Old-School

Du 45 au 23 : quand Michael Jordan est redevenu « His Airness »

Mai 1995. Près de 2 mois après l’officialisation de son retour sur le devant de la scène basket, Michael Jordan se retrouve face à son plus gros challenge : éliminer la jeunesse du Magic d’Orlando symbolisée par Penny et Shaq. Après avoir sorti les Hornets (3-1) au premier tour, c’est un tout autre morceau qui se présente face aux Bulls en demi-finale de Conférence. Et tout n’a pas commencé au poil pour Chicago…

En effet, les hommes de Phil Jackson se sont inclinés lors du Game 1, 94-91, un match au cours duquel MJ n’a pas brillé avec 19 points à 8/22 et surtout 8 pertes de balle. Ce jour-là, Nick Anderson était sur le dos de l’arrière chicagoan et avait même pris le dessus (20 points à 8/14). Alors que les Taureaux étaient devant (91-90) à 20 secondes de la fin avec la possession en prime, l’issue paraissait connue : balle pour Michael Jordan, soit pour scorer le plus tard possible, soit pour subir une faute de la part du Magic. Et boucler la rencontre. Mais après le temps-mort et la remise en jeu, pas de hack-a-Bulls pour Orlando. MJ dépasse Anderson et temporise. Son chien de garde profite d’une seconde d’inattention pour lui soutirer la balle des mains, Penny Hardaway la récupère et envoie Horace Grant au dunk. Chicago ne reviendra pas, même avec une nouvelle opportunité à 6 secondes de la fin. JoJo préférant passer la gonfle plutôt que prendre la responsabilité du dernier shoot, peut-être encore perturbé par l’action précédente. Un comble. Cela aboutira à un nouveau turnover, cette fois-ci par Scottie Pippen.

Cette défaite, « His Airness » va pouvoir la ruminer deux jours. Et ce ne sont pas les propos de Nick Anderson avant le Game 2 qui vont le calmer.

« Le numéro 45 n’est pas le numéro 23. Le numéro 45 n’explose pas comme le numéro 23. Le numéro 23 vous démolissait sans problème en décollant comme une navette spatiale. Le numéro 45, il bouge bien mais il ne décolle pas facilement. » – Nick Anderson.

En quelques mots, Michael Jordan n’est plus le même. Trop vieux, moins explosif, il ne fait plus peur. Confiant en lui après cette première victoire, Anderson dit tout haut ce que beaucoup pensent tout bas : on est loin du joueur qui avait porté les Bulls au Three Peat entre 1991 et 1993.

Le 10 mai, Jordan a encore les paroles de son adversaire en tête au moment de pénétrer dans les vestiaires avant le match. Là, John Ligmanowski – le chargé de l’équipement pour Chicago – a posé deux uniformes pour l’arrière. Le numéro 45 ne fait pas peur ? Très bien, Michael Jordan va donc sauter sur le jersey floqué du numéro 23 caché par l’intendant. Même ses coéquipiers en restent le souffle coupé lorsqu’ils voient le maillot mythique sur le dos de leur leader.

« J’en ai eu des frissons dans toute la colonne vertébrale. » – B.J. Armstrong.

Miracle de ce changement, les Bulls s’imposent 104-94. Pour la première fois des Playoffs, le Magic encaisse plus de 100 points. Michael Jordan en plante 38 en 43 minutes à 17/30, auxquels il ajoute 7 rebonds et 3 passes. Il a remis les choses au point. La NBA aussi, puisqu’elle lui colle 25 000 dollars d’amende. Pas le droit de changer de numéro en cours de saison. Jerry Reinsdorf, trop heureux que les projecteurs soient de nouveau braqués sur sa franchise, défend son joueur en lui apportant son soutien. La Ligue peut sanctionner MJ, les Bulls seront derrière lui. Pour une fois, le proprio est prêt à sortir les oursins de ses poches pour lâcher la thune.

Le numéro 23 ne quittera plus les épaules de Michael Jordan. Même s’il ne permet pas à Chicago de se qualifier face à la jeunesse, au punch et à la fougue du Magic, le retour est maintenant définitif. Un an plus tard, ce jersey sera de nouveau au sommet de la Ligue.

Les highlights de Michael Jordan

Le résumé du match

Source image : NY Times montage TrashTalk

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2 Commentaires

2 Comments

  1. CGA77N

    10 mai 2015 à 22 h 01 min at 22 h 01 min

    le pire c'est que NIck avait raison
    le nouveau MJ version 1995 ne décollait plus aussi bien que le MJ 1993
    c'était certes encore un super jumper mais plus le phénomène 1984 1993

    hé oui !

  2. Pat_MJ

    13 mai 2015 à 7 h 01 min at 7 h 01 min

    il est le meilleur, et lebron ne lui arrive meme pas à la cheville!

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