Trae Young et les Hawks, fin d’une histoire entre espoir et frustration
Le 08 janv. 2026 à 11:01 par Nicolas Vrignaud

C’est officiel : Trae Young n’est plus un joueur des Hawks. Transféré aux Wizards, le meneur laisse à Atlanta une trace indélébile dans l’histoire de la franchise… mais part sans doute avec le goût du devoir non-accompli.
Trae Young chez les Hawks, c’est une grande histoire. Celle de l’un des plus grands joueurs que la franchise ait connu. On ne va pas épiloguer des heures et des heures sur sa place dans la hiérarchie des légendes de l’équipe, sachez juste que pour nous, il en fait partie.
Lorsqu’il débarque en Géorgie, à l’issue d’une Draft 2018 où les Hawks ont initialement sélectionné Luka Doncic dans un transfert de pick arrangé avec les Mavericks, Trae Young incarne l’espoir. L’espoir de voir cette équipe renouer avec les sommets, de retrouver les Finales NBA, un stade de compétition atteint pour la dernière fois en des temps immémoriaux (1961).
Dès son arrivée sur les parquets NBA, Trae Young confirme qu’il peut devenir, en quelques saisons, l’homme capable d’ouvrir une nouvelle ère à Atlanta. 19,1 points et 8,1 passes de moyenne en année rookie, un monstre de talent est là, sous la tunique des Faucons.
Tout Atlanta se met à rêver de gloire dans le domaine de la balle orange. Le jeune garçon n’a pas peur, possède une confiance inébranlable et surtout, un talent comme on n’en voit que très rarement. Il est meneur, il peut distribuer, il peut marquer. S’il est entouré comme il faut, rien n’est impossible.
Son insolence n’est d’ailleurs pas sans rappeler celle d’un certain Stephen Curry. À sa manière, Trae Young éblouit par sa capacité à se jouer de la notion de distance. Sa jeunesse, son niveau de jeu, ce qu’il incarne de fraîcheur, font rapidement de lui l’une des icônes de la ligue. Bien sûr, il ne faut pas espérer gagner immédiatement, mais la matière première, un joueur au talent exceptionnel, est là.
Après deux saisons dont une coupée par une pandémie venue de Chine (où il signera 29,6 points de moyenne en 60 matchs, une folie en tant que sophomore), l’heure est à la performance. Trae Young est entouré d’une équipe solide : John Collins, Clint Capela, Bogdan Bogdanovic, De’Andre Hunter, Danilo Gallinari, Kevin Huerter… une flopée de joueurs capables et efficaces. Et, pour la première fois depuis 2015, la sauce prend en Playoffs.
Il y a d’abord les Knicks, au premier tour. Une rivalité naissante entre le public de la Big Apple et Young, très friand du foutage de gueule. Une rivalité qui perdure d’ailleurs toujours. New York est éliminé en cinq matchs, Trae est impérial. En demi-finales de Conférence, les Sixers chutent au bout des sept matchs de la série. Là encore, Trae Young excelle.
C’est en Finale de Conférence que les Hawks trouveront plus forts qu’eux avec les Bucks d’un Giannis Antetokounmpo en route vers le titre NBA. Allez, sans rancune. Pour une première en Playoffs sous l’ère Trae Young, le résultat est excellent et plus que prometteur.
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— TrashTalk (@TrashTalk_fr) January 8, 2026
Pourtant… c’est là le début des problèmes. L’année suivante, la sauce collective est plus longue à prendre, la défense est clairement très en dessous du niveau que les Hawks prétendent pouvoir atteindre. Le résultat est sans appel, une neuvième place à l’Est synonyme de Play-in. Déception claire, mais qualification pour les Playoffs quand même validée.
Trae Young continue bien évidemment son chantier, mais ce n’est pas assez. Il cimente sa place dans l’histoire des Hawks, notamment à la passe, et au tir à 3-points. L’élimination à Miami en cinq matchs confirme les doutes, certains parlent déjà de changements majeurs dans l’effectif.
Le meneur est très fort, trop fort. Il n’est cependant plus « si bien » accompagné, et l’année suivante, les Hawks sont giflés en six matchs par les Celtics, toujours au premier tour. L’équipe stagne, et tout le talent offensif de la star n’y peut pas grand chose, d’autant plus qu’il manque désormais quelques rencontres ici et là, pour quelques pépins physiques.
On cible beaucoup son pauvre investissement défensif, mais dans cette ligue aux mensurations physiques moyennes en perpétuelle augmentation, est-ce vraiment le premier motif de critique ? L’idée d’un changement de direction dans le projet sportif commence a faire son chemin dans les médias, les rumeurs qui vont avec aussi.
Trae Young frustré ? Bientôt transféré ? Comme dit l’adage, une horloge en panne donne toujours deux fois la bonne heure. Au bout d’un moment, ça finira par arriver. Deux saisons de plus à jouer les seconds rôles sur le plan collectif, trimer. Entre temps, Trae est pourtant entré dans l’histoire de la franchise, devenant son meilleur passeur et son tireur à 3-points le plus prolifique.
Ice Trae ne reverra plus les Playoffs à Atlanta passé ce 28 avril 2023. Les deux dernières saisons sont celles de la galère, celles des coups d’éclats, notamment face aux Knicks, qui nous rappellent presque – avec un brin de nostalgie – à ce printemps 2021, celui qui ouvrait le champ des possibles.
Alors oui, c’est désormais fait, Trae Young n’est plus un joueur des Hawks car la franchise a dit stop. Il trouvera peut-être ce qu’il recherche à Washington, ce qu’il n’a pas trouvé en Géorgie, on lui souhaite d’ailleurs. Comme on souhaite aux Hawks de réussir sans leur désormais ex-star. Il n’en reste pas moins que les deux parties sont à tout jamais indissociables, pour le meilleur et le moins bon.
