (au prix de l’essence aujourd’hui, ça laisse songeur). Le 11 décembre, Swaggy E va donc faire un tour du côté de la franchise des Suns, mais en Ligue mineure. Et le moins que l’on puisse dire, c’est qu’il a rapidement mis le pied à l’étrier.

Boom. 24 points, 8 passes décisives, 3 rebonds et 2 steals face au Capital City Go-Go (franchise affiliée aux Wizards) que demande le peuple ? Encore. La performance signée deux jours plus tard face au Salt Lake City Stars est également de très bonne facture. Les victoires ne sont pas là pour lez NAZ Suns, ce n’est pas le plus important. Le travail continue, l’accumulation d’un gros temps de jeu (78 minutes en deux rencontres), et de nombreux tickets shoots (38 en deux matchs) permet à la soyeuse papatte gauche tricolore de se lâcher, se faire plaisir, et augmenter son niveau de confiance avant de revenir dans le roster principal de Phoenix. Retour qui, on l’espère, ne saurait trop tarder. Cependant, les choses bougent tant en l’espace de deux semaines, qu’on est passé d’un statut de titulaire par intérim pour le Frenchie à option n+x à la mène.

# UNE SAISON ROOKIE CHEZ LES SUNS EST UN TUMULTE, RIEN N’EST FIGÉ POUR ÉLIE OKOBO COMME POUR LES AUTRES

Faire une saison rookie chez les Suns, c’est comme s’asseoir sur un cactus. C’est piquant, incertain, et tu ne sais jamais si tu vas t’en relever. Le cadre dans lequel se déroule la première saison de Swaggy E outre-atlantique n’est pas idyllique. Ce n’est jamais parfait, mais cela paraît plus évident à gérer lorsque l’on débarque dans une franchise qui possède une solide ossature, présente depuis des années, qui parvient plus facilement à intégrer et à conseiller les jeunes joueurs. Déjà que le terme « équipe NBA » est un antonyme de stabilité, le fait de débarquer dans une franchise en (re)construction ne facilité pas le processus. C’est le cas des Suns, qui avec une escouade remplie de jeunes talents, à souhaite retrouver les sommets à moyen/long terme. Forcément, le quotidien n’est pas toujours tout rose à Phoenix, et c’est un autre moyen d’apprendre comment se comporter, vivre, être et exister en NBA. Une manière plus dure, où un mental d’acier est nécessaire pour se construire, et continuer à lever la tête face aux difficultés. Le monde de la Grande Ligue est immense, c’est une énorme machine dans laquelle tant de choses se passent. Tantôt on est mis au placard, tantôt on est sous la lumière des projecteurs. Un coéquipier peut-être transféré sans raison apparente, on peut descendre en G League à tout moment, on peut croiser un vétéran qui nous à tant inspiré sur les parquets, et jouer contre lui lors de sa dernière saison…


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Jouer contre quelqu’un qui est de 15 ans ton aîné, quand c’est en D3, c’est relou parce que c’est un daron de 120 bombes qui te boxe comme jamais au rebond. Quand c’est en NBA et que c’est Dwyane Wade, c’est quand même plutôt sympathique. En tant que jeune joueur, l’opportunité de pouvoir se confronter aux stars de sa jeunesse est une immense chance. Quasiment unique sur ce cas particulier, Flash prenant sa retraite à la fin de l’exercice 2018-19. Le respect des rookies pour les anciens est un fil conducteur dans cette ligue. Les plus jeunes n’hésitent jamais à rendre hommage à ceux qui les ont inspiré pendant tant d’années, comme le fait Élie Okobo avec deux messieurs légèrement plus proches de la fin que du début de leur carrière.

