One-on-One

Non, Tony Snell n’est pas qu’un mec qui ne sert à rien dans la Ligue

Enfin. Après une excellente Summer League, Tony Snell espérait certainement jouer un rôle au sein des Bulls cette saison, surtout que les postes 2 et 3 ne sont pas les plus fournis dans l’Illinois. Las, il se retrouvait les fesses vissées sur le banc, à regarder Jimmy Butler en mode illimité et voyant même Mirotic jouer plus que lui en tant qu’ailier. Jusqu’au début de ce mois où il a profité des différentes absences de Kirk Hinrich, Mike Dunleavy et Jimmy Butler pour montrer qu’il avait sa place dans la rotation.

Avant le début de la saison, nous le placions parmi les sophomores pouvant franchir un cap cette saison. Il faut dire que même si les Bulls avaient drafté Doug McDermott, on imaginait mal Thibodeau s’appuyer sur un rookie malgré les qualités au scoring de l’ancien de Creighton. Il faut dire que Tony Snell avait déjà eu l’opportunité de jouer lors de sa première année, un exploit pour un jeune coaché par Thibs. En 2013-14, il a compilé 4,5 points à 38,4% , 32,0% à 3 points, 75,6% aux lancers francs, 1,6 rebond, 0,9 passe en 16 minutes sur 77 matchs dont 12 titularisations, soit un temps de jeu quasiment égal en moyenne à celui cumulé des deux rookies précédents, Marquis Teague (8,2 minutes) et Jimmy Butler (8,5 minutes), lorsqu’ils découvraient la Ligue, pour un total proche du double (1231 minutes pour Snell, 392 pour Teague, 359 pour Butler – saison écourtée par le lock-out pour ce dernier).

Tony Snell

Source : http://chicago.cbslocal.com

Pour couronner le tout, le numéro 20 des Bulls avait proposé d’excellentes prestations en Summer League (20 points, 4 rebonds, 2,8 passes, 50% à 3 points), au point de faire partie de l’équipe-type de la compétition (en compagnie de Doug McDermott d’ailleurs). Tout semblait aller pour le mieux et comme les Bulls ne disposaient que de Jimmy Butler et Mike Dunleavy durablement inscrits dans la rotation sur les postes arrièreailier, tout le monde imaginait Tony Snell trouver sa place et jouer une vingtaine de minutes par match, ou en tout cas au moins autant que lors de sa saison rookie. Mais Tom Thibodeau ne lui fait pas confiance et le joueur semble perdre son basket. Au lieu de chercher à gagner du temps de jeu, on a l’impression qu’il a peur de mal faire et de se faire piquer sa place. Une place toute relative, puisque entre le début de l’exercice et la fin de l’année 2014, il ne joue qu’à 5 reprises plus de 15 minutes (en 26 matches). Son bilan sur cette période ? 221 minutes (8,5 en moyenne), 48 points et 26 rebonds, soit 1,8 point à 35,5%, 40,9% de loin et 1 rebond par match. Il faut dire que Snell a souvent vu son nom évoqué dans les rumeurs de trade. Cet été d’abord, avec la volonté des dirigeants des Bulls de récupérer Kevin Love, le sophomore faisait partie du package proposé par Chicago. En octobre, avec encore un départ avorté pour le Minnesota alors que Gar Forman visait Kevin Martin. C’est ensuite vers la D-League que sa carrière a failli se poursuivre, les dirigeants envisageant de l’envoyer faire un tour en ligue de développement pour s’aguerrir. Difficile de jouer libéré dans ce contexte.

Puis avec la nouvelle année arrivent les bonnes résolutions pour Snell qui reprend le dessus mentalement. Alors que Chicago est en plein marasme, incapable de jouer au niveau attendu et enchainant les contre-performances malgré un roster royal sur le papier, le sophomore lui commence à trouver sa place. La blessure de Mike Dunleavy lui permet d’avoir un rôle plus important, et cela se ressent encore plus lorsque Kirk Hinrich et/ou Jimmy Butler se retrouvent à leur tour éloignés des parquets. Ainsi, depuis début janvier, il a disputé plus de 15 minutes lors de 15 des 18 rencontres auxquelles il a pris part. Un changement majeur pour celui qui attendait d’avoir l’opportunité de prouver qu’il avait sa place. Il a apporté à Thibodeau ce qu’il voulait. En 2015, Tony Snell c’est 9,2 points à 50% dont 37,7% de loin, 3,1 rebonds en 25,3 minutes. Sur les 9 derniers matches, il a scoré plus de points (114) que lors des 35 premiers (103). De quoi prouver qu’il mérite d’être plus qu’un simple intérimaire au sein des Bulls et qu’il peut contribuer de façon régulière. La crise de confiance est loin.

