Old-School

La course au MVP : 2017 c’est la folie mais 1990… c’était une autre galaxie ! Partie 2

MVP 1990 - Magic Johnson - Charles Barkley

Un Marsu et un Barbu d’un côté.
Un Magicien et un TGV de l’autre.

Source : montage / YouTube

Alors que Rockets et Thunder s’affrontent ce soir avec, en toile de fond, ce duel monstrueux entre James Harden et Russell Westbrook tous deux favoris pour le titre de MVP de la saison. Ils occuperont – sauf cataclysme – les deux premières places du classement déterminé par les votants. En 1990, ce n’est pas un duo mais un trio de joueurs qui se sont tirés une bourre incroyable jusque dans les dernières rencontres de la saison. Trois joueurs qui dominaient férocement et qui sont aujourd’hui de véritables légendes du jeu. Trois joueurs que les votes ont départagé d’extrême justesse…

Car si Magic Johnson a été élu MVP de la régulière cette année-là pour la troisième et dernière fois de sa carrière, certains continuent de penser que Charles Barkley aurait dû hériter du trophée. D’autres ne comprennent toujours pas comment Michael Jordan a pu se retrouver seulement sur la troisième marche d’un podium tout aussi magnifique et mythique que serré. Allez, après une première partie sur les « outsiders », c’est parti pour l’analyse du classement de cette triplette iconique.

3ème – Michael Jordan

  • Résultat du vote : 21 premières places, 564 points au total
  • Cinq fois MVP en carrière (1988, 1991,1992, 1996, 1998). Double Hall of Famer.

Déjà MVP en 1988, l’immense Mike avait déjà fini deuxième derrière Magic en 1989 malgré une ligne de stats flippante sur la régulière (32/8/8). Sur la saison 1989-90, l’arrière des Bulls va une nouvelle fois éclabousser la Grande Ligue de son talent sans limite. 33,6 points par match (leader sur la saison), 6,9 rebonds, 6,3 passes décisives et 2,8 interceptions (leader sur la saison aussi). Le tout en 82 matchs joués et à plus de 52% de réussite au tir. C’est également lors de cet exercice que Son Altesse Jojo 1er posera 69 points sur les Cavs au milieu de 22 sorties à 40 points ou plus ! Oui, c’est phénoménal et ça aurait pu valoir le trophée de MVP à Jordan lors de 95% des saisons NBA. Alors pourquoi les votants n’ont pas positionné le numéro 23 plus haut ? Première piste : malgré une progression significative de leur bilan (de 47 à 55 victoires), les Bulls ne finiront qu’avec le deuxième bilan de l’Est et de leur division derrière les Pistons. Une grosse saison mais sans surprise puisqu’ils étaient attendus après avoir échoué en Finales de Conférence l’année précédente. Cela a forcément joué dans les têtes avant de mettre un bulletin dans l’urne. Deuxième piste : une fois n’est pas coutume, deux gars ont fait de l’ombre à Jordan aussi bien individuellement que collectivement ou en termes d’aura, de charisme. Rien que ça…

2ème – Charles Barkley

  • Résultat du vote : 38 premières places, 614 points au total.
  • Une fois MVP en carrière (1993). Double Hall of Famer.

Une très grande saison du Chuckster, une saison de patron d’un collectif rugueux et volontaire. Là où Jordan avait déjà les talentueux Scottie Pippen et Horace Grant à ses côtés, Barkley était donc entouré d’une troupe de role players moins en vue dont il a su tirer le meilleur tout en assumant pleinement son statut de franchise player pour faire progresser l’équipe. Dans le sillage de leur leader, les Sixers sont passés de 46 à 53 victoires et se sont emparés de la première place de la Division Atlantique devant les Celtics de Larry Bird et les Knicks de Pat Ewing. Un point qui a forcément beaucoup joué dans la tête des votants. Ensuite, individuellement, Sir Charles n’y est pas allé en finesse non plus. Il a joué 79 matchs au cours desquels il a envoyé 25,2 points de moyenne à plus de 60% au tir. Propre ! Le tout était accompagné de 11,5 rebonds, 3,9 passes décisives et 1,9 interception histoire d’assurer 52 double-doubles et 2 triple-doubles dans la saison. Voilà également de quoi marquer les esprits. C’est sûrement en s’appuyant sur ces arguments que les votants ont préféré Barkley à tout autre joueur pour les premières places, une façon de rendre hommage au boulot de cet ailier-fort d’1m98 monstrueux au rebond, prolifique en attaque et toujours prêt à lancer un coast-to-coast de rouleau compresseur.

1er – Magic Johnson

  • Résultat du vote : 27 premières places, 636 points au total
  • Trois fois MVP en carrière (1987, 1989 et 1990). Double Hall of Famer.

Contrairement Jordan et Barkley, en 1990, Magic a déjà 30 ans. Il n’est plus un jeune loup aux dents longues et à la recherche de bagues ou de récompenses individuelles. Il a cinq titres de champion, trois MVP de Finales et deux de régulière à son actif. Pourtant, en compétiteur qu’il est (souriant mais féroce), l’ami Earvin va lâcher un très gros exercice sur le plan individuel : 22,3 points, 6,3 rebonds, 11,5 caviars et 1,7 interception sur 79 matchs à 48% au tir dont plus de 38% derrière l’arc. Sans oublier les 55 double-doubles et 11 triple-doubles que le numéro 32 des Lakers a posé… Et comme d’habitude, Magic ne va pas se contenter de salir les feuilles de stats. Encore une fois, il va conduire de main de maître le Showtime californien vers le meilleur bilan de la Ligue avec 63 victoires malgré le manque flagrant d’intérieur dominant et grâce à un jeu en small plaisant, générant la meilleure attaque en NBA sur l’exercice. Scoring sérieux, fabuleux à la passe et toujours aussi complet, le tout avec le meilleur bilan : oui, en 1990, Magic était encore le boss sur la régulière.

Voilà pour cette lutte en haut lieu pour le trophée en 1990. Une lutte qui relaie quasiment celle de cette année au rang de combat de poids plume. Car quand on voit les stats d’Olajuwon en 7ème position, quand on se rend compte que Stockton – un meneur à plus de 50% au tir et fournissant un énormissime double-double point/passes – ou encore quand on prend conscience du niveau et de l’influence des icônes peuplant le podium… Oui quand on voit tout ça, on est en droit de se dire qu’en fait, la course au MVP de cette année n’en est même pas proche, tout aussi monstrueuse et indécise soit-elle.

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