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Le jour où Kareem Abdul-Jabbar a sorti l’aspirateur : 29 rebonds défensifs en un match, un record qui tient toujours

Kareem Abdul-Jabbar Lakers

Oui, 29.

Source : Youtube

Kareem Abdul-Jabbar est une légende de la balle orange et même du sport en général. Il a joué dans des films, il a écrit des bouquins. Il a activement milité et régulièrement pris position sur des questions de race et de religion. Il a même été ambassadeur culturel des États-Unis. C’était une icône hors des terrains et un monstre dessus. Car au-delà de ses six titres de champions et ses six trophées de MVP, celui que l’on surnommait Murdock ou tout simplement Big Fella détient plusieurs records qui tiennent toujours, comme ces 29 rebonds défensifs cueillis le 14 décembre 1975.

Quand on pense à Kareem Abdul-Jabbar on pense en priorité à ses 38 387 points inscrits au cours de son immense carrière ou à ce sky hook indéfendable qui a fait de lui une arme létale au poste bas. On pense attaque, on pense à des paniers marqués, à des défenseurs écœurés. Il ne faudrait pas pour autant en oublier – entre autres choses – la fabuleuse faculté de KAJ à collectionner les rebonds. En même temps, du haut de ses 218 centimètres, équipé de bras interminables et doté d’un sens du placement très au-dessus de la moyenne, ce bon Kareem avait toutes les armes pour dominer dans ce secteur primordial. Kareem Abdul-Jabbar – alors appelé  Lew Alcindor puisqu’il ne fera changer son nom qu’après le titre de 1971 – est arrivé en NBA en 1969. Il s’est tout de suite mis à ramasser les rebonds par dizaines, notamment sous son propre cercle. 14,5 de moyenne pour sa saison de rookie puis 16 en tant que sophomore, puis 16,6 pour sa troisième saison et 16,1 pour sa quatrième… Mais c’est seulement à partir de la saison suivante, 1973-74, que la NBA va commencer à distinguer les rebonds défensifs des rebonds offensifs dans les lignes de statistiques.

Jabbar va enfiler une cinquième et une sixième saison dans le Wisconsin avant de voir les dirigeants des cervidés accepter de l’échanger aux Lakers contre un package incluant notamment Junior Bridgeman et Elmore Smith. Monsieur Kareem avait envie de Los Angeles. Et après avoir fait partie de ces Bucks qui ont brisé la fabuleuse et inégalée série de victoires des Lakers en 1972, il a bien l’intention de leur montrer à quel point il peut être valuable en tant qu’Angelino. C’était certainement pour cela qu’il va démarrer cette saison 1975-76 pied au plancher, prêt porter une équipe pourpre et or qui n’est pas au mieux. Plus de Jerry West, plus de Wilt Chamberlain, plus d’Elgin Baylor. Les années 60 sont bien loin. Kareem Abdul-Jabbar doit se contenter d’un vieux Gail Goodrich et de Lucious Allen comme partenaires principaux, avec un Pat Riley qui sera vite tradé et pas mal de joueurs affichant tout juste un niveau de role players pour compléter le roster. Mais le pivot au goggles s’en fout royalement. Il est à L.A. pour mettre en avant son combat social mais aussi pour tout casser sur les parquets. Premier match de la saison : 27 points et 20 rebonds au Madison Square Garden. Troisième match de la saison : 30 points et 20 rebonds à Milwaukee. Réception des Sonics pour le cinquième match de l’exercice : 27 points et 24 rebonds pour eux. Les Hawks quelques jours plus tard : 39 pions et 24 rebonds.

Vous l’aurez compris, le numéro 33 des Lakers domine. Outrageusement. Il va enfiler les énormes performances avec une régularité déconcertante et nous allons tranquillement arriver à ce fameux 14 décembre 1975. Ce jour-là, le Lakers – Pistons proposé au Forum d’Inglewood n’est qu’un match entre deux équipes moyennes qui se battent pour espérer aller en Playoffs. D’ailleurs, malgré un Jabbar monstrueux sur 82 matchs, les Lakers ne remporteront que 40 rencontres et ne verront pas la lumière magique de la post-season cette année-là. Mais revenons à cet affrontement entre Los Angeles et Detroit. Les Pistons sont encore loin d’être les Bad Boys des 80’s. Ils sont en fin de road-trip et en back-to-back-to-back (calendrier, calendrier, les vrais savent). En plus, ils débarquent du côté d’Hollywood sans Bob Lanier (probablement laissé au repos après avoir déjà beaucoup donné deux soirs de suite). Ce sont donc des illustres inconnus comme Curis Rowe et Earl Williams qui vont se coltiner le bestiau Abdul-Jabbar. Et ce dernier n’en demandait pas tant pour continuer le massacre de raquettes commencé quelques semaines plus tôt. Dans cette rencontre que les Lakers vont remporter de dix unités, l’ami Kareem va envoyer 27 points (comme d’habitude on a envie de dire) accompagnés de 6 passes décisives et 8 contres mais surtout de… 34 rebonds, dont 29 pris sous son propre cercle après des ratés adverses. Ce match fait partie des trois qui ont vu Kareem Abdul-Jabbar passer la barre des 30 rebonds mais avec 29 cueillettes à but défensif, il venait là d’établir un record qui tient toujours. Un record qui a survécu à des monstres du rebond comme Wes Unseld, Elvin Hayes, Charles Barkley, Dennis Rodman et bien d’autres encore.

Bien évidemment si des gars comme Bill Russell, Nate Thurmond ou surtout Wilt Chamberlain avaient joué dans une époque où les rebonds défensifs étaient distingués des offensifs, qui sait si ce record en serait un ? Probablement pas, à cause de monsieur Wilt notamment. Mais c’est ainsi et si ce chiffre de 29 rebonds défensifs tient depuis plus de quarante ans maintenant, c’est bien le signe que le record est trèèèèèèès solide. Un record de plus pour venir garnir la longue liste des statistiques incroyables réalisées par Mister Jabbar. Notons que le bonhomme a envoyé cette année-là une de ses plus belles saisons en carrière avec 27,7 points, 16,9 rebonds, 5 passes décisives, 1,5 interception et 4,1 contres par soir. Il fut meilleur rebondeur, meilleur contreur tout en figurant parmi les meilleurs scoreurs et sera élu MVP de la régulière pour la quatrième fois de sa carrière.

Kareem Abdul-Jabbar n’a peut-être pas vu les Playoffs de 1976, mais il a tout de suite montré, en un exercice, qu’il avait l’étoffe pour porter les Lakers vers les sommets qu’ils avaient quittés quelques années auparavant. Les 13 saisons suivantes, qui le verront jouer jusqu’à ses 41 ans, ne feront qu’appuyer dans ce sens. Des titres, des performances d’une régularité folle et… des records qui tiennent très longtemps. 

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