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Fred Vinson, l’assistant-coach des Pelicans surnommé « Doctor Shot » : zoom sur l’homme qui a changé le tir de Lonzo Ball et Brandon Ingram

Fred Vinson 8 juillet 2022

Fred et Herb Jones bossent tandis que Jonas finit sa game de Clash Royale derrière.

Source image : YouTube

Bien qu’il n’ait jamais dirigé un banc, Fred Vinson est incontestablement devenu l’un des entraîneurs les plus respectés de toute la NBA. Assistant-coach de New Orleans depuis douze ans, l’actuel bras-droit de Willie Green est devenu une référence dans le développement du tir des joueurs. Focus sur l’homme qui murmure à l’oreille des snipers.

En NBA, certaines rencontres joueur-coach ont parfois fait basculer des carrières. Toutefois, parmi les multiples exemples qui jalonnent l’histoire et l’actualité de notre sport, Lonzo Ball est un cas d’école. Attendu au tournant lors de son arrivée dans la Grande Ligue, l’ancien guard des Lakers avait dû faire face à des critiques parfois violentes en raison de ses difficultés au shoot ainsi que sa forme chelou. Pourtant, aujourd’hui, les vociférations n’existent plus. Et pour cause, le Lonzo d’aujourd’hui n’a plus rien à voir avec celui d’il y a quatre ans, qui ne convertissait que 30% de ses tentatives à 3-points, soit 1,7 par match. Au cours de son passage à New Orleans (2019 à 2021), le grand-frère de LaMelo n’a eu de cesse de progresser. Ainsi, dans le sillage d’un travail acharné, Ball cumulait pas moins de 3,1 tirs du parking à 38% par match sur l’exercice 2020-21 (dernière saison à NOLA). Cette année, le meneur des Bulls est même monté à 42% pour la même moyenne de shoots rentrés. Miracle ? Hasard ? Bien sûr que non. Derrière ce développement exemplaire, il y a un nom qui revient mécaniquement : Fred Vinson. Shooting-coach officiel des Pelicans, le cinquantenaire est parvenu à changer la mécanique de son poulain, tout en lui permettant de gagner en efficacité. Des résultats possibles grâce à la dévotion de l’assistant, qui s’est personnellement occupé du petit nouveau :

« Fred m’a pris en charge dès mon premier jour à la salle. C’est marrant de voir la façon dont il a changé mon shoot progressivement, jour après jour. Par exemple, au début il me laissait shooter en passant le ballon à gauche [Lonzo est droitier, ndlr.] et puis peu à peu il le réorientait côté droit, me demandait de garder la main haute, de plier mes genoux. […] Le crédit doit en grande partie revenir à Fred. »

– Lonzo Ball

Né à Murfreesboro (à vos souhaits) en Caroline du Nord, Frederick O’Neal Vinson a toujours baigné dans le basket. Sniper officiel de Georgia Tech au début des années 90, Fred est parvenu à faire quelques apparitions en NBA, sans jamais vraiment s’imposer durablement dans la Ligue. Après avoir pris sa retraite en 2007, celui qui passa par Nancy en France (oui !) rejoint le staff des Clippers en 2008, pour finalement être nommé deux ans plus tard assistant de Monty Williams au New Orleans Hornets. C’est le début de l’histoire d’amour entre la franchise et le bonhomme. Certes, les head-coachs se succèdent les uns après les autres, mais Vinson reste à son poste, devenant le plus ancien membre du staff actuel des Pelicans. Néanmoins, à son arrivée en 2010, le spécialiste du shoot avait un tout autre rôle que celui d’aujourd’hui. En effet, le profil de Fred pousse Monty à lui confier l’adaptation des jeunes au style de jeu NBA. Un rôle loin d’être inintéressant, mais dans lequel l’assistant n’excellera pas plus qu’un autre.