Mhh, quoique. Même si Jamal Crawford va avoir 39 ans au cours de la saison actuelle, le dribbleur fou atteint de la maladie de Pharrell semble pouvoir encore briser des chevilles et des reins pendant une décennie. J-Crossover est un des rares vétérans à porter le jersey des Suns cette année. Difficile d’encadrer tout un groupe de jeunes de moins de 25 ans lorsqu’on est le seul expérimenté du roster (Ryan Anderson ne compte pas, il hiberne). Ah, si, il y avait bien Trevor Ariza qui, dans l’Arizona, pouvait également tenir ce rôle de conseiller et de mentor auprès de Swaggy E et des autres, mais le management à décider de le trader direction Washington contre un pète-testicules et un énervé du ciboulot (on vous laisse choisir qui est qui). Rien n’est impossible en NBA. Austin Rivers, 26 ans, pour gérer une équipe, et jouer le rôle d’un vétéran ? Il en est complètement capable, évidemment. C’est un jeune homme posé, avec la tête sur les épaules.

Au-delà du caractère bien trempé que possède le fils de Doc, son arrivée change pas mal de choses pour les Suns, en particulier pour Rookobo (wouah, les néologismes). On pensait Phoenix et son GM, James Jones, à la recherche d’un vrai bon meneur vétéran capable de driver cette équipe. Preuve est qu’ils n’ont pas trouvé chaussure à leur pied. Austin Rivers n’a pas vraiment le profil d’un titulaire à la mène dans une franchise NBA, Devin Booker devrait ainsi être développé au poste un. Et ça, ce n’est pas forcément la meilleure nouvelle de la semaine pour Élie Okobo. Booker titulaire, l’ancien Clipper devrait être une rotation prioritaire sur les postes 1 et 2 en sortie de banc, aux côtés de Jamal Crawford, son ancien coéquipier de Los Angeles. De’Anthony Melton est plutôt en forme, coach Kokoskov devrait ainsi continuer à lui donner du temps de jeu tant qu’il est chaud. Rajoutez à tout cela la signature du two-way contract de Jawun Evans il y a une semaine, et ça sent le roussi. Lui aussi, ancien Voilier, a déjà eu du temps de jeu à trois reprises pendant que le Frenchie formé à la JSA jouait avec les Northern Arizona Suns.

Booker, Rivers, Melton, Evans, Okobo, cela commence à faire du monde au poste 1 à Phoenix. Toute la hiérarchie semble être à redessiner pour le coach Serbe, il y a du boulot. Jawun Evans paraît légèrement en-dessous du fait de la nature de son contrat. Les quatre autres ont par contre des chances d’avoir du temps sur le parquet. Il va donc falloir se battre pour notre Élie Okobo national afin de faire sa place. Il risque d’y avoir des séquences avec Booker en 1, d’autres avec Rivers en 1 et Booker en 2. On n’a rien contre Austin, mais son plafond n’est pas non plus très élevé. L’ancien Palois doit faire ses preuves pour être dans la rotation. Cela passe par de l’investissement continu à l’entraînement, bien sûr, mais aussi par des performances lors des rencontres NBA. Défendre fort, driver l’équipe, marquer des points, Swaggy E en est capable. Il peut se dépasser, et battre ses records personnels. Il en a battu deux sur cette dernière quinzaine : son nombre de fautes en un match. 6 fautes, fouled out pour la première fois de sa carrière, cela ne restera pas dans les annales. Le deuxième porte par contre sur les interceptions. Le numéro 2 des Suns en a réalisé cinq face aux Clippers le 10 décembre. Ce qui le porte haut au classement de la meilleure perf’ aux interceptions pour un français en NBA.

Classement des meilleures performances personnelles en nombre d’interceptions sur un match pour les français passés en NBA :

  1. Ian Mahinmi : 7 steals
  2. Tony Parker : 6 steals
  3. Tariq Abdul-Wahad : 6 steals
  4. Nicolas Batum : 6 steals
  5. Frank Ntilikina : 6 steals
  6. Joakim Noah : 5 steals
  7. Alexis Ajinça : 5 steals
  8. Nando De Colo : 5 steals
  9. Evan Fournier : 5 steals
  10. Rudy Gobert : 5 steals
  11. Élie Okobo : 5 steals
  12. Boris Diaw : 4 steals
  13. Mickaël Pietrus : 4 steals
  14. Johan Petro : 4 steals
  15. Rodrigue Beaubois : 4 steals
  16. Kévin Séraphin : 4 steals
  17. Joffrey Lauvergne : 4 steals
  18. Timothée Luwawu-Cabarrot : 4 steals
  19. Yakhouba Diawara : 3 steals
  20. Mickaël Gélabale : 3 steals
  21. Jérôme Moïso : 3 steals
  22. Axel Toupane : 3 steals
  23. Ronnie Turiaf : 3 steals
  24. Guerschon Yabusele : 2 steals
  25. Antoine Rigaudeau : 2 steals
  26. Damien Inglis : 1 steal
  27. Pape Sy : 1 steal

