Société

La NBA face au COVID-19 : entre Vax et Antivax, liberté et responsabilité, les joueurs doivent trancher et assumer

Voici la grosse question qui a dominé le Media Day NBA ces derniers jours.

Source image : Montage TrashTalk

Mercredi 29 septembre 2021. La NBA fait sa rentrée avec les camps d’entraînement qui démarrent et le Media Day qui a eu lieu lundi et mardi. La Grande Ligue se prépare donc à la reprise, avec une saison régulière 2021-22 qui doit commencer le 19 octobre prochain. Mais si la NBA connaît globalement un retour à la normalité, notamment au niveau de son calendrier annuel, le spectre du COVID continue de planer au-dessus de la Ligue, surtout qu’une minorité des joueurs NBA sont toujours réticents à l’idée de se faire vacciner, certains d’entre eux y étant même totalement opposés. 

Le point COVID au 29 septembre 2021

À moins d’un mois du début de la saison régulière 2021-22, 90% des joueurs NBA sont complètement vaccinés. Ce chiffre a été communiqué par Shams Charania de The Athletic il y a quelques jours, qui nous indique que le taux de vaccination s’est récemment accéléré avec l’ouverture des camps d’entraînement ce mardi. Avec neuf joueurs sur dix qui possèdent aujourd’hui le vaccin anti-COVID, on peut imaginer une saison moins perturbée que celle qu’on a vécue en 2020-21, où la formule « health and safety protocols » était omniprésente. Joueurs placés dans le protocole sanitaire, équipes décimées, matchs repoussés, tribunes vides… c’était le quotidien en NBA quand le COVID sévissait le plus, en particulier en début d’année civile. Espérons que tout ça fasse définitivement partie du passé. Cette saison, les restrictions sanitaires seront bien plus souples pour les joueurs vaccinés, et les équipes possédant un taux de vaccination de 100% devraient pouvoir avancer dans un semblant de sérénité qui n’existait pour personne la saison dernière. Plusieurs dirigeants de franchises, comme Rob Pelinka des Lakers, Scott Perry des Knicks ou encore Sam Presti du Thunder, ont déjà affirmé que leur effectif était complètement vacciné ou le sera pour le début de la saison régulière.

D’autres, par contre, n’ont pas eu d’autres choix que d’avouer l’inverse. C’était le cas par exemple de Sean Marks, manager général des Nets, qui a récemment indiqué que plusieurs de ses joueurs seraient indisponibles à cause de leur statut vaccinal si la saison commençait aujourd’hui. On rappelle que la franchise de Brooklyn est un cas particulier, car elle fait partie des trois équipes NBA concernées – avec les Knicks et les Warriors – par des restrictions locales qui empêcheront les non-vaccinés de 12 ans ou plus de participer à des grands événements en intérieur, comme les matchs NBA. Traduction, les joueurs évoluant dans les marchés de New York et San Francisco ne pourront pas jouer les rencontres à domicile (41 sur 82) s’ils ne sont pas vaccinés, ce qui n’est quand même pas anodin. Les 27 autres équipes NBA possédant potentiellement des joueurs non-vaccinés ne seront pas privés de ces derniers pour les matchs à domicile, mais ces joueurs devront suivre un protocole sanitaire bien plus strict, comme l’indique The Athletic (protocole valable pour toutes les franchises). Combien y a-t-il de joueurs non-vaccinés en NBA aujourd’hui ? Une bonne cinquantaine si l’on en croit les derniers chiffres rapportés par la Ligue. C’est bien évidemment une minorité sur les 450 qui composent la NBA aujourd’hui, mais une minorité à convaincre pour pouvoir vivre la saison la plus normale possible malgré un COVID qui est toujours là. Pas une mince affaire pour les franchises et la NBA, certains étant clairement opposés à la vaccination.

Des non-vaccinés qui se font entendre

Contrairement à d’autres membres de l’univers NBA, comme les arbitres, les coachs mais aussi des employés de franchises, les joueurs NBA n’ont pas l’obligation de se faire vacciner pour pouvoir jouer, en dehors des cas spécifiques concernant les Nets, les Knicks et les Warriors comme dit au-dessus. Lors des discussions avec la Ligue cet été sur le sujet du COVID, c’était un point « non-négociable » en vue de la saison à venir. S’il y a bien une demande de la NBA que l’union des joueurs ne voulait pas accepter, c’est la vaccination obligatoire. C’est une chose de devoir respecter un protocole sanitaire strict pour empêcher la propagation du virus, c’en est une autre d’imposer la vaccination. C’est dans ce mindset que la NBPA – guidée par C.J. McCollum – a abordé les négociations, poussée par plusieurs réticents à la vaccination ou carrément des anti-vax.