Sans vraiment que cela devienne officiel, Fred Vinson va commencer à se concentrer sur le shoot des jeunes joueurs qu’il encadre. Aujourd’hui pleinement reconnu dans ce rôle, celui que l’on surnomme « The Shot Doctor » est devenu un véritable gourou du tir, vers lesquels ceux voulant progresser sur cet aspect peuvent se tourner avec l’assurance d’avoir des résultats. Sur l’aspect purement technique, nombreux témoignent de la façon de faire du coach : un travail quotidien avec des drills tôt le matin et jusqu’à tard le soir et surtout adapté en fonction des profils. Pour Vinson, il y a plein de façons de shooter, et tenter de faire en sorte que Zion Williamson ait le même tir que Brandon Ingram serait ridicule. Et puisqu’ici nous sommes tous des Hexperts de la balle orange, on ne se lasse pas de quelques explications de la part du maître en personne :

« On est vraiment sur des petits détails. La plupart du temps, c’est déjà en essayant de créer un alignement, en aidant les gars à intégrer cet alignement. Souvent, les corps sont tordus, les pieds partent dans tous les sens, donc on essaye de remettre tout ça droit. Il y a tellement d’éléments qui dépendent de cela, que ce soit la préparation des jambes et la puissance que tu vas en tirer. Sans ça, derrière, tout ton alignement va changer car tu vas devoir plus solliciter ton tronc afin de tirer, et on ne veut pas faire ça : on veut shooter à partir de nos jambes. C’est donc la première chose que je regarde chez les gars pour voir où ils en sont et ce sur quoi on va devoir travailler ensemble. »

– Fred Vinson

Et si Lonzo Ball reste probablement l’exemple le plus frappant du travail de Fred Vinson, d’autres patients ont eu la chance, et l’ont encore, de se faire soigner par le « Docteur Tir ». De 29% à sa saison rookie, Brandon Ingram a atteint les 38-39% from downtown entre 2019 et 2021, tout en ayant triplé son volume de tentatives entre temps. Jour de match, de repos, victoire, défaite, à domicile ou à l’extérieur, rien n’empêchait Fred, Lonzo, et BI de bosser ensemble dans des sessions de nuit. Ce dernier a toutefois vu ses pourcentages à 3-points chuter cette année (33%), sans doute en raison de la baisse du nombre de shoots pris et du rôle de franchise player qu’il a dû assumer. Drafté l’année dernière par les Pelicans, Herb Jones est un autre cas intéressant. Réputé pour sa défense, Herbert ne shootait qu’à 29% à 3-points en moyenne sur ses quatre années de NCAA. Quoi de plus normal que, grâce à Fredo, ce dernier ponctue sa campagne de rookie à 34% de loin dont 42% lors du premier tour des Playoffs ? Si les progrès du garçon se pérennisent, il pourrait bien devenir le 3-and-D dont New Orleans a grandement besoin. Il faudra aussi regarder avec attention les premières prestations de Zion Williamson – qui a fraîchement signé une prolongation de cinq ans avec la franchise – dans le but de voir les progrès du bonhomme derrière l’arc.

Longévité, expertise, sympathie… Fred Vinson est aujourd’hui parvenu à se faire un nom retentissant dans le monde de la NBA. Respecté par ses pairs pour son travail, ce dernier fait partie des coachs les plus sollicités de toute la Ligue. Ce n’est pas un hasard si, lorsque Stan Van Gundy quittait la franchise du Bayou en 2021, le nom de Fred Vinson était évoqué pour sa succession, soutenu par le head-coach lui-même. Une confiance telle que la franchise n’a pas hésité à drafter Dyson Daniels en huitième position, alors que le meneur ne shootait qu’à 25% à 3-points la saison dernière en G League. Défenseur de haut niveau, Daniels aura, selon le management, tout le temps d’améliorer son shoot avec Vinson. Quand t’en es au point de te foutre de cet aspect-là juste parce que tu sais que ton coach va le régler easy, c’est que le mec doit quand même en imposer.

À 51 ans, l’assistant-coach des Pelicans ne cache pas son envie de remporter un titre le plus vite possible, ni celle d’un jour prendre la tête d’une équipe. Si son nom et son visage sont majoritairement inconnus du grand public, le travail de Fred Vinson transpire pourtant dans toute la Ligue, et ce depuis des années. Un travail de l’ombre, de minutie et de constance… bref, un vrai travail de docteur.

Source texte : ESPN, The Athletic, Bally Sports

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