Entrée directe dans le top 10 pour le jeune meneur des Suns, merci Marc Toesca. Sinon, ça ne choque personne que la meilleure performance d’un français aux interceptions sur un match soit détenue par un pivot ? Ian Mahinmi est un très bon défenseur de cercle, mais il a aussi fait mieux que tout autre français dans le domaine des steals.

# LE PROGRAMME DE SWAGGY E

Deux prochaines semaines :

  • 18 décembre @ New York Knicks
  • 20 décembre @ Boston Celtics
  • 23 décembre @ Washington Wizards
  • 24 décembre @ Brooklyn Nets
  • 27 décembre @ Orlando Magic
  • 29 décembre vs Oklahoma City Thunder
  • 30 décembre vs Denver Nuggets

C’est un bon gros road-trip bien consistant qui attend Élie Okobo et ses collègues. Normalement, le Frenchie devrait faire partie du voyage, qui mènera les joueurs de Phoenix à New York en premier lieu. Le duel hypothétique entre le French Prince et Swaggy E, on a hâte de le découvrir (si du temps de jeu leur est accordé). Phoenix pourrait enchaîner sa troisième victoire consécutive (super, quand on vaut tanker). Ensuite, du très costaud attendra le Frenchie dans le Massachusetts. Kyrie Irving, Terry Rozier, Marcus Smart, il y a de quoi s’amuser un petit moment. Les retrouvailles auront lieu entre Trevor Ariza et ses anciens coéquipiers le 23 décembre dans la capitale. Élie Okobo aura alors l’occasion de croiser le chemin de John Wall (s’il n’a pas été tradé d’ici là). Dès le lendemain, il faudra aller se frotter aux Nets d’un Spencer Dinwiddie en très grande forme cette dernière semaine. Le coriace menu du road trip s’adoucira légèrement sur la fin, puisque c’est à Orlando que les Cactus achèveront leur voyage.

Les soleils rentreront par la suite dans leur Talking Stick Resort Arena, pour y accueillir deux gros morceaux de la Conférence Ouest. OKC et Beastbrook, Denver et Nikola Jokic, il y a de la déculottée dans l’air de l’Arizona. Les joueurs de Kokoskov risquent de prendre légèrement froid tant les adversaires qui se dressent face à eux paraissent supérieur. Allez, un bon four, la trentaine de points chaque soir, histoire de bien démarrer l’hiver au chaud, et tout le monde sera heureux dans les chaumières de Phoenix. La dinde de la NBA qui va se faire croquer pour les fêtes, ne la cherchez plus messieurs dames, elle a une belle peau orange, et est prête à se faire déguster par tous les affamés des franchises NBA. Elle en redemande même. Certains devraient s’en donner à cœur joie pour aggraver le bilan déjà morose des Suns (6 wins – 24 losses).

L’étau se resserre légèrement pour Élie Okobo, la concurrence s’est accrue à la mène chez les Suns. Malgré tous les bouleversements qui peuvent émerger n’importe quand, Swaggy E garde la tête sur les épaules, reste sérieux et tend à être performant. C’est le cas en G League, il va falloir reproduire cela chez sa grande sœur. Le rookie Bordelais nous fait kiffer, et encore, ce n’est que le début pour le Frenchie. La belle histoire continue de s’écrire pour Mr Okobo, rendez-vous le dimanche 30 décembre pour le sixième volet de la story d’Élie.

Source texte : Instagram/Elie_0kbTwitter/@nazsuns, Twitter/@ElieOkobo_0

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