Dans le clan des joueurs non-vaccinés, on a le jeune ailier du Magic Jonathan Isaac. D’après un long papier de Matt Sullivan sur Rolling Stone, Isaac refuse non seulement de passer chez le médecin mais il ne comprend pas non plus les règles de distanciation sociale mises en place par la NBA entre les joueurs vaccinés et non-vaccinés, étant donné qu’ils partageront tous le même parquet au final.

« On peut jouer sur le même parquet. On peut toucher le même ballon. On peut faire des chest-bumps. Mais quand il faut rentrer dans le bus, on doit être dans des endroits différents du bus ? Pour moi, il n’y a pas vraiment de logique.

Et si vous êtes vaccinés, dans certains endroits vous devez toujours porter un masque. Du coup, on se demande, ‘À quoi sert le masque ? »

Jonathan Isaac, qui s’était illustré dans la bulle d’Orlando en restant debout lors de l’hymne national avec son maillot du Magic alors que tous ses collègues – T-Shirt « Black Lives Matter » sur les épaules – possédaient un genou au sol, ne semble pas faire confiance aux scientifiques ayant développé le vaccin, ni aux médecins comme l’immunologue de la Maison Blanche Anthony Fauci. « En fin de compte, ce sont uniquement des humains. Vous ne pouvez jamais faire totalement confiance à d’autres humains. » Si l’on en croit l’article de Rolling Stone, au lieu de se faire vacciner, Isaac préférait plutôt faire ses propres recherches, en écoutant les conférences de presse de l’ancien président américain Donald Trump tout en étudiant l’histoire des Afro-Américains aux États-Unis, une histoire marquée notamment par l’épisode de 1932 avec l’Étude de Tuskegee (Alabama) sur la syphilis, une étude qui a duré quatre décennies et dans laquelle des hommes noirs ont été utilisés comme « cobayes ». Préférant se référer à Dieu, qu’il mentionne très souvent dans ses tweets et autres discours, Jonathan Isaac regrette les critiques qui sont envoyées en direction des non-vaccinés. Il ne comprend pas non plus les compliments qui sont faits à ceux qui décident de franchir le pas. Pour lui, chacun est libre de se faire vacciner ou non, peu importe si les vaccins anti-COVID représentent selon les scientifiques la porte de sortie de cette crise sanitaire qui s’éternise. Lors du Media Day du Orlando Magic lundi, Isaac s’est exprimé sur l’article de Rolling Stone et a démenti une bonne partie de son contenu, mais a confirmé son statut de non-vacciné. Il a également avoué qu’il avait déjà contracté le COVID par le passé, développant ainsi des anticorps, et que cela joue aujourd’hui dans sa décision de ne pas se faire vacciner.

« Je ne suis pas anti-vax. Je ne suis pas contre la médecine. Je ne suis pas contre la science. Je ne suis pas arrivé à mon statut vaccinal actuel en étudiant l’histoire des Afro-Américains ou en regardant des conférences de presse de Donald Trump. […] Ceci étant dit, je pense que chacun doit faire son propre choix concernant son statut vaccinal, sans être critiqué, harcelé, ou forcé. Je n’ai pas honte de dire que je ne suis pas à l’aise concernant la prise de ce vaccin à l’heure actuelle. On vient tous d’un environnement différent, on est tous passés par différentes expériences, on a tous nos croyances. »

Un autre joueur NBA dont la religion fait partie intégrante de sa vie, à savoir Enes Kanter, estime que les croyances personnelles ne doivent pas aller à l’encontre des gestes de santé publique dans une telle crise. Elles doivent plutôt coexister (via Rolling Stone) : « Si un gars ne se fait pas vacciner à cause de sa religion, alors je pense que nous sommes à un moment où la religion et la science doivent aller ensemble. Le vaccin sauve des vies, qui a-t-il de plus important que ça ? »

