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Stats, records, empreinte sur le jeu : Jusqu’où peut aller le King ?

Certains le haïssent, d’autres le vénèrent. Certains font de lui le futur meilleur joueur de tous les temps, d’autres ne le considèrent même pas lorsqu’ils doivent citer les 15 ou 20 meilleurs joueurs de l’histoire… Oui, le King auto proclamé, l’enfant d’Akron, ce surdoué de la balle orange déchaîne les passions ce qui est le lot commun de tout athlète hors normes surtout dans les grands sports.

Aujourd’hui, Lebron James fête ses 29 ans. Drafté en 2003, il est dans sa 11ème saison NBA. Son Heat, même en jouant sur une jambe, est deuxième à l’Est juste derrière les superbes Pacers. Lebron ne force pas mais délivre tout de même une ligne de stats (25,4 points à 59,2% au tir, 6,9 rebonds, 6,5 passes décisives et 1,5 interception par match) qui va lui valoir d’être, jusqu’au bout, dans la course à sa propre succession pour le titre de MVP voire de glaner, pour la 5ème fois en 6 ans, cette récompense individuelle tant convoitée par ses principaux rivaux dont un Kevin Durant qui a démarré la saison en trombes.
Cependant, il est clair qu’à voir James jouer sur ce premier tiers de saison régulière, on se rend bien compte que ce trophée n’est pas sa priorité. Non les objectifs du King sont ailleurs, plus loin vers la mi-juin. Il veut aller chercher une 3ème bague d’affilée, faire ce Three-Peat avec ses potes Wade et Bosh. Franchement, c’est une possibilité tout à fait réaliste même. Bien sûr, les Pacers à l’Est et les Spurs revanchards à l’Ouest pour ne citer qu’eux, feront tout pour empêcher cela. Après, battre Lebron James et son Heat sur une série de playoffs ne sera pas une mince affaire. Ce n’est pas pour rien, si aucune équipe n’y est parvenu depuis les Mavericks de l’immense Dirk Nowitzki en 2011…

Les inévitables comparaisons…

Alors, où en est la carrière de Lebron James ? Peut-il devenir le plus grand de tous et dépasser le maître Jordan ? Est-il sur la route d’une plus grande carrière que celle d’un monstre comme Kobe Bryant ? Peut-on considérer qu’il est en train de révolutionner le basket ? Dépasser Jordan ! Révolutionner le basket ! Ne vous inquiétez pas, l’idée de cet article n’est pas de faire de la polémique pour la polémique. Loin de là… Le but n’est pas non plus d’énerver ou de choquer les adorateurs de Jordan, les disciples de Kobe ou ceux qui pensent que Dwyane Wade est le patron du Heat car la vraie question dans tout ça est bel et bien de savoir jusqu’où peut aller cet athlète surhumain doublé d’un basketteur génial qu’est Lebron James.

LeBron James

L’idée est de s’intéresser dans le détail à celui qui est aujourd’hui le meilleur joueur de la planète et ce depuis bon nombre d’années maintenant. Les comparaisons, les classements sont bien évidemment inévitables mais, finalement, ils ne sont pas primordiaux. Ils ne changent rien au fait que nous sommes tous actuellement les témoins de la domination impressionnante du Chosen One. Soutenir le contraire est assez difficile à argumenter voire empreint d’une certaine mauvaise foi mais, après tout, pourquoi pas ? Chaque fan, chaque amateur, éclairé ou non, a sa façon d’apprécier le sport qu’il suit en fonction de ses à priori, de son expérience, de ses goûts ou de la couleur d’un maillot… C’est aussi ça qui crée le débat et qui fait la beauté de la Grande Ligue. Cette variété infinie de styles de joueurs, de gestes techniques, de drames, de passions.

