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Steven Adams se confie dans son autobiographie : le Kiwi aurait pu ne jamais donner de fruits à la NBA

Thunder, Steven Adams

Docteur Steven, Mister Adams.

Source image : Twitter

Ce n’est jamais facile de s’intégrer dans un pays qui nous est étranger, quand bien même la langue nous est commune, comme ce fut le cas du Néo-Zélandais Steven Adams à son arrivée aux States en 2011 dans un « trou à rats », selon ses mots. Le géant, en mal du pays, était même tout près d’abandonner ses rêves de NBA pour retourner dans l’hémisphère sud. Les Stache Brothers auraient pu donc ne jamais exister. Outch.

En plus de notre dernier conseil de lecture de l’été, on vous suggérerait bien volontiers de vous procurer le livre autobiographique Steven Adams : my life, my fight, sorti aujourd’hui. Déjà pour savoir si le type met autant de blocks avec sa plume qu’avec ses grandes paluches, mais surtout parce que les premiers extraits qui en sont sortis nous apprennent à cerner un peu plus le personnage et à comprendre d’où vient sa forte personnalité. Car Steven Adams ne laisse personne indifférent sur un terrain, que ça soit par son look de bûcheron (une sorte de Kelly Olynyk qui fait peur), son jeu atypique mais terriblement efficace, en vrai 5 à l’ancienne, où ses déclarations souvent croustillantes. Mais avant d’être le Stache bro’ d’Enes Kanter et un des joueurs les plus attachants, au sens propre comme au figuré, de la NBA, Big Kiwi a été un adolescent en détresse, mal dans sa peau. La mort de son père, lorsqu’il avait 13 ans, a été sa première grosse épreuve. Le petit Steven sèche alors les cours mais le basket deviendra l’objectif de sa vie et lui permettra de garder la tête froide, aidé par ses nombreux frères et sœurs, merci la famille Adams. MVP national, en 2011, celui qui n’avait pas encore les cheveux longs et la barbe de trois mois traverse le Pacifique et atterrit dans le Massachusetts, au lycée de Fitchburg, où il passera un semestre dans « un trou à rats, tout droit sorti d’un fil d’horreur ». Été 2012, Funaki débarque en Pennsylvanie, à Pittsburg, où il y passera un an avant d’être drafté par le Thunder en 2013. Le New Zealand Herald a diffusé quelques extraits du livre, où Adams évoque cette fameuse année de NCAA.

« Lors des premiers mois à Pitt, je pensais sérieusement tout bazarder, quitter l’Amérique et revenir à la maison en Nouvelle-Zélande où je me sentais mieux. Je dirais qu’au moins la moitié des sentiments que je ressentais étaient en fait le mal du pays, rien à voir avec le basketball. Ce n’est pas facile d’être complètement seul dans une nouvelle école en même temps qu’un nouveau pays. Le conseil habituel de se faire des amis et de créer une famille n’a pas fonctionné pour moi. J’ai traversé cela avec détermination et la certitude que ce n’était pas pour toujours. Si cela m’amenait à faire carrière dans le basketball, j’étais prêt à supporter des années solitaires et douloureuses. […] À partir du moment où je ne prends plus de plaisir à jouer au basketball, je m’en vais. C’était mon leitmotiv quand j’étais à Pitt, et s’il y avait une chose que je savais, c’était que je devais partir avant que ça détruise ce jeu pour moi à jamais. »

On comprend mieux l’impact que met le pivot dans chacun de ses matchs, qu’il doit prendre comme des revanches sur le passé. Le Kiwi Phenom sait d’où il vient et où il veut aller. Et il compte bien rester un des big men les plus dominants de la NBA actuelle, comme en témoigne son refus de jouer pour la sélection nationale néo-zélandaise pour le moment. Afin de se concentrer sur sa franchise, mais qu’il explique également dans son livre par l’absence d’aides dont il a bénéficié lorsqu’il était jeune joueur là-bas.

« J’aimerais représenter la Nouvelle-Zélande en jouant pour les Tall Blacks, mais pour le moment je n’ai pas le temps de donner le meilleur de moi et de jouer une saison pleine en NBA. J’aime ce que le coach des Tall Blacks, Paul Henare, fait avec cette équipe et j’aimerais jouer pour lui un jour, mais j’ai besoin d’être prêt. […] Cela n’aide sans doute pas que je ne ressente pas la plus grande loyauté envers le basket néo-zélandais. Certains s’attendent peut-être à ce que je sois le modèle du basket néo-zélandais, mais j’ai fait l’opposé en ne passant pas par les différentes équipes juniors. Être dans une équipe nationale est bien trop cher pour la plupart des gamins, et c’était mon cas. J’étais évidemment assez bon, un MVP national devrait pouvoir jouer dans l’équipe nationale junior, mais je ne pouvais pas me le payer. Représenter la Nouvelle-Zélande en tant que jeune athlète coûte beaucoup d’argent, pas seulement au basket mais dans tous les sports. »

Du Steven Adams dans le texte, vrai et sincère. Et s’il est facile de le critiquer car il ne porte pas son pays sur ses larges épaules, les raisons qu’ils donnent sont compréhensibles. La fatigue après une saison NBA ? On lui accorde tous les jours car le gars ne triche pas, il n’a loupé que 23 matchs en cinq saisons disputées avec OKC, un peu plus fiable que Joakim Noah. La « revanche » envers la fédé des Kiwis élitiste ? Là-aussi on peut le comprendre, surtout qu’il faut garder à l’esprit que malgré ses airs de vieux loup des bois, Steven Adams n’a que 25 ans, et a donc tout le temps d’honorer sa parole en revenant un jour au pays porter le maillot noir des Tall Blacks. On sera là ce jour-là, attendant bien sagement le duel sanglant face à Rudy Gobert au Mondial. En attendant, on vous remet une petite vidéo qu’on avait diffusé en février dernier. Un medley des plus beaux bruits de bouches de l’homme des cavernes, toujours un régal.

Un type qui donne tout pour sa franchise, après avoir galéré sur le plan mental pour se faire sa place aux States, ça se respecte. Auteur de sa meilleure saison en carrière l’année dernière (en 14-9 à 63% au shoot), Steven Adams n’a pas fini de nous honorer de sa présence en NBA, sur et en dehors du terrain. Merci d’avoir tenu le choc quand il le fallait M’sieur.

Sources texte : NZ Herald, Newshub

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