Tout ce qui compte est que je reste prêt. Si je rentre, juste essayer de faire de mon mieux. Sinon, encourager mes coéquipiers. Ce n’est pas nouveau. Vous ne savez jamais quand votre nom va être appelé. Je dois m’assurer d’être prêt quand on fait appel à moi. – Tony Snell.

Tony Snell

Source : http://www.nba.com

Une situation et un discours qui rappellent l’émergence de Jimmy Butler, il y a deux ans, lorsqu’il a dû suppléer un Luol Deng blessé. À la différence près que le récent All-Star avait déjà trouvé sa place dans le vestiaire, ce qui semble avoir pris plus de temps pour Snell.

J’ai l’impression qu’il y a un plus grand climat de confiance avec les coéquipiers avec qui je suis sur le parquet et qu’on prend conscience de nos forces et faiblesses, en jouant ensemble. – Tony Snell.

La confiance en soi et celle de ses coéquipiers. Voilà donc la recette miracle qui peut permettre à Tony Snell de lancer sa carrière NBA. Car aujourd’hui les Bulls ont besoin de lui, pas seulement comme d’un joueur capable de faire souffler les titulaires, mais comme quelqu’un pouvant créer des brèches par la menace de son tir à 3 points. Comme quelqu’un pouvant défendre au large aux côtés de Jimmy Butler. C’est pour cela qu’il avait été drafté, être un 3-and-D.

Il a les qualités pour cela. Son adresse de loin (38,5% sur la saison) parle pour lui, et sa prestation encourageante sur LeBron James lors de la dernière rencontre face aux Cavs confirme qu’il peut être un complément ou un relai de Jimmy Butler en défense. À lui de continuer sur sa lancée afin de démontrer une bonne fois pour toute que Tom Thibodeau peut lui faire confiance. À Thibs également de trouver le moyen d’optimiser ses rotations pour laisser Tony Snell dans le rythme. Avec les retours de blessures de Mike Dunleavy, Jimmy Butler et Kirk Hinrich, les deux premiers nommés vont retrouver une place dans le 5 de départ. Est-ce que Captain Kirk repassera devant le sophomore comme première doublure ? En effet, il semble aujourd’hui acquis que les minutes à la mène seront distribuées principalement à Derrick Rose, et à Aaron Brooks. Ce dernier a parfaitement repris le rôle des D.J. Augustin, Nate Robinson et C.J. Watson en sortie de banc, apportant 10,8 points à 44,1% dont 44,2% à 3 points et 2,7 passes en 20 minutes. Hinrich lui se retrouve maintenant à jouer en 2, Jimmy Butler glissant en 3 à ce moment-là.

Tony Snell

Source : Bleacher Report

Mais le vétéran n’est plus le joueur qu’il était. Avec 6,5 points à 36,4% et 33,6% de loin, ainsi que 2,5 passes, son apport offensif est limité. Même s’il reste un défenseur teigneux et expérimenté, il a de plus en plus de mal à être efficace de ce côté du parquet également. Pas assez rapide et athlétique face aux meneurs actuels, trop petits face aux arrières, difficile de le voir indiscutable sur le parquet, même si sa place dans le vestiaire reste prépondérante par rapport à son vécu et ses affinités avec Derrick Rose ou Tom Thibodeau. Seulement sur le terrain, rien ne justifie qu’il passe encore devant Snell.

À l’heure où les Bulls doivent hausser leur niveau de jeu pour arriver en PlayOffs au sommet de leur forme, Tony Snell a un véritable rôle à jouer pour soulager Jimmy Butler et Mike Dunleavy en apportant sa défense et son shoot extérieur. En début d’année, on vantait la profondeur de l’effectif chicagoan, même si quelques retenues existaient sur les ailes. Elles ne doivent plus persister et Tom Thibodeau doit s’appuyer sur Tony Snell. C’est le moment ou jamais pour les deux hommes de booster les Bulls qui doivent quant à eux enfin se comporter comme de véritables contenders.

Source image : Bleacher Report et Usa Today, montage TrashTalk

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