Personnellement par exemple, le premier joueur qui m’a fait sauter de mon fauteuil devant un écran fut Isiah Thomas. Avec ses dribbles de dingue, ses passes géniales, son sens de la provocation qui le rendait aussi charismatique que détestable, Zeke m’a fait vivre mes premières grandes émotions « basketballistiques ». Ensuite, il y a eu Charles Barkley, Hakeem Olajuwon, le Shaq, Jason Williams, Allen Iverson, Kobe et j’en passe bien évidemment. Et, en toile de fond, du moins dans les années 90, il y avait Jordan. L’intouchable Jordan, celui dont la carrière est parfaite, celui qui a dominé tous les adversaires qui lui ont été proposés, celui qui a fait exploser le basket sur la scène médiatique internationale.
Ce n’est pas pour rien si MJ est aujourd’hui le GOAT quasiment incontesté du basket et qu’il va le rester encore un bon moment. Vous l’aurez compris, même si je ne suis pas le président du fan club de Jordan, il me semble aujourd’hui compliqué de vouloir comparer quelque joueur que ce soit à Sa Majesté. A la limite, sportivement, on peut toujours comparer les chiffres, les stats, le nombre de trophées mais alors, en ce qui concerne l’impact médiatique aussi bien en NBA, qu’aux USA ou dans le monde entier, ce bon Jojo est bien plus qu’un immense joueur de basket, il est une légende dont les exploits ont fait et font encore le tour de la planète, une légende qui a traversé et traverse encore les mémoires des générations, une légende dont les stars d’aujourd’hui portent les chaussures ou tentent de copier les mouvements. Ce qui n’empêche d’ailleurs pas Mister Jordan de reconnaître l’outrageuse domination actuelle du numéro 6 du Heat.

« Il (Lebron James) vous casse en deux sur un parquet parce qu’il est tellement un grand joueur et tellement polyvalent. »   Michael Jordan

Pour les plus vieux comme les plus jeunes, MJ est le joueur le plus connu, l’idole ou éventuellement celui qui a brisé quelques rêves (là c’est le fan des Suns qui parle) mais il est tout simplement incontournable, quasiment impossible à éviter dans une discussion basket. Et oui ! C’est ça qu’a réussi Michael Jordan : dominer une NBA bourrée de monstres dans les raquettes, faire tomber un nombre incalculable de records, gagner toutes les Finales auxquelles il lui aura été donné de participer, servir de symbole à un sport mondial, devenir une idole, un modèle pour ses contemporains et tous les grands joueurs qui suivirent… Et ça, tout ça, ne sera pas fait deux fois. Vraisemblablement même par un extra-terrestre comme Lebron James qui a déjà fait plus d’écarts qu’il n’en aurait fallu pour pouvoir prétendre détrôner Jordan sur le plan de la carrière parfaite et de l’impact médiatique. Mais ça n’empêche pas que l’ami Lebron va marquer au fer rouge la grande ligue, il est d’ailleurs déjà en train de le faire.

Dans le top 10 All Time des marqueurs et des passeurs à la fin de sa carrière ?

King James n’est-il pas l’athlète le plus incroyable à avoir jamais foulé les parquets NBA ? 2m03, 115kg, il se déplace extrêmement vite, il a une détente de marsupilami, il n’est que rarement blessé. Il est agile, puissant, long, souple, endurant, etc, etc… La NBA en a vu défiler des athlètes hors du commun mais des spécimens aussi complets ce n’est pas sûr. Certains intérieurs monstrueux comme Karl Malone ou Charles Barkley rivalisent en terme d’alliage puissance/agilité/vitesse mais c’est à peu près tout et ça classe déjà Lebron en ce qui concerne le physique.
Et puis, Lebron James allie un physique impressionnant à une palette technique et tactique parmi les plus complètes de l’histoire. Il peut scorer (27,5 points par match à 49,4 %  depuis qu’il est en NBA), il peut rafler les rebonds (plus de 7 par match), il adore distribuer (presque 7 caviars par match), il peut contrer (presque 1 en moyenne) et est toujours très dangereux sur les lignes de passes (1,7 interception en moyenne). Ces statistiques commencent à être vraiment significatives puisque le King approche les 800 matchs NBA (794 exactement). Un tel physique, une telle technique, une telle vista et de telles statistiques sont bien la marque d’un monstre du jeu. Sans aucun doute possible.