Le nom de Kyrie Irving est également mentionné à plusieurs reprises dans le long papier de Rolling Stone. Si son statut vaccinal n’a pas été officiellement communiqué, tout semble indiquer qu’Uncle Drew n’a pas encore reçu son vaccin, lui qui était absent du Media Day des Nets lundi à cause du protocole sanitaire en place à New York City (il a répondu aux questions via Zoom). Comme il évolue à Brooklyn, c’est un dossier qui gagne en importance puisque Kyrie pourrait rater tous les matchs de son équipe à domicile. Sanctionné par la NBA la saison dernière pour avoir violé le protocole sanitaire de la Ligue (il avait organisé une fête d’anniversaire sans respecter les consignes anti-COVID pendant son absence pour « raisons personnelles », juste après les événements du Capitole en janvier dernier), Irving aurait validé plusieurs théories du complot liées au vaccin sur les réseaux sociaux, si l’on en croit Matt Sullivan. Parmi elles ? Accrochez-vous. « Irving a récemment commencé à suivre et aimer des posts sur Instagram concernant une théorie du complot qui affirme que des sociétés secrètes mettent en place le vaccin pour connecter les personnes noires à un ordinateur pilote dans le cadre ‘d’un plan de Satan' ». Wow. Les théories du complot et la diffusion de mauvaises informations sur les réseaux sociaux sont nombreuses depuis le début de la pandémie. Mais Kyrie Irving, c’est l’une des plus grandes stars de la NBA ainsi que le vice-président du comité exécutif de la NBPA, ce qui donne forcément une grande résonance à sa voix. Selon Rolling Stone, qui se base sur de nombreuses interviews de joueurs, de dirigeants et d’employés travaillant dans les salles de basket US, ce genre de discours se serait propagé comme un virus au sein de l’univers NBA, au sein de certains vestiaires comme dans différentes conversations entre joueurs. Réputé notamment pour avoir déclaré que « la Terre est plate » il y a quelques années, Kyrie est autant un basketteur exceptionnel qu’un personnage controversé au sein de la Ligue. Et cet épisode ne va pas changer la perception que certains peuvent avoir à son égard dans l’univers NBA.

Autre grand nom qu’on peut mettre dans le camp des non-vaccinés, Bradley Beal. L’arrière star des Wizards, qui a vu le coronavirus fortement perturber la franchise de Washington en début de saison dernière et qui a raté les Jeux Olympiques après un test positif, a profité du Media Day pour partager sa vision concernant le COVID et le vaccin. Dans un ton similaire à celui de Jonathan Isaac, Beal a déclaré que c’était une décision personnelle, avant de remettre en question l’intérêt du vaccin en lui-même.

« J’aimerais que les gens vaccinés m’expliquent pourquoi ils attrapent encore le COVID, alors que c’est censé nous protéger. C’est drôle de voir que la seule chose que le vaccin fait, c’est réduire les chances d’aller à l’hôpital. Cela n’empêche personne d’attraper le COVID. C’est pas vrai ? Vous qui êtes là, vous êtes vaccinés j’imagine, mais vous pouvez tout de même attraper le COVID non ? »

Quand un journaliste a tenté de lui expliquer que le vaccin réduisait les chances d’attraper le COVID et de développer une forme grave de la maladie, la star des Wizards a continué dans son raisonnement.

« Ok, mais vous pouvez toujours attraper le COVID. Et vous pouvez toujours le transmettre même avec le vaccin n’est-ce pas ? Je pose juste des questions. […] J’ai déjà eu le COVID, mais ça ne veut pas dire que je ne peux plus l’avoir. Donc il n’y a aucune différence avec ceux qui sont vaccinés. Oui, j’ai développé des anticorps face au COVID, donc j’ai moins de chance de l’attraper aussi n’est-ce pas ? Mais ça reste une possibilité, tout comme pour les joueurs, les coachs, les membres de staff vaccinés qui ratent le camp d’entraînement actuellement. »

S’il n’exclut pas de se faire vacciner à l’avenir, « car forcé d’une certaine manière par les protocoles de la NBA », Bradley Beal a fait passer son message. Il a également ajouté que « personne ne voulait parler des réactions graves que pouvait provoquer le vaccin ». Selon le Centre pour le contrôle et la prévention des maladies aux États-Unis, les effets indésirables sérieux qui ont pu être révélés après la vaccination sont  l’anaphylaxie (2 à 5 personnes touchées pour un million de vaccinés), les thromboses (47 cas sur 14,8 millions de doses pour le vaccin J&J/Janssen), et la myocardite (40,6 cas sur un million de deuxièmes doses de vaccins à ARN messager chez les hommes de 12 à 29 ans, 2,4/1 000 pour les hommes de plus de 30 ans). 8 124 cas de décès sur 390 millions de doses administrées aux USA entre le 14 décembre 2020 et le 27 septembre 2021 (0,021% de décès parmi les personnes vaccinées) ont également été signalés, sans pouvoir affirmer qu’ils étaient directement liés au vaccin.

Suite aux nombreuses réactions sur les réseaux sociaux, Bradley Beal a tenu à clarifier ses propos mardi, jour d’ouverture du camp d’entraînement, en expliquant d’abord qu’il n’était pas éligible au vaccin pour le moment (selon lui, il doit attendre 60 jours après avoir été testé positif pour pouvoir se faire vacciner), puis en déclarant que « les vaccins ne sont pas une mauvaise chose ».

Kareem Abdul-Jabbar : « Les non-vaccinés ne devraient pas avoir le droit de jouer » 

Récemment récompensé en voyant le trophée de la NBA pour la justice sociale être nommé en son honneur, Kareem Abdul-Jabbar est une légende grandement respectée en NBA pour ses accomplissements sur le terrain mais aussi en dehors. KAJ est souvent considéré comme la voix de la raison quand ça parle d’activisme et d’engagement sur des sujets qui dépassent le cadre du basket, comme ça peut être le cas avec le COVID. Vacciné et n’hésitant pas à prendre ses responsabilités pour porter un message d’intérêt public en faveur de la vaccination, Kareem n’est pas tendre avec les joueurs qui refusent de se faire vacciner. Extraits, via Rolling Stone.

« La NBA devrait insister sur le fait que tous les joueurs et membres de staff doivent être vaccinés sous peine d’être exclus de l’équipe. Il n’y a pas de place pour des joueurs qui sont prêts à risquer la santé et la vie de leurs coéquipiers, du staff et des fans juste parce qu’ils sont incapables de se rendre compte du sérieux de la situation et faire les recherches nécessaires. Ce que je trouve malhonnête chez les réticents au vaccin, c’est leur arrogance qui accompagne le fait de ne pas croire ce que disent les experts médicaux. Dans le même temps, si leur enfant était malade ou s’ils avaient eux-mêmes besoin d’un traitement médical d’urgence, à quelle vitesse seraient-ils prêts à suivre les consignes de ces mêmes experts à la lettre ? »

Pour Kareem Abdul-Jabbar, tous les joueurs devraient non seulement se faire vacciner, mais il demande aussi aux grands noms de la Ligue et même les autres à prendre leurs responsabilités pour mettre en avant l’importance de la vaccination. Et il regrette que peu de stars franchissent le pas.

« Ils ne répondent pas aux attentes qui accompagnent le fait d’être une célébrité. Les sportifs n’ont pas besoin d’être un porte-parole pour le gouvernement, mais là on parle d’un sujet de santé publique. En n’encourageant pas les gens à se faire vacciner, ils contribuent à ces décès. »

Chacun peut posséder une vision différente par rapport à la responsabilité des sportifs en tant que modèles, encore plus dans le cas unique du COVID, mais Kareem Abdul-Jabbar met la barre tout en haut, et ce n’est pas très étonnant quand on connaît son historique personnelle. KAJ aimerait également que des athlètes, notamment ceux provenant de minorités ethniques, se mettent en avant – en contraste des anti-vax – pour changer le stéréotype qui existe encore concernant les « sportifs imbéciles qui sont incapables de suivre des informations scientifiques vérifiées ».

C’est spécifiquement la question qui a été posée à LeBron James par un journaliste lors du Media Day des Lakers mardi : « Ne pensez-vous pas que le problème est assez grand pour que quelqu’un d’aussi important que vous se positionne en faveur du vaccin ? ». On connaît l’influence du King, on sait qu’il est plutôt du genre à s’exprimer sur de nombreux sujets dépassant le cadre du basket. Mais dans ce cas précis, LeBron estime que « ce n’est pas son boulot » de convaincre les autres de se faire vacciner, même s’il a lui-même décidé de franchir le pas après avoir fait preuve de « scepticisme ».

« On parle du corps des gens. On ne parle pas de politique, de racisme, de violences policières et ce genre de choses. On parle du corps et du bien-être des gens. Selon moi, je n’ai pas à m’impliquer là-dedans. […] Chacun doit faire ce qu’il y a de mieux pour sa famille. Je sais ce que j’ai fait pour moi et ma famille, je sais ce que certains de mes amis ont fait pour eux et leurs familles, mais parler pour les autres par rapport à ce qu’ils doivent faire, ce n’est pas mon boulot. »

C’est quoi la suite ?

À moins d’un mois du début de la saison régulière 2021-22, plusieurs questions dominent par rapport au COVID. La première, c’est évidemment celle qui concerne le taux de vaccination. Peut-il encore augmenter lors des trois semaines à venir ? On se dit qu’avec les camps d’entraînement qui commencent, la prochaine campagne qui approche à grands pas et la différence de protocoles entre les vaccinés et les non-vaccinés, certains réticents pourraient finir par franchir le pas. On ne dit pas que la NBA va atteindre le taux de vaccination de la WNBA (la ligue féminine professionnelle de basket aux States), qui est de 99%, mais le chiffre actuel de 90% pourrait être un poil plus élevé d’ici le 19 octobre. Cependant, quid de ceux qui sont aujourd’hui opposés au vaccin anti-COVID pour différentes raisons ? On parlait de Jonathan Isaac, Kyrie Irving et Bradley Beal plus haut, Andrew Wiggins des Warriors est un autre exemple, lui qui évolue en plus dans un marché (San Francisco) où les restrictions locales pourrait le priver des matchs à domicile. Non-vacciné, Wiggins a fait une demande de dérogation à la NBA pour pouvoir jouer malgré tout. Pour info, deux exceptions existent aujourd’hui pour obtenir une justification pour son statut de non-vacciné, à savoir religieuse et sanitaire (s’il y a une contre-indication liée par exemple à un risque d’allergie ect). Mais c’est la NBA qui analyse le dossier et qui décide d’accorder ou non cette dérogation. Dans le cas de Wiggins, qui avait demandé une exception basée sur des raisons religieuses, la Ligue a clairement dit niet.

« Je suis clairement dos au mur. Mais je vais continuer à me battre pour ce en quoi je crois. Ce qui est juste pour une personne ne l’est pas pour une autre, et vice-versa. Je n’ai pas à vous dévoiler mes croyances, cela ne vous regarde pas » a déclaré Wiggins au Media Day des Warriors. Et quand une journaliste lui a indiqué qu’il pouvait perdre beaucoup d’argent en ratant la moitié des matchs de son équipe, il a répondu sèchement : « Ça c’est mon problème, pas le vôtre ».

On imagine que la NBA, qui n’a pas réussi à imposer la vaccination à ses joueurs et qui a dû se coucher sur plusieurs demandes de ces derniers sous l’impulsion notamment des non-vaccinés (plus d’obligation pour les non-vaccinés d’être séparés du groupe lors des déplacements, tests non obligatoires lors des jours de repos alors que c’était envisagé à la base…), ne fera pas de cadeau à ceux qui demandent une dérogation. De quoi pousser les anti-vax à utiliser différents moyens de pression pour arriver à leurs fins ? Est-ce qu’un joueur comme Kyrie Irving peut vraiment décider de ne pas s’aligner sur les restrictions imposées par la ville de New York, et refuser de jouer les matchs à Brooklyn durant toute la saison ?

« Il y a tellement de joueurs en dehors de Kyrie qui sont prêts à rester sur la touche » a déclaré Tyki Irving, la tante de Kyrie à Rolling Stone. « Je pense qu’ils peuvent trouver une ouverture. Cela pourrait être un match sur trois. Donc ça vous donne tout de même une saison entière pour interagir et être sur le terrain, mais avec les limitations oppressantes qui vous sont posées. Il pourrait y avoir une formule où la NBA et les joueurs trouvent un accord. »

Lors du Media Day des Nets lundi, Kyrie n’a pas révélé grand-chose, lui qui a répondu aux questions concernant son statut vaccinal par « merci de respecter ma vie privée ».

Clairement, les joueurs non-vaccinés ont gagné en influence et ont réussi à se faire entendre malgré le fait qu’ils soient dans la minorité. Maintenant, avec la saison qui va bientôt débuter, il faudra suivre l’évolution de la situation. Comme on l’a vu lors du Media Day, le statut vaccinal des joueurs fait partie des grands sujets du moment en NBA. Et des questions vont continuer à être posées, notamment du côté de Golden State et Brooklyn et des équipes qui ne possèdent pas un taux de vaccination de 100%, comme les Celtics par exemple si l’on en croit Rolling Stone. Ces équipes-là possèdent donc un risque plus élevé de voir leur campagne être perturbée par le COVID, et leurs chances de jouer les premiers rôles pourraient ainsi être réduites, sans compter les frictions et décalages que ça peut potentiellement provoquer au sein d’un groupe entre les vaccinés et les non-vaccinés. Selon Baxter Holmes d’ESPN, il existe déjà des tensions et une certaine inquiétude chez certains membres de franchise pour qui la vaccination est imposée, par rapport aux joueurs qui refusent de se faire vacciner.

« Tous les vaccinés devraient être très énervés envers ceux qui ne le sont pas. Le fait que les joueurs NBA ne soient pas obligés de se faire vacciner, c’est de la merde ! » a notamment déclaré un coach assistant. Un préparateur physique d’une équipe de la Conférence Ouest a ajouté : « Pour moi, c’est un problème car mes parents sont vraiment malades, et je suis très souvent en contact avec ces gars-là. Ce serait terrible de ramener le virus à la maison et provoquer le décès de mes parents. »

La saison NBA 2021-22 doit être celle du retour à la normale, avec un COVID le moins présent possible et une campagne qui se déroule sans gros accroc lié au coronavirus. On connaît les enjeux sportifs et financiers qui accompagnent une saison. Cependant, la résistance de certains joueurs par rapport à la vaccination pourrait perturber leur équipe respective et donc le produit proposé par la NBA, pourtant réputée pour être l’une des ligues les plus progressistes du monde. Dans un tel contexte, la Directrice de l’union des joueurs Michele Roberts a tenu à réagir en rappelant que le taux de vaccination des joueurs NBA (90%) est aujourd’hui beaucoup plus élevé que la moyenne nationale aux States (56%) : « La vraie histoire, ce n’est pas ‘pourquoi les joueurs ne sont pas obligés de se faire vacciner’, mais ‘comment peut-on imiter les joueurs NBA’. » 

Source texte : Rolling Stone / The Athletic / ESPN

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  1. Desaccord

    30 septembre 2021 à 12 h 23 min at 12 h 23 min

    Le journaliste qui parle de ramener la mort chez lui quelle désolation, à croire qu’en 1 an et demi rien n’a été fait dans la tête de certains…
    Non, tu vas au pire ramener des germes que tu ES SUPPOSE nettoyés en arrivant. Je rappelle qu’on demande à tous les vax et non vax de respecter des gestes barrières. POurquoi pas un seul d’entre eux est honnête ?
    Si t’as peur pour ta famille, tu rentres chez toi et tu désinfectes l’entièreté de tes vêtements, tu joues pas avec ton masque 37 fois pendant le match à l’enlever et le remettre, tu le changes à chaque fois, tu te grattes pas le visage de stress avant de toucher la balle, etc etc.

    Bref tu agis sur toi, selon tes convictions. C’est son droit de stresser, mais c’est à lui d’agir dans ce cas, pas aux autres de se plier à sa demande.

    Et franchement les récentes études US sont très favorables aux sceptiques, il semble de plus en plus évident que les conseils scientifiques n’ont aucune certitude de l’efficacité réelle du vaccin, en lien avec les hospitalisations locales de ces derniers jours + les Q/R avec le conseil scientifique américain ayant eu lieu il y a 5 jours.

    M’enfin, faites comme vous le sentez, mais ça serait bien que chacun s’occupe comme LBJ le dit de sa propre santé au lieu de vouloir imposer aux autres des règles qu’ils ne suivent pas bien eux mêmes.

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