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Bill Russell : la défense était sa devise, la victoire sa religion

Bill Russell fête aujourd’hui ses 80 ans. Bill Russell est une légende vivante du basketball considérée comme un des plus grands joueurs de l’histoire. Un pivot de 2m07 qui était un véritable monstre en défense sur l’homme, au contre et au rebond. Un pivot dominant qui faisait gagner son équipe autrement qu’en marquant des points…

En 13 saisons et 963 matchs sous le maillot de Boston, Russell a été 11 fois champion ! Il détient d’ailleurs le record du plus grand nombre de titres gagné par un athlète dans le sport nord-américain à égalité avec Henri Richard (NHL). Il était la pièce centrale de cette fabuleuse équipe des Celtics – comprenant Bob Cousy et Bill Sharman notamment ainsi que le mythique Red Auerbach au coaching – qui a régné en maître sur la Grande Ligue de 1957 à 1969. Au cours de cette période, seuls les Hawks de St Louis (1958) et les Sixers de Philadelphie (1967) ont réussi à empêcher cet ogre vert d’aller chercher le titre NBA. Une véritable dynastie, la plus grande que la NBA ait connu et Bill Russell en a été le plus grand artisan. Il fut élu 5 fois MVP de saison régulière, fut 12 fois All Star et 4 fois meilleur rebondeur de l’année. A l’époque le trophée de Défenseur de l’année et celui de MVP des finales n’existaient pas encore. Si cela avait été le cas, nul doute que Russell en aurait un bon paquet dans son armoire sa salle des trophées.

Bill Russell et Red Auerbach

Bill Russell et son coach Red Auerbach

Car le grand Bill dominait. Il prenait les rebonds par camions entiers (22,5 par match en carrière !!!), il contrait à tout va en premier ou en deuxième rideau et était un spécialiste de la défense façon pot de colle sur l’homme que ce soit au poste bas ou même parfois dans le périmètre. A l’époque les contres et les interceptions n’étaient pas pris en compte dans les statistiques. Heureusement pour nos yeux car le nombre de contres par match de Bill Russell pourrait certainement faire sauter les rétines de tout statisticien ou observateur NBA… Bill Russell avait parfaitement compris que la défense faisait gagner les titres. Il avait compris qu’il fallait rentrer dans la tête de son adversaire, le perturber pour le faire déjouer.

« L’idée n’est pas de contrer chaque tir. L’idée est de faire croire à votre adversaire que vous pourriez contrer chaque tir. »  Bill Russell

Oui Bill Russell était très dissuasif. Ses qualités athlétiques de mobilité, de détente et de puissance lui permettaient de prendre « énormément de place » en défense. Et bien sûr les attaquants adverses y pensaient avant de prendre un tir ou de tenter de pénétrer vers le cercle des Celtics. On dit souvent que Wilt Chamberlain a dominé outrageusement tous les pivots de sa génération… Il est vrai que les stats de Wilt « The Stilt » sont absolument astronomiques et démontrent une grande domination sur le parquet mais on oublie souvent aussi de préciser, qu’en 15 saisons de 1959 à 1973, Chamberlain n’a été champion NBA que deux fois (en 1967 et en 1972). La faute à qui à votre avis ? La faute du grand Bill qui fut capable – lors du game 7 entre Philadelphie et Boston lors des playoffs de 1962 – de tenir à seulement 22 points ce Chamberlain qui sortait d’une saison à plus de 50 points de moyenne… Et oui, Bill Russell n’était pas du genre à refuser un challenge !

« La concentration et la dureté mentale sont ce qui vous fait gagner. »  Bill Russell

La rivalité entre ces deux pivots légendaires était impressionnante. Bill le défenseur contre Wilt l’attaquant. La rigueur et le mental incroyable de Russell face à la puissance athlétique et au talent offensif du Stilt. Il sont d’ailleurs les deux seuls joueurs de l’histoire à avoir réussi à prendre plus de 50 rebonds dans un match. Oui vous avez bien lu : 50 rebonds dans UN seul match ! Ces deux joueurs ont été les déclencheurs d’une nouvelle ère de la NBA. La première ère avec l’apparition d’incroyables athlètes, des joueurs grands, puissants, rapides et dotés d’une belle détente.

russell-chamberlain

Si Bill Russell s’est fait une réputation grâce à sa défense, ses contres, ses rebonds et son mental d’acier, il n’en restait pas moins un joueur offensif tout à fait respectable qui a tourné à 15 points par match en carrière. Un pivot à l’excellent QI Basket qui a distribué plus de 4 passes décisives par match. Donc si on reprend tout depuis le début, on a un joueur de 2m07 qui évoluait au poste de pivot. Un défenseur dingue capable de tenir n’importe qui. Un joueur au mental d’acier qui n’avait qu’une seule chose en tête : défendre et gagner. Un joueur qui a 11 bagues de champion, 5 titres de MVP et qui peut se targuer d’avoir le ligne statistique suivante en carrière : 15,1 points, 22,5 rebonds, 4,3 passes ! Une ligne de stat qui passe à 16,5 points, 24,9 rebonds et 4,8 passes dès qu’il s’agit de playoffs. Des playoffs dont il est d’ailleurs le meilleur rebondeur de l’histoire avec une moyenne de 24,87 prises par rencontre (165 au total) pour un total de 4104 rebonds à la fin de sa carrière. Nos gros intérieurs actuels ne dépassent pas les 15 rebonds par match en playoffs. Quand on pense que Doc Rivers voit des traits de Bill Russell en Deandre Jordan, il y a de quoi se poser des questions sur l’urgence d’un rendez-vous chez l’ophtalmo pour le coach des Clippers…

Bien évidemment, Russell fut intronisé au Hall Of Fame (1975), son numéro 6 a été retiré par les Celtics et une statue à son effigie trône sur la Boston City Hall Plaza. La moindre des choses pour cette légende de la ville et de la franchise dont il fut également entraîneur-joueur de 1966 à 1969 (3 titres en 4 ans). Une ville, une franchise et des fans avec lesquels il vient tout juste de se réconcilier (depuis quelques années quand même) car, même alors qu’il était devenu une star des Celtics, Russell recevait des menaces racistes qu’il n’a jamais digéré et contre lesquelles il s’est toujours insurgé. Il était comme ça le Bill, pas le genre à lâcher facilement…

Vidéo de quelques Highlights de Russell tout au long de sa carrière

Vidéo inédite (Chaîne TrasTalk Productions) d’une interview de Bill Russell qui parle de son expérience olympique

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