Jeux Olympiques

Kevin Durant sur le toit du monde : 29 points en finale, peut-on vraiment regretter de perdre contre un tel monstre ?

Kevin Durant 2 Team USA 7 août 2021

Quelle chance de pouvoir regarder ce mec jouer au basket…

Source image : FIBA

Ceux qui suivent la NBA H24 savent à quel point il est immense. Ceux qui ont profité des Jeux Olympiques pour s’intéresser au basket ont vite compris qu’il n’était pas vraiment un joueur comme les autres. Ce gars-là, c’est Kevin Durant. Qu’on soit spécialiste ou non, difficile de ne pas être impressionné par la grandeur du bonhomme, encore une fois exceptionnel en finale des Jeux Olympiques face à notre Équipe de France. Un monstre.

Oui, la France n’est pas passée loin. Oui, pendant longtemps, on gardera en tête ces pertes de balle et ces lancers-francs ratés. Mais n’oublions pas qu’en face, il y avait sans doute le meilleur joueur de la planète à l’heure actuelle. Un phénomène de 2m10, capable de bouger comme un arrière et de shooter avec la précision d’un sniper. Une combinaison absolument létale dont personne n’a encore trouvé l’antidote. Tout simplement parce qu’il n’existe pas. Kevin Durant est une anomalie de basket, un joueur jamais vu auparavant et qu’on ne reverra probablement jamais. Ce samedi matin, dans cette finale olympique face à nos Bleus à Tokyo, KD a encore fait étalage de toute sa classe. Quand vous vous retrouvez dans le camp d’en face, quand vous supportez l’équipe qui essaye de défendre sur lui, c’est un véritable calvaire. Mais impossible de ne pas être en admiration devant le talent du numéro 7 US : 29 points au total sur cette finale, dont 21 rien qu’en première mi-temps, à 9/18 au tir (3/9 à 3-points) et 8/9 aux lancers-francs, avec en prime 6 rebonds, 3 passes, 1 contre et aucune perte de balle. Du très, très lourd. Peu importe ce que vous lui mettez sur le dos, peu importe sur quelle partie du terrain il se trouve, ça enchaîne les ficelles. S’il s’est montré plus discret en deuxième période après son festival des vingt premières minutes, sa performance globale est à ranger au rayon des masterclass, et c’est d’ailleurs lui – comme un symbole – qui a scellé la victoire les Américains avec ses deux lancers dans les dernières secondes, quand la France possédait encore un mini espoir de réaliser l’exploit.

Cette performance en finale, c’est le point d’exclamation parfait pour Kevin Durant, plutôt discret lors du premier tour avant de monter sérieusement en puissance. On s’en rappelle encore de ce premier match de poules face aux Bleus, quand il a terminé avec seulement 10 points au compteur car gêné par les fautes. L’Équipe de France avait ainsi pu éviter la vague nommée KD mais ce samedi, elle a pris le même tarif que l’Espagne et l’Australie lors des quarts de finale et des demies. Contre la Roja, Durant avait déjà porté les siens avec 29 points au compteur. Une production bien nécessaire pour éviter le piège espagnol. Rebelote face aux Boomers, où KD a surnagé (23 points) pendant que ses copains sombraient. C’est lui qui a maintenu Team USA en vie lors de la première période, enchaînant tout seul panier sur panier alors que l’écart était monté jusqu’à 15 points en faveur de l’Australie. Dans le jargon, on appelle ça un patron. Possédant déjà deux médailles d’or olympiques autour du cou et aujourd’hui âgé de 32 ans, Durant se retrouvait automatiquement dans le costume de leader de Team USA pour ces Jeux Olympiques, et on peut dire qu’il a parfaitement assumé son statut. Et malgré tout le talent qui compose cette équipe américaine version 2021, elle ne serait sans doute pas sur la plus haute marche du podium si KD avait décidé de passer un été tranquille après une saison NBA usante. Malheureusement pour les hommes de Vincent Collet, mais heureusement pour les fans de basket du monde entier, Durant kiffe beaucoup trop la balle orange pour faire l’impasse sur ce genre de grande compétition internationale, climat COVID ou pas. Que ce soit en NBA, dans le jeu FIBA, sur le playground du coin ou sur la Lune, Kevin Durant régale, tout simplement.

Souvent critiqué pour sa décision de rejoindre la dream team de Golden State en 2016, Kevin Durant possède toujours son lot de détracteurs qui n’hésitent pas à diminuer la portée de ses deux titres NBA remportés en 2017 et 2018 avec Golden State. Le voir rejoindre une équipe déjà championne – possédant en son sein des stars comme Stephen Curry, Klay Thompson et Draymond Green – manquait peut-être de panache, surtout vu le talent du phénomène. Mais aujourd’hui, c’est juste impossible de ne pas s’incliner devant la grandeur de ce mec-là. Lorsque vous avez une équipe américaine composée pourtant de nombreuses stars qui décide de s’appuyer spécifiquement sur lui, cela montre bien à quel point il est spécial. Et quelque part, c’est aussi ce qu’on avait vu chez les Warriors, où il a remporté les deux titres de MVP des Finales face aux Cavaliers de LeBron James. Tout ça pour dire que peu importe dans quelle équipe vous mettez Kevin Durant, il sera probablement le meilleur joueur de cette dernière, ou au grand minimum son option offensive la plus redoutable. Et ça, c’est bien quelque chose qu’on ne peut pas lui enlever. En 2012, lors de ses premiers Jeux Olympiques, c’est lui qui avait terminé meilleur marqueur de Team USA à seulement 23 piges, une Team USA composée de Kobe Bryant, LeBron James ou encore Carmelo Anthony. Rebelote en 2016, avec du Kyrie Irving, du Melo, et du Paul George à ses côtés. À chaque fois, il avait terminé la compétition autour des 19,5 points par match, une moyenne qui est montée à 20,7 cette année au Japon. Aucun autre joueur dans l’histoire de Team USA n’a fait mieux aux JO. Aucun. Ni Kobe, ni LeBron, ni Dwyane Wade, ni Michael Jordan.

Avant le début des Jeux de Tokyo, on avait sorti un papier pour discuter de la place de Kevin Durant parmi les plus grands joueurs de l’histoire de l’équipe nationale américaine. Une place déjà très élevée dans la hiérarchie avec tous les accomplissements réalisés jusqu’ici, autant sur le plan collectif (deux médailles d’or aux Jeux, un titre de champion du monde) que sur le plan individuel. Environ deux semaines plus tard, KD possède sans doute le dossier le plus solide dans la discussion du GOAT de Team USA. On peut toujours débattre mais difficile de ne pas mettre Durant tout en haut aujourd’hui. Sur ces JO, il est devenu le meilleur marqueur de l’histoire des States aux Jeux, dépassant le grand Carmelo Anthony. Il en est désormais à 435 points au total, soit… 99 de plus que Melo. KD est également devenu le seul joueur de l’histoire de Team USA à inscrire au moins 100 points dans trois compétitions olympiques. Et désormais, il est le seul joueur avec Anthony à posséder trois médailles d’or aux JO. Vous ajoutez à ça des performances exceptionnelles en finale à chaque fois, avec 30 points lors du match ultime en 2012 et 2016 et donc 29 ce samedi, et vous obtenez un CV absolument exceptionnel. On pourrait même parler de son Mondial XXL en 2010 pour sa première grande compète avec Team USA, mais on va s’arrêter là car ça fait déjà beaucoup.

Si la déception prime forcément aujourd’hui après la courte défaite des Bleus en finale des Jeux Olympiques, dites-vous quand même que vous avez la chance de voir l’un des meilleurs joueurs de l’histoire du basket à son apex. Parce que oui, c’est une chance, et il faut s’en rendre compte, même quand ça nous prive d’une médaille d’or olympique. 

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