« LeBron James est une exception à presque toutes les règles. »   George Karl

D’ailleurs, le King abat les records les uns après les autres, inscrivant ainsi, chaque jour un peu plus, son nom dans les annales de la Grande Ligue. Au milieu de tous ces records, il faut bien mettre en perspective et nuancer les records de précocité qui – même s’ils sont tout simplement énormes et légendaires – ne peuvent pas avoir le poids qu’ils devraient étant donné que James est arrivé dans la ligue alors qu’il avait à peine 19 ans sans passer par la case université et qu’il a tout de suite été le « Go to guy » de sa franchise. Du coup, pour noircir la feuille dès son plus jeune âge, James était dans les conditions idéales. Des conditions différentes, par exemples, de celles connues par Kobe qui n’était pas le Franchise Player (Shaq oblige) ou de celles d’un Jordan qui est arrivé en NBA à 21 ans et après avoir passé 3 ans avec les Tar Heels de Caroline du Nord.

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Comme quoi, comparer les joueurs est toujours un exercice très difficile mais un exercice auquel un ovni tel que Lebron James ne peut échapper. Nous parlons ici d’un joueur – qui n’a que 29 ans et a donc encore pas mal de bonnes saisons à livrer – qui peut déjà se targuer d’avoir aligné 21 819 points, 5754 rebonds et 5 491 passes décisives. C’est MONS-TRU-EUX ! Il fait déjà partie des 11 seuls joueurs de l’histoire à avoir dépassé la barre des [20 000 points / 5 000 rebonds / 5 000 passes] en carrière mais, là, Lebron James est sur les bases d’une ligne de stats qui pourrait bien être unique une fois sa carrière achevée.  Car – au rythme où il va et en partant du principe qu’il va encore jouer au moins 7 ou 8 saisons dont au moins 4 ou 5 à ce niveau – il est tout à fait envisageable de voir le King finir avec plus de 30 000 points (voire beaucoup plus), plus de 9 000 rebonds et plus de 9 000 passes. Il serait le seul dans ce cas et ne serait pas près d’être battu sur ce terrain statistique. Il figurerait alors dans le Top 10 des meilleurs passeurs de l’histoire ET dans celui des meilleurs marqueurs. Ce serait tout simplement unique. Serait-il pour autant considéré comme le meilleur joueur de tous les temps ? Le plus complet ? Nous en reparlerons quand cette carrière déjà hallucinante sera terminée…

L’empreinte indélébile d’un joueur unique

Car, au fil des ans, Lebron James progresse, relève tous les challenges qui se dressent devant lui et fait taire les critiques. Moqué et critiqué pour son incapacité à finir les matchs quand il était à Cleveland, fustigé après « The Decision » puis moqué à nouveau après les Finales perdues de 2011 au cours desquelles il n’avait pas su faire la différence face aux Mavericks d’un Dirk Nowitzki qui, lui, s’était montré plus que décisif, Lebron James a souffert de critiques parfois justifiées, d’autres fois un peu moins. Mais là encore, c’est le lot de tout grand champion… James a su se remettre en question, se reconcentrer après la campagne perdue en 2011 et passer un cap (encore un !) pour assouvir sa soif de bague.
L’année suivante en 2012, le King a répondu sur le terrain et notamment en Finales où il a été énorme. Sur les 5 matchs face au Thunder, James a tourné à 28,6 points, 10,2 rebonds, 7,4 passes décisives et 1,5 interception avec, en prime, un bon gros triple double lors de la 5ème et dernière rencontre de cette série (26 points, 11 rebonds et 13 passes). Là évidemment, les argumentations des critiques envers James – basées sur des histoires de « roi sans titre », de « pas là dans les Finales » ou encore de « pas assez leader » – sont tombées à l’eau. Encore plus, l’an dernier où le King a encore été MVP des Finales tout étant moins étincelant statistiquement parlant mais en étant capable d’appuyer sur l’accélérateur au bon moment. Il ne faut pas oublier que si Ray Allen a eu l’occasion de planter ce trois points égalisateur en toute fin de match 6 en juin dernier, c’est bien parce que le King avait élevé son niveau de jeu pendant tout le 4ème quart de ce match afin de ramener les siens à hauteur…

« J’aime les critiques. Elles vous rendent plus fort. »  Lebron James

Le King vient d’être 4 fois MVP en 5 ans, il est déjà 9 fois All Star (bientôt 10). Lui et son Heat sont clairement en course pour un Three-Peat qui permettrait à Miami de rejoindre les Celtics, les Bulls et les Lakers dans le club très fermé des franchises ayant gagné 3 titres d’affilée. James veut ce Three-Peat et va tout faire pour y parvenir et, si jamais c’est le cas, il y a fort à parier que nous ne tarderons pas à parler de « FourEver »… Oui, oui, là c’est de l’enflammade je sais; il est beaucoup trop tôt pour lancer ce genre de spéculations.
Il n’empêche, qu’à sa manière, Lebron James apporte une nouvelle pierre à l’édifice NBA. Ce mélange entre capacités athlétiques hors-normes et qualités techniques très supérieures à la moyenne est un alliage absolument unique dans l’histoire de la ligue. Son style également entre scoring, pensée collective et puissance individuelle. Lebron est tout simplement différent. Là où on prête à certains joueurs l’ambition de vouloir imiter voire surpasser Michael Jordan (n’est-ce pas Kobe…), quel joueur va pouvoir un jour imiter Lebron James ? Cet ailier dont la vision, le QI basket et le physique lui permettent de jouer à tous les postes. Cet ailier qui distribue plus de passes décisives que la plupart des meneurs tout en scorant et prenant des rebonds. Cet ailier dont la seule présence sur un parquet est l’assurance de poser des problèmes insolubles à l’adversaire. Oui, on se demande bien qui pourra un jour être considéré comme faisant partie de la même catégorie de joueur que Lebron James. Un cyborg peut-être en 2045…

En tous cas, une chose est absolument sûre : nous sommes des chanceux ! Car être fan de basket et avoir la chance de voir évoluer, en direct et soir après soir, un tel joueur est quelque chose qui n’a pas de prix. Et là où quelques critiques subjectives subsistent quant au style de jeu (bourrin, manque de finesse) du King, je ne peux m’empêcher de passer outre et de prendre un plaisir immense à voir cette légende du jeu manipuler la grosse balle orange et porter son équipe de plus en plus haut. Oui, oui, vous avez bien lu : « Légende du jeu ». C’est ce qu’est déjà Lebron James et il n’a pas encore 30 ans…

4 Commentaires

4 Comments

  1. jejevert01

    30 décembre 2013 à 20 h 39 min at 20 h 39 min

    Très bon article. Si je peux me permettre, ce sont les médias qui l'ont surnommé "King" à 16 ans, donc il ne s'est pas auto proclamé ainsi.
    Cela n’enlève rien à la qualité de l'article

    • TrashTalk

      31 décembre 2013 à 14 h 18 min at 14 h 18 min

      Oui, par contre c'est pas ESPN qui lui a demandé de se tatouer Chosen One dans le dos, de porter le numéro 23 et de lancer la poudre en l'air avant chaque match. Mais tu as raison sur ce point !

      • jejevert01

        31 décembre 2013 à 15 h 10 min at 15 h 10 min

        Ah mais tout à fait. C'est lui qui a fait tout ça, les médias ne lui on pas obligé, eux, ils l'ont juste nommés ainsi, on est d'accord

  2. WARRIORBLACKID#KB24

    31 décembre 2013 à 15 h 35 min at 15 h 35 min

    Excellent article surtout pour un fan de Lebron comme